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 After the rain… the storm ♣ S&P

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MessageSujet: After the rain… the storm ♣ S&P   Dim 9 Mai 2010 - 18:59

Un vent glacial soufflait à pleins poumons, faisant vibrer les feuilles innombrables des arbres centenaires qui surplombaient les lieux. L'obscurité était intense, renforçant la malveillance de ce calme imperturbable. Pas un seul bruit ne venait briser le silence de plomb qui régnait en cette nuit peu commune. Dans les cieux nocturnes, les étoiles manquaient. Ayant déserté leur place coutumière, ces millions de points lumineux avaient laissé le champ libre à leur mère, plus élégante que jamais. Illuminant la ville de son plein éclat, la lune trônait au-dessus de tout, impériale et on ne peut plus étincelante.

Pour renforcer l'intrigue de ce décor funeste, un cri à vous glacer le sang transperça la nuit noire. Bientôt, d'autres supplications firent irruption dans la forêt, mettant un terme à la paix qui hantait encore les lieux quelques secondes auparavant. Enfoncée dans les Ténèbres provoqués par les ombres malveillantes des arbres, une bête poilue hurlait sa souffrance au néant. Debout, le monstre couvert d'une touffe de fourrure noire de jais avait débuté sa métamorphose. Le cycle lunaire touchait à sa fin, l'aube ne tarderait plus à pointer le bout de son nez. C'était ce phénomène qui était la cause de cette abomination.

Les poils sombres de l'animal s'enfoncèrent dans sa chair d'humaine, son regard féroce se contracta dans ses orbites, ses crocs menaçantes rapetissèrent pour reprendre leur taille normale. En même temps, son museau allongé se rétracta pour faire apparaître un fin menton, ses pattes avants et arrières se transformèrent en bras et en jambes affinées, ses oreilles pointues retrouvèrent un semblant de normalité et son apparence retrouva pas à pas celle de la jeune femme qu'elle était. Exprimant toujours ses maux psychiques comme ceux réels, Prudence s'écroula face contre terre. En larmes, elle hurlait dans le but d'extérioriser la douleur intense qui lui opprimait chacun de ses membres, de ses organes et de ses pensées.

Focalisée sur son après-mutation, elle agrippait l'herbe moite de toutes ses forces. Eprouvant un besoin féroce de s'acharner sur ce qu'elle pourrait, elle se mit à taper des pieds et des poings contre le sol dur, s'écorchant la peau par la même occasion. Le sang avait fait son apparition, mais ça lui était égal. Continuant de se mutiler volontairement, elle commençait à se sentir quelques peu apaisée. Ce n'était que très très peu, pas assez pour qu'elle puisse quitter les bois, son refuge momentané. Des perles bordeaux gelées glissaient le long de ses joues. Pour que cela cesse, elle croqua dans son bras gauche de toutes ses dents qui, malgré son humanité retrouvée, étaient beaucoup plus pointues que la normale. De nouveau, le liquide rouge s'échappa de ses veines encore dilatées.

Lorsqu'elle relâcha la pression qu'exécutaient ses canines sur sa peau, elle vit qu'une nouvelle marque de sa dentition s'était imposée parmi les précédentes, sauf que celle-ci saignait encore abondamment. Ses vêtements en lambeaux, elle ne s'étonna pas qu'il ne lui restait plus qu'un mini-short et un haut boueux déchiré à plusieurs endroits. Les cheveux ébouriffés, son allure de déterrée ne la préoccupait pas le moins du monde vu qu'il n'y avait personne pour la juger. Elle tenta de calmer ses pleurs, en vain. Sa démence de lycan ne l'avait pas tout-à-fait quittée. Peu lui importait qu'elle s'en prenne à elle-même, elle savait que sa guérison serait rapide. Bien qu'elle soit habituée à subir cette épreuve, sa souffrance actuelle ne valait en rien celle qu'elle connaissait déjà. Celle-ci se faisait beaucoup plus intense qu'à ses mutations précédentes.

Toujours étendue par terre, le corps en sang, la haine au coeur et ses cris qui allaient en diminuant, Prudence respirait bruyamment. Son rythme cardiaque sembla retrouver sa fréquence ordinaire, bien qu'un peu plus rapide. Cependant, elle avait encore profondément mal. D'un certain côté, elle se réjouissait de ne pas être consciente à cent pour cent, ça lui aurait été d'autan plus insupportable si tel avait été le cas. Les sens en alerte, un fin arôme tentateur atteignit ses narines. Ignorant s'il s'agissait là d'un prédateur animal, elle ne s'en préoccupa guère, trop occupée à essayer de plonger son âme retrouvée dans un sommeil réparateur. Quelques minutes s'écoulèrent sans que rien ne se produise, puis, elle eut un vain espoir que l'heure du repos avait sonné, mais il n'en était rien. Alors elle comprit que dormir nécessitait encore plus de paix intérieure. Pour l'instant, elle n'arriverait à rien, force de son énervement sans faille.
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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Lun 10 Mai 2010 - 22:17

Fuir. Très vite. Très loin. Le plus rapidement possible. Courir, une jambe devant l'autre et s'éclipser tous en laissant une trace derrière soit. Tout en gémissant de douleur, il colla son épaule nappée de sang contre un des vieux troncs d'arbres qui lui faisaient face. Par ce geste, du sang s'agrippa au bois desséché et une sorte de fumée brûla doucement l'arbre. Même son sang était pourrit par la noirceur du mal et des ténèbres.

Stephen laissa un léger sourire s'immiscer sur ses lèvres. Fichu chasseur de tête. Si sa tête n'avait pas été mise à prix par Satan, il ne serait pas dans cette forêt remplit de créature banni et solitaire comme le monde. Un peu comme Stephen, maintenant qu'il était pourchassé par des traqueurs et des tueurs sans merci de démon, les meilleurs qui puissent exister au monde, d'ailleurs.

S'éclipsant une énième fois, il sentit son épaule saigner abondamment et de plus en plus à chaque fois qu'il se servait de ses pouvoirs démoniaque. L'attaque qu'il avait éraflé lui avait coûté plus qu'il ne l'aurait pensé. Ces chasseurs de primes étaient décidément beaucoup plus coriace qu'il ne les imaginaient. Atterrissant dans une grotte près de l'endroit où il s'était éclipsé, il se posa quelques minutes sur une grosse pierre, épuisé par cette course qu'il maintenait depuis quelques jours. De toute manière, il n'avait pas le choix, s'il ne fuyait pas, il mourrait.

Perdu dans cet élan de pensées confuses et sombres, il ne remarqua pas tout de suite l'odeur nauséabonde de chien mouillé qui flottait dans la caverne. Puis, quand celle-ci commença à lui picoter doucement mais surement ses narines, il ne pu s'empêcher de froncer les sourcils, irrité et intrigué par cette odeur qui venait de nul part. Cherchant la source de l'odeur des yeux, il parcourut l'obscure grotte de ses yeux bleus, essayant de trouver à tous moments quelqu'un qui le toisait en silence.

Mal-à-l'aise, il se releva en boitant, s'arrachant un léger cri de douleur en sentant les tendons de son épaules s'agrandirent et craquer dans un bruit strident. Ne voulant pas perdre d'avantage de temps, mais restant tout de même curieux devant cette odeur qui lui était non pas inconnu mais mystérieuse. Intriguée d'en savoir toujours plus, avide de savoir à cause de son côté humain, il suivit l'odeur et se téléporta jusqu'à elle.

Il fut alors plutôt surprit de découvrir une jeune femme, couchée à même le sol, en petite tenue, ne portant qu'un mini short et qu'un t-shirt déchiré et plein de boue. Prit par la surprise, il resta un moment interdit, hésitant à la réveiller en sursaut et à lui dire de fuir ou à la laisser dans sa marre de boue et la laisser se faire abattre par les chasseurs de prime. Le choix aurait du être rapidement fait, c'était un démon, il se devait de ne penser qu'à lui et de partir rapidement pour sauver sa vie. Mais, en regardant de plus près la jeune femme, il ne pu s'empêcher de la trouver mignonne.... Presque belle.

Pendant quelques court instant, sa raison et sa nature se défièrent un instant, le laissant pantois et lui faisant perdre un temps précieux. Laissant ses yeux se perdre dans l'horizon tout en ne sachant pas quoi faire, il regardait les étoiles, constatant avec aberration qu'elle se perdait au fur et à mesure du temps qui s'écouler, dans un ciel orangé, laissant percevoir les premiers rayons du soleil.

Tout en levant les yeux au ciel, Stephen se résigna et s'abaissa vers la jeune femme qui semblait inconsciente. Dans un geste un peu rapide et surement maladroit, il l'attrapa, la portant comme un Prince porterait une Princesse. Amusé par le cliché, il se mit d'avantage dans le jeu, se prenant presque pour un chevalier qui aurait sauvé sa bien-aimée des griffes du mal.

