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 We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML

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MessageSujet: We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML   Ven 10 Déc 2010 - 18:10



A little bit of heaven, but a little bit of hell

Se tapotant nerveusement le menton du bout des doigts, Mona-Lou Rechtet repensait à sa première rencontre avec Prudence Huston. L'évènement remontait à une semaine à peine mais la sorcière avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée depuis, même si elle se souvenait avec précision de ce que son interlocutrice lui avait dit : "Maintenant que je t'ai dit ce que tu voulais entendre, rendez-vous la semaine prochaine, même jour même heure même endroit. Sois là à l'heure, je ne t'attendrai pas indéfiniment. Sauf si tu ne crois pas en l'impossible. Alors, reste chez toi, et bouffe des Nachos à t'en faire exploser la panse.". Plusieurs fois, elle avait été tentée de suivre le dernier conseil de la jeune femme mais sa profonde répulsion pour les Nachos l'avait finalement emporté et c'était désormais un taxi qui l'emportait vers la Bibliothèque où elle allait retrouver la personne qui désirait qu'elle devienne quelqu'un de bien. La tâche semblait être véritablement impossible à réussir du point de vue de la française étant donné qu'entre-temps, elle s'était en plus liée plus ou moins volontairement à un démon… Évoquer Stephen Rice renforça l'anxiété qu'elle éprouvait et elle se força à inspirer profondément en fermant les yeux pour se détendre. Le pacte démoniaque était moins pire que ce qu'elle avait tout d'abord imaginé ; le démon ayant d'autres chats à fouetter que l'importuner sans cesse. Avec un peu de chance, il n'aurait même pas vent de la relation cordiale qu'elle entretenait avec Prudence et donc de la volonté qu'elle avait d'être un peu plus humaine. Cependant, elle risquerait de le payer plutôt cher si jamais il l'apprenait.

Ses doigts se refermant brutalement dans sa paume, la française recommença ses exercices respiratoires. Quelques secondes plus tard, elle rouvrit les yeux pour observer l'extérieur, la tension qu’elle éprouvait ayant été momentanément allégée. Le monde qui défilait à sa fenêtre semblait être un film avec une multitude d'acteurs et des intrigues se mêlant à tous les niveaux sans discontinuer. Une pensée en amenant une autre, Mona finit se demander si des créatures inhumaines se trouvaient en ce moment sous ses yeux. Il y avait fort à parier que ce fut le cas mais elle n'en aurait jamais la conviction formelle alors elle préféra changer de sujet de réflexion et choisit de réfléchir à ce qui allait se passer dès qu'elle aurait quitté l'habitacle de la voiture. Avec un peu de chance, elle n’aurait pas l’air angoissée lorsqu’elle retrouverait Prudence et elle pourrait dire qu’elle était venue plus par curiosité que par réel intérêt. Mais même en son propre sein, ça sonnait atrocement faux. Pas une seule seconde son intuitive interlocutrice ne serait bernée. Pire, elle risquait même de percevoir avec encore plus de précision l’appréhension tentée de Mona. C’était tout à fait inacceptable voire assurément inenvisageable. Il fallait donc que la française aille vers cette seconde rencontre avec une base de franchise. S’enquérant auprès du chauffeur du temps qu’il lui restait pour se préparer à cela, elle fut mortifiée d’apprendre qu’elle n’avait que deux minuscules minutes. Un jour, elle serait prévoyante. Avec ironie, la sorcière songea qu’elle avait plus de chance de devenir un Ange que d’être un jour réellement prévoyante. L’autodérision qui bavait par la même occasion sur Prudence permit à la française de se reconstruire une façade assurée et lorsque le taxi s’arrêta devant la bibliothèque, elle n’hésita pas une seule seconde à manipuler l’esprit du chauffeur pour le quitter sans le payer bien que l’argent ne fut pas un problème pour elle. Si elle devait devenir quelqu’un de bien – ou du moins faire des efforts dans ce sens- dans un proche avenir, il était normal qu’elle profite des derniers instants où sa méchanceté pourrait s’exprimer sans que la voix de Prue ne la réprimande que ce soit de façon mentale ou en vrai.

D’un pas rapide, elle s’approcha ensuite de l’entrée de la Bibliothèque, eut la surprise de voir que son rendez-vous venait d’entrer dans le hall et s’empressa de pénétrer dans les lieux avec l’intention de rattraper la brune avant que celle-ci ne s’installe à une table.

- Prudence ! appela-t-elle, devenant aussitôt la cible de divers regards noirs.

