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 Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]

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MessageSujet: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Sam 11 Déc 2010 - 15:10

Je levais un œil vers le réveil orienté de façon à ce que je n’ai pas à me lever pour regarder l’heure. 2h54. Qu’est-ce qui m’avait pris de me réveiller à une heure pareille ? Bougonnant, je remis en place ma couette et me tournais. Mais quelque chose ne collait pas. Il n’était pas dans mes habitudes de m’éveiller en pleine nuit sans raison. Ma vessie se portait bien et aucun bruit ne se faisait entendre. C’était le calme absolu. Durant quelques secondes du moins. Il me semblait entendre des froissements de feuilles, des objets qu’on déplaçait. Bien qu’il puisse s’agir de simples hallucinations, je préférais m’assurer que personne n’avais pénétré chez moi durant la nuit. Me tournant de nouveau en simulant la respiration d’un parfait dormeur, je pus constater que le bruit avait soudain cessé. Comme si la personne en question était soucieuse du moindre mouvement que j’effectuais. Puis cela reprit, plus hâtivement encore. Silencieuse au possible, j’ouvris les paupières qui s’accoutumèrent immédiatement au noir. Le pâle rayon de la lune filtrait à travers les volets et en tournant légèrement la tête vers mon bureau, endroit où toutes mes recherches et papiers en tous genres étaient stockés, je pus discerner les contours d’une silhouette. La taille fine, des cheveux tombant en cascade sur son dos, j’éliminais l’hypothèse d’une personne masculine. Et en réfléchissant un tant soi peu, une seule personne de ma connaissance aurait des raisons de fouiller ainsi dans mes affaires alors que j’étais juste à côté : Lula. La révélation acheva de me sortir complètement du sommeil et mes yeux s’agrandirent sous l’horreur.

Je me rendis compte que j’avais cessé de respirer lorsque la jeune femme se tourna brusquement vers moi, plusieurs feuilles dans les mains que je reconnaissais avoir écrites. Un fin sourire sadique s’étira sur ses lèvres et une fraction de seconde plus tard, elle avait disparu, laissant voler les feuilles derrière elle. Passé le temps d’étonnement mêlé à la crainte, je repris possession de mes moyens et abattant mes draps sur le côté, me levais. Je n’avais aucune certitude que Lula était bien partie. Elle pouvait tout aussi bien se cacher en attendant que je dorme, certaine que je pensais avoir rêvé. Mais non, au point d’être paranoïaque, je préférais vérifier chaque recoin de mon appartement et de boucler toutes les issues. Ce que je fis sans tarder. Mais aucune trace de l’Ombre. Comment diable avait-elle put entrer d’ailleurs ?

Réveillée pour réveillée, j’éteignais les différentes lumières que j’avais allumé un peu partout pour revenir dans ma chambre. J’avais soudain un besoin impérieux de sortir, prendre l’air. Quelques minutes plus tard, revêtue d’un jean et d’un pull, je traversais la pièce principale qui consistait à la fois de salon, salle à manger et était séparée de la cuisine par une demi-cloison. Attrapant au passage une veste sur le porte-manteau, je sortis en prenant soin de fermer à clé et de vérifier même plutôt deux fois qu’une.

L’air frais me frappa en plein visage lorsque je sortais à l’air libre. Je me maudissais intérieurement de ne pas avoir pensé à emporter une écharpe, même fine. Mais je n’avais aucune envie de retourner sur mes pas et décidais donc qu’au risque de tomber malade, je pouvais bien rester dehors sans. Je ne faisais pas attention de l’endroit vers lequel me portaient mes pieds, je passais d’une rue à une autre sans me soucier de quoi que ce soit. Mes pensées étaient trop occupées à gamberger dans tous les sens, émettant hypothèse sur hypothèse au point que je me demandais comment il était possible que de la fumée ne soit pas encore sortie de mes oreilles.

Une dizaine de minutes plus tard environ, alors que je traversais une route assez peu fréquentée, je me rendis compte que j’étais bien éloignée de mon domicile. Mon pas assez rapide m’avait entraîné bien plus loin que je me l’étais imaginé. Cela dit, je n’étais pas encore tout à fait calmée et poursuivi donc au hasard des ruelles. Une brusque bourrasque de vent fit voler mes cheveux détachés, les ramenant derrière mes épaules. N’y prêtant guère attention sur le moment, je poursuivis en frissonnant quelque peu.

Finalement, je m’étais arrêtée pour m’asseoir sur un banc, sentant mes jambes lourdes. Un lampadaire était installé juste à côté de moi, projetant mon ombre sur le trottoir désert. Au fil que les secondes passèrent, mon regard se fit lointain, signe apparent que je me laissais submergée par mes pensées. Je n’avais aucune idée de la marche à suivre désormais. Une petite voix me disait qu’après la visite nocturne de Lula, j’avais tout intérêt à quitter la ville. Mais pourtant, je n’arrivais pas à me décider. Je me sentais bien ici, n’avais de compte à rendre à personne. Et puis, je m’étais malgré tout attachée à plusieurs personnes. Ceci dit, était-ce bien prudent et réfléchi de ma part de rester à San Francisco, risquant ainsi la vie de d’autres personnes en plus de la mienne ? Lula perdrait-elle l’envie de me traquer si je partais ou au contraire de me poursuivre tout de même ?