Sur cette dernière pensée, il s'éclipsa dans son repère à lui, là où il était sur de ne pas être repéré par qui que ce soit. En quelques secondes, il fut dans son sanctuaire de silence, un ancien tombeaux où aucun démons n'avait le droit d'y aller. Bien sûr, sa part d'humanité l'avait plutôt pas mal aidé sur ce coup-là et depuis il y logeait sans faire attention aux morts qui continuaient leur décomposition jusqu'au royaume des morts. Sentant son épaule s'étirer de plus en plus et lui faire mal à un point exorbitant, il avança vers son lit fait de bois et de tissu et il posa la jeune femme dessus.

Rien qu'en voyant l'état dans lequel elle s'était mise et l'odeur qu'elle dégageait, Stephen était sur d'avoir trouvé la source de ses malheurs, prêt de lui se tenait une louve qui serait surement folle de rage en découvrant l'endroit où Stephen l'avait emporté. Mais qu'importe, il lui avait sauvé la vie. Se prenant au jeu du parfait gentleman jusqu'au bout, il sortit une éponge et des pansements magiques fait de plantes et de savoir qu'il déposa sur le corps mutilé de la petite brune. Stephen ignorait pourquoi cette dernière avait autant de blessures de guerre, mais il était certain qu'il le saurait bientôt.
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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Mar 11 Mai 2010 - 17:46

Inconsciente, des souvenirs qui semblaient remonter à loin lui revenaient en mémoire. Elle se revoyait s'attacher solidement les poignets et les chevilles avec des chaînes de fer dans sa cave. C'était avant que la nuit ne tombe, il y a quelques heures, lorsqu'elle se préparait à sa mutation. Un point d'attache avait lâché, trop usé de ses utilisations précédentes. Prudence avait cherché à l'enfoncer de nouveau de façon à ce qu'il résiste pour cette nuit au moins. Une main déjà enchaînée, elle avait eu du mal à tenter de le raccrocher à sa place habituelle. Malgré ses efforts, ses tentatives avaient été vaines.

Jugeant qu'elle pourrait se passer d'une de ses ferrailles, elle n'avait pas cherché à réparer ce dégât plus longtemps. Les minutes s'étaient écoulées lentement, comme à chaque fois que la pleine lune se faisait attendre. Une réaction qui devait probablement être due au stress et à l'appréhension. Quand l'heure de la métamorphose avait enfin sonné, elle était prête. Malgré qu'elle ait été enfermée dans les sous-sols de sa maison, sans une seule fenêtre pour éclairer ses prunelles de l'éclat funeste de la lune, elle avait senti une boule de rage qui allait bientôt éclater en elle.

Fatalement, la malédiction s'était une nouvelle fois accomplie : la colère avait atteint son comble et avait déclenché sa transformation. Ses bras et ses jambes avaient doublés en volume plus qu'en taille, sa tête d'humaine avait laissé place à celle du loup-garou pour que son corps en fasse de même. Il ne lui avait pas fallu très longtemps pour muter. N'être maintenue tranquille qu'à moitié lui avait facilité sa sortie du chenil : le monstre avait quitté son trou. Voilà qui expliquait pourquoi elle s'était retrouvée perdue en pleine forêt, son insouciance avait fini par la piéger.

Un espèce de craquement sonore l'avait éveillée, soulageant de la sorte le souvenir du poids de son erreur. Entrouvrant les paupières, elle hissa son regard sur la vue qui s'offrait à elle. Un mur. Ou plutôt, un plafond de roches inégalitaires dont elle ignorait le lieu de l'appartenance. L'endroit semblait assez sombre et humide. Cette ambiance apocalyptique et les effluves d'odeurs nauséabondes qui s'en dégageaient la rendaient perplexe. Les identifiant comme des parfums avec lesquels on embaumait généralement les défunts, elle se demanda si elle n'était pas atterrie dans l'entrepôt d'un hospice pour SDF.

Une étrange sensation de froid la picota au niveau du bras gauche, elle pivota précautionneusement la tête en cette direction. Surprise, elle constata qu'un pansement de tissu avait été délicatement posé là où la douleur s'était faite sentir quelques secondes auparavant. Le vague souvenir d'une morsure acharnée la percuta de plein fouet. La mémoire lui revenait, elle se rappela avoir elle-même mordu dans son avant-bras tant elle avait souffert. Bien que ce geste n'ait pas apaisé ses maux, elle s'était sentie moins emplie d'aversion. Cela seul avait dû suffire à la calmer.

Reportant son attention sur le pourquoi du comment elle était arrivée là, elle s'aperçut qu'elle n'était pas seule. Des jambes touchaient le lit de fortune où elle reposait, lui apportant l'information d'une autre présence. Soucieuse de savoir qui était cet être inconnu, elle releva la tête pour apercevoir son visage. C'était un homme d'apparence assez jeune, plutôt pas mal. Pas mal du tout, tout bien réfléchit. Ses yeux cherchèrent à rencontrer ceux de l'âme secourable qui l'avait ramenée en son repère morbide.

Lorsque le contact visuel se fit enfin, elle crû perdre pied et tomber dans l'imaginaire. Ses iris reflétaient le néant, dans leur faible éclat semblaient dormir des pixels morts. Malgré ce regard qui aurait parut très peu encourageant pour une toute autre personne qu'elle, Prudence ne put s'empêcher d'y dénicher un certain charme. Ça, c'était tout elle : il fallait toujours qu'elle trouve un moyen pour ne pas faire comme les autres, s'enfoncer dans sa marginalité.

La gorge rêche, la bouche sèche et la voix rauque, elle s'adressa à lui sans le lâcher des yeux :

- J'ignorais que la morgue abritait aussi des Médecins Sans Frontières.

C'était ironique, elle savait très bien qu'elle n'était pas à la morgue et que lui n'était pas un médecin. Ces choses là, elle l'avait deviné à la bizzarerie de la caverne et celle de son propriétaire. Toutefois, rien ne lui empêchait de se moquer de sa situation. En langage courant, on appelait ça de l'auto-dérision. D'ailleurs, le fait qu'elle ait eu besoin d'aide prouvait bien que c'était une parfaite incapable, qui plus est idiote.

Un autre détail refit surfasse dans sa mémoire : sa tenue. Certes, elle n'était pas très adaptée à la saison, ni même à la tendance actuelle. Excepté si la mode du moment portait également sur le thème " Détraqué & boueux ". Quoiqu'avec la nouvelle vogue qui avait fait son apparition, il fallait s'attendre à tout. Néanmoins, elle sentit le feu lui monter aux joues. Ce n'était pas très décent, pire, ce ne l'était pas du tout. De plus, elle était accompagnée d'un homme, ce qui était encore plus embarrassant.
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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Sam 29 Mai 2010 - 10:17

Nettoyant la vielle éponge dans une bassine d'eau tiède, Stephen se posait des questions qui semblait le gênait de plus en plus. Tout d'abord, pourquoi avait-il ramené une louve chez lui. C'était inconscient et dangereux. Dès qu'elle sortirait d'ici, elle aurait son odeur et se ferait surement attaquer par des démons qui la menacerait de lui dire où il se cachait. Et de plus, tout ce qu'il aurait fait pour la sauver n'aurait servi à rien et il la perdrait rapidement. Mais quelque chose le dérangeait d'avantage; Pourquoi avait-il autant besoin de prendre soin d'elle? Ce n'était qu'une inconnue, une humaine mélangée à une louve. Elle devait certainement avoir un goût appétissant et elle était surement faîte de beaucoup de magie qui l'aiderait à se remettre de sa blessure à l'épaule. Mais Stephen préférait souffrir plutôt que de la faire souffrir. Chosé étonnante. Serait-ce un coup de sa part d'humanité qui revenait à la charge?

Tout en pressant l'éponge dans ses mains, retirant le flux d'eau qui s'y était niché, il se redressa vers la petite brune et s'apprêta à mouillé un peu son visage sale et terne, quand il aperçut deux grands yeux verts ouverts en plein, il frissonna et baissa l'éponge qu'il avait dans sa main, sachant que ce ne serait plutôt pas galant de faire ceci alors qu'elle était réveillée. Gardant un visage impassible et froid, il se contenta de se plonger dans ses iris vert bouteille qui étaient mélangés à une once d'argenté, lui donnant plus de pétillant et de charme.

- J'ignorais que la morgue abritait aussi des Médecins Sans Frontières.

