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 Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P

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MessageSujet: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Ven 11 Juin 2010 - 17:54

Assis au milieu des herbes folles, un jeune homme qu'on aurait crû de marbre fixait sans vraiment le voir un pétale de rose égaré. Le tissu de fibres couleur rouge sang contrastai tellement fort avec le clair de gazon qu'il attirait inconsciemment tous les regards sur lui. Généralité qui englobait par évidence l'homme pensant. Du moins, c'était ce que l'inclinaison des pupilles de ce dernier laissait entendre. Pourtant, les pensées du contemplatif flânaient à des centaines de kilomètres d'ici, de ce pétale, de ce jardin, de cette maison et de cette ville. vagabondant sur les doux rivages de son enfance envolée, elles lui rappelaient les joies d'une ignorance qui s'était comblée et se comblait toujours aujourd'hui peu à peu.

Faute d'une curiosité trop maladive, le blonde avait très vite appris à observer tout ce qui l'entourait. L'enseignement que lui donnait alors les Sages lui avait fait adhérer à cette loi fondamentale : « Si on veut apprendre le monde, commençons par observer de quoi il est fait ». Il ne lui avait pas fallu plus d'une heure pour tirer de ce dicton ancestral l'importance de comprendre les phénomènes qui nous entourent. En rentrant chez lui ce soir-là, l'Elu des Sages avait passé toute une nuit à se délecter du paysage qui s'étalait inlassablement par-delà la fenêtre de sa chambre. Allant jusqu'à détailler chacun des arbres qui logeait derrière l'habitation d'Aeden, la fille de leurs voisins qui suivait les mêmes cours basiques qu'elle et qui rêvait d'être à sa place pour partager aussi l'enseignement des Aînés.
Le souvenir d'un de ces sourires amicaux qu'ils se lançaient à chaque fois que leurs deux regards se croisaient lui revint en tête, et il se mit à sourire également au fantôme de sa meilleure amie laissée à Nozirya, fragment de son passé.

Assis au milieu d'un jardin, les yeux rivés sur un pétale flamboyant et bien des années le séparant de ces dernières pensées, Peter Gwel suivait encore et toujours les pas de ses ancêtres et cherchait avec la même avidité à décrypter les mystères de la planète bleue. S'adonnant à son devoir d'élu, le seul et l'unique gardien de la Mémoire de la création jusqu'à la nuit des temps, il inspectait l'âme d'un chêne sans doute plus que centenaire. Tâche qui lui était attitrée depuis plus d'une semaine ; lire entre les nervures, l'écorce, les branches feuillues et les racines l'histoire de toute une vie. Acquérir la mémoire d'un être vivant de cette ampleur demandait beaucoup de concentration mais aussi énormément de patience. L'elfe était entièrement dévoué à ce que voulait bien lui montrer l'arbre, peu importait l'intérêt de cette révélation.

Ainsi, Peter avait découvert à quoi ressemblait cet endroit il y avait de cela 150 ans, lorsque la charmante maison que lui avait vendue un agent immobilier qualifié appartenait à un couple de bourgeois qui avait, pour la première fois depuis sa création, fait planter un parterre de fleurs aussi diverses que resplendissantes dans ce jardin. L'arbre devait avoir trouvé cet évènement réjouissant puisqu'il l'avait partagé avec le blonde lorsque celui-ci avait évoqué un de ses propres souvenirs heureux. La complicité qu'il avait liée avec le vieux chêne voulait qu'il lui ouvre son coeur pour que le centenaire lui renvoie l'appareil. Mine de rien, Peter avait mis à sacré bout de temps à trouver, adopter et faire adopter ce stratagème. Maintenant qu'il avait entamé son voyage à travers les souvenirs de celui-ci, il espérait que des connaissances plus considérables lui soient livrées. Jamais auparavant l'elfe ne s'était senti aussi intimement lié avec un enfant de la nature. Il avait l'impression agréable que ça ne faisait que commencer.