Sans leur prêter la moindre attention, elle fit signe à sa professeure d’Humanité qui venait de se retourner vers elle et lui indiqua silencieusement de la retrouver dehors avant de sortir, sans attendre la moindre confirmation de la jeune femme. Elle savait qu’elle allait se faire sermonner sur ça mais elle ne pouvait envisager de prendre son premier « cours » dans la bibliothèque. Ca faisait bien trop sérieux à son goût. Elle n’était plus une étudiante. Un bar conviendrait aussi bien. Nul besoin de s’entourer de livres. Surtout que même si Mona-Lou adorait lire, elle ne pouvait décidément plus supporter les bibliothécaires qui semblaient l’épier dès qu’elle faisait un pas dans leur sanctuaire. Attendant que Prudence sorte, elle tortilla une mèche de cheveux et se demanda comment sa collaboratrice allait accueillir son initiative. Bien, au vu du degré d’adaptation qu’elle semblait posséder. Et surtout du désir de l’aider qu’elle avait laissé transparaître la fois dernière. La sorcière s’interrogea sur ce qui pouvait motiver la jeune femme à faire preuve d’autant de sollicitude à son égard. Elle-même n’aurait jamais la moindre inclination pour ça… C’était sûrement pour ça que c’était elle l’élève dans le duo qu’elle allait former avec Prudence. Apprentie d’un démon et élève d’une créature pour l’instant inconnue. Ca promettait pour un début à San Francisco.
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MessageSujet: Re: We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML   Mar 8 Mar 2011 - 21:14

Motivée, Prudence Huston quitta sa demeure non sans éprouver une certaine assurance. Aujourd'hui, cela faisait une semaine qu'elle avait pris le pari de transformer un bloc de glace supposément humain en une fontaine de bontés. Elle avait rencontré Mona-Lou, une sorcière, il y avait de cela une semaine. La jeune femme connaissait quelques problèmes d'intégration, et la louve avait décidé de lui venir en aide. Certes, ce ne serait pas une chose facile, elle l'avait prévenue. Mais ne pas essayer d'arranger les choses ne collait pas au caractère de Prue. Prue qui ne pouvait s'empêcher de vouloir changer le monde pour en voir un nouveau, tout rose tout beau, apparaître sous ses yeux ébahis. Elle était un peu folle sur les bords. Il ne fallait pas s'en inquiéter, elle savait pertinemment que ce rêve de perfection ne resterait jamais qu'une simple chimère. Pourtant elle ne pouvait contenir cette envie irrépressible de se mêler de la vie des gens à problèmes. Et des gens avec des soucis, il y en avait des tas. Rien à faire, elle ne renoncerait pas à sa gentillesse sempiternelle.

Prudence se dirigeait donc vers la bibliothèque, là où elle avait donné rendez-vous à la sorcière pour lui donner son premier cours d'humanité. Loin d'être pressée, elle se permit de s'arrêter à la boulangerie afin de s'acheter un croissant au miel. Elle n'avait pas déjeuné, et la faim commençait à la tenailler. Elle paya la caissière et lui adressa quelques belles paroles pour complimenter son présentoir, elle lui souhaita une bonne journée et retourna sous le soleil chaleureux. Elle déballa son paquet et s'attaqua goulument à son croissant tout en se promenant à son aise. Elle habitait une petite maison près des bois, à l'écart de la grande ville et à mi-distance avec les villages campagnards. Au moins, là-bas, elle était tranquille. Ce n'était pas le voisinage qui allait l'embêter : elle n'avait aucun voisin, mis à part les bêtes sauvages. Quand il faisait aussi radieux qu'aujourd'hui, la lycan adorait traverser les bois via le petit sentier qui menait de l'autre côté, vers la partie ouest de San Francisco. Elle aimait les promenades, et elle savourait celle-ci. Elle prenait l'air avant de manquer de s'étouffer. La partie allait durer un bon moment, et ce n'était pas du tout, du tout gagné.

Prudence arriva enfin à l'endroit voulu. La bibliothèque municipale lui faisait face, elle s'en approcha non sans excitation. Elle était plus qu'heureuse de se lancer dans cette folle aventure. Même si il persistait un doute quant à la venue ou non de son élève, elle était à peu près sûre qu'elle viendrait. Ou alors elle deviendrait obèse, en imaginant qu'elle ait suivi son conseil et qu'elle se soit donc empiffrée de nachos. Amusée, la louve rit de bon coeur et pénétra dans le bâtiment. Aussitôt, elle reconnut une silhouette dans l'entrée, qui venait à peine d'arriver. Prue ne fit aucun commentaire à Mona-Lou et la devança, elle avait un roman à rendre. Elle ne pouvait pas avoir de retard, sinon elle serait mal vue par la bibliothécaire. Ce qui lui semblait inconcevable. Ignorant son amie, elle se présenta à la matrone de l'accueil qui la reconnut aussitôt. Elle venait souvent ici, elle commençait à se faire connaître.

— Prudence ! cria une voix mémorisée derrière elle.

