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 On dessine pour se trouver et on rencontre les autres [Alice & Alida]

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MessageSujet: On dessine pour se trouver et on rencontre les autres [Alice & Alida]   Mer 8 Déc 2010 - 17:49

Jurant ouvertement, je fouillais une énième fois le carton ouvert devant moi. Mais où avais-je bien pu fourrer mes pinceaux ronds ? J’étais pourtant sûre et certaine d’avoir rassemblé toutes mes affaires d’acrylique dans une même boîte. Debout, les mains sur les hanches, je balayais mon salon des yeux. J’avais ressorti toutes mes affaires de dessin et il était peu dire qu’il y avait beaucoup de cartons. Cela allait des feutres aux tubes de peinture d’acrylique et d’aquarelle en passant par les fusains et les pastels. Sans oublier la réserve considérable de feuilles et tableaux de différents formats que je m’étais procuré à bas prix. Autant dire que c’était un véritable foutoir. Avisant un carton qui était encore fermé, j’en inspectais le contenu et, miracle !, je découvris enfin les pinceaux que je cherchais et que j’avais en fait regroupés avec les autres. Je n’étais pas si désorganisée que cela, j’avais simplement la mémoire d’un poisson rouge.

Je me remis mentalement la petite annonce que j’avais repérée la veille en tête. Il s’agissait d’une invitation à prendre des cours avancés d’art appliqué et de suite, l’idée m’avait emballé. Depuis toute petite, je dessinais. Parfois, cela m’aidait à me calmer, à penser à autre chose au fur et à mesure que les lignes devenaient les contours d’un objet, un animal, d’une personne ou d’un paysage. Mes parents m’avaient inscrite à un cours mais avec l’orphelinat, tout a brusquement changé. Mais ma passion n’avait jamais tari, au contraire. Les longues heures passées seule me laissaient amplement le temps de réfléchir à un sujet et d’ensuite le représenter. Plus tard, en Allemagne, je m’y étais remise plus sérieusement et c’était toujours pour moi du bonheur à l’état pur. Il m’arrivait de n’être pas satisfaite de moi, une fois le tout dernier détail ajouté, après de longues passées sur une œuvre en particulier. Mais je me concentrais alors à reproduire autre chose et quelque temps plus tard, je pouvais trouver encore pas trop mal ce que je jugeais à la limite du médiocre un tableau. Mais depuis mon arrivée à San Francisco, tout était resté sagement emballé dans des cartons et il avait fallu que je voie cette proposition pour me décider enfin. J’avais de toute façon l’intention de m’y remettre, l’envie s’étant fait ressentir plusieurs fois. Et puis, cela me manquait et il serait toujours mieux que je les fasse sur des feuilles adaptées à ça plutôt que je ne gribouille quelque dessin sur les notes que je prenais concernant mes recherches sur le surnaturel. Et celles-ci étaient même plus intensives maintenant que j’étais certaine que oui, les vampires, loups-garous, Ombres et autres existaient réellement.

Revenant à l’instant présent, je m’emparais d’un bloc-notes et y inscrivais ce dont je pourrais avoir besoin. Il était précisé que nous pouvions apporter notre propre matériel si nous le souhaitions et cela me revenait moins cher de faire ainsi. De plus, je m’étais habituée à mes instruments donc cela m’arrangeait parfaitement.

Environ une heure plus tard, une pile instable de tableaux, pinceaux et peinture se tenait près de moi tandis que j’achevais de remettre mon matériel en ordre sur des étagères prévues à cet effet. Pour le premier cours, j’avais tout de même passé un rapide coup de fil de façon à m’inscrire et à savoir ce qu’il fallait que j’emmène. Il aurait été difficile autrement d’apporté un échantillon d’à peu près tout. Rangeant tout dans mon sac, je regardais négligemment ma montre et blêmis en remarquant qu’il me restait moins d’une demi-heure pour me préparer et m’y rendre. Prenant une douche express, habillage et toilette en quatrième vitesse, j’arrivais finalement haletante devant l’immense bâtisse. En consultant un plan, je découvrais que l’atelier était au deuxième étage, soit au dernier, et que j’étais déjà en retard.