Sa voix était presque inaudible et très faible, pourtant Stephen ne put s'empêcher de lâcher un petit soupir amusé. Parfait ! Il était tombé sur une louve ironique. Ça serait surement amusant de voir ce que ça donnera quand elle aura reprit ses forces. Il baissa doucement ses yeux bleutés sur une de ses mains qui touchaient presque celle de la jeune femme, à quelques millimètres près. N'appréciant pas les contacts physique, il fronça les sourcils et décala un peu plus sa main, l'éloignant de celle de la jeune femme, juste au cas où il lui prendrait l'idée de le toucher. Tout en soupirant, il passa sa main dans ses cheveux bruns et reporta son attention sur la louve, surprit de sentir son sang s'agiter autant et d'entendre son cœur battre à tout rompt. Quand il plaça ses yeux sur le visage en porcelaine de son interlocutrice, il fut surprit de voir qu'elle avait le rouge aux joues et qu'elle semblait réellement gênée.

Se demandant pourquoi ce genre de réaction venait tout-à-coup la prendre, il se mit à regarder un peu partout sur le lit, essayant de trouver ce qui la mettait autant mal-à-l'aise. En se rendant compte qu'il observait sans gêne le corps mutilé et boueux de la jeune femme, celle-ci, aux battements de son cœur, semblait d'avantage gênée. Et Stephen comprit pourquoi elle était aussi embarrassé, le fait d'être aussi découvert devant lui, ne lui plaisait guère. Tout en secouant la tête, un sourire perché sur ses lèvres, il se leva et se dirigea d'un pas rapide vers une petite armoire où était rangés des serviettes, des draps, des torchons et des couvertures. Il en sortit une plutôt chaude et la déplia en avançant vers le lit où était couchée sa petite protégée. Dans un geste rapide, il la couvrit du cou jusqu'au pied, lui accordant un bref sourire au passage.

Enfin, il se rassie sur le lit et reprit l'éponge dans ses mains. D'un geste souple, il passa l'éponge sur son visage angélique, essayant de ne pas recroiser ses yeux si énigmatique et pourtant si attirant. Le regard pesant de la jeune femme le hantait et lui brûlait peau, elle le regardait avec intensité, essayait certainement de découvrir qui il était. Tachant de mettre fin à ceci, il lança :

- Estimes toi heureuse de ne pas t'être retrouvée dans un des tombeaux qu'il y a autour de nous.

Sa voix n'était ni froide, ni cassante, juste réaliste. Il avait trouvé ça presque idiot de voir une louve étendue en plein milieu de la forêt, comme si elle attendait la mort. Ne la regardant plus, il ne put savoir sa réaction, mais en sentant les battements de cœur augmenter, il comprit que ça ne lui avait surement pas plus qu'il la juge aussi vite. Nettoyant l'éponge abîmés et plutôt sale dans sa bassine d'eau tiède, il soupira, sachant qu'il venait de ne pas être très poli. Surement sa nature de démon. Il reprit, alors, d'un ton plus calme :

- Je me nome Stephen Rice, et comme tu as surement put le comprendre, je ne suis pas de très bonne compagnie.
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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Ven 4 Juin 2010 - 17:30

Les joues de la louve n'en finissaient plus de s'enflammer. Plus elle s'empourprait, plus son sauveur avait l'air inquiet. Devant la gêne perceptible de son invitée, il devait se demander ce qui la mettait dans un état pareil. Il cherchait, en vain. A vrai dire, c'était assez difficile à comprendre qu'une femme puisse être honteuse de montrer son corps à un homme aussi séduisant que lui. Certes, le corps en question était crasseux et couvert de sang. Pas très glamour. Néanmoins, si on faisait abstraction des dégâts dus à ses mutilations, la jeune femme était très belle et gracieuse. Sa fine silhouette avait d'ailleurs souvent fait l'objet de plusieurs inspections masculines.

Lorsque les yeux du bel inconnu parcoururent d'abord son torse, puis sa taille et bientôt ses fines gambettes, Prudence sentit son coeur s'emballer. Ce fichu organe l'avait trahie, encore une fois ses pulsassions avaient témoigner de ses émotions intérieures. Cet être étrange devait les avoir perçue, puisqu'une lueur de compréhension se refléta dans ses iris incroyablement bleus. Il se leva et disparut du champ de vision de la louve. Elle devint perplexe quant à ce qu'il était en train de fabriquer. Il revint quelques instants plus tard en tenant une couverture en coton qu'il déposa délicatement sur elle. Désormais plus à l'aise face à son hôte, Prudence retrouva un rythme de respiration normal et les battements de son coeur se firent plus calme. Elle avait retrouvé sa sérénité.

La seule chose qui lui faisait perdre son assurance était ce mystérieux prince de la nuit qui l'avait tirée d'une situation critique. Maintenant qu'elle y repensait, jamais elle n'aurait crû qu'une négligence aussi minime puisse la mettre dans un état pareil. Il faudrait qu'elle trouve un autre système de sécurité avant la fin du mois prochain. Ses réflexions la ramenèrent tout doucement à l'étranger, qu'elle se mit à inspecter de son regard perçant. De près ou de loin, le moins qu'on puisse dire était qu'il dégageait un charme considérable. La louve se délectait de ses yeux magnifiques. Plongée dans cet océan, elle ne parvint toujours pas à deviner qui était celui à qui elle imposait son regard. Celui-là même qui semblait s'être aperçu qu'elle ne cessait de l'épier, puisqu'il lança :

- Estimes toi heureuse de ne pas t'être retrouvée dans un des tombeaux qu'il y a autour de nous.

Et de un détail donné ! pensa-t-elle. Alors comme ça, l'odeur qui lui chatouillait les narines depuis son réveil était bien celle des morts. Quel emplacement mal choisi pour y élire domicile ! Sauf si, cet être était en fait un vampire, ou une autre créature des ténèbres. En se repassant ces paroles en tête, elle se rendit compte qu'il avait fait une allusion à son envie révélatrice de suicide. Cette dernière étant de coutume lorsque l'aube arrivait, elle avait appris à ne plus se juger comme dépressive. Mais visiblement, ce n'était pas ce qu'il en pensait. Outrée de se voir juger de la sorte, elle voulut lui lancer une vacherie à la figure. Elle n'en eut pas l'occasion puisqu'il la devança, calme :

- Je me nome Stephen Rice, et comme tu as surement put le comprendre, je ne suis pas de très bonne compagnie.

Vu que ce n'était absolument pas ce à quoi la louve s'était attendue, elle resta déboussolée quelques courts instants. Il était un peu étrange de se présenter alors qu'une insulte à son honneur lui avait été lancée. Elle ne sut pas encore si elle allait jouer le jeu auquel l'incitait ce Stephen Rice ou adhérer à ses propres règles. Quant à ce qu'il ne soit pas de bonne compagnie, elle ne s'en était pas vraiment aperçue jusqu'à ce qu'il lui parle des tombeaux environnants. A vrai dire, elle avait plutôt l'habitude d'être elle-même considérée comme insupportable lorsqu'il s'agissait de premier contact avec un tiers. Malgré qu'il l'ait avertie quant à son humeur, Prudence ne pu s'empêcher de se dire qu'elle n'en avait que faire, tant qu'elle avait le loisir de capter toute son attention et d'être victime de ses soins. Si sa raison ne la retenait pas, elle lui aurait probablement déjà fait une remarque sur son physique de tombeur. Seigneur, il devrait être illégal de louer ainsi le fait d'avoir une conscience !

Maintenant qu'elle avait choisi dans quelle cour elle jouait, elle afficha une mine impassible et dit avec humeur :

- Prudence Huston, et, puisque vous semblez ne pas tenir compte des convenances, sachez que je ne suis pas non plus la meilleure des victimes à abriter chez soi.

Elle n'avait que trop insister sur le 'vous' que pour lui faire remarquer qu'il l'avait tutoyée. Certes, elle aurait fait pareil si elle n'avait pas décidé de ne pas se laisser faire. Quand elle le voulait, Prue pouvait réellement être une plaie pour ses compagnons. Elle allait lui mener la vie dure, à ce Stephen Rice !
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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Lun 28 Juin 2010 - 18:06

Gardant toute son attention sur sa bassine d'eau tiède et sur son éponge qu'il ne cessait de frotter, Stephen attendait une réponse de la part de la jeune louve qui était couché à ses côtés. Il attendait de pouvoir réentendre une autre fois sa voix à la fois si aiguë, mais si mélodieuse, lui donnant presque envie de danser lorsqu'elle lui adressait la parole. En nettoyant sa grosse éponge, il grimaça discrètement en remarquant tout le sang qu'elle avait perdu lorsqu'il avait panser ses blessures; bien sûr, il s'était aidé de ses pouvoirs démoniaques, ne supportant pas de voir toutes ces cicatrices saignantes qui abîmés le jolie corps en porcelaine de sa louve. Par Satan, qu'il détestait son côté humain qui le rendait gaga devant cette jeune femme. Le simple fait de penser qu'il pourrait lui arriver malheur, une sorte de pincement au cœur le faisait grimacer de souffrance.