Ladite Prudence se retourna et regarda sévèrement la sorcière, qui lui indiqua silencieusement qu'elle l'attendait dehors. De toute manière, la brunette avait déjà tout prévu. Elle leur avait réservé une table chez Gordon, un restaurant chic situé non loin de là, dans les galeries commerciales. Elle avait organisé une sortie entre amies, le must pour communiquer. Elle forcerait son apprentie à se laisser découvrir, à prendre plaisir à des activités tout à fait banales mais revigorantes. A commencer par un dîner. Un simple dîner lors duquel elles pourraient discuter longuement et en savoir un peu plus chacune sur la vie de l'autre, et surtout prendre goût à cette nouveauté pour Mona-Lou : l'amitié sincère, simple et durable. Prudence partait sur un bon jugement la concernant, elle était venue au rendez-vous, ce qui confirmait ce qu'elle pensait d'elle. Elle avait la foi.

La louve rendit le livre qu'elle avait emprunté la fois dernière, une œuvre de Stephen King. Elle n'appréciait pas particulièrement cet auteur, mais le sujet traité dans ce bouquin avait su attiser sa curiosité. Elle l'avait adoré. Elle remercia chaleureusement la bibliothécaire pour cet emprunt dont elle avait été la conseillère, elle lui dit qu'elle avait de très bons goûts et s'en alla, lui expliquant qu'elle était pressée. Mais elle repasserait, promis. Elle lui fit signe de la main pour la saluer et quitta le bâtiment. Dehors, Mona-Lou l'attendait, tournant en rond sur le trottoir. Lorsqu'elle la vit, elle la fixa longtemps sans rien faire. Ce n'est qu'une fois que l'immortelle lui sourit qu'elle fit de même. Après quelques civilités échangées, Prue la réprimanda sur son comportement à l'entrée de la bibliothèque. Elle n'insista pas trop, préférant conserver sa bonne humeur qui lui serait bien utile pour les heures suivantes. Ensuite, elle emmena la sorcière à sa suite, s'avançant à son rythme vers le centre commercial. Elles ne discutèrent pas beaucoup durant le trajet, mais ce n'était pas plus mal. Et puis c'était normal de la part d'une inculte sentimentale telle que la brunette. Elles entrèrent à l'intérieur des galeries marchandes, et commencèrent à se balader. Elles parlèrent des raisons qui les avaient amenées ici, et d'autres petits sujets. Puis, Prue avisa le restaurant Chez Gordon où elle avait prévu de convier son invitée. Elle s'y rendit avec la sorcière sur les talons. Elle annonça sa réservation et on les conduit à une table. Face à l'air étonné de la brune, elle comprit qu'elle était surprise qu'elle ait réservé une table alors qu'elle n'était même pas certaine qu'elle viendrait. Une fois installées, Prudence lui sourit et lui confia une des certitudes qui ne l'avait pas quittée de toute cette semaine.

— J'étais à 99% persuadée que tu me rejoindrais. Le pourcentage restant était une raison potable pour que tu ne viennes pas : cela aurait signifié que tu étais une fanatique des nachos et mon idée t'aurait semblé excellente. Ce qui me paraissait absolument improbable, bien sûr. Mais il faut toujours laisser une place pour l'impossible dans ses estimations, expliqua-t-elle avec enjouement.

Après avoir tenu son discours, elle laissa son sourire s'élargir. Elle parlait peut-être trop, mais au moins, elle trouvait ce qu'elle racontait utile. Et puis, ça leur permettait de faire la discussion. Alors Mona-Lou ne s'en plaignit pas.

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Dernière édition par Prudence Huston le Mer 23 Mai 2012 - 17:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML   Ven 1 Juil 2011 - 22:56

L’attente est peut-être l’une des choses que tous les humains s’accordent à détester. Devoir patienter pour obtenir quelque chose, pour avoir la possibilité d’exécuter une tâche ou simplement parce que nous devons retrouver quelqu’un, généralement, nous haïssons. Pourtant, invariablement, nous nous retrouvons dans une situation qui nécessite notre patience. Que ce soit dans la rue, dans notre vie professionnelle ou celle personnelle, nous devons nous plier aux règles invincibles de l’attente. Mona-Lou ne faisait pas exception à la règle et attendre Prudence à l’extérieur de la bibliothèque commençait à sérieusement l’irriter. Elle se sentait idiote à faire les cents pas sur le trottoir, jetant parfois un regard à l’intérieur du bâtiment, et se demandait ce qui pouvait tant occuper sa professeure. Ca ne prenait pas une demi-heure de rendre un livre ! Evidemment, la Française savait qu’elle exagérait en disant cela mais quand ses nerfs commençaient à être éprouvés, l’exagération s’imposait d’elle-même. Le fait qu’elle n’était même pas sûre de vouloir être ici jouait également et elle était sur le point de maudire Prudence Huston quand elle remarqua que la jeune femme l’observait silencieusement et qu’elle avait simplement mis un certain temps à déceler sa présence. Un peu confuse, elle arrêta de tourner en rond et l’observa, aussi silencieusement que l’Américaine le faisait. Elle ne savait pas ce qu’attendait Prudence et de fait, ne savait ainsi pas comment réagir à la situation présente. Dans son esprit, sa Professeure, justement en sa qualité d’éducateur, aurait du prendre la tête des opérations en engageant directement la conversation mais visiblement, ce n’était pas vraiment ce qu’elle comptait faire.