Soudainement, les liens entre leurs deux êtres se rompirent pour une raison que Peter ignorait. Ça ne pouvait guère être dû à un contact visuel inexistant puisque le blonde avait constaté qu'il n'arrivait à rien lorsqu'il posait son regard sur le chêne. Une sorte de gargouillis émanant tout droit de son estomac éclaire instantanément cette interrogation. Il ne s'était plus alimenté depuis trois jours. Il se leva à contre-coeur de son bout de paradis pour rejoindre la porte qui qui menait à l'intérieur de son chez-lui. Coup du destin, le hasard voulut que cette même porte s'ouvrit avant qu'il n'eut touché la poignée. Dans son antre se dessina la fine silhouette d'un être aimé qu'ils s'empressa d'attirer contre son torse d'un geste doux. doté d'un infinie tendresse, l'elfe déposa un délicat baiser sur le front de sa sorcière préférée. Puis, n'enlevant rien au charme de cet instant parfait, Peter murmura comme pour lui-même :

- Quoi de mieux qu'un amour partagé pour combler une faim inopinée?

Comme la question, certes grandement animée par un esprit philosophique, n'attendait pas vraiment de réponse, il enchaîna, cette fois-ci avec plus d'entrain :

- Un piquenique à la belle étoile te tenterait-il?

La proposition, en outre d'être alléchante, convenait idéalement à Peter. Sa faim de loup se tairait d'autant plus vite si on tenait compte du désavantage non-négligeable qu'un baiser ne pouvait être envisageable si on avait la bouche pleine. Lui qui raffolait des fines lèvres chaudes et sucrées de sa compagne, son goûter allait s'en voir très vite englouti. Comme pour vérifier si ses dires enthousiasmaient Mona-Lou, il lui lança un regard tendre et constata avec bonheur qu'elle le lui renvoya avec d'autant plus d'entrain.
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MessageSujet: Re: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Lun 21 Juin 2010 - 13:19

Mona-Lou avait appris au fil du temps à ne plus s'inquiéter des absences prolongées de Peter. Son naturel indépendant avait repris le dessus et lorsque la jeune sorcière se retrouvait seule elle vaquait à ses occupations comme si de rien n'était, la pensée de jeune homme l'accompagnant de temps à autre. Elle ne savait pas vraiment si elle était amoureuse de lui mais lui semblait s’être profondément entichée d’elle. D’ailleurs, chaque fois qu’elle y pensait, un sourire ravi naissait sur ses lèvres. Jamais elle n’aurait cru que quelqu’un comme lui puisse aimer quelqu’un comme elle. Il était beau, intelligent et prêt à tout pour la satisfaire. Elle avait un certain charme, de l’intelligence mais était plus prédisposée à servir ses propres intérêts en premier. Leur relation était donc une erreur. Mais une agréable erreur pour le moment.


La jeune femme s’étira devant son ordinateur avant de scruter d’un œil appréciateur les chiffres qui défilaient sur l’écran. La bourse. Quoi de mieux pour s’enrichir ? Certes le hasard y jouait beaucoup mais pour quelqu’un d’intelligent et de passionné, ce n’était pas si compliqué que ça de décoder les règles du jeu et de mettre le hasard à ses pieds. Il y avait parfois des revers, quelques pertes mais les gains équilibraient toujours en faveur de la jeune femme. Et cela occupait convenablement le temps. Elle jeta un regard dehors et s’aperçut que la nuit était tombée. Le ciel encore clair ne tarderait pas à s’assombrir rapidement. Elle leva les yeux sur le calendrier qu’elle avait accroché au-dessus de son bureau pour dénombrer les absences de Peter et parut étonnée en voyant la date. Cela faisait trois jours qu’elle était seule. Trois jours que Peter était parti communier avec ses amis les arbres. Trois jours qu’elle jouait en Bourse, à peine réveillée. Si l’Elfe aimait la nature, la Sorcière aimait l’argent. Et elle adorait encore plus le dépenser.


Elle se leva de son fauteuil et alla se préparer pour sortir. Elle pouvait bien s’amuser, non ? Et puis, qui irait le dire à Peter ? La musique résonnant dans la maison, Mona-Lou dansa joyeusement en choisissant une tenue avant de l’enfiler. Elle se maquilla et adressa un sourire charmeur à son miroir qui le lui rendit. Elle se sentait légère. Légère et belle. Elle attrapa son sac et redescendait vers l’entrée quand une ombre attira son attention un peu plus loin dans la rue. Une ombre qu’elle ne connaissait que trop bien pour l’avoir effleurée, caressée et embrassée tant de fois. Peter revenait. Et il avait fallu que ce soit ce soir, évidemment. La sorcière jura entre ses dents avant de créer un double auquel elle ordonna d’être une petite-amie parfaite pour l’elfe. Le double hocha la tête pour confirmer et Mona-Lou s’éclipsa sans aucun remord par la porte de derrière. Croyait-il vraiment pouvoir revenir comme une fleur à tout moment, en pensant qu’elle l’accueillerait chaleureusement ? Plutôt mourir ! Elle avait sa fierté et elle était beaucoup plus important que son affection pour Peter.