Soupirant, je balayais les alentours des yeux, chassant ces pensées de ma tête. J’avais conscience qu’il faudrait bien que je me décide, que je prenne une décision. Et que de celle-ci dépendrait de beaucoup d’évènements à venir dans ma vie. Ou dans ma fin de vie si Lula persistait, plutôt. Mais j’avais une fâcheuse tendance à tout remettre à plus tard et ce moment-même ne fit pas exception. C’est alors que je me rendis enfin compte que je n’étais pas tout à fait seule, contrairement à ce que je pensais. Un homme se tenait à quelques mètres de moi seulement. Je ne l’avais absolument pas entendu approcher. Ne m’en préoccupant guère plus que cela, je me levais donc, résolue dorénavant à regagner le chaud au plus vite. Mais en me tournant une dernière fois vers l’inconnu, je vis qu’il restait stoïque et les yeux rivés sur moi, qui plus est. Ou plutôt sur mon cou. Pétrifiée, mes pensées s’alignèrent enfin. Les marques que l’Ombre m’avait apposées étaient parfaitement visibles même du point de vue de la personne debout à environ cinq à six mètres de moi. Mes membres refusaient de faire le moindre mouvement, même de seulement faire croire à l’homme que ce n’était qu’une blague. Je restais postée à côté du banc sans bouger, la lumière toute dirigée vers moi. Je m’attendais à ce qu’il parte en hurlant au monstre, une fois l’étonnement et la stupéfaction passée. Mais il n’en fit rien. Au contraire, il s’approcha même lentement de moi. Et tout cela ne me disait rien qui vaille…
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Sam 18 Déc 2010 - 15:46

    Cela faisait près de deux semaines que Morgan était arrivé en ville. San Francisco était loin d'être l'un de ces petits villages où le garçon faisait habituellement halte, mais sa proie avait choisi un terrain qui lui était étranger et sur ce point, avait bien jouer. Et depuis, il apprivoisait la ville, en apprenait les moindres recoins, cherchait partout les passages entre Terre et Enfer. Mais malgré tout, il n'avait toujours pas repéré Lula. Elle était là, quelque part entre les hauts buildings de la ville, mais il ne savait où. Quittant les enfers, il entreprit une marche nocturne et calme, laissant ses pensées voguer au rythme de ses pérégrinations. Lula Wilde devait appartenir au Seigneur des Limbes. Dans le cas contraire, toute sa race en pâtirait, Morgan compris. Et c'était lui qui était chargé de la retrouver. Mais quelque chose, en dehors de l'échec constant qu'il essuyait depuis ces deux dernières semaines, l'empêchait de réellement s'y atteler. La petite Ombre, sous ses airs frêles, représentait visiblement plus que ce que le garçon ne pouvait l'imaginer. Sinon pourquoi la vouloir elle, alors que nombre d'autres Ombres dépérissaient dans les geôles infernales, prêt à tout pour en sortir ? Même lui, Morgan ne suffisait visiblement pas. Mais si la jeune femme était apte à tuer Rice, l'Envolé des Limbes, comment lui, Ombre certes puissant et expérimenté mais incapable d'en faire autant qu'elle pouvait-il la livré à Satan.
    Vieilles connaissances, Satan devait compter sur une approche plutôt affective, sentimentale de sa part. Mais le garçon savait que Lula ne se laisserait prendre à ce piège, l'affection qu'elle avait jadis pu porter l'avait trop blessée et ce n'était pas pour rien si elle représentait pour le garçon la Liberté dans son entièreté ; les attaches, notamment affectives, lui étaient désormais et volontairement inconnues. Néanmoins, il était quasiment persuadé de détenir la solution... À moins que la jeune femme ne connaisse elle aussi ce qu'il savait. Chose qui réduirait son plan à néant.

    Après avoir appris par cœur le dédale de rues qu'il explorait depuis quelques minutes, il quitta le quartier et regagna une voie plus éclairée. S'y engageant sans apporter plus d'attention au trajet que ses pas lui faisaient faire, il se retrouva bientôt sous un lampadaire ouvragé qui dégageait une lumière jaune. Il était dans un des quartiers anciens de San Francisco. Il longea la rue, traînant des pieds, inattentif à ce qui l'entourait. Puis bientôt, son attention fut attirer par un changement inopiné de luminosité. En effet, au dessus de sa tête, un des lampadaires était éteint. Lassé, Morgan allait profiter de l'ombre permise par cette anomalie pour rejoindre ses appartements dans les quartiers résidentiels luxueux de la ville. Mais une nouvelle étrangeté le retint. À près d'une dizaine de mètres de là se tenait une jeune femme dont les cheveux tombaient négligemment dans son dos. Sentant sûrement sa présence, elle se retourna. Attentif au moindre fait et geste de l'humaine, ses yeux tombèrent sur le cou de la jeune femme. Celui-ci était marqué d'une cicatrice qui ne trompait pas le garçon quant à sa provenance : c'était le fait d'une Ombre. N'ayant pas eu vent de la présence d'autres Ombres en ville, il semblait évident que l'Ombre responsable de ces marques n'était autre que Lula Wilde. Enfin, Morgan avait la possibilité de remonter jusqu'à l'Immortelle tant convoitée. Mais l'humaine avait visiblement remarqué qu'il portait un certain intérêt à sa blessure.

    - Bonsoir, salua-t-il d'un ton posé et avenant, accompagnant son salut d'un hochement de tête révérencieux. Ou devrais-je plutôt dire bonjour.

    La vanne, bien que basse, eut au moins le mérite de détendre l'atmosphère tendue qui s'était malgré lui installée entre la jeune humaine et l'Ombre.