Un sourire finit pourtant par naitre sur le joli visage de Prudence et Mona-Lou l’imita tant bien que mal avant de se faire légèrement réprimander pour l’attitude qu’elle avait eue lorsqu’elle était passée à la bibliothèque. Ecoutant d’une oreille distraite les reproches qui lui étaient faits et qu’elle savait pourtant justifiés, la sorcière garda le silence la plupart du temps, répondant seulement quand elle estimait qu’il le fallait. Elle suivit ensuite sa professeure d’Humanité qui la conduisit jusqu’au centre commercial, tout proche de l’endroit où elles s’étaient retrouvées. Quelques paroles furent échangées durant leur trajet mais rien de bien conséquent du fait de l’absence de véritable réaction de la Française. Elle ne savait pas parler pour parler. Pour elle, on parlait pour conclure des marchés, des transactions, intimider voire provoquer ou encore quand on était sous l’effet d’une quelconque substance hallucinogène mais certainement pas pour le plaisir de converser. Prudence parut le comprendre parce qu’elle n’insista pas, respectant pour le moment le silence de son élève. Les portes automatiques des galeries marchandes se présentèrent rapidement à elles et elles les traversèrent avant de commencer à tranquillement déambuler dans les larges couloirs du centre commercial, à la plus grande surprise de Mona-Lou qui n’avait pas imaginé qu’un cours d’Humanité puisse se dérouler ainsi. Elle concéda cependant que c’était relativement logique, après une courte réflexion, mais n’oralisa pas sa conclusion. Doucement, avec habileté, Prudence parvint à progressivement lui dénouer la langue et leur conversation devint plus fluide, naviguant d’un sujet à l’autre sans trop de heurts mais sans trop tomber dans le secteur privé, non plus. Elles finirent par arriver près d’une zone hautement restauratrice et l’Américaine la fit pénétrer dans un restaurant du nom de « Chez Gordon » avant d’annoncer à un serveur qu’elle avait une table réservée. Mentalement, Mona-Lou nota de ne jamais sous-estimer les capacités d’organisation de la jeune femme qu’elle qualifia de diaboliques. L’assurance dont avait fait preuve la brune l’impressionnait également : alors qu’elle-même n’avait été sûre de venir qu’au dernier moment, sa professeure autoproclamée avait eu suffisamment confiance en elle pour réserver une table de restaurant. C’était plus que surprenant. Et assez agréable, si la Française voulait être tout à fait franche avec elle-même. Quelques instants plus tard, elles étaient installées face à face et un nouveau sourire illumina le visage avenant de son interlocutrice avant qu’elle n’explicite ce qui occupait ses pensées :

J'étais à 99% persuadée que tu me rejoindrais. Le pourcentage restant était une raison potable pour que tu ne viennes pas : cela aurait signifié que tu étais une fanatique des nachos et mon idée t’aurait semblé excellente. Ce qui me paraissait absolument improbable, bien sûr. Mais il faut toujours laisser une place pour l'impossible dans ses estimations.

Le sourire enjoué de la jeune femme devait être communicatif parce que Mona-Lou sentit ses lèvres l’imiter maladroitement tandis qu’une vague de chaleur naissait brièvement dans sa poitrine. Elle eut la soudaine impression que tout était facile avec Prudence tant elle paraissait simplement animée par les bons sentiments. Un instant, l’image d’une éventuelle rencontre entre la femme agréable et douce qui se tenait face à elle et son mentor diabolique, Stephen Rice, un tantinet plus difficile s’imposa à son esprit et la sorcière remercia le Ciel qu’une telle chose ne puisse avoir lieu. Les deux êtres étaient tant à l’opposés l’un de l’autre que la situation aurait certainement viré au comique, voire au tragique dans le pire des cas. Ecartant fermement l’idée de son cerveau, elle appuya son visage dans le creux de l’une de ses mains et baissa son regard sur la nappe immaculée de leur table avant de se saisir machinalement d’un couteau qu’elle commença à faire tourner dans sa main droite :

- Je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion… Mais en ce qui concerne mon possible fanatisme des Nachos, tu peux rayer ça immédiatement de ta liste. Je ne supporte pas ces choses, rien que d’y penser me fait frissonner, grimaça-t-elle en remontant son regard dans les orbes sombres dotées de reflets fuyants qui constituaient le regard de sa vis-à-vis.