Le visage rouge et mon cœur battant violemment dans ma cage thoracique, je déboulais dans la salle. Je m’excusais auprès de la femme qui énonçait les consignes tout en présentant le sujet. J’écoutais d’une oreille distraite, trop occupée à prendre pleinement connaissance des lieux qui m’entouraient. La salle était vaste et nombre de personnes étaient présentes contrairement à ce que je m’étais imaginée. Les murs d’un ton crème sur lesquels étaient accrochés quelques tableaux étaient simples, ornés de diverses fenêtres qui apportaient une grande clarté à la salle. Des spots avaient été fixés par ligne et j’eus du mal à m’habituer à autant de lumière. Néanmoins, je m’étais déjà fait remarquée en arrivant en retard. J’attrapais donc le premier chevalet inoccupé à portée de main et installais mon matériel.

C’est alors que je remarquais la jeune fille installée confortablement dans un canapé. Même à cette distance, je pouvais voir qu’elle était nerveuse et en conclus que cela devait être la première fois qu’elle posait. Le professeur lui conseillait de se détendre mais malgré tout, son sourire restait crispé. Il était vrai qu’autant de paires d’yeux braqués sur vous pouvaient vous gêner mais elle avait tout intérêt à s’y habituer si elle ne voulait pas être mise à la porte. Et cela aurait été dommage car du point de vue artistique, elle était un modèle remarquable. La jeune femme, qui possédait une cascade de cheveux aussi blonds que le blé, dut d’ailleurs le comprendre car elle s’efforça de respirer dans le but de se calmer et s’installa parfaitement sur le sofa.

Ne m’attardant guère, je fis d’abord un brouillon autant pour me familiariser avec le sujet que pour reprendre la main. Autour de moi, tout le monde avait directement commencé à tracer des croquis sur leurs tableaux. Je m’attaquais donc au propre, esquissant les contours de la silhouette de la blondinette puis du sofa. Le but de l’exercice était à la fois de représenter un personnage humain mais également de travailler le drapé de la robe qu’elle portait. L’habitude l’emporta sur le reste et je me concentrais sur ma tâche, relevant fréquemment la tête pour regarder la jeune femme qui prenait dorénavant très à cœur sa pose et son expression. Une fois les contours faits, les proportions vérifiées du bout du crayon HB que je tenais, je me constituais une palette de couleurs et me lançais sans hésitation. La femme qui dirigeait l’atelier passait dans les rangs, agrémentant chacun de remarques. Etant placée au fond en raison de mon arrivée tardive, elle en avait pour un moment avant de venir vers le coin où je m’étais installée et même lorsqu’elle regarda ma toile d’un œil critique, elle me conseilla simplement de changer une teinte et j’eus à peine le temps d’acquiescer qu’elle était passée à mon voisin.

Lorsqu’elle frappa dans les mains, annonçant la fin du cours, je fus surprise qu’il soit déjà terminé. Il y avait bien eut quelques pauses de façon à ce que le modèle ainsi que les participants puissent souffler et détendre leurs membres mais j’avais continué, me concentrant alors sur le sofa puisque la jeune femme s’était levée. Quelques uns s’arrêtèrent sur le coup, mais beaucoup regardaient avec frénésie le modèle avant qu’elle ne bouge de façon à achever la toile en beauté. La blonde ne dut pas comprendre tout de suite que c’était fini puisqu’elle restait immobile. Mais ce n’était pas un inconvénient, au contraire, je profitais du fait qu’elle ne bouge pas pour compléter quelque zone encore blanche. J’avais terminé dans les temps mais j’avais appris que l’on pouvait toujours faire mieux, qu’il était toujours possible de peaufiner même après n’avoir laissé aucun espace blanc. Beaucoup me passaient devant pour sortir, laissant leur toile sur les chevalets puisque le professeur les gardait pour passer en niveau plus faible ou plus confirmé certains d’entre nous. Enfin, c’était ce que m’avait expliqué la secrétaire au téléphone lorsque j’avais demandé à prendre connaissance de la façon dont se déroulait le cours. Mais malgré les nombreux passages, je ne bougeais pas d’un poil, agitant simplement mon bras droit pour corriger tel ou tel détail. Bientôt, les dernières personnes encore présentes furent parties et je me retrouvais seule avec la jeune femme qui s’était finalement levée et après un coup d’œil à mon égard, passait regarder les différents tableaux, s’arrêtant parfois devant certains plus longuement. Reculant de quelques pas, j’observais ma toile dans sa totalité et y revenant, y changeait encore quelque lumière et ombre.