Dernière édition par Morgan Pritchard le Mar 21 Déc 2010 - 15:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Lun 20 Déc 2010 - 12:47

Le jeune homme sortit de la pénombre créée par le lampadaire éteint et je pus mieux le distinguer. De taille moyenne, son corps élancé se devinait malgré les plusieurs couches de vêtements. Ses cheveux bruns encadraient un visage au front aplani et au nez droit. Mais ce que je remarquais surtout furent ses yeux. Ses iris d’un bleu vif, outremer en raison de la lumière qui illuminait son dos et faisait ombre de ses traits. Mais ses yeux perçaient tout de même. Ses prunelles étaient d’ailleurs toujours fixées sur mon cou. Son pas décidé se rapprochait peu à peu de moi et cela ne me rassurait guère. Le fait qu’il ait remarqué mes marques sur ma nuque n’arrangeaient pas les choses. En d’autres circonstances, j’aurai sans aucun doute été bien moins transie d’un mélange de peur et d’incompréhension qu’à l’instant présent. La réaction du jeune homme ne convenait pas. Il n’aurait pas dû s’approcher de moi. Toute personne un tant soi peu censée d’esprit se serait enfuie en courant en voyant ces marques inhabituelles, ces trous dans ma carotide. Mais lui non. Cela signifiait donc qu’il pouvait tout aussi bien être un Ombre ou je ne sais quoi d’autre encore. Et je n’avais pas la moindre foutue chance s’il décidait lui aussi de s’en prendre à moi. Dans quel pétrin m’étais-je encore fourrée ?

Alors que mon cerveau se remplissait de pensées et de scénarios aussi peu réjouissants pour moi les uns comme les autres, je n’avais cessé de fixer l’inconnu. Malgré le fait que je ne sois qu’une simple humaine, je préférai garder un œil à toute source potentielle de danger. Je restais méfiante. Au point d’en devenir paranoïaque au bout des années, j’avais souvent fait attention à mes rencontres, me demandant s’il était possible que je parle à un humain ou à une autre « créature ». Souvent, je me résonnais en me disant que non, de toute façon, je n’avais pas de preuve réelle qu’ils existent. Et ce soir, ou plutôt, ce matin, j’avais laissé tomber toute cette paranoïa qui m’aurait pourtant été plus qu’utile. Si seulement j’avais emporté une écharpe ou n’avais-je ne serait-ce que ramener mes cheveux vers l’avant pour masquer mon cou, cet homme ne me dévisagerait pas de la sorte et aurait d’ailleurs simplement passé son chemin.

- Bonsoir.

Simple et poli, il accompagna son salut d’un hochement de tête et poursuivit même sur sa lancée :

- Ou devrais-je plutôt dire bonjour.

La phrase m’étonna, mais il avait au moins eu le mérite de détendre quelque peu l’atmosphère. Une fois de plus, je tentais de me rassurer intérieurement. Qui sait, peut-être jugeais-je trop rapidement les faits sans prendre le temps de les analyser ? Toujours était t-il qu’il était loin de m’avoir agressé, il restait même posté à environ un à deux mètres de moi. Du calme, me répétais-je intérieurement. Agir en tant qu’adulte normale, ne voyant pas ce qui pourrait poser problème dans cette situation. Oui, c’est ainsi qu’il fallait procéder.

- Bonjour, répondis-je simplement.

Volontairement, je lui prouvais avoir prêté attention à sa remarque et j’accompagnais de même mes propos d’un mouvement de tête. N’ayant pas la moindre idée de sujet sur lequel embrayer, je n’ajoutais rien. Et puis, c’était bien lui qui m’avait apostrophée et bien que j’aie une petite idée de la raison pour laquelle il m’abordait, il était tout simplement hors de question que je mette le sujet sur le tapis. Une petite voix me disait que j’espérai bien qu’en fin de compte, le jeune homme ne se soit pas attardé plus que cela sur mes marques et me saluais simplement dans le but d’être poli. Peut-être même qu’il allait poursuivre son chemin. Mais il était quasiment impossible que cela puisse s’avérer être réaliste. Il ne s’était pas arrêté pour rien, ne m’avait pas abordé au beau milieu de la nuit sans raison. Ni même blaguer d’une certaine façon ainsi avec n’importe qui. Non, ce type voulait savoir quelque chose me concernant. Et cela avait rapport avec mes marques, quoique j’essaie de me persuader du contraire.

Mon corps refusait toujours de faire le moindre mouvement, bien que j’envoie à mon cerveau l’ordre de bouger. De longues secondes s’écoulèrent sans que chacun de nous ne parle. Nous restions simplement là, debout, à se fixer sans sourciller. Et bien que sur le moment, je ne trouvai pas cela très agréable, il se pouvait que cela soit préférable au tour que pourrait prendre la rencontre, la discussion s’il y avait lieu. Ou peut-être pas. Et malgré ces pensées, je restais de marbre telle une statue inexpressive figée à jamais. Ou du moins, c’est ce que je croyais. Car j’avais comme la sensation que le trouble et une certaine crainte se voyaient clairement sur ma personne. Question impassibilité, je pouvais encore m’améliorer.
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Mar 21 Déc 2010 - 15:13

    L'humaine resta immobile, attentive au moindre ses mouvements. Bien que méfiante, ses muscles se délièrent quelque peu avec la baisse de tension qu'elle leur accorda, et elle rendit son salut au jeune homme.

    - Bonjour.