Elle abandonna ensuite sa position, posant sa main tout juste libérée sur la table tandis que l’autre continuait de triturer le couvert, et ouvrit la bouche avant de se raviser. Demander à Prudence si elle avait toujours été aussi sympathique n’était peut-être pas très poli… Mais d’un côté, elle était là pour apprendre l’Humanité donc elle avait le droit de se tromper lorsqu’elle se posait des limites de décence à respecter… Convaincue par ce point, elle lâcha le couteau et croisa ses doigts sur le plateau de la table, juste devant elle avant de reprendre :

- Est-ce qu’on a du t’apprendre à à toi aussi à être aussi aimable ou tu es née comme cela, Prudence ?

Plus encore que connaître la nature magique de la brune, Mona-Lou tenait à avoir une réponse à la question qu’elle venait de poser. Elle avait envie de comprendre mieux le mécanisme de la gentillesse et si c’était quelque chose d’inné, elle essaierait de l’imiter ou l’abandonnerait. Elle ne savait pas très bien encore, même si il était indéniable qu’elle avait apprécié les quelques heures qui venaient de se dérouler et où elle s’était presque comportée comme une jeune femme normale, grâce à l’Américaine.


Dernière édition par Mona-Lou Rechtet le Jeu 14 Juin 2012 - 18:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML   Mer 23 Mai 2012 - 18:25

Son sourire s'amplifia lorsqu'elle remarqua celui de sa voisine. Elles étaient sur la bonne voie, c'était bon signe. Néanmoins, quand Mona-Lou saisit son couteau, la louve eut un léger mouvement de recul. Elle n'avait jamais vraiment adoré ce genre d'ustensile, aussi inoffensifs pouvaient-ils être ou du moins, sembler. Traumatisme lié à l'enfance, très certainement. Elle se détendit, elle n'avait strictement rien à craindre. Sauf peut-être d'échouer, mais ça, elle en faisait son affaire. Elle avait bien plus d'un tour dans son sac et elle était bien décidée à tout essayer avant d'accepter un quelconque revirement. Si il y avait une seule chose que la brunette supportait péniblement, c'était de reconnaître qu'elle avait perdu. Comme quoi, personne n'est parfait. Tout le monde possède ses petits - ou gros - défauts, il suffit juste de ne pas se laisser obnubiler par eux. L'être humain est constitué de tellement de facettes qu'il serait dommage de se borner à n'en voir que les mauvaises.

Son amie grimaça tout en répliquant :

— Je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion… Mais en ce qui concerne mon possible fanatisme des Nachos, tu peux rayer ça immédiatement de ta liste. Je ne supporte pas ces choses, rien que d’y penser me fait frissonner.

Elle sourit : voilà qui leur faisait un autre point commun, en plus de leur intérêt pour la littérature. De mieux en mieux. Il n'y avait plus qu'à espérer que tout ceci les mènerait quelque part. Prue trouva inutile de croiser les doigts, la chance n'y ferait rien. C'était prévu. La sorcière n'aurait pas vraiment le choix, elle l'obligerait à dialoguer, à se tuer pour parler d'elle, à être amicale ; à retrouver ce semblant de vie humaine que ses pouvoirs lui avaient volé. Non sans un certain cynisme, l'immortelle songea que ça leur faisait une nouvelle similitude. Etait-ce pour cette raison qu'elle avait voulu l'aider ? Ce jour-là, à la bibliothèque, elle avait lu dans son regard à quel point la jeune femme était perdue. Elle manquait cruellement de repère, comme elle le lui avait finalement confessé. Alors, était-ce pour son côté créature à l'abandon qu'elle l'avait embarquée dans cette aventure ? Haussement d'épaules, elle s'en moquait. Ce n'était pas ce qui comptait, l'important c'était de lui venir en aide. Pourquoi elle agissait comme tel, elle aurait tout le temps d'y réfléchir plus tard.

— Est-ce qu’on a dû t’apprendre à toi aussi à être aussi aimable ou tu es née comme cela, Prudence ?

La question de son interlocutrice l'arracha sauvagement à ses méditations. Il lui fallut un certain temps pour en saisir le sens, devinant qu'il s'agissait là d'une interrogation existentielle.
Est-ce que je suis née gentille ? Intriguée par la profondeur de cette réflexion, la louve tenta de se souvenir. Aussitôt, elle fit un bond dans le temps et se retrouva petite fille, tantôt assise dans l'herbe à bercer un bambin, tantôt aux côtés de sa mère pour l'aider à cuisiner. Les souvenirs déferlaient sans qu'elle ne puisse les en empêcher. Des après-midi entières à s'occuper de son petit frère, des heures et des heures à rassembler les récoltes, toute une jeunesse consacrée à sa famille. Puis elle se rappela de la mauvaise scène, celle qui venait d'un autre film, d'une autre histoire. Beaucoup moins joyeuse et terriblement contrastée avec les précédentes. Sa mère dans les bras d'autres hommes, l'enlèvement simulé de son frère, et puis cette fameuse nuit. Du bruit, des cris, une douleur atroce, du sang. Et plus jamais elle ne se sentit pareille. Toute envie de faire le bien autour d'elle avait été remplacée par le besoin cruel de tuer, se venger, blesser. Elle avait commis énormément d'erreurs, plus qu'elle n'oserait jamais l'avouer.
Elle baissa les yeux sur son assiette vide.