En entendant les battements de sa pseudo patiente augmenter, il eut pour réflexe de lâcher son éponge en douceur et de lever ses yeux bleutés vers le visage épuisée de la louve. Ne la quittant plus une seule seconde des yeux, il secoua au-dessus de sa cuvette d'eau, ses doigts humides avec énergie et avec dextérité et légèreté, il attrapa des bandages qu'il avait prit soin de mettre sur sa table de chevet. Alors qu'il allait rompre le contact qui s'était installées entre eux, la jeune femme fronça les sourcils et lança :

- Prudence Huston, et, puisque vous semblez ne pas tenir compte des convenances, sachez que je ne suis pas non plus la meilleure des victimes à abriter chez soi.

Un sourire moqueur s'immisça sur les lèvres du démon. Cette Prudence Huston avait un caractère de feu qui ne laissait pas indifférent Stephen, non seulement, elle était magnifique, mais elle semblait avoir quelque chose de plus qui attirait de plus en plus le jeune homme, le laissant perplexe devant cette relation qui commençait à s'installer entre les deux « adolescents ». Il remarqua qu'il venait en plus du reste, de le vouvoyer, insistant plus qu'il ne l'aurait fallut sur le pronom personnel « vous », montrant très bien à Stephen qu'elle n'avait guère apprécier le fait qu'il la tutoie aussi facilement, mais qu'importe. Il venait tout de même de lui sauver la vie, il pouvait bien se permettre de la tutoyer sans gêne. Et puis, il ne fallait pas oublier que Stephen était un démon, la politesse chez lui était comme la générosité : Inconnue. Pourtant, en présence de la louve, le démon avait la soudaine envie de changer et d'être meilleur, non pas pour rester comme ça quoi qu'il arrive, juste quand Prudence était là. Comme si tout ceci n'était qu'un simple jeu; Interdit, dangereux mais terriblement passionnant.

Ne répondant pas tout de suite à sa malade préférée, il secoua vigoureusement la tête, de droite à gauche, laissant son sourire amusé perché sur le bout de ses lèvres. Tout en avançant les pansements de plantes elfiques vers la joue de Prudence, où était plantée une belle cicatrice, légèrement profonde mais très peu ensanglantée. Sans aucune gêne et sans quitter des yeux sa protégée, il caressa doucement sa peau laiteuse, massant sans trop forcer le baume de plante avec son pouce. Il aperçut les joues de Prudence s'empourprer, mais il n'y prit pas plus attention, d'avantage captivé par ses yeux couleurs vert bouteille où un fond grisé le laissait pantois, à croire que tout chez cette fille l'attirait. Sentant que la crème elfique avait bien pénétrée la peau, il détourna les yeux, quittant ce petit paradis qu'il venait de se créer en seulement quelques secondes.

Gêné, il se leva et se dirigea vers sa mini cuisine, emportant sa bassine avec lui. Posant cette dernière dans l'évier, il ouvrit le tuyau d'eau et posa ses deux mains à l'extrémité de son lavabo. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Et depuis quand est-ce qu'il faisait la charité aux louves perdus et suicidaires? Mais quel idiot ! Dans quoi s'était-il embarqué ? Il soupira rageusement, se maudissant d'être aussi faible et d'avoir ce côté humain qui le hantait quoi qu'il fasse. N'ayant plus d'autre choix, il arrêta l'eau et fit demi-tour, gardant son calme et essayant de garder la tête sur les épaules devant Prudence. Avançant avec une démarche sure, il se rassit aux côtés de la louve et en sentant son regard de braise lui brûler chaque parcelle de sa peau, il se résigna et remonta son visage vers le sien. Un fin sourire illuminait le visage de la malade, lui donnant un air angélique. Captivé et charmé, Stephen répondu à son sourire et décida de briser ce silence de plomb qui régnait depuis trop longtemps dans cette pièce :

- Est-ce que tu te sens mieux, Prudence Huston ? Ou devrais-je dire, vous sentez vous mieux, miss Huston ?


Un sourire narquois se planta sur ses lèvres fines et une lueur de malice perça les yeux bleutés de Stephen. Sa question n'était pas méchante, c'était juste histoire de taquiner Prudence sur sa dernière remarque.

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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Mar 6 Juil 2010 - 0:40

Sous son regard imposant, presque foudroyant, un sourire narquois vint prendre position sur les lèvres de ce Stephen Rice qu'elle ne trouvait que trop intrigant. En plus de la ridiculiser en venant lui porter secours, voilà qu'il se moquait d'elle. C'était tellement dégradant que la louve se renfrogna. Au moins, son sauveur indésirable avait l'unique privilège de posséder un physique pas trop mal. Niveau caractère par contre, c'était pas gagné ! Jamais ils n'arriveraient à s'entendre, étant tout deux beaucoup trop bornés pour ça. Prudence se demandait presque jusqu'où ils parviendraient à se supporter. Puisqu'elle avait décidé de se montrer insupportable et qu'il semblait tout aussi prompt qu'elle à ne pas se laisser marcher sur les pieds, la tension promettait d'être très vite à son comble. Au fond, la lycan n'arrivait pas à se persuader qu'elle voulait que tout ça s'arrête et qu'il la reconduise chez elle, ayant beaucoup trop peur de se retrouver seule après la nuit horrible qu'elle venait de passer. Elle commençait même à croire qu'elle ne voulait plus sortir de ce trou sordide, et rester alitée sous les soins de son inconcevable prince d'un soir.

Elle ne le quittait plus des yeux depuis plusieurs minutes, étant captivée par ses traits trop parfaits qu'elle n'arrivait pas à décoller. Il remua la tête légèrement, la tirant de ses observations. Elle le sentit appliquer des baumes dont elle ignorait la provenance sur son visage endommagé. Seigneur, mais quelle impression devait-elle donner ! Avec douceur, une masse froide fut étalée sur sa peau. Stephen semblait prendre beaucoup trop son rôle au sérieux, la délicatesse dont il faisait preuve en témoignait. Pour son plus grand désarroi, Prudence aimait cette sensation. Elle aimait la façon dont il s'attardait sur ses yeux perçants, dont il touchait sa peau et même sa voix qu'elle jugeait irrésistible lorsqu'il parlait. Elle était, sans même s'en être totalement aperçue, devenue accroc à ce type. Se rendant compte de l'attirance qu'elle ressentait envers cet étranger, ses pommettes s'enflammèrent. Honteuse par crainte qu'il l'ait remarqué, et c'était le cas, sa gêne était trop perceptible, gros désavantage.

C'est non sans soulagement qu'elle le vit se lever, quelque peu embarrassé, pour rejoindre ce qui lui sembla être une cuisine. Alors elle n'était pas la seule à fantasmer comme une idiote, voilà qui était rassurant. Quoique, non, pas du tout. Si ils étaient tout deux dans la même situation chaotique en présence de l'autre, ça n'allait pas être facile. Dégoutée d'avoir pu imaginer ne serait-ce qu'un court instant l'existence d'une quelconque attraction improbable entre eux, la louve pesta contre elle-même. Elle devenait trop loufoque, elle se faisait des idées, voilà tout. Pourtant, lorsqu'elle le vit revenir près d'elle, un large sourire se dessina sur ses lèvres sans qu'elle ne puisse rien y faire. Se sentant idiote, elle se demanda si là encore son imagination ne lui jouait pas des tours lorsque Stephen répondit à son sourire. D'une voix narquoise, il mit fin au silence d'or qui s'était installé dans la pièce :

- Est-ce que tu te sens mieux, Prudence Huston ? Ou devrais-je dire, vous sentez vous mieux, miss Huston ?


Il souriait, il était évident qu'il se fichait bien de savoir comment elle allait. Si elle avait opté pour le mode petite chieuse, il n'était pas mal non plus dans son genre, vu ce qu'il laissait entrevoir de sa personnalité si intrigante. Comme si il croyait qu'il allait la vexer pour ce petit rien, si toutefois tel était bien son but. Amusée de se voir ainsi charriée, la louve lâcha un sourire en coin. Le fixant sans faillir d'un air provocateur, elle se régalait de voir sa mine affronter la sienne sans faillir. Il lui plaisait vraiment beaucoup, peut-être même trop, ce Stephen Rice. Décidée, elle leva une main en l'air. La contemplant bizarrement, comme si il s'agissait d'un OVNI. Son bras ne présentait plus aucune marque de sa crise de nerfs de tout à l'heure. En y songeant, elle se demanda depuis combien de temps était-elle coincée ici. Mais elle reporta bien vite toute son attention sur le beau brun, à qui elle lança d'une voix ironique :

- Je doute que mon état vous intéresse, miss Rice.
commença-t-elle. Oups ! Je voulais dire, monsieur Rice. ajouta-t-elle en s'attardant sur les derniers mots.