Je ne pris conscience que la demoiselle observait ma toile seulement lorsque je n’entendis plus son pas lent résonner dans la salle. Me tournant vers elle, je la vis ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais je la coupais dans son élan :

- Non, ne bougez pas, s’il vous plaît. Attendez.

J’observais quelques secondes le visage en particulier de la jeune femme qui s’était figée et me retournais vers ma toile pour changer quelques détails. Le manège reprit quelques fois avant que je ne plante mon pinceau dans mon verre d’eau à la teinte rougeâtre. Satisfaite, je me parlais plus pour moi-même :

- Voilà, c’est mieux ainsi. Et en pivotant de façon à avoir celle qui servait de modèle dans mon champ de vision, ajoutais à son intention : Désolé de vous avoir fait attendre et merci.

Je m’attelais à ranger mon matériel et jetais un énième coup d’œil à ma toile. J’étais réellement ravie d’avoir pu recommencer ce que j’aimais avec autant de qualité et mon tableau représentait bien la jeune femme installée sur le sofa. De là à dire que c’était bien réalisé, j’avais encore des progrès à faire. Mais après m’être complètement arrêtée pendant quelques temps, c’était pas mal. De mon point de vue seulement. Je n’avais dorénavant plus qu’à attendre que l’on m’appelle pour me dire si je pouvais continuer et dans quel groupe. C’est alors que je pris conscience que la blonde était encore debout à mes côtés, les yeux rivés sur ma peinture. Prenant mon courage à deux mains, j’osais lui demander son avis :

- Comment trouvez-vous ma toile, sincèrement ?

Je m’autorisais un léger sourire pendant qu’une certaine appréhension montait en moi en attendant qu’elle me dise si j’avais ou non échoué à la représenter. Bien que cela ne fusse pas celle qui dirigeait le cours, elle était tout de même le modèle et était parfaitement capable de se reconnaître ou non. De plus, il se pouvait qu’elle s’y connaisse en art. Ses commentaires étaient donc d’autant plus utiles et pourraient peut-être même m’aider à progresser.
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MessageSujet: Re: On dessine pour se trouver et on rencontre les autres [Alice & Alida]   Dim 9 Jan 2011 - 13:55

Les mains crispées sur sa brosse, Alice Sullivan démêlait patiemment ses cheveux blonds en se demandant pour la énième fois de la journée ce qui lui avait pris de répondre à l’annonce qu’Anthony lui avait transmise en riant. Elle n’avait jamais été un modèle artistique… Certes, durant la fin de son adolescence elle avait fait un peu de mannequinat mais c’était tout à fait différent ! Pourtant, elle s’était laissée tenter et avait finalement appelé le numéro indiqué pour un entretien. Lorsque la femme chargée du cours d’art, Appelez-moi Miriam, voyons !, l’avait aperçue, la naïade avait immédiatement compris qu’elle était prise et elle en avait été heureuse mais toute trace de sa joie n’avait pas tardé à disparaître au profit du stress lorsque la fem… Miriam lui avait demandé si elle pouvait commencer aujourd’hui même et qu’elle avait hoché automatiquement la tête, étant donné qu’elle ne travaillait pas au zoo ce jour-là. Avec un sourire, sa nouvelle employeuse l’avait ainsi entraînée dans les escaliers, direction le second étage, avant de l’arrêter dans ce qui semblait être l’antre d’une costumière et ce qui s’était avéré être le cas. Confiée à l’adorable Natalia, une femme d’une cinquantaine d’années au teint chocolat, Alice avait du essayer une dizaine de robes avant que la costumière ne l’arrête et ne la fasse aussitôt s’asseoir pour la coiffer. Seulement, la jeune blonde avait annoncé qu’elle préférait elle-même s’occuper de ses cheveux et Natalia s’était effacée avec un sourire désolé, visiblement navrée de s’être laissée emporter par la vague d’excitation qu’elle ressentait dès qu’il y avait un nouveau modèle.