— Je crois que personne ne naît ni bon ni mauvais. Ce sont nos actes qui choisissent pour nous, et nous qui choisissons nos actes. Mais rien n'est jamais figé, on peut toujours décider de changer nos habitudes — et je n'ai pas dit que c'était facile. Oui, on le peut toujours. Et ce même si, comme moi, on a un jour été privé de cette liberté de choisir.

Elle lui fit un petit clin d'oeil pour s'assurer qu'elle saisisse bien l'allusion, puis s'arma de courage pour poursuivre. Elle n'avait encore jamais vraiment parlé de cette période de sa vie à quelqu'un, de ce moment où sa seule obsession était de fuir celui qui l'avait mordue, et où elle était prête à sacrifier toutes ses précieuses valeurs pour ça.
Elle releva la tête, plongea son regard dans celui de son amie afin d'y trouver l'étincelle nécessaire pour la relancer.

— J'étais une petite fille aimante et, d'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours adoré aider les autres. Rire, parler, câliner, c'était mon truc. Donc oui, on peut dire que j'étais plutôt assez bien partie. Mais ma route a dévié, j'ai perdu le contrôle sur ma vie et je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Pour cause, la… Chose qui vit en moi me transformait complètement, et pas en bien, loin de là.

Elle hésita à s'étendre plus longuement sur le sujet ou non. A quoi bon lui faire peur ? A quoi bon lui mentir…

— Les premières nuits de pleine lune, j'ai été très, très méchante, glissa-t-elle sur un ton mi-coupable mi-humoristique. Sur le moment, j'aimais ça, faire du mal aux gens. Et puis, les lendemains, des kilos de remords m'agrippaient les tripes et ne me lâchaient plus. Alors j'ai rassemblé assez de volonté et de force en moi pour lutter contre ma nouvelle nature. J'ai donné tout ce qu'il me restait pour regagner ce qu'on m'avait pris : ma part d'humanité. Alors non, on ne m'a pas vraiment appris à être comme je suis aujourd'hui. Mon mentor à moi c'était ma bête noire, ricana-t-elle.

Prue lui envoya un petit sourire contrit, comme pour la rassurer alors qu'elle-même n'était pas certaine d'avoir eu raison de lui raconter tout ça. Une lycan qui a pour réputation originelle d'être de mauvaise nature, qui voudrait lui apprendre à devenir quelqu'un d'agréable ? C'était l'hôpital qui se foutait de la charité ! Elle en riait encore… Mais pour combien de temps ? Elle se mit à décompter les secondes qui la séparaient du départ imminent de Mona-Lou. La pauvre sorcière allait prendre ses jambes à son cou. A moins que Prudence ne la ligote, mais cette idée lui parut trop extrême. Quoique.

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MessageSujet: Re: We are not what you think we are, we are Golden - Prue, Nath & ML   Jeu 14 Juin 2012 - 20:59

Mona-Lou faillit regretter sa question dès qu’elle vit l’impact qu’elle avait sur son interlocutrice. Prudence paraissait être partie loin, très loin, dans une région pas forcément amicale de son esprit. Néanmoins, l’envie qu’elle avait de connaître la réponse que lui fournirait la jeune femme l’empêcha d’intervenir, de revenir sur ce qu’elle avait demandé. Silencieuse, elle se contenta ainsi de regarder autour d’elle avec une attention feinte, observant sans les voir les quelques personnes attablées autour d’elles et les serveurs en train d’exécuter leur danse, conçue spécialement pour satisfaire les clients.

Sans qu’elle s’en aperçoive et à cause d’un manque d’intérêt pour ce qui l’entourait, son esprit finit par dériver doucement au loin, de la même manière que celui de Prudence l’avait fait, et elle repensa à ses parents. Armand et Olivia Rechtet avaient toujours eu une notion assez floue de ce qui était bon ou mauvais et lui avaient donc transmis cette vision déformée qui disait que ce qui leur apportait de l’argent était le bien. La façon dont cet argent arrivait n’entrait nullement en compte dans l’équation. Ils considéraient que rien ne pouvait égaler la valeur de l’argent et n’imaginaient pas une vie sans comptes à plusieurs zéros. Pour eux, ça aurait été comme ne pas vivre. Ils avaient trop besoin de pouvoir engranger des chiffres, de les dépenser aussitôt après et de les remplacer aussi rapidement ; même si c’était davantage Armand qui se chargeait d’accumuler l’argent et Olivia de le dépenser, avec la bêtise que tout le monde lui reconnaissait ; y compris son mari et sa fille. L’irrespect que ressentait Mona à l’égard de sa mère était certainement une autre des choses qui l’avaient faite pencher en faveur du mauvais côté de la force. Comment se construire et devenir quelqu’un de réellement en bien lorsque, dès que votre mère ouvrait la bouche, vous leviez les yeux au ciel en soupirant et faisiez comme si vous n’aviez rien entendu, reprenant la discussion que vous meniez avec votre père, là où votre mère l’avait interrompue ? Mona jugeait que ce n’était pas possible. Peut-être se méprenait-elle, peut-être voyait-elle juste, en tout cas, son point de vue sur la question était pour l’instant clair.