La sorcière arrêta un taxi et monta dedans, direction chez Ninon Van Haalen. Pendant le trajet, elle se projeta dans l’esprit de son double :

- Un piquenique à la belle étoile te tenterait-il?

Un regard tendre vint accompagner la proposition et elle sentit sa copie le lui rendre avec un sourire.

- Tant que c’est avec toi, tout me tente, répondit-elle avant de rentrer pour préparer le pique-nique,
assistée par l’elfe.

Quelques baisers amoureux furent échangés et des caresses légèrement dispensées dans un climat serein et heureux. Mona-Lou sentit son estomac se contracter. Avait-elle fait une erreur en abandonnant Peter, ce soir-là ? La voix du chauffeur lui demandant de payer la fit revenir totalement dans son corps et elle sortit de la voiture en retournant la question dans sa tête… Avant d’arrêter un autre taxi pour rentrer chez eux. Elle paya le conducteur et entra dans la maison qu’elle découvrit vide. Elle sonda l’esprit de son double et eut une indication de l’endroit où ils allaient. Ainsi que du fait qu’ils ne parlaient pas, préférant s’imprégner de l’atmosphère quasiment parfaite de la soirée. Main dans la main, ils profitaient de la présence de l’autre sans avoir besoin de dire un mot. Mona-Lou leur emboîta rapidement le pas et rattrapa le couple sans grands efforts, eux prenant leur temps tandis qu’elle, marchait vite, poussée par le stress. Elle se reconnecta à sa copie.

- Si nous nous installions, là ? proposa cette dernière en indiquant un endroit dégagé et accueillant, molletonné d’herbe grasse et offrant en plus une vue sur la lune, superbe.

Mona-Lou soupira et lui ordonna mentalement de s’éloigner quand Peter déposerait la couverture au sol. Le double acquiesça et la connexion fut rompue. La sorcière sentit son cœur augmenter l’intensité de ses
battements. Elle était presque arrivée. Maintenant, le tout était de ne pas se faire remarquer par Peter. Elle le vit soulever un tissu en l’air et fit disparaître sa copie qui s’était bien éloignée, à ce moment-là. Un sourire satisfait apparut sur ses lèvres et elle se hâta de rejoindre le jeune homme. Elle déposa un baiser sur ses lèvres et l’aida à sortir les aliments du panier.


- Au fait, comment ce sont déroulés tes trois jours ? s’enquit-elle avec un ton qu’elle essaya de rendre cajoleur.

Dieu que c’était devenu dur de retourner dans le moule de la petite-amie. Elle avait maintenant sa réponse : non, elle n’était pas amoureuse de Peter. Il était trop parfait et ennuyant pour ça. Mais elle appréciait sa compagnie. Qu’il était reposant de pouvoir compter sur quelqu’un, parfois.
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MessageSujet: Re: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Ven 20 Aoû 2010 - 11:24

L'atmosphère calme et détendue qui régnait en maître en cette soirée n'était pas de trop. Le crépuscule tombait à pique, apportant un peu d'ombre qui se verrait chaleureusement accueillie. Le soleil couchant offrait un spectacle magnifique que le jeune couple pourrait admirer paisiblement. L'heure était idéalement choisie pour un pique-nique comme tel. Ravi de son idée, Peter attendit posément que la sorcière lui réponde. Cette dernière étant du genre ronchon, il ignorait encore si son envie était partagée. Mona-Lou et lui avaient de plus en plus de difficultés à tomber d'accord, bien que cela, de son point de vue, ne le dérangeait pas le moins du monde. Il l'appréciait, et, à défaut d'être de l'amour, il savait que c'était réciproque. Ensuite, il ne pensait plus que leur relation ne tienne si longtemps. Cela lui faisait assez mal de s'imaginer séparé de la brune, mais il ne se faisait pas de faux espoirs : c'était perdu d'avance.

- Tant que c’est avec toi, tout me tente.