Depuis, Alice était seule avec son stress. Jetant un coup d’œil au reflet que la glace lui renvoyait, elle le jugea plutôt convenable et en profita pour arrêter de tirer sur ses cheveux en reposant la brosse sur la coiffeuse qui lui faisait face. Son regard obliqua ensuite vers l’horloge suspendue derrière elle, durcissant par la même occasion la boule de stress que la jeune femme avait dans le ventre lorsqu’elle constata qu’il ne lui restait qu’une dizaine de minutes avant d’être conduite dans la salle de dessins. Parfaitement consciente du fait qu’elle ne supporterait pas de rester inactive durant ce laps de temps, aussi court qu’il puisse paraître aux yeux de quelqu’un de l’extérieur, elle se leva et fouilla dans sa sacoche pour trouver son portable. Cela fait, elle composa le numéro de son loup-garou préféré, lequel décrocha au bout de deux sonneries en lui demandant aussitôt si elle allait bien. Elle hésita pendant un instant à hurler « viens me secourir, je suis retenue contre mon gré » mais s’abstint en se disant qu’Anthony risquait de ne pas vraiment apprécier la blague. Choisissant ainsi d’être sage, elle lui annonça qu’elle avait franchi le pas avec l’annonce et le silence qui lui répondit, lui fit se dire qu’elle aurait finalement peut-être du choisir l’autre option. Toutefois, le jeune homme daigna, par chance, ressusciter rapidement. L’encourageant d’une voix qui manquait toutefois un peu de sincérité, il lui fit promettre de dénoncer quiconque ne serait pas correct avec elle et lui indiqua qu’il viendrait la chercher lorsque le cours serait fini. Ne désirant pas afficher immédiatement le magnifique homme avec lequel elle était en couple pour éviter les jalousies qui en découleraient inévitablement, elle lui suggéra plutôt de l’attendre à son appartement et il accepta avec réticence quelques secondes avant qu’elle ne doive raccrocher pour commencer sa première séance en tant que modèle. Ce fut Miriam qui la guida jusqu’à l’atelier et qui eut donc à subir son stress. Cependant, étant vraisemblablement habituée à ce genre de situations, elle parvint à faire baisser de plusieurs degrés l’angoisse que ressentait sa nouvelle employée en lui expliquant qu’elle n’avait qu’à rester immobile sur un sofa pendant un certain laps de temps. En cas de besoin, il y aurait une pause de faite avant celle prévue officiellement, elle n’avait pas à s’en faire, tout était prévu pour bien se passer.

Quelque peu rassurée, Alice fut époustouflée par le volume de la pièce dans laquelle Miriam la conduisit. En vérité, c’étaient surtout les fenêtres très présentes dans l’ensemble de la salle qui donnaient une impression d’immensité. Au plafond, des rangées de spots éclairaient l’ensemble des chevalets disposés pour les artistes et sur les murs peints d’une couleur neutre, quelques tableaux plutôt simples. Face à cela, un canapé était installé pour la recevoir. Une vague de stress refit son apparition en son sein et l’une des mains de Miriam pressa gentiment son épaule avant que la femme ne l’encourage à aller s’installer. Traversant les rangées de chevalets d’un pas gracieux, Alice se força à respirer profondément pour chasser la peur qu’elle éprouvait. Son esprit se concentra sur Anthony, comme chaque fois que la New-Yorkaise était dans une situation délicate, et ses battements de cœur se firent plus régulier. Toujours focalisée sur le jeune homme, elle s’assit mécaniquement sur le sofa et suivit les instructions de Miriam lorsque cette dernière lui indiqua la façon dont elle voulait qu’elle soit. Puis, les premiers élèves arrivèrent, investissant avec assurance les premiers rangs et commençant à l’observer avec professionnalisme. Néanmoins, malgré le professionnalisme dont ils faisaient tous preuve et l’image d’Anthony qu’elle ne cessait d’appeler à elle, la naïade se sentit rougir légèrement sous les regards vissés sur elle. Le cours débuta enfin, Miriam salua ses élèves, leur présenta Alice et commença à expliquer ce qu’elle attendait d’eux d’une voix autoritaire mais fut dérangée dans son exposé par l’arrivée d’une nouvelle élève au visage rouge de s’être dépêchée.