Visiblement aussi amusé qu'elle par la tournure que prenaient les choses, le jeune homme sourit. Néanmoins, elle perçut une once d'inquiétude dans son regard qu'elle ne put rattacher à quoique ce soit. A moins qu'il ne se fasse réellement du souci pour elle, ce qui au fond expliquerait peut-être pourquoi il s'occupait aussi bien d'elle, la louve ne savait pas quoi en penser. Une idée osée lui traversa la tête. Tordue mais qui en valait la peine. Malicieuse, ce n'était pas elle qui allait se refuser cette folie. Ne le quittant toujours pas des yeux, elle fit la grimace. Esquissant une moue faussement douloureuse et prit un air de chien battu. Adoptant un regard de martyr, elle lança non sans une pointe de provocation dans la voix :

- Mais si tu te soucies vraiment de savoir si je vais bien ou pas, ce serait adorable de ta part si tu pouvais jeter un oeil à ma cuisse gauche. Je dois m'être entaillée la chair, ça me fait atrocement mal.

Elle était parfaitement consciente de sa tenue très peu couverte qui lui avait déjà laissé entrevoir un grande partie de son corps sculptural. Il n'en était rien cependant de ses fines gambettes, ou du moins, de ses cuisses. Elle adorerait voir sa mine se décomposer lorsque son regard se poserait sur elle. Ce serait l'occasion de tester ses sentiments à son égard. La louve était réellement curieuse de savoir si elle lui plaisait autant qu'il lui plaisait ou non. Un sourire taquin aux lèvres, elle attendit que son homme idéal se remette de ses émotions, légèrement amusée par la boule qu'elle pouvait voir calée dans sa gorge.

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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Mar 20 Juil 2010 - 13:17

Toisant avec intensité les iris de Prue, Stephen se laissa doucement mais surement, couler dans ses prunelles grisés aux reflets majestueusement dorés, qui scintillaient de mille feux; à tel point que le démon aurait presque pu croire que des larmes allaient percer et couler le long des joues pâles de la jeune femme. Reprenant son sérieux, il secoua discrètement la tête, laissant tout de même ses yeux se perdre sur son visage d'ange. Bon sang, tout ceci était insensé ! Un démon sauvant une louve et la prenant sous son aile. Il était urgent que Stephen fasse quelque chose par rapport à son côté humain, qui commençait sérieusement à le ronger et à le rendre faible et qui lui donnait l'impression de mourir à petit feu. Bien sûr, pendant presque un siècle, il avait réussit à vivre avec cette partie de lui qu'il avait réussit à ensevelir dans une partie bien cachée et instable de son corps : Son cœur. Mais depuis la nuit dernière, il réussissait à percevoir les battements plus ou moins rapide de son cœur taper dans ses tympans et lui donner le sentiment de flotter, d'être dans un monde complètement différent du sien.

Pourtant, il était bien là, chez lui, face à cette louve aux allures de poupées brisées mais si fragiles. Il soupira, doucement, sans bruit, ne sachant pas vraiment s'il ressentait un sentiment d'aise ou de profonde amertume envers ses sentiments qui évoluaient peu à peu dans son organisme, son esprit et ses sens. Était-ce normal que d'un coup, la partie la plus dangereuse pour lui refasse surface au bout de presque un siècle ? Et surtout, qu'est-ce qui avait provoqué tout ceci ? Il y avait forcement eut un déclic, quelque chose qu'il n'avait pas vu venir, qu'il n'avait pas prévu et qui l'avait laissé pantois... Comme si la réponse figurait sous ses yeux, il redressa son visage vers celui de Prudence, et son cœur manqua un battement en apercevant un sourire en coin se former sur les lèvres pulpeuses de la jeune femme. Oui, il était maintenant sur du pourquoi du comment. C'était Prudence Huston qui le rendait dans cet état, qui le rendait humain et apathique. C'était elle qui tuait lentement mais à coup sur sa partie démoniaque, celle avec qui il avait été toujours en parfaite harmonie, celle qui l'avait guidé pendant presque un siècle et qui avait fait de lui le démon le plus puissant des Enfers, celle qui lui avait tout apprit, de chasser, à tuer puis à survivre.

Pourtant, en laissant ses souvenirs flotter dans son esprit, à vif allure, il se sentit bien loin de cette période où tout avait l'air si facile, si simple et où rien ne l'importait mise-à-part sa survie. Il ferma quelques secondes ses paupières, lourde de sous-entendus et grimaça en repensant à ce dernier siècle qu'il avait passé à dominer, tuer, massacrer, torturer et amuser. Tout ceci ne semblait plus avoir de sens, tout ceci semblait perdu dans un profond trou qu'il n'arrivait plus à comprendre, à aimer. La seule chose qui avait réellement de sens dans son esprit était Prudence Huston. Ses pensées furent coupée court lorsqu'il aperçut un bras se lever et se planter juste devant ses prunelles bleus. Sursautant presque devant ce geste spontanée, il la regarda, incrédule, haussa un de ses sourcils, pour ensuite l'interroger du regard, silencieusement. Celle-ci arborait une moue provocatrice, le cherchant du regard, et essayant de se prouver quelque chose; Amusé par cette fille bien étrange, Stephen lâcha un fin sourire modéré avant de se redresser légèrement et de la regarder droit dans les yeux.

- Je doute que mon état vous intéresse, miss Rice. Oups ! Je voulais dire, monsieur Rice.

Stephen avait comprit que Prue s'était délibérément trompée, juste pour le taquiner, l'embêter et rendre la conversation plus piquante et il ne put s'empêcher de sourire, bêtement certes, mais il souriait, d'abord malicieusement puis amusé par la tournure que prenait les choses. C'était certain que cette charmante louve lui plaisait énormément, elle avait un certain toupet, qui, mêlé à son charme la rendait incroyablement belle et attirante à ses yeux. Lâchant un soupir long et égayé, il la regarda sourire, apparemment fière de sa petite blague et sans contrôler quoi que ce soit, son cœur se mit à battre bien plus rapidement qu'à la normale. Sa simple vue arrivait à lui faire perdre ses moyens et à le mettre dans une bulle espacée de toute vie, écartée du monde extérieur, loin de tout, sauf d'elle. Sa rêverie s'arrêta nette lorsqu'il se souvenu de ce qu'il était et de ce qu'elle était. Leurs races n'étaient pas fait pour s'entendre, et encore moins pour s'aimer. Et de toute manière un démon ne pouvait aimer, ni apprécier, c'était dans ses gênes, ancré dans son âme et proscrit par toutes les règles qui pouvaient exister au monde. De plus, en revoyant les blessures de Prudence sur son corps frêle, il ne put s'empêcher de ressentir une bouffée de culpabilité.

Si jamais elle restait avec lui, pire serait encore les blessures qu'elle pourrait avoir et la souffrance qu'elle pourrait ressentir. Il grimaça doucement et tourna son visage quelques secondes de celui de Prudence. Il était fatigué de tout ça, de cette traque qui durait depuis plusieurs années contre lui et de toute ces tueries qu'il avait du accomplir pour garder sa vie sauve. Il le savait, bientôt il devrait partir de San Fransisco pour sauver sa vie, sachant qu'il ne fallait jamais qu'il reste au même endroit trop longtemps. Il serait obligé alors de laisser la jeune femme et il partirait, Serena avec lui, pour une traque sans fin. Il fut sortit de ses pensées par un gémissement de la part de Prudence et son sang ne fit qu'un tour quand il aperçut les traits de son visage se tordre en un rictus douloureux. Patient, il attendit que sa louve lui indique l'endroit où elle avait mal.

- Mais si tu te soucies vraiment de savoir si je vais bien ou pas, ce serait adorable de ta part si tu pouvais jeter un œil à ma cuisse gauche. Je dois m'être entaillée la chair, ça me fait atrocement mal.

Une boule se forma dans la gorge de Stephen et il eut du mal à avaler correctement sa salive, sachant ce qu'elle lui demandait de faire. Pendant un long moment, il resta interdit, assit sur sa chaise et ses yeux rivés sur l'endroit qui semblait faire souffrir Prudence. Le problème ne se serait pas posé s'il aurait été humain, il aurait redressé la couverture et l'aurait soigné sans faire plus attention. Malheureusement, il n'était pas humain, du moins pas en partie et il ressentait une forte, même très forte attirance pour Prudence. Jusque ici, la démon avait réussit à calmer ses pulsions meurtrières, ayant pour seul objectif de la soigner et de la sortir de ce calvaire, mais là, il avait peur que sa dérape. Il ne désirait pas lui faire du mal, et il ne supportait pas de la voir ainsi souffrir, telle une martyre. Pourtant, il fallait qu'il résiste, Stephen ne s'était pas nourrit depuis un certain temps, et il était sur que si jamais une vague de frénésie prenait possession de lui, il perdrait le contrôle et se nourrirait de sa louve.