Elle se dirigea vers la cuisine où il la suivit. Il remarqua qu'elle était beaucoup plus tendre qu'à l'ordinaire. Ses gestes témoignaient d'une douceur inexistante, sa voix s'était montrée beaucoup plus doucereuse aussi. Sans doute qu'elle aussi sentait leur fin arriver. Peut-être était-ce sa façon de passer un agréable dernier moment en sa compagnie, ou à l'inverse, d'économiser son sadisme pour plus tard. Soit, il préféra ne pas chercher à comprendre sa compagne plus longtemps. Entre la préparation de leur repas de fortune et leurs échanges de regards complices, leurs lèvres se frôlèrent à plusieurs reprises. Ce qui, encore une fois, n'était absolument pas habituel. Mona-Lou n'était pas apte à témoigner de son affection feinte éternellement, sa présente conduite l'étonna d'autant plus. Comme pour tester sa copine, il la prit par la main en emportant le dîner et la mena à l'extérieur. Avec docilité, elle le suivit. De plus en plus étrange.

Ils marchaient pour trouver la place idéale, ensemble, l'un contre l'autre. Savourant cette gentillesse inopinée, Peter fut arrêté par un geste de la jeune femme accompagné de ces mots :

- Si nous nous installions, là ?

L'endroit était parfait. Il installa leurs affaires cependant qu'il l'entendit s'éloigner. N'y prêtant plus attention, il ne se retourna qu'une fois la place prête. Elle se trouvait là, comme si elle y avait toujours été. Souriante, elle l'embrassa à nouveau avant de s'accroupir avec lui pour ôter les aliments du panier en osier. Une fois cette tâche accomplie, ils s'assirent dans l'herbe fraîche, proche l'un de l'autre.

- Au fait, comment se sont déroulés tes trois jours ?

Le timbre trop attendri de sa voix le fit une nouvelle fois tiquer. Que lui arrivait-il? Elle ne se comportait pas aussi agréablement tous les jours, bien que le quotidien se vive aussi facilement. Non pas que cela dérangeait l'elfe, au contraire. Surpris, il répondit à la question posée le plus brièvement possible, peu désireux de s'attarder sur ce sujet :

- Lentement, mais bien.

Se souvenant d'un des désagréments qui venait déranger leur entente cordiale, un sourire presque narquois se hissa à la commissure des lèvres du blond. La sorcière ne vivait que pour l'argent. Cupide et cherchant incessamment à en posséder plus, elle se fichait des leçons de morales du jeune homme qui la poussait à vivre autrement. Ils ne s'étaient jamais entendus à ce propos, trop bornés chacun de leur côté. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être intrigué par cette focalisation sur l'or que subissait sa petite amie. Jugeant le moment comme trop parfait pour durer, il décida qu'il était temps de remettre le sujet sur le tapis.

Poussé par un élan de mauvaises ondes dont il ignorait la source, il lança telle une pique, faussement enjoué :

- Comment vont les comptes aujourd'hui? L'argent coule toujours à flot?

Ironique, ses iris reflétaient une cruauté qui ne collait pas du tout à sa personne. Perdu, il tenta vainement de reprendre contrôle de lui-même, de retrouver sa sérénité coutumière. Rien n'y fit. Il ne parvenait pas à se calmer, c'était comme si une force invisible monopolisait tout son être. Le plus étrange était que la sensation de pouvoir malsaine qui l'avait envahi ne lui inspirait pas la crainte, mais plutôt l'impression d'être enfin à sa place, au milieu de ces sentiments tordus. Il avait perdu la tête, c'était certain.

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MessageSujet: Re: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Mar 14 Sep 2010 - 21:25

- Lentement, mais bien.

La réponse brève mais informative satisfit la sorcière qui se sentait comme stone jusqu'à ce qu'un sourire moqueur ne naisse sur les lèvres de Peter. Brusquement en alerte devant cette nouveauté, elle pencha légèrement la tête sur le côté et détailla avec attention les traits parfaits de son amant. Elle ne se souvenait pas qu'il ait jamais eu cette expression presque machiavélique sur le visage, du moins pas à son égard. D'ailleurs, les seuls fois où il avait eu un comportement pouvant être qualifié de "désagréable", c'était lors de leurs disputes hebdomadaires au sujet de l'argent qu'elle ne cessait de vouloir faire fructifier tandis que lui s'en fichait éperdument. Mais ça n'avait jamais été jusqu'aux coups bas. Ils faisaient seulement attention à ne pas mettre le sujet sur la table s'ils voulaient éviter une crise mutuelle de colère. Donc, il était ridicule de commencer à se faire des films... Peut-être que le blond pensait simplement à autre chose et que son expression faciale n'avait strictement aucun rapport avec le moment présent. Oui. Ca devait être ça. Mona-Lou se rassérénait légèrement en se répétant en boucle qu'il n'y avait pas à s'en faire lorsque son petit-ami ouvrit la bouche, la coupant joliment dans son élan:

- Comment vont les comptes aujourd'hui? L'argent coule toujours à flot?