Immédiatement, la blonde se focalisa sur cette arrivante, si jolie qu’elle aurait assurément pu poser à sa place, et qui semblait assez gênée par son retard. Elle l’observa prendre possession d’un chevalet sur lequel elle déposa ses affaires, avec la même aisance que l’ensemble de ses compatriotes peintres, puis lorsqu’elle reporta son attention sur elle, elle détourna son regard, de nouveau anxieuse quant au rôle qu’elle devait tenir. Miriam s’aperçut aussitôt de ce regain de stress et l’encouragea à nouveau d’oublier l’endroit dans lequel elle était pour se détendre, sauf que c’était bien plus facile à dire qu’à faire. Désireuse de montrer sa bonne volonté, Alice tenta de sourire plus sincèrement mais il était évident que son sourire sonnait plutôt faux alors elle se remit à respirer profondément et se repositionna ensuite sur le canapé, plus confiante qu’auparavant. Le regard fixé sur un point au hasard, son esprit ne tarda pas à vagabonder vers des pensées à milles lieues de l’instant présent. Comme à son habitude, ce fut tout d’abord Anthony le sujet de ses préoccupations mais Gabriel ne tarda pas à le replacer, suivi de près par Thomas. Son frère devait passer bientôt dans les environs et la jeune femme lui avait annoncé qu’il était tout à fait hors de question qu’ils ne se croisent pas. Certes, elle retournerait à New-York à Noël mais si elle pouvait présenter Anthony en avant-première à son frère, ça simplifierait considérablement les choses. Il avait été très heureux d’apprendre qu’elle était amoureuse et que c’était apparemment réciproque mais quelque chose disait à Alice qu’il serait nettement moins content d’apprendre que c’était d’un sanguinaire loup-garou dont il s’agissait. Il ne restait plus qu’à la jeune femme à espérer que son frère soit tombé amoureux de quelque chose de bien pire sauf qu’elle n’y croyait pas une seule seconde. Parfois, elle détestait être lucide.

La première pause ne tarda pas à arriver mais elle resta sur le canapé, ne se sentant pas pour l’instant raide et désirant permettre à ceux qui le voulaient de poursuivre leur travail. Son regard se reposa sur la jeune femme qui était arrivée en retard et la naïade put constater qu’elle semblait totalement plongée dans son travail, comme la majorité des autres personnes présentes dans la salle, nota-t-elle avec amusement. Elle était impressionnée par leur capacité de concentration. D’un côté, il fallait avouer qu’avec un professeur tel que Miriam, il était impossible de rêver une seule seconde car elle en profitait pour immédiatement vous tailler en pièce. Elle était présentement en train de faire le tour des chevalets pour donner des conseils et Alice se demanda ce que donnaient les toiles. Elle espéra qu’elle n’était pas trop embêtante à représenter mais se rassura en se disant que, vu le professionnalisme dont elle faisait preuve, Miriam ne l’aurait pas choisie si elle avait été compliquée à peindre. Le temps continua de filer, deux nouvelles pauses arrivèrent et Alice profita de la seconde pour faire quelques pas et permettre à ses membres raidis de se délasser quelque peu avant la dernière partie de la séance. A ce qui parut être la surprise générale, cela arriva très rapidement mais, malgré les claquements de mains de Miriam, quasiment personne ne fit mine de s’arrêter, ce qui encouragea silencieusement le modèle à garder la pose. Les gens finirent néanmoins par se mettre à ranger leurs affaires, abandonnant leurs toiles à professeur et d’Alice. Bientôt, même Miriam fut invisible, il ne restât que la jeune brune arrivée en retard et la naïade.