Un bruit de vaisselle brisée la tira de ses pensées. A quelques mètres de leur table, un des serveurs venait de laisser tomber l’une des assiettes qu’il débarrassait. Les joues rouges de honte, il ramassait maladroitement les débris, l’attention de la plupart du restaurant fixée sur lui. Finalement, une de ses collègues sembla avoir pitié de lui car elle arriva pour l’aider, munie d’une pelle et d’une balayette. Il la remercia timidement et Mona-Lou en conclut que ce devait être l’un de ses premiers jours, ici. Le spectacle n’ayant plus rien d’intéressant, elle se reconcentra sur Prudence et constata que celle-ci regardait en direction de son assiette vide comme s’il y était écrit des réponses invisibles.

Sans trop savoir ce qu’elle faisait, la sorcière tordit légèrement la tête afin de voir si rien n’y était effectivement inscrit mais le son de la voix de son interlocutrice la fit reprendre une position normale.

Je crois que personne ne naît ni bon ni mauvais. Ce sont nos actes qui choisissent pour nous, et nous qui choisissons nos actes. Mais rien n'est jamais figé, on peut toujours décider de changer nos habitudes — et je n'ai pas dit que c'était facile. Oui, on le peut toujours. Et ce même si, comme moi, on a un jour été privé de cette liberté de choisir.

Un léger clin d’œil ponctua son discours et Mona se demanda ce qu’elle devait y comprendre. Elle saisissait ce que voulait dire Prue mais ne voyait pas où devait se trouver l’allusion que le clin d’œil impliquait. Par ailleurs, elle était relativement intriguée par la mention à la privation de liberté que la jeune femme avait un jour eu à endurer. Ne la connaissant pas encore très bien, ignorant même sa nature exacte, Mona n’arrivait pas à faire coïncider une quelconque contrainte avec la femme si avenante et patiente qu’elle voyait en face d’elle. Il lui semblait parfaitement incongru qu’on ait un jour voulu brimer une telle personne. Décidant qu’elle aurait sûrement des réponses à ses motifs de surprises plus tard, elle garda le silence et attendit que son interlocutrice veuille bien poursuivre.

Leurs regards se rencontrèrent soudain lorsque Prudence releva le visage vers elle et la sorcière eut le sentiment qu’il y avait autre chose derrière ce contact visuel, une chose qu’elle ne pouvait pas cerner complètement. Cela s’était imposée à elle aussi clairement que le fait que Prudence était un être très complexe, sûrement le plus complexe qu’elle avait pu rencontrer jusqu’à ce jour. Elle ne put s’attarder sur ce sentiment, cependant, puisque l’Américaine reprenait la parole, avec comme une ombre dans le ton de sa voix.

J'étais une petite fille aimante et, d'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours adoré aider les autres. Rire, parler, câliner, c'était mon truc. Donc oui, on peut dire que j'étais plutôt assez bien partie. Mais ma route a dévié, j'ai perdu le contrôle sur ma vie et je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Pour cause, la… Chose qui vit en moi me transformait complètement, et pas en bien, loin de là.


Mona-Lou sentit sa bouche s’assécher tandis qu’elle se laissait happer par les mots de son interlocutrice. Elle voyait défiler dans sa tête des images de la petite fille qui venait de lui être décrite, elle la voyait heureuse et pleine de vie puis elle ne la discernait plus, embourbée dans la chose que Prudence avait invoqué pour expliquer le changement. Une chose qui perdurait en elle mais qu’elle semblait contrôler, désormais. Une chose dont Mona-Lou n’aurait jamais soupçonné l’existence et qu’elle supposait être en lien très étroit avec la nature de la jeune femme. Celle-ci marqua une hésitation et la sorcière la supplia mentalement de continuer. Elle voulait en savoir davantage. Elle ne pouvait pas s’arrêter de parler, pas maintenant qu’elle soulevait plus de questions qu’elle n’apportait de réponses.

Les premières nuits de pleine lune, j'ai été très, très méchante, glissa finalement l’Américaine sur un ton mi-coupable mi-humoristique.

Les sourcils de Mona-Lou se froncèrent d’eux-mêmes mais se détendirent aussi vite, tandis qu’elle comprenait enfin tout ce que cela signifiait ainsi que la portée même des confidences de Prudence. Elle répondait à toutes ses questions à la fois et visiblement, ce n’était pas tout à fait indolore.