Sous le ton léger qui enrobait la phrase, la sorcière perçut avec netteté un agacement important. Trop important pour être ignoré surtout lorsqu'elle constata qu'il avait élu domicile jusqu'au regard habituellement calme de l'elfe. L'agacement laissant subitement place à dela cruauté, la brune sentit sa méfiance revenir aussi fortement que la première fois où elle avait fait la connaissance du jeune homme. Elle ne sentait plus du tout stoned. Elle en était presque à se demander comment elle avait pu avoir cette sensation quand elle crut percevoir comme une lueur de résistance dans le regard émeraude du blond. Comme s'il luttait contre ses mauvais côtés. Sauf qu'il ne faisait visiblement pas le poids face à eux. Un rire nerveux agita momentanément la jeune femme lorsqu'elle se souvint qu'elle encourageait l'elfe à céder à ses mauvaises pulsions les rares fois où il en avait. Il avait toujours refusé de suivre ses conseils qu'il jugeait idiots et immatures. Jusqu'à là, vraisemblablement. Un nouveau gloussement incontrôlé échappa à la sorcière et elle plaqua une main sur sa bouche en observant avec circonspection Peter. Finalement, elle inspira profondément deux bouffées d'air et retrouva le contrôle total de ses nerfs :

- Comme tu l'as vu, la maison est toujours en notre possession donc c'est que ça doit aller.

Jouant distraitement avec un morceau de la nappe, la sorcière baissa ensuite les yeux sur l'herbe les entourant et fut saisie par la tranquillité qui régnait autour d'eux. Un bref instant, elle entraperçut ce qui attirait tellement les elfes dans la nature mais son attention fut de nouveau captivée par son elfe à elle qui ne semblait pas être revenu à de meilleures dispositions.

- En revanche, toi, ça va? reprit-elle subitement en voyant les yeux couleur trèfle étinceler d'une façon qu'elle jugea relativement inquiétante. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait si Peter perdait les pédales mais n'avait aucune envie de le voir.

Dans un geste presque doux, elle tendit la main et la posa sur l'avant-bras du jeune homme avant de le serrer doucement comme pour le faire revenir à la raison et lui montrer qu'elle était là. Son attention la surprit elle-même, peu habituée à ce genre de démonstration, mais elle comprit rapidement qu'elle avait instinctivement senti qu'elle ne devait pas se ficher de ce qui arrivait à Peter. Car même si elle n'était pas amoureuse de lui, elle avait une certaine affection pour lui. Pour l'une des premières fois de sa vie, Mona-Lou eut envie de faire passer quelqu'un largement avant elle. Elle ne se souciait même plus de ce qu'il pouvait arriver si le jeune homme s'énervait. Elle savait simplement qu'elle devait faire un effort parce qu'il n'était pas dans son état "normal". Et qu'elle devait l'aider s'il en avait besoin.
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MessageSujet: Re: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Ven 24 Sep 2010 - 20:13

Tomberait-il dans la schizophrénie depuis quelques temps sans ne l'avoir remarqué plus tôt? Sottise. La raison lui faisait défaut. Mais alors, que lui arrivait-il? C'était comme si son monde s'écroulait sans qu'il ne puisse rien y faire. Subitement. Instantanément. Ne sachant même pas comment cette chute avait été provoquée. Il s'affolait de plus en plus, tout en restant extérieurement aussi calme que possible - ce qui ne faisait déjà pas grand chose. Une pure folie s'imprégnait de ses traits, devenus mesquins, vils, et il la laissait agir, inconscient. Sur ses lèvres se hissa un rictus malsain dont il n'avait pas idée. De ses iris suintait une haine impensable de la part du Sage. Sage en cette heure il ne l'était pas. Il ne l'était plus, du moins. A l'instar de lui-même.