Cette dernière se leva du sofa avec un soupir de soulagement puis commença à déambuler avec curiosité à travers la foule de tableaux. Parfois, son regard s’accrochait à un et elle s’avançait pour mieux le scruter, en se demandant si le talent humain avait des limites. La très grande majorité des toiles étaient réussies, d’après ce qu’Alice pouvait en juger, et il lui était fascinant de se dire qu’elle était la jolie jeune femme représentée dessus. Bientôt, elle arriva à proximité de l’inconnue qui semblait parfaire sa toile au vu de l’expression concentrée qu’elle arborait toujours. S’approchant silencieusement d’elle pour éviter de la déranger, la naïade regarda avec intérêt sa toile et eut immédiatement un coup de cœur pour elle. C’était la seule qui la représentait avec sa nervosité, ce qui lui ajoutait une touchante note réaliste. Elle voulut le lui dire mais l’artiste la coupa :

- Non, ne bougez pas, s’il vous plaît. Attendez.

Obéissante, la New-Yorkaise se figea alors que la jeune femme détaillait son visage attentivement avant de recommencer à peindre avec des gestes assurés. Le regard de la blonde s’attarda sur la peinture qui évoluait mais elle ne bougea pas jusqu’à ce que le pinceau aux poils recouverts de peinture ne soit plongé dans le verre d’eau pour être rincé :

- Voilà, c’est mieux ainsi. Et en pivotant de façon à avoir celle qui servait de modèle dans son champ de vision, elle ajouta à son intention : Désolé de vous avoir fait attendre et merci.

Sans lui laisser le temps de répondre, la brune se mit à ranger ses affaires tout en jetant parfois un oeil à son œuvre, d’un air assez satisfait. La laissant faire, Alice continua d’observer le tableau en silence. Son regard ne cessait de revenir sur les drapés de sa robe ainsi que sur sa chevelure qui semblait presque pouvoir être touchée si l’on passait un doigt dessus. Toutefois, la naïade s’abstint de tenter, consciente que la peinture était encore loin d’être sèche et ne désirant pas le moins du monde abimée le travail d’autrui. La jeune artiste sembla s’apercevoir qu’elle était encore là car elle recommença à parler mais d’un ton un peu moins assuré qu’auparavant :

- Comment trouvez-vous ma toile, sincèrement ?

Un léger sourire ponctua sa demande et Alice eut l’impression de se voir avant que le cours ne commence. La jeune femme dégageait la même aura nerveuse sauf que les rôles étaient inversés. Alors que la naïade avait peur de ne pas être à la hauteur, c’était maintenant la peintre qui subissait cette crainte. Lui offrant un sourire chaleureux en réponse au sien ainsi que pour la rassurer quelque peu, la New-Yorkaise reporta une fois encore son attention sur la peinture et se demanda quels mots elle devait employer pour être prise au sérieux. Au vu de la nervosité de la brunette, elle ne la croirait pas si elle disait directement qu’elle trouvait que sa toile était la meilleure de la salle, il lui fallait donc le dire avec plus de tact.

- Je trouve qu’elle est plutôt réussie…. Il est vrai que je ne suis pas vraiment une référence en arts mais je peux vous dire que ce que vous avez fait me plaît beaucoup, finit-elle par dire avec simplicité en observant son interlocutrice avec gentillesse.

Elle lui tendit ensuite la main avec naturel, pour la féliciter, son sourire avenant revenu sur les lèvres maintenant que son avis sincère avait été dit. La jeune femme lui serra aussitôt la main et Alice en profita pour lui donner un nouveau compliment venant du cœur tout en s’enquérant de son identité avec douceur.

- Parole d’Alice Sullivan, je pense que vous irez loin, mademoiselle.. ?
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