Baissant les yeux quelques secondes, il semblait abattu par ce qu'il était, par le comportement qu'il ne pouvait avoir avec Prue, pour la protection qu'il ne pouvait lui apporter. Il savait que si elle se concentrerait assez sur lui, elle comprendrait et ressentirait son aura démoniaque et qu'elle comprendrait alors dans quel guêpier elle s'était fourrée. Elle prendrait surement peur, alors que Stephen ne voulait que la protéger de tout. Malheureusement, il ne pouvait la protéger de lui-même, à condition de la laisser repartir ou de la ramener chez soit. Relevant les yeux vers Prue, il la vit l'interroger du regard tout en inclinant la tête, apparemment intrigué par la tournure que prenait les choses et le comportement de Stephen.

- Pour ta propre sécurité, je ne peux pas regarder ta cuisse, Prue. Je sais, c'est idiot, vraiment très idiot. Mais je ne souhaite pas te faire de mal, et ma seule peur est de t'en faire.

Anéanti, il se releva et se dirigea vers sa cuisine. De là, il attrapa le baume elfique qu'il avait prit pour soigner ses anciennes blessures et tout en lâchant un long et profond soupir à faire résonner les murs, il se dirigea une fois de plus vers Prue. Sans la regarder plus, il lui lança le baume et fit demi-tour pour se diriger dans son salon. Il était sur à présent qu'elle se doutait de quelque chose, ou qu'elle le prenait surement pour un humain complètement givré qui s'en prenait aux demoiselles en les violant puis en les massacrant. Mais ne la sachant pas idiote, Stephen savait que dans quelques minutes, elle se concentrerait sur lui et qu'elle sentirait sa puanteur. Elle serait alors répugnée, et elle partirait... Pour toujours.


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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Dim 3 Oct 2010 - 18:32

Elle jaugea sa réaction, qui visiblement, ne ressemblait en rien à ce dont elle s'attendait. Il semblait abattu, comme blessé alors qu'elle n'avait souhaité que le mettre à l'épreuve. Sa réflexion était idiote, mais elle avait crû bon de pousser le jeu encore un peu plus loin. En bonne joueuse qu'elle était. Prudence préférait la provocation à l'imprévu, titiller le destin lui procurait comme une bonne grosse dose d'adrénaline. Quand elle voulait s'amuser, rien ne l'en empêchait. Règles et lois lui faisaient alors défaut, et plus rien n'avait de sens. La raison venait à lui manquer, presque volontairement. Elle aimait dépasser les limites, toutes les limites étaient franchissables. Elle le savait. Mais là, quand elle avait souhaité embarquer Stephen Rice dans son petit manège, jamais elle n'avait espéré qu'il la suive si bien. C'était comme s'il la complétait. Or, là, il semblait avoir mis fin à cette délicieuse partie de plaisir. Tout dans son expression témoignait de ce changement radical de situation. Prudence ignorait l'élément déclencheur de ce… vide soudain. Était-ce sa faute ? Avait-elle dit ou fait quelque chose de mal, qui lui aurait déplu ? A son plus grand damne, elle envisagea la possibilité que le jeune homme pouvait différencier différents moments. Il y avait un temps pour tout. Aussi bien pour la plaisanterie que pour le sérieux. La louve se renfrogna en songeant à ce que son impassibilité reflétait. Stephen en avait fini de rire. Ce qui n'était pas le cas de l'adolescente. Cette dernière se sentait si bien avec lui. Leurs faux coups-bas l'avaient faite sourire intérieurement. Elle avait savouré chacune des paroles échangées, dégusté la voix du beau brun jusqu'à jouer la gourmande et en redemander encore et encore. A force de se goinfrer, elle avait tout fait exploser. Il n'y avait plus rien. Plus un sourire, plus un mot, plus un geste. Rien. Vide.

Anéantie par cette absence d'actions, Prudence eut un haut le cœur. Pourquoi fallait-il que toutes les bonnes choses aient une fin ? Elle en voyait pas où était le mal dans le fait que deux êtres puissent se trouver parfaitement heureux l'un en présence de l'autre, et ce, incessamment. Cette rencontre tombait à pique. Ces deniers jours, tout allait de travers pour la jeune lycan. La proximité de la pleine lune avait sa part de responsabilité, mais pas seulement. Elle avait commencé à penser que ses relations devenaient maudites. Et pour cause ; une vampire, adorable sangsue blonde aussi généreuse qu'un rapace, avait décidé de lui mener la vie dure. Ninon Haalen, ayant mal vécu la perte de sa proie, subtilisée par la louve en direct devant ses yeux, s'arrangeait pour chasser en même temps qu'elle. Ce besoin était vital autant pour l'une que pour l'autre. Elles le savaient. Si la vampire ne se nourrissait pas régulièrement, elle retomberait dans cette folie dont elle s'était laborieusement issue elle seule savait comment. Prue, quant à elle, en nécessitait pour ne pas sombrer dans la démence et se transformer inopinément en bête cruelle, féroce et prête à tout pour une dose d'hémoglobine. Dans l'unique but de désavantager l'autre, les deux jeunes femmes se disputaient leurs proies continuellement. Pour l'instant, Ninon conservait l'avantage, ce qui justifiait la mauvaise humeur flagrante de la louve. Venaient ensuite d'autres histoires problématiques, telle que les retrouvailles avec son ancien ange gardien. Prue avait détesté se voir surveillée, presque espionnée au quotidien. De savoir qu'on la maintenait encore sous surveillance avait suffi à raviver son orgueil passé. Bien sûr, sa protectrice, elle, n'y voyait pas de mal. C'était la « procédure habituelle » . Prudence avait cédé et entrepris une entente cordiale avec Haley Cartwright, ladite gardienne. Mais, au plus profond d'elle-même, elle se sentait méprisée, comme si on bafouait sa fierté. Se protéger, elle préférait le faire seule. Ce que d'autres semblaient ne pas comprendre. Les Anges, par exemple, ces espèces de lèches-bottes qui se mêlent de vos affaires sans crier guard. Son aversion envers cette espèce refaisait surface, ce qui s'ajoutait à la pile des raisons pour lesquelles sa vie se résumait à une somme de catastrophes et de dépressions. Sa légendaire joie de vivre s'était tue depuis déjà plusieurs semaines.

Stephen Rice lui avait proposé une sorte d'échappatoire auquel elle s'était accrochée durant les heures précédentes. Il était hors de question que ça s'arrête maintenant. Pas maintenant. Non. C'était beaucoup trop tôt. Prudence eut la soudaine envie de lui hurler de ne pas la laisser, de crier combien elle se sentait bien, heureuse, belle, avec lui. Jamais elle n'aurait le courage de le faire, c'était certain. Alors elle se tut. Néanmoins, elle ne put obliger son corps à en faire de même. Ses yeux devinrent interrogateurs et allèrent à la rencontre de ceux du jeune homme. Ce dernier y répondit d'une parole :

- Pour ta propre sécurité, je ne peux pas regarder ta cuisse, Prue. Je sais, c'est idiot, vraiment très idiot. Mais je ne souhaite pas te faire de mal, et ma seule peur est de t'en faire.

Aussitôt, il s'en alla. Prudence réprima un hurlement de terreur. Il s'étouffa dans sa gorge, incapable de franchir le seuil de ses lèvres. Elle s'en étrangla. Lentement, l'idée de ne plus l'avoir à ses côtés se glissa dans sa tête, et elle en eut presque envie de pleurer. Le "presque" était superflu, puisque les larmes lui montaient déjà aux yeux. Elle n'était que trop sensible. Beaucoup trop faible. Une lame s'abattit sur sa cuisse, et lui arracha un frisson de douleur. Ça lui faisait bien plus mal qu'elle ne l'avait d'abord pensé. Sauf si les douleurs psychiques se confondaient aux physiques, ce qui restait fort probable. Un tube atterrit juste à portée de main, un lancé qui frôlait la perfection, la minutie extrême. Surprise, la louve mit du temps à retrouver le fil de ses tragiques pensées. Un autre pincement ; un nouveau cri étouffé. Il fallait qu'elle se reprenne et, optionnellement, qu'elle soigne enfin cette satanée plaie. Lentement, elle expira puis inspira, envisageant par la même occasion de se calmer. Ceci fait, elle se releva avec peine, mais encore une fois, elle ne voulut pas qu'un cri s'échappe de ses lèvres. Peu désireuse d'alerter Stephen, elle fit son possible pour appliquer la lotion qu'il lui avait jetée comme on lançait un os à son chien. Avec difficulté, elle ouvrit le produit, bougea la couverture qui masquait l'horreur et embauma cette dernière. Quelques minutes plus tard, sa cuisse se trouvait remplie de crème qui agissait à une vitesse hallucinante. La jeune femme en déduit que ce n'était pas là de la crème médicale humaine, et, de ce fait, une évidence lui sauta aux yeux. Stephen Rice n'était pas humain. Suite à cette fatalité, un hoquet de surprise et un air effaré firent irruption chez la louve. Voilà pourquoi il avait dit ne pas vouloir lui faire de mal, et qu'il était parti. Mais, s'il n'était pas un Homme, alors, qui était-il ? Ou plutôt, qu'était-il ?