    L'homme nota qu'elle avait pris en compte ses paroles ; elle ne lui était donc pas hostile. Il entreprit de dévisager la jeune mortelle. Des yeux de la couleur d'un lagon Indien, des cheveux auburn tombant en cascades dans son dos et dévoilant la peau délicieusement dorée et percée de deux petites plaies au niveau de sa jugulaire. A vue d'oeil, n'importe quel démon se serait damner s'il l'avait pu pour goûter une telle beauté. Morgan compris. Mais il éloigna bien vite cette alléchante pensée de son esprit. Peut-être que, après, il s'octroierait untel festin, mais pour l'heure, il avait d'autres projets.
    Visiblement, l'humaine se doutait qu'il ne lui voulait aucun mal, quand bien même...

    - Les rues sont peu sûres à une telle heure, gente demoiselle. Il n'est pas prudent de s'y aventurer seule.

    La mise en garde était claire. Mais le sujet d'un tel danger restait ambigu et pouvait aussi bien se trouver être un inconnu que Morgan lui-même. Le garçon se doutait que la jeune femme avait saisit l'allusion, la tension de son corps était papable comparé au zèle de l'Ombre. Un rien sadique, Morgan s'approcha encore de la mortelle, jusqu'à ce que seulement une trentaine de centimètres ne les séparent. Il passa sa main dans la nuque de l'humaine et, délicatement, laissa ses doigts glisser sur les plaies de son cou, estompant par ce simple contact les cicatrices encore fraîches indéniablement laissées par une Ombre.

    - Mais visiblement, vous êtes une habituée.

    Il retira sa main de la peau désormais immaculée de la jeune femme et, avec un sourire, la regarda porter la sienne à sa gorge intacte avec stupéfaction. Mais le geste de l'homme, visiblement emprunt de gentillesse n'était qu'un moyen de mettre la jeune femme à la fois en confiance et en sécurité. Il n'était pas le seul à être à la recherche de Lula.

    - Je m'appelle Morgan.
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Mer 29 Déc 2010 - 10:38

Je me sentis dévisagée par l’inconnu et pourtant, je ne fis pas le moindre geste pour autant. Mes prunelles fixées sur les siennes, je les observais passer sur mon visage ainsi que sur mon cou. Je frissonnais sans m’en rendre compte. Le jeune homme ne me semblait pas le moins du monde quelqu’un de sadique ou qui comptait me vider de mon sang. Ceci dit, j’avais eu la preuve que les apparences sont trompeuses. Sous son masque de sympathie et de politesse, comment pouvais-je savoir à quoi ses pensées faisaient écho ? Je n’avais aucun moyen d’en avoir connaissance. Et ce qui m’effrayait était sans doute la possibilité qu’il puisse mettre en œuvre l’une ou l’autre de ses idées.

- Les rues sont peu sûres à une telle heure, gente demoiselle. Il n'est pas prudent de s'y aventurer seule.

Il n’y avait pas besoin d’être devin pour saisir l’allusion. Je me figeais encore plus si cela pouvait être possible. J’étais consciente que mon cœur battait à tout rompre, ainsi que ma peur était en train de croître malgré l’effort que je faisais de ne laisser transparaître aucune émotion sur mon visage. Cependant, il aurait été peu dire que beaucoup de sentiments et de pensées se bousculaient dans ma boîte crânienne. Et soudain, sans m’en avertir au préalable de quelque façon qu’il soit, le jeune homme s’approcha davantage encore de moi. Nous ne devions être séparés de plus d’une trentaine de centimètres et ce n’était pas pour me ravir. Je remarquais à son expression que le jeune homme prenait un malin plaisir à me voir m’affoler légèrement en apparence alors que mon cerveau ne cessait de m’envoyer l’ordre de fuir avec véhémence. Mais mes jambes n’étaient pas de cet avis et restaient campées sur place. Du coin de l’œil, j’aperçus le bras du jeune se lever et ses doigts se posèrent avec douceur sur les marques que Lula avait laissées après s’être régalée de mon sang. Ses doigts glissèrent délicatement sur toute la longueur des morsures et d’une certaine façon, j’étais consciente que mes marques se résorbaient, qu’elles disparaissaient mais avec bien moins de douleur que lorsque la jeune Ombre me les avait affligées.

- Mais visiblement, vous êtes une habituée.

Je ne l’écoutais que d’une oreille car il enleva sa main de ma nuque et je pus toucher de moi-même mon cou et remarquer avec stupeur que les marques s’étaient bel et bien effacées. Comment était-ce seulement possible ? Aucune de mes recherches n’avait fait référence à ce fait tout bonnement extraordinaire. Les Ombres étant les « créatures » sur lesquelles je n’avais pu trouver grand-chose, je supposais que l’inconnu en était un également. Mais comment pouvais-je en être certaine ? Il pouvait tout aussi bien s’avérer être un démon ou autre chose. Après tout, les humains n’avaient jamais pu prouver leur existence et ce que j’avais pu trouver n’étaient que des légendes ou des récits de personnes disant avoir été attaquées par d’étranges personnes aux pouvoirs diaboliques. Et la plupart de ces personnes étant des gens qui consommaient de l’alcool jusqu’à en devenir complètement indépendant, leurs témoignages n’étaient guère pris en compte. Quelques simples journalistes, y voyant peut-être un scoop, se penchaient plus sur le sujet mais aucune preuve ayant été découverte, ils abandonnaient rapidement. Oui, quelques uns possédaient d’étranges marques sur le coup. Mais ils avaient tout aussi bien pu se les assener d’eux-mêmes. Toujours était-il que pour moi, ceci relevait autant du miracle que cela me démontrait une fois de plus que je n’avais pas affaire à un simple mortel.

- Je m'appelle Morgan.