Un rire acerbe parvint jusqu'à ses oreilles, sans aucune difficulté - comme d'ordinaire, au moins, son ouïe sur-développée demeurait inchangée. Mona-Lou prenait ce changement d'atmosphère à la légère, visiblement, ce qui eut pour effet d'accroître le taux d'agacement du blond. Sans comprendre d'où lui venait cette virulence, ni où se cachait sa légendaire sérénité, ou encore, de manière plus générale, son bon fond inébranlable. Oui, entendre sa compagne s'esclaffer de la sorte le dérangea autant que sa réplique avait dû elle la perturber. Quoi que pas tant que ça, au vu de sa réponse à cette dernière qui vint une fois que les gloussements eurent cessés.

- Comme tu l'as vu, la maison est toujours en notre possession donc c'est que ça doit aller.

Il n'avait même pas pensé la voir réagir si "posément", contrairement à d'habitude. Semblerait-il que la bizarrerie soit au rendez-vous de ce pique-nique. Quelle convive si peu coutumière ! Il n'en persistait pas moins que Peter se perdait encore. D'abord machiavélique, puis moqueur, agacé et ensuite … en colère. Non, il était désormais certain qu'il n'était absolument pas dans son état habituel. Ce que, visiblement, son adorable brunette avait remarqué, elle aussi. Comme en témoigna sa réplique suivante :

- En revanche, toi, ça va?

D'un geste, elle amena sa main à se poser sur l'avant-bras du jeune homme. La douce menotte témoignait d'une bienveillance telle que l'elfe crut d'abord avoir retrouvé son calme. Une légère pression fut exercée par les fins et froids doigts de la sorcière. Appui qu'il ne sut comment interprété puisque nouveau de la part de sa petite amie, lui aussi. Auraient-ils échangés les rôles ? Cette tendresse, cette attention, ce geste en lui-même ne correspondait pas au quotidien du jeune couple. Bien qu'ils eussent leurs temps cajoleurs, ceux-ci ne duraient jamais longtemps. Et quand l'heure fut aux câlins et autres "niaiseries" qualifiées comme telles par sa compagne, les deux adolescents s'y attendaient forcément. L'évidence voulait qu'ils soient tous deux d'humeur guimauve. Ce qui était souvent le cas de l'Elfe mais pas celui de la brune. Pour l'instant présent, Peter n'était pas apte à se montrer tendre, ni même heureux ou quoi que ce soit qui puisse définir le Peter qu'il était et avait toujours été jusqu'ici. Mais il la laissa faire. Savourant ce sentiment de sureté qui pénétrait son cœur. Retrouvant ses facultés positives, si pas seulement quelques unes d'entre elles.

Ses paupières, lourdes mais pas faute de fatigue, se reposèrent quelques secondes avant de s'ouvrir sur le visage de Mona-Lou. Cette dernière l'épiait, l'air inquiet, air qui lui allait bien. Elle ressemblait presque à un ange, un Gardien veillant sur son protégé. Bien qu'en toute logique, il allait de soi que ce dernier devoir revenait plutôt à Peter. Celui-ci laissa son regard s'enfoncer dans celui, si beau ainsi présenté, de sa voisine. Un semblant de quiétude lui revint. Assez pour qu'il s'exprime sans qu'il n'eut l'impression qu'un autre, un démon, ne le fasse à sa place.

- Mona… commença-t-il, sa voix trahie par des accents sournois de doutes se perdant dans l'immensité du silence qui hantait les lieux.

N'ayant aucune idée de la manière par laquelle il parviendrait à expliquer à ladite Mona ce qu'il éprouvait à cet instant précis, il stoppa net. Que dire tant qu'il le pouvait encore? Pour la première fois de ce qu'il savait être son existence, Peter Gwel se trouvait incapable même pas de comprend au sens large du terme - quoiqu'il y avait un peu de ça aussi -, mais de se comprendre lui-même. L'incohérence parfaite. L'inconnu. Ou pour lui, là, maintenant, définitivement perdu et incorrigiblement incompétent ; le néant total. Le vide. Alors il dit simplement ce qu'il croyait indéniablement savoir - son seul réconfort, si toutefois ç'en était un… - :

- Je crois que je suis devenu fou.