Curieuse, Prudence lança un regard calculateur en direction de celui qui se situait désormais au centre de toutes ses pensées. Il était assis sur ce qui apparaissait comme un sofa, disposé dans une sorte de petit salon de fortune. Ses sens étant salement meurtris et endommagés faute de sa transformation récente, elle ne pouvait distinguer, de là où elle se trouvait, la fragrance de son sauveur. Aussi décida-t-elle de quitter son brancard pour le rejoindre. Outre sa curiosité à son égare, c'était comme s'il lui manquait. En descendant de son matelas, elle parvint à maitriser la souffrance et à ne pas être tentée par l'envie de hurler. Toutefois, une fois debout, un vertige le saisi et elle se rattrapa de justesse à un meuble qui faisait bien de se trouver là. Reprenant ses esprits, Prudence se lança à l'aventure, franchissant pas à pas la distance qui la séparait de son objectif. Plus elle progressait vers le brun, plus son odeur lui était claire. Un mélange d'effroi et de compassion anima les traits, emprunts d'une certaine compréhension que l'on pouvait aisément deviné, de la lycan lorsqu'elle fut arrivée juste face au… démon. Son sauveur était un prédateur, un être maléfique, une crapule qui n'existait que dans l'unique but de propager terreur, maux et malheurs. Un fils de Satan. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était cette créature funeste qui lui avait sauvé la vie. Prudence ne comprenait plus rien. Pour elle, le Bien et le Mal étaient deux extrêmes au combien dissociées. Jamais elle n'accepterait que ces deux opposés soient réunis, c'était absolument contre tous ses principes. Et pourtant, elle en avait la preuve vivante -façon de parler.

Le corps de Prudence tomba. Elle s'écroula littéralement aux côtés de Stephen, qui demeurait impénétrable. Elle sut deviner une frustration qui lui trottait dans les yeux, car elle avait cherché à les croiser, et ils lui avaient obéis. Désormais plongée dans le regard du démon, une certitude s'imposa à elle : elle était indéniablement tombée amoureuse de ce bel inconnu, qui commençait à ne plus tout à fait en être un. Quelle idiote. Il n'y avait qu'elle pour jouer aussi bien le rôle de l'imbécile, la débile qui est charmée par le premier à lui venir en aide. Mais elle était persuadée d'une chose assez encourageante : c'était réciproque. Sinon, pourquoi ne l'aurait-il pas laissée croupir dans la boue, ou tuée dès qu'il en avait eu l'occasion -et ce n'était pas ce qui lui avait manqué- ? Perdue dans une effusion de sentiments mielleux, l'adolescente savourait ce silence communicatif, à l'instar de ce contact visuel qui berçait les deux gens depuis près d'une dizaine de minutes. Il savait qu'elle savait. Ça coulait de source. Ce genre de secret, lorsqu'on le découvrait, il n'était pas ardu de le comprendre. La réaction de la jeune femme pouvait l'avoir effrayé, peut-être même avait-il était vexé. Or, en cet instant, aucun doute ne persistait. Prudence Huston n'avait pas peur de Stephen Rice. Ça sonnait telle une évidence, car c'en était une. Pourtant, un dernier détail gênait. Le démon n'avait pas confiance en lui, il le lui avait suggéré lors de sa dernière phrase. C'était sûrement là leur plus gros problème. Il ne pourrait pas la garder avec lui s'il ne se sentait pas capable de résister à l'envie de la croquer. Visiblement, ça le perturbait salement.

A ce souvenir, elle s'empressa de le contrarier, si pas, de le rassurer.

- Je ne crains pas le mal, Stephen ; j'en suis moi-même imbue. Je me contrefiche pas mal de ce que tu pourrais me faire, en revanche, je suis terrorisée quand je songe à ce que tu ne pourras pas me faire.
avoua-t-elle dans un souffle, un murmure doux mais chargé de sens.

La vérité était éternellement douloureuse. Encore plus lorsqu'il s'agissait d'un fait qu'on ne pouvait renier, et il était intolérable qu'elle ne revoie plus jamais Stephen Rice. Non. Elle refusait d'y croire. Mais lui, ne bougeait pas. Il ne répondait même pas, de quelque façon qu'il fusse. Ni sourire, ni mot, ni compassion dans le regard, ni rien. Le désert total. Une prise de tête idéale pour la lycan toute retournée par les émotions. C'était trop pour une seule femme. Pour une seule nuit. Il lui en fallait plus. Elle en voulait plus. Comment ferait-elle pour se lever demain en sachant qu'elle ne le reverrait plus jamais, qu'il ne serait pas là pour panser ses blessures, pour la taquiner et nourrir cet attachement destructeur qui prenait de plus en plus d'ampleur dans chaque parcelle de l'esprit de la souffrante ? Ses jours seraient monotones, après aujourd'hui, plus rien ne rivaliserait avec le bien-être qui l'envahissait lorsqu'elle savait le démon là pour s'occuper d'elle. La louve priait pour que ça dure tout le temps. Hélas, il y avait peu de chance pour que le destin lui fasse deux fois le même cadeau. C'était presque impossible. La rage l'invita à sangloter, mais elle y résista du mieux qu'elle put. Ne voulant pas se montrer faible devant le brun, elle se devait de tenir le coup. S'il n'en avait rien à faire, il ne fallait surtout pas qu'elle s'enfonce dans ce gouffre qu'elle avait elle-même creusé au cours de ses dernières paroles, franchement révélatrices sur ce qu'elle éprouvait à l'égare de son frontal. Elle risqua un regard en sa direction, et fut frappée par la proximité de leurs deux visages, ce qui accéléra les battements de son cœur.

Ils étaient si proches, si liés, si tentateurs. Prudence se faisait violence pour empêcher les larmes de se former à la vue de ce qui ne serait jamais plus que le rêve d'un soir, luttant à chaque souffle contre les pleurs. Ce dernier, venant de la lycan, décuplé, se montrait de plus en plus haletant, comme si elle s'apprêtait à recevoir ce pour quoi ses yeux étaient imprégnés. A travers son regard, une détresse dont l'origine se devinait aisément suppliait Stephen de répondre à cet appel, désespéré, oppressant, à ce besoin de plus. Plus que ce simple lien verbal, visuel ou mental. Un apport de preuves qui unirait une bonne fois pour toutes leurs deux âmes. Suppliante, rongée par les larmes, ces traîtresses, qui inondaient ses paupières tant elle se sentait mourir d'affection. Elle mourait de l'intérieur pour lui, pour ce « nous » qui se dessinait sans grande conviction, comme s'il doutait que cette liaison inavouable puisse un jour être fondée, et devenir concrète. Inébranlable. Ce baiser, la louve l'attendait sans même y croire. Il serait la réponse à ce qu'elle demandait tout bas. Est-ce possible, est-ce réalisable ? Cet amour tabou pourra-t-il, possiblement, éclater au grand jour ? Tic tac tic tac. Elle devenait folle. Elle était sur le point d'éclater en sanglots lorsqu'enfin, l'interdit se produisit. Stephen lui répondit. Oui, il lui répondit, à sa manière, mais il répondit finalement à ladite question muette, celle susurrée par le regard requérant de la louve.