Sur le moment, j'aimais ça, faire du mal aux gens. Et puis, les lendemains, des kilos de remords m'agrippaient les tripes et ne me lâchaient plus. Alors j'ai rassemblé assez de volonté et de force en moi pour lutter contre ma nouvelle nature. J'ai donné tout ce qu'il me restait pour regagner ce qu'on m'avait pris : ma part d'humanité. Alors non, on ne m'a pas vraiment appris à être comme je suis aujourd'hui. Mon mentor à moi c'était ma bête noire, ricana-t-elle avant de lui sourire, contrite.

Voyant le discours de Prudence achevé, Mona-Lou s’accorda quelques secondes pour y réfléchir posément. A première vue, elle n’aurait jamais pensé que son interlocutrice se trouve être une Lycan, en raison de la mauvaise réputation que ces créatures trimballaient ; autant dans les contes que dans les quelques rumeurs magiques qu’elle avait pu capter à Londres et Paris. Néanmoins, il se trouvait bien qu’elle appartenait à cette espèce, qu’elle avait même déjà perpétué des massacres et qu’elle s’en était terriblement voulue. Un sourire s’esquissa sur les lèvres de la sorcière en pensant à ses propres mauvais actes et à l’absence totale de remords qu’ils avaient engendré en elle. Elle ne regrettait aucun de ses actes, même si la perspective de changer ne la dégoûtait pas.

Arrangeant le contact visuel qu’elle avait avec sa vis-à-vis, elle agrandit légèrement son sourire, essayant de lui faire prendre un air doux dont elle n’avait pas l’habitude.

- Merci pour ta franchise, commença-t-elle à dire, son esprit tâtonnant à la recherche des mots corrects pour poursuivre. A travers ce que tu as dit, je pense avoir trouvé l’ensemble des réponses que j’attendais. Que ce soit au sujet de ce qui nous rend bon ou à propos de ta nature.

Elle s’interrompit, tapotant son menton du bout de ses doigts, son regard toujours fixé dans celui de Prudence.

- D’après ce que j’ai compris, reprit-elle précautionneusement, la gentillesse est principalement une question de volonté malgré le fait que l’on puisse être naturellement déterminé à cette tendance, par la famille et l’éducation. Et toi, tu étais destinée à ce penchant comme le prouve ton enfance et ce que tu as réussi à devenir en dépit de ta période d’ombre suite à ta… Morsure ?, supposa-t-elle, une pointe d’interrogation clairement discernable dans sa voix.

Sans attendre de confirmation, elle continua, jugeant qu’elle aurait certainement une confirmation lorsque Prue lui répondrait. Dans le pire des cas, si elle ne répondait pas, ce n’était pas dramatique. Malgré son manque quasi-total d’instinct grégaire, Mona-Lou avait parfaitement conscience du fait que certains évènements étaient douloureux à expliciter et une transformation en loup-garou devait certainement faire partie de ce genre d’évènements.

- J’ai donc toutes les clés de la gentillesse en ma possession, théoriquement, et je peux choisir de les utiliser sous ton tutorat ou de continuer à les ignorer, comme je le fais depuis une vingtaine d’années.

Sa voix s’était faite plus pensive à mesure qu’elle oralisait son analyse et ses doigts tournicotaient rêveusement quelques mèches de ses longs cheveux bruns. Sans qu’elle n’y fasse attention son regard s’échappa vers la table, parfait rappel du comportement passé de Prudence, et elle acheva sa pensée :

- Si je suis venue, c’est sûrement que j’ai envie de devenir meilleure que je le suis, présentement, nous sommes d’accord… Mais je ne pense pas avoir envie de devenir trop gentille, ou d’être aussi sociable que toi… J’aurais l’impression de me trahir, tu comprends ? demanda-t-elle en relevant les yeux vers elle, une note soucieuse jouant dans son regard sombre, maintenant qu’elle était devenue parfaitement grave.

Une note qu’elle n’avait pas l’habitude de présenter tant elle était à l’opposé de l’indifférence qui était ordinairement lisible dans son regard. Mais là, elle ne ressentait pas le besoin de se protéger dans un tour d’argent inaccessible. Prudence méritait qu’elle la traite avec respect. Et elle-même avait besoin qu'on lui confirme que ce qu’elle disait, le choix qu’elle venait de prendre, était un bon choix alors même qu’elle n’avait jamais pris en compte le jugement d’une autre personne au cours des vingt-six années qui composaient sa vie. Prudence avec sa sincérité, la douceur de son attitude et la force qu’elle dégageait, malgré les meurtres qu’elle avait commis et dont elle avait honte, lui paraissait être une puissance purificatrice et maternelle, un soutien quoiqu’il advienne… Et Mona-Lou découvrait qu’elle, comme tout le monde, avait besoin d’être soutenue.
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