Puis, il ne bougea plus. Fixant toujours les iris profonds de la jeune femme, il tenta de guérir le mal comme il l'avait appris : en se focalisant sur son unique objectif, dans le cas actuel ; détruire ce Néant. Toutes ses pensées tournèrent autour de lui, du véritable lui. Mais ses efforts furent vains. Alors ses épaules s'affaissèrent et un long soupir s'échappa de ses lèvres. Au moins, la colère et autres sentiments néfastes se faisaient moindres, désormais qu'il gardait contact avec la réalité. Sa seule réalité était, pour tout dire, Mona-Lou. L'unique élément inchangé de sa soirée. Certes, elle ne semblait pas tout à fait la même. Mais au fond, il savait pertinemment que c'était elle, sa Mona-Lou, qu'elle était réelle, en parfait état de normalité et là à s'inquiéter pour… Pour quoi, au juste ?

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MessageSujet: Re: Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P   Dim 3 Oct 2010 - 19:42

L’elfe n’essayant pas de lui faire retirer sa main, la sorcière supposa qu’il se sentait un peu mieux. Néanmoins, l’inquiétude qu’elle ressentait à son sujet demeura intacte : elle ne l’avait réellement jamais vu ainsi. Habituellement, il était plutôt tendre et même avec les inconnus il était d’un calme olympien exemplaire. Là, elle avait l’impression qu’il était comme possédé. L’image la dérida un instant étant donné qu’elle lui évoqua Stephen Rice, son mentor démoniaque. S’il y en avait bien un qui se connaissait en possession et autres évènements maléfiquement atypiques, c’était lui. Elle songea à l’appeler avec le lien psychique qui les réunissait mais abandonna l’idée. Le sentiment qu’elle devait se débrouiller seule avec Peter pulsait sourdement dans ses veines.

Doucement, sans retirer sa main de son avant-bras, elle se rapprocha subitement de ce dernier, prête à le soutenir s’il lui prenait l’envie de perdre connaissance car le visage étrangement las qu’il lui présentait n’augurait rien de bon. Elle n’arrivait pas non plus à détacher son regard de lui, fascinée par l’étrange état dans lequel il se trouvait tout en étant anxieuse de ce qui allait survenir. Peut-être devrait-elle créer un double afin de l’épauler si la situation se dégradait ? Les yeux verts de Peter se fermèrent un instant, la coupant dans ses pensées et elle était sur le point de s’emparer délicatement de son visage pour voir s’il réagissait lorsqu’il rouvrit les paupières, l’épinglant aussitôt du regard. Ce fait rassura quelque peu la jeune femme qui put constater qu’il n’allait pas tomber dans une sorte de sommeil étrange et dangereux. Il ne chercha pas non plus à esquiver le contact visuel qui se prolongea sans qu’elle ne le trouve désagréable.

La soirée avait vraiment l’air de se passer dans une dimension parallèle. Elle s’adoucissait, s’inquiétait même, pour Peter alors que lui semblait animé de quelques mauvais sentiments qui l’affaiblissait bizarrement et ce qui semblait insupportable en temps normal à la sorcière, devenait rassurant et presque agréable. Elle ne se souvenait pas avoir jamais autorisé un contact visuel aussi long. Elle haïssait qu’on essaie de lire ce que pouvait révéler son regard. Il était sombre ce qui heureusement ne facilitait pas la tache des intrus mais elle ne supportait pas qu’on le harponne. Alors pourquoi laissait-elle Peter le faire, là ? Parce que tu veux lui montrer qu’il peut compter sur toi. La phrase s’imprima d’elle-même dans son cerveau ce qui la déstabilisa un instant : était-ce Stephen qui venait de parler ou était-ce son inconscient qui s’était exprimé ? Peut-être les deux. Le regard trèfle sembla brusquement s’apaiser et la sorcière se tint aux aguets. La situation devenait-elle réellement stable ou allait-elle encore plus dégénérer ? Les paroles qui allaient suivre la mettrait sûrement sur la voie.

- Mona… commença-t-il, sa voix trahie par des accents sournois de doutes se perdant dans l'immensité du silence qui hantait les lieux.

L’incertitude clairement discernable dans l’unique mot qu’il avait prononcé intrigua la susnommée. Elle avait l’impression que le jeune homme ne parvenait pas à trouver la façon dont il voulait exprimer ce qu’il avait à lui dire et c’était plus qu’étonnant venant de lui. Il était théoriquement capable de comprendre et de verbaliser la très grande majorité des choses. Si là ce n’était pas le cas, c’était que la situation était aussi inédite pour lui qu’elle l’était pour elle. Pourtant, la jeune femme ne sentit aucune panique l’envahir. Elle n’en était plus à une surprise près. La soirée s’annonçait comme inoubliable, il n’y avait pas à chercher plus loin, seulement à affronter ce qui la rendrait si particulière. Le seul problème qu’il pouvait y avoir c’était si elle devait se battre contre l’elfe. Ils risquaient de se blesser mutuellement de façon assez grave, lui grâce à ses facultés elfiques et son étrange attitude, elle grâce à l’enseignement que Stephen lui avait fourni. Soudainement, il sembla sur le point de terminer la phrase précédemment laissée en suspend et elle se focalisa entièrement dessus

- Je crois que je suis devenu fou.