A une lenteur abracadabrante, il brûla les quelques centimètres qui séparaient leurs visages. Celui de l'adolescente était affolé, apeuré, inquiété de ce qui adviendrait d'eux après, après aujourd'hui, après ça. Délicatement, leurs lèvres, se frôlant à peine, se cherchèrent pendant quelques dixièmes de secondes qui semblèrent s'éterniser. Tic tac tic tac. Le pouls de la jeune femme se mit à lui arracher le cœur, sa cadence allant sans cesse en accélérant. La respiration lui manquait. Les idées claires disparurent, devenant floues, la rendant incohérente quoiqu'elle tente d'accomplir. A la place, un vide intense se fit dans sa tête. Plus aucune pensée ne pouvait venir la bousculer, excepté l'estimation du temps approximatif qu'il lui restait avant de céder à cette passion dévorante, cette obsession qui voulait qu'elle se plie à la tentation exercée par le démon, qu'elle soit incapable de renoncer au goût d'un baiser interdit. Ce n'était qu'une question de quelques secondes. Son rythme cardiaque devenait incontrôlable, son cœur tombait en pleine crise d'amour. Ravagée par l'irrésistible bien qu'infime pression de la bouche de Stephen contre la sienne, Prudence approcha son corps de celui du diable. Langoureusement, sa main se hissa contre le torse du jeune homme, comme pour préserver une distance respective entre les deux amants. Il lui fallait retrouver une respiration normale, et qu'elle cesse de pleurer par saccades. Elle avait l'impression qu'on venait de remplacer l'oxygène par du dioxyde de carbone. Malheureusement, le contact de sa menotte fraîche réchauffée par le corps brûlant du beau brun provoqua l'effet inverse. Très vite, elle oublia son besoin de retrouver un semblant de lucidité qui ne serait pas aveuglée par cette attirance inéluctable. Sa main se fit alors plus caressante, appelant ce baiser qui les faisait languir. Elle glissa pour s'arrêter à peine quelques centimètres plus bas, moins redoutable. Lorsqu'enfin, leur béguin s'effaça pour faire place à un véritable pacte, une preuve de leurs sentiments, un touché considérable, sincère, même si d'abord légèrement timide. Leurs lèvres se scellèrent, unissant d'une manière bien particulière les deux immortels. Maladroites, elles s'unissaient le temps d'un ballet révélateur, avant de s'écarter de quelques poussières, histoire de permettre à la louve de reprendre sa respiration. Et cela, uniquement pour reprendre leur étreinte de plus belle. Toujours plus passionnées, leurs lèvres s'enflammaient, en parfaite symbiose avec leurs cœurs détruits, incendiés par les flammes de leur dévotion. A ce manège affectif suivit bientôt du plus sérieux encore, car leurs langues intensifièrent cette union. Entraînées dans une danse enflammée, elles se couraient après pour se reposer ensuite, satisfaites.

Au bout d'un temps infiniment long, leurs bouches se séparèrent pour de bon. Les yeux de la louve débordaient d'eau salée, à tel point que sa vision se brouillait. Comme une cruche, elle avait pleuré. Au départ, c'était faute de souffrance à l'idée de la séparation imminente qui l'attendait. Puis, ça avait été de bonheur. En pauvre demeurée, l'imbécile chialait même quand le bonheur animait toute son âme. Désormais calmés, ses pleurs avaient cessés. Le rouge vif lui monta aux joues lorsque son regard croisa celui de Stephen. Évidemment, elle était incapable de détourner la tête pour masquer sa gêne, trop obnubilée par son voisin. Elle réalisa également que sa main se calait encore contre le bas ventre du jeune homme, et en devint d'autant plus écarlate. Cependant, elle ne la bougea pas, ne voulant pas briser cette immobilité qui avait remplacé leur valse de tout à l'heure. Ils demeurèrent là, à se fixer, aucun n'osant plus bouger. A vrai dire, pour sa part, Prudence était pétrifiée. Elle voulut poser une question stupide, telle que « Et maintenant, qu'allons-nous faire ? » mais elle s'en retint. Il arrivait certaines circonstance où un long silence valait mieux que le plus court des mots. Donc, elle se tut.

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MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Ven 29 Oct 2010 - 18:57

Assit sur son sofa, Stephen attendait. Il attendait le moment fatal. Celui où il entendrait un cri étouffé, suivit de bruits de pas maladroits qui se terminerait par une chute, puis par le bruit d'une porte qu'on claquerait, une bonne fois pour toute. A tout jamais. Ses yeux bleutés perdus dans le vide, le démon attendait ce moment fatidique qui finirait par arriver, d'un moment à un autre. Quel idiot. Que lui avait-il dont prit de la ramener chez lui ? De la soigner ? De faire en sortes qu'elle sourisse, qu'elle aille mieux ? Ce n'était pas dans son caractère de démon d'agir de la sorte. C'était sa part d'humanité qui avait donc prit le dessus sur lui, qui avait réussit à contrôler durant un instant ses réactions, son comportement si gentil et gentleman. Tout ceci n'était pas lui; c'était l'autre lui. Cette part au fond de son âme qu'il tentait vainement d'effacer, de rendre muette et d'enfermer dans une cage solide, presque en acier. Et pourtant... En un seul regard, en un battement de cil, cette cage s'était fondu et sa partie humaine s'était dépêché de prendre soin de Prudence Huston. De cette louve, qui en plus d'avoir un pouvoir attrayant sur lui, avait une âme terriblement délicieuse. Il en baverait presque. Il était certain qu'elle le hanterait durant un temps considérable. Elle le hanterait. Encore et encore. Bon sang, mais pourquoi avait-il fallut qu'il soit éprit d'elle ? Pourquoi fallait-il que d'un coup, il tombe sous son charme ? C'était si idiot. Il avait rencontré tellement de femmes avant elle, et aucunes ne lui avaient procurés cet effet de planage, de bienséance, de calme absolu. Pourquoi ? Pourquoi une louve ? Pourquoi Prudence Huston ? Pourquoi elle ? En plus d'une attirance qu'avait son côté humain pour elle, son côté démoniaque était irrévocablement attiré par son odeur, qu'il aurait Ô combien voulu goûter. Juste une fois. Des sentiments contradictoires, des pensées confuses, et une conclusion plus que véridique.

Agacé par ses propres réflexions qui semblaient ressembler plus à une torture psychique qu'autre chose, il soupira. Durant quelques secondes, il s'accorda un instant pour réfléchir calmement, tout en fermant ses paupières. Il fallait qu'il fasse le vide, il fallait qu'il réfléchisse à tout ceci en faisant la part des choses. En séparant ce qu'il était de ce qu'il voulait être. Les fantasmes n'avaient pas à être prit en compte. Avant sa rencontre avec Prudence, il était vrai que Stephen adorait littéralement se nourrir des âmes des lycanthropes ou des sorciers. On pouvait appeler ça " son plat préféré ". Voilà donc, que maintenant, il éprouvait une attirance sans limite pour la louve, à tel point que sa seule obsession est de retourner la voir afin de l'embrasser. Cette image flottant dans son esprit le rendant presque fou, Stephen grimaça. Non, il ne devait pas retourner la voir. Il devait la laisser. Il était temps de se reprendre. Soit, il l'avait aidé, il lui avait surement sauvé la vie mais maintenant il était temps qu'elle prenne congé. Après tout, elle devait certainement mourir d'envie de retourner chez elle, de retrouver les siens, surtout après la nuit plutôt agitée qu'elle avait passé. Et pourtant... A l'idée qu'elle s'en aille, qu'elle parte et retourne dans la vraie vie, là où était sa place, un pincement au cœur le fit doublement plus grimacer. Il ne voulait pas la quitter. Plus maintenant. Et qu'importe sa délicieuse odeur. Après tout, son meilleur ami était un lycan et il ne se faisait pas violence pour ne pas le dévorer. Bon, certes, la comparaison entre Anthony Austen et Prudence Huston n'est pas la plus pertinente qu'il aurait pu faire, surtout que Stephen n'est pas du tout attiré par Anthony. Une idée éclaira brutalement ses pensées ombrageuses. Et si le fait qu'il soit inexorablement attiré par elle, jouait sur son côté démoniaque en intensifiant l'envie la plus incontrôlable qui puisse l'animer ? C'était une théorie plutôt intéressante et au final, surement vraie. Pour la énième fois, il soupira. Maintenant qu'il avait presque ordonné ses pensées sur ce qu'il ressentait pour elle, il se sentait un peu plus léger qu'il n'aurait dû l'être. Stephen Rice, lui-même n'était pas le seul danger pour Prudence.

Certes, il était un danger, une menace par ce qu'il était réellement, mais pas seulement. Parce qu'il était un puissant démon, parce qu'il arrivait à contrôler les flammes des Enfers, parce qu'il était Stephen Rice; Lucifer le voulait. Le Seigneur des Ténèbres voulait sa mort et il savait qu'il n'avait aucunes limites. Plusieurs fois, le brun avait eut peur que Satan s'en prenne à sa sœur jumelle, celle qu'il aimait surement le plus au monde. A cause de ça, il avait dû voyager, pour toujours s'éloigner d'elle. Mais en têtue qu'elle était, Serena le retrouvait toujours. Jamais loin de lui, elle ne voulait pas le laisser une seule seconde sans protection. Alors, qu'en vérité, c'était plus elle que lui qui avait besoin de sécurité. Sa jumelle avait un sacré toupet pour ne jamais lui obéir. Après tout, il était malgré tout un peu plus âgé qu'elle et c'était grâce à lui que Serena vivait encore aujourd'