Son ton emprunt d’un calme parfait, il essayait visiblement de me mettre en confiance. Mais je restais méfiante malgré tout. J’avais déjà eu mon quota de poursuite avec Lula, celle-ci étant d’ailleurs toujours à mes trousses. Je me demandais un instant si elle était en ce moment même dans mon appartement et décidais de ne plus y penser. Seul importait le moment présent.

- Alida, répondis-je simplement.

J’avais déjà fait l’erreur d’énoncer mon nom entier à la jeune pair de Morgan. Et malgré le fait que mon prénom ne devait guère être courant, je n’avais pas la moindre envie de me réveiller à nouveau pour voir cette fois-ci le jeune homme. Mais après ce qu’il venait de faire, quelque chose qui allait certainement me simplifier la vie puisque personne d’autre ne pourrait ainsi remarquer les morsures peu communes, je me devais bien d’être polie. D’où ma réponse.

- Êtes-vous un Ombre ?

La question m’avait échappé, j’avais parlé sans réfléchir. Et au vu du visage de Morgan qui changea subitement, je n’eus même pas besoin de reformuler mon interrogation. La figure presque décomposée du jeune homme parlait d’elle-même. Il ne s’attendait certainement pas à ce que je sache leur appellation. Mais Lula avait été quelque peu bavarde et j’en avais appris plus en quelques minutes qu’en plusieurs années de ma vie.

- Question stupide. Vous êtes un Ombre, affirmais-je.

Mon assurance n’était qu’un moyen de cacher la peur sourde qui sommeillait toujours en moi. Néanmoins, je me sentais davantage à l’aise. Je restais tout de même sur mes gardes. Le fait qu’il me croit « habituée à sortir à la nuit » sous-entendait à ce que je lui réponde certainement, et ainsi de l’informer de quelque chose qu’il voulait connaître. Mon cerveau turbinait et je ne mis pas longtemps à comprendre qu’en réalité, il y avait de fortes chances pour que cela soit Lula qu’il recherche. Je n’étais qu’un moyen de l’informer. Et je venais stupidement de laisser entendre que j’en connaissais un rayon sur le sujet. Sottise en effet car, une fois lui avoir révéler ce que je savais, je ne lui étais d’aucune utilité. Plutôt même un danger. Alida, me félicitais-je intérieurement, tu viens encore de te mettre dans de beaux draps…
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Lun 3 Jan 2011 - 9:18

    - Alida.

    Son ton était posé et calme, mais la pointe de méfiance sous-jacente n'échappa pas au garçon. Elle était prudente, quoique la conversation qui se déroulait ici entre eux à une telle heure prouvait sa témérité. Ainsi, elle n'était rien d'autre qu'une humaine un peu trop curieuse pour pouvoir prétendre à une vie longue. Quant au fait qu'elle ait échappé à Lula... Morgan ne savait pas quoi en penser. La jeune femme avait-elle fait preuve de négligence en la laissant pour morte ? Avait-elle seulement eu le choix ? Tant de questions qui resteraient sans réponses... Puis, sans prévenir, la jeune humaine reprit la parole.

    - Êtes-vous un Ombre ?

    Si Morgan avait eu un coeur, au sens physique du sens, celui-ci aurait sûrement raté un battement. Rares était les êtres à connaître ce nom et son sens, et jamais le garçon n'aurait cru qu'un humain en aurait un
    jour vent. Hormis le Seigneur des Limbes et celui des Cieux, les quelques très vieilles créatures à posséder cette connaissance la gardait jalousement. Les rares êtres qui avaient côtoyer de tels démons avaient depuis longtemps perdu la vie ou étaient forcés au silence par quelque moyen. À moins de tout ignorer de la nature de celui-ci. Ce qui n'était visiblement pas le cas de la jeune femme.

    - Question stupide. Vous êtes un Ombre.

    L'affirmation de l'humaine dérouta plus encore le garçon - si cela est possible. Quels détails possédait-elle pour déclarer un tel fait avec autant de certitude ? Pendant un instant, le garçon songea à nier en bloc. Tout, de A à Z. Mais l'occasion était trop belle. La jeune femme ne semblait pas avoir peur de lui. Au contraire, elle avait l'air prête à l'affronter. Elle l'avait déjà fait ; les marques qu'il venait d'effacer le prouvaient. Il choisit d'éluder. D'amener la conversation sur une autre que lui.

    Morgan sourit, amusé par tant de franchise et cette spontanéité que l'on retrouvait chez tous les jeunes, quelque soit leur espèces. Alida devait avoir 25 ans, tout au plus, Lula n'en avait que 321 : en cela, elle aurait bien dû s'entendre. La jeune Ombre avait du, elle aussi, faire preuve de spontanéité - et donc d'imprudence - en révélant leur nature à la jeune femme, sûrement pour l'effrayer. L'Ombre s'assied sur le banc, invitant d'un geste Alida à le rejoindre. Son sourire n'avait pas quitté ses lèvres, encourageant la mortelle à lui faire confiance.

    - Je ne te ferai pas de mal, assura-t-il d'un ton parfaitement neutre.

    Il n'y avait pas de cette pitié qu'on adresse aux enfants, dans sa voix, pas non plus de mensonge. En un sens, Alida l'intriguait. Qui était-elle ? Qu'avait-elle vécu pour être ainsi ? Et enfin : que cherchait-elle ? Il était clair qu'elle ne se mettait pas dans de telles situations pour le plaisir. À moins de révéler des tendances suicidaires, ce qui - Morgan l'espérait - n'était pas le cas.

    Puis, presque imperceptiblement, l'immortel sentit la jeune femme se détendre, ses muscles se délier. Il sut alors qu'il pouvait parler.

    - Que sais-tu des Ombres ? demanda-t-il simplement.
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Sam 12 Fév 2011 - 16:26

L’énonciation de mon prénom ne provoqua pas d’émotion palpable chez Morgan. Bon ou au contraire, très mauvais signe, je n’aurais su le dire. Ses prunelles restaient posées sur moi, tout comme j’en faisais de même avec lui. Suite à la demande lancée sur un ton banal quant au fait qu’il pourrait être un Ombre, je n’eus pas tôt fait d’attendre que ce à quoi j’avais pensé ne se réalise. Le soudain arrêt du moindre mouvement, son visage figé répondait pour lui. Question stupide, en effet. Je n’avais aucune idée dans quoi je m’engageais. C’était une sorte de provocation, ce que je faisais là. Quelque chose qui pouvait me coûter très cher. De plus, je venais de révéler un pan de mes connaissances. Sans Lula, je n’aurais sans doute jamais entendu parler des Ombres, ou plutôt, les aurais classés dans la même catégorie que les lutins et les licornes, soit les légendes. Mais depuis cette révélation, je m’étais renseignée, avais passé de longues heures à la bibliothèque. Parfois même, la fatigue me gagnait subitement et il m’arrivait de m’endormir sur un ouvrage. Mais je voulais en savoir le maximum sur celle qui en avait après moi. Quoi de plus normal après tout ?

Mon affirmation acheva de dérouter le jeune homme. Mais il reprit assez rapidement possession de ses moyens. Un air réfléchi prit place sur ses traits pendant quelques instants. Il devait se douter qu’il ne servait à rien de nier, que je n’en croirais pas un mot s’il se décidait à opérer ainsi. Il m’avait donné raison sans forcément le vouloir. Ce qui, pour moi, était une bonne nouvelle. Connaître son adversaire était un bon début. Découvrir ses intentions ensuite et c’était là une des plus délicates épreuves. Car oui, dans un tel cas de figure, je ne me sentais pas vraiment face à une personne pouvant devenir un éventuel ami. Je m’étais montrée bien imprudente à sortir si tard, à la vue de toute personne rôdant dans les parages. Il s’agissait dorénavant de rentrer à mon appartement en un seul morceau. D’où l’annonce un peu calculée qu’il était un Ombre. La surprise avait joué en ma faveur, il ne pouvait savoir l’étendue véritable de tout ce que j’avais pu lire et retenir. Ce qui était un réel avantage pour moi. Pour le moment du moins. Car il est bien connu que le savoir sert peu dans une situation telle que celle-ci.

Un sourire s’étira sur les lèvres du jeune homme. Ses pensées, quelles qu’elles soient, m’échappaient mais avaient au moins le don de le faire sourire. Là encore, je ne savais si je devais ou non me méfier. De toute manière, m’enfuir était un acte complètement stupide ici, en ce moment précis. Il fallait au contraire que je puisse partir en toute sécurité. C’est donc pour cela que lorsque Morgan se déplaça, s’installa sur le banc duquel je m’étais levée et me fit signe de m’asseoir, j’obtempérais sans la moindre remarque. Son sourire se voulait rassurant et sûrement plein de bonne foi, mais je restais sur mes gardes.

- Je ne te ferai pas de mal.

Le ton neutre du jeune homme n’exprimait pas le moins sarcasme, pitié ou du genre mielleux. Non, au contraire, il semblait indiquer toute la véracité de ses propos. Et en un sens, cela m’intriguait. C’était une sorte de promesse soufflée, non pas une mise en garde mais un simple fait qu’il énonçait. Evidemment, cela me rassura quelque peu et je sentis mes épaules s’affaisser légèrement, signe que j’étais un peu moins tendue. Dans un cas comme celui-ci, alors qu’il était conscient que je savais des choses au sujet de sa nature, il était étonnant que je ne sois pour commencer tout simplement morte. Ou menacée, directement ou non. Non, au contraire, il voulait me mettre en confiance. Cas classique mais qui s’avérait honnête là. Il ne me blesserait pas. C’était un bon point.

- Que sais-tu des Ombres ?

Irrémédiable question, simpliste à souhait mais qui impliquait beaucoup de choses. Quelles étaient ses intentions ? Sûrement mesurer ce dont je pouvais avoir connaissance pour juger ensuite de ce qu’il pourrait faire de moi. Mais derrière tout cela se cachait également autre chose. Quoi donc ? Je n’en avais pas la moindre idée. Peut-être était-il perdu et cherchait-il des compagnons, des personnes qu’il savait de la même espèce que lui ? Peut-être voulait-il prévenir celui ou celle qui m’avait agressé que sa victime était encore bien vivante et qu’il savait comment la retrouver ? M’amener à Lula ? Après tout, il avait bien énoncé le fait qu’il ne me ferait pas le moindre mal. Mais il avait omis de préciser qu’il laisserait ou non quelqu’un d’autre s’en charger à sa place. Je ne savais pas franchement à quoi m’attendre et cela m’agaçait fortement. Tant que je ne pouvais avoir connaissance des plans qu’il avait à mon égard, j’avais de quoi rester méfiante, et prudente surtout.

Etant assise à côté de lui sur le banc, la distance entre nous était minime, et cela me gênait quelque peu bien que je ne le montre. Mon corps était orienté de façon à pouvoir lui parler tout en l’ayant dans mon champ de vision. Ainsi donc, je pouvais observer de plus près. Ses yeux étaient d’un bleu assez vif, malgré l’absence de clarté prononcée. Sa peau pâle semblait être l’extrême opposé de sa chevelure brune, plus foncée encore par l’obscurité. Il dégageait un certain charme et l’assurance de quelqu’un qui a un but et qui n’en démordra pas.

Soupirant légèrement, je me décidais à exposer quelques faits dont j’avais pu avoir connaissance, sans non plus dévoiler tout ce que je savais. Je n’étais tout de même pas idiote à ce point.

- Je sais que vous êtes… allergiques à toute relation amicale ou amoureuse. C’est quelque chose de bien particulier à votre nature. L’affection que vous pouvez porter aux autres vous rend malade, vous détruit même. Enfin, il est possible pour vous d’aimer. Mais vous n’êtes pas à l’abri d’une crise. Du coup, en général vous vous éloignez des autres.

Le dire à voix haute me faisait prendre réellement conscience de ce qu’était les Ombres. De ce qu’ils devaient endurer, surtout. Car nous avons tous besoin d’être entourés, autant physiquement que moralement. On ne peut vivre sans cela. On meurt bien avant, en se suicidant car trop repliés sur nous-mêmes. Quel calvaire ! Comment arrivaient-ils simplement à ne pas abandonner ? Reprenant mon souffle, je poursuivis :

- Vous avez besoin de sang pour survivre, comme les vampires. Néanmoins, en général, vous préférez vous nourrir d’animaux plutôt que d’humains. Du moins, tout dépend de la philosophie que vous adoptez. Des arabesques noires stigmatisent votre peau d’ailleurs lorsque vous ressentez la nécessité de vous nourrir et il me semble que vos yeux changent de couleur également.

Je parlais plus que de raison, je m’en rendais compte. Mais pour une fois que je pouvais exposer mes recherches, ne pas simplement les faire et les garder pour moi, je devenais un véritable moulin à paroles que l’on ne pouvait arrêter. Néanmoins, je me promis intérieurement de ne pas révéler tout ce que j’avais pu apprendre. Cela pouvait toujours s’avérer utile.

- Je sais également que vous êtes dotés de quelques dons surnaturels comme celui de vous déplacer extrêmement rapidement, poursuivis-je tout en étant prise d’un frisson en me rappelant mon entrevue avec Lula où j’avais pu le constater de moi-même. Agiles, vous cicatrisez également étonnement vite. Vous êtes quasiment immortels.

Me mordant la lèvre inférieure, je me maudis de l’adjectif « quasiment » ajouté presque inconsciemment. J’avais eu vent des rares moyens possibles de pouvoir tuer un Ombre mais ne voulais que Morgan sache que j’étais au courant. Je n’avais plus qu’à espérer que mon ajout était passé inaperçu au milieu de ma phrase. Et pour cela, il fallait donc que j’ajoute autre chose. Me triturant les méninges durant plusieurs secondes, je concluais :

- Vous avez des principes également, il me semble. Et l’honneur vous tient très à cœur.

Je me tus, je n’avais rien à dire de plus. Je trouvais déjà en avoir bien trop révélé, mais au fond, nous étions conscients, moi comme Morgan, qu’il tenait ma vie entre ses mains. Il pouvait tout aussi bien décider de me laisser partir tout comme de me tuer sur-le-champ pour avoir eu connaissance d’autant de choses sur ce qu’il était. J’avais mis du temps, d’ailleurs, à récolter toutes ces informations. Les Ombres étaient doués pour passer inaperçus. Il fallait en avoir croisé un et vu ce dont il pouvait être capable pour croire que les rares informations données sur eux n’étaient pas des légendes. Peu de personnes devaient être au courant que de tels êtres existaient. Et j’en faisais partie. Ce qui n’était pas forcément très bon signe dans une situation comme celle que je vivais.
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MessageSujet: Re: Don't be scared of me, Show me who you are, I will keep the cold away [Aligan]   Dim 20 Fév 2011 - 14:41

Avec un léger soupir, Alida consentit à lui dévoiler ses connaissances sur le sujet, du moins en partie, car il doutait qu'elle ait, bien qu'étant une jeune humaine, la naïveté de lui faire part de tout ce qu'elle avait pu apprendre, quelqu'en soit l'ampleur.

- Je sais que vous êtes… allergiques à toute relation amicale ou amoureuse. C’est quelque chose de bien particulier à votre nature. L’affection que vous pouvez porter aux autres vous rend malade, vous détruit même. Enfin, il est possible pour vous d’aimer. Mais vous n’êtes pas à l’abri d’une crise. Du coup, en général vous vous éloignez des autres.

L'espace d'un instant, Morgan se sentit mal à l'aise. Il y avait du vrai dans ce que disait la jeune femme, c'était indéniable. Mais chaque Ombre était différent, appréhendait sa nature à sa manière. Alida parlait de choses qu'elle ne pouvait pas même imaginer, comme, par exemple, un étudiant en médecine qui énoncerait les symptômes d'une grave maladie dont le seul remède existant serait l'isolement moral le plus complet.

- Vous avez besoin de sang pour survivre, comme les vampires. Néanmoins, en général, vous préférez vous nourrir d’animaux plutôt que d’humains. Du moins, tout dépend de la philosophie que vous adoptez. Des arabesques noires stigmatisent votre peau d’ailleurs lorsque vous ressentez la nécessité de vous nourrir et il me semble que vos yeux changent de couleur également.

Là encore, la jeune femme énonçait des faits purement théoriques, et généralement plutôt caractéristiques de jeunes Ombres comme Lula.Le sang n'était pas nécessaire à la survie des Ombres, bien qu'il constituait une source d'énergie non négligeable. À partir d'un certain âge, un Ombre pouvait se passer de tout condiment, comme un ours en hibernation. Mais bien souvent, le plaisir gustatif et, il fallait bien l'avouer, celui de la chasse - qu'elle soit chasse à l'homme ou à l'animal - primaient. Mais, alors que le changement de couleur des iris témoignaient des intentions d'un Ombre, les marques noires qu'évoquaient Alida était un fait bien plus rare. Morgan les avait parfois vu naître sur sa peau, glyphes effrayants témoins d'une puissance destructrice. Que la jeune humaine ait conscience de ce fait troublait le garçon : avait-elle vu ces mêmes marques sur la peau de Lula ? Quelle était l'ampleur de celles-ci ? La jeune Ombre pouvait bien se révéler être un adversaire plus redoutable qu'il ne l'avait imaginé. Nul ne savait exactement la signification de ces sombres arabesques. On disait que ceux qui en étaient marqués étaient voués à un destin maudit, mais être un Ombre, en soit, était déjà le fruit d'une malédiction. Morgan en resta pensif, mais ne fit en aucun cas part de ses réflexions à la jeune femme et se concentra de nouveau sur ce qu'elle pouvait lui apprendre.

- Je sais également que vous êtes dotés de quelques dons surnaturels comme celui de vous déplacer extrêmement rapidement. Agiles, vous cicatrisez également étonnement vite. Vous êtes quasiment immortels.

Un éclair d'anxiété vrilla les muscles du dos d'Alida. Vivement, elle tritura sa lèvre inférieure entre ses dents. Une information, visiblement, lui avait échappée alors qu'elle dévoilait, sûrement pour la première fois, tout ce qu'elle avait pu apprendre sur l'existence de la magie. Car elle en savait des choses, personne ne pouvait le nier. Et cela, qu'elle le sache ou non, la mettait en danger. N'importe qui pouvait décider de la supprimer, que l'ordre vienne des Limbes ou des Cieux. Pourtant, elle ne semblait pas en avoir conscience, et la seule chose qui la tracassait était d'avoir placé un mot de trop, "quasiment", Morgan l'avait deviné, dans sa phrase et de tenter de faire passer la chose inaperçue.

- Vous avez des principes également, il me semble. Et l’honneur vous tient très à cœur.

Morgan sourit doucement. Tout être à l'espérance de vie rallongée développait ce trait de caractère. Fierté et honneur étaient effectivement deux principes très chers aux Immortels. Aussi, cette affirmation aurait du la rassurer : il lui avait dit qu'il ne lui ferait pas de mal, il tiendrait parole. Si Alida devait mourir, ce n'était certainement pas à lui d'en décider. Et il ferait tout pour éviter la chose : la jeune humaine l'intriguait au possible. Pourquoi se plongeait-elle de la sorte dans les mystères les plus dangereux et les mieux gardés de l'univers ? Il était clair qu'elle avait vécu quelque chose qui la poussait à faire cela, à prendre autant de risques. Quant à savoir quoi... Morgan le découvrirait. Il ne lui serait pas long de reconstituer la vie d'une mortelle âgée seulement d'une vingtaine d'années.

- Mes compliments, accorda le garçon, véritablement admiratif, quoique troublé. Si un jour on m'avait dit qu'un mortel serait capable d'en savoir autant sur les Ombres, je lui aurais ri au nez. Tu es la preuve vivante que la frontière entre nos mondes se désagrège, lentement, mais sûrement.

Plongeant son regard dans les prunelles de la jeune femme, il essayait de lui faire comprendre ses intentions. Non, il ne la blesserait pas ; un démon restait un démon, quelque soit sa nature originelle : il avait vendu son âme au Diable, et la survie d'Alida ne pouvait que servir ses propres intérêts.

- Ce qui fait de toi une proie facile pour les prédateurs de mon monde. Tu as échappé à Lula, n'est-ce pas ? Je ne sais pas comment, mais tu l'as fait. Il n'y a qu'elle pour faire preuve d'autant de négligence. Mais elle ne te lâchera plus, désormais. Elle sait qu'elle a commis une erreur, mais elle la réparera à sa manière : vicieusement, sadiquement, même.

Morgan ne cherchait pas à manipuler la jeune humaine : il lui exposait les faits. Lula Wilde était une jeune Ombre peu commune, extrêmement puissante mais incapable de canaliser ses pouvoirs. Elle se lançait alors des sortes de défis qu'elle relevait par principe. Mais récemment, elle semblait s'être lancée dans une entreprise plus sérieuse. On la disait en compagnie du frère Rice, et cela ne plaisait pas, non absolument pas au Roi des Limbes. Mais elle était coriace, et elle ne lâcherait pas Alida, ce qui la pousserait nécessairement à commettre une imprudence.

- Je te protégerai, si tu l'acceptes. Lula est dangereuse, mais pas intouchable. Je peux l'empêcher de t'approcher.

Pendant un instant, Morgan craignit d'en avoir trop dit. Ou plutôt d'avoir parler avec trop de virulence. Le pire qui pouvait lui arriver était qu'Alida prévienne Lula, muée par l'absurde syndrome de Stockholm. Mais il n'en montra rien. Il voulait vraiment, au fond de lui, que la jeune femme reste en vie. Pourquoi ? Il l'ignorait. Peut-être que, comme Lula, il se lançait là un défi : faire une bonne action, quand bien même son dessein premier était foncièrement maléfique, puisque tributaire de la volonté de Satan.
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