A son dernier mot succéda une immobilité presque choquante tant elle était totale. Le regard toujours plongé dans celui de la brune, il semblait s’être entièrement coupé du monde qui l’entourait et se concentrer sur un objectif connu de lui seul. S’étant instinctivement redressée après avoir compris ce qui était en train d’arriver, Mona-Lou ne pouvait même plus envisager de rompre leur contact visuel, consciente que c’était le dernier lien à peu près tangible qu’il avait avec la réalité. Son sentiment se trouva conforté par l’affaissement brutal de ses épaules qui se trouva accompagné d’un profond soupir, fortement audible. Peter avait l’air dépité. Presque résigné. Ca lui ressemblait encore moins que la rapide phase de colère qu’il avait auparavant traversée. Théoriquement, il était assez combattif et là… Il semblait rendre les armes. Ce fait déstabilisa Mona plus qu’aucun autre à ce jour. Il n’existait quasiment plus aucun de leurs repères habituels. Leur monde était réellement sans-dessus-dessous. Il était grand temps d’y remettre un peu d’ordre. Dans ce but, la sorcière s’agenouilla encore un peu plus près de l’elfe en faisant son possible pour ne pas couper leur contact visuel et passa une main légère sur son visage.

- Peter ?appela-t-elle d’une voix plus douce que d’accoutumée.Peter, est-ce que tu m’entends ? demanda-t-elle en écarquillant inconsciemment ses pupilles devant l’inaction de l’elfe.

La peau sous ses doigts était brûlante mais le blond ne paraissait pas pourtant incommoder par la chaleur qui émanait de lui. Tendrement, la jeune femme écarta quelques mèches qui barraient légèrement son regard puis fit glisser sa main fraîche jusqu’à la nuque de son petit-ami.

- Peter Gwel, reviens avec moi. Ne me laisse pas. Tu entends ? Je suis là, avec toi et je ne te laisserai pas tant que tu n’iras pas mieux alors reviens-moi.

Le même ton doux qu’auparavant avait été utilisé et Mona-Lou fut étonnée de voir qu’elle ne peinait pas le moins du monde à l’utiliser. Au contraire, elle avait même la sensation que cette douceur était habituelle chez elle et ça la crispa. En situation de crise, elle était normalement encore plus dure que d’ordinaire. Peter était en train de réveiller inconsciemment une partie profondément enfouie en elle. La situation devait cesser. Caressant du bout des doigts la nuque du jeune homme, la sorcière prit le risque de briser leur lien visuel et serra l’elfe contre elle. Elle savait parfaitement que s’il se montrait violent, elle risquait d’être blessée directement mais elle devait lui prouver qu’elle était bien là et était déterminée à ne pas le lâcher.

- Tu vois, Peter, je vais rester comme ça jusqu’à ce que tu te décides à revenir vraiment près de moi, chuchota-t-elle en inspirant son odeur réconfortante.

Elle ne s’était jamais rendue compte qu’elle trouvait le parfum du jeune homme rassurant. Mais le considérait-elle vraiment comme tel ou était-ce les circonstances qui la faisait penser ça ? Elle aurait été incapable de le dire. Le sentir contre elle lui était aussi agréable, elle qui n’avait jamais été câline. Elle se cantonnait généralement au strict nécessaire au niveau des contacts physiques sauf que là, elle ressentait un besoin presque viscéral de continuer à toucher l’elfe pour être sûre qu’il ne la laisserait pas. Elle était terrifiée à l’idée qu’il ne revienne pas de son pays des horreurs. Car ça ne pouvait d’être que d’horrifiques visions qui incitaient un être comme Peter à devenir presque agressif pour ensuite l’enfermer dans un espèce de carcan comateux. En réalisant ça, Mona-Lou ferma le plus fort possible ses paupières et continua de masser gentiment la nuque masculine qui lui était offerte.

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Attiser le feu avant que les dernières braises s'éteignent ❦ ML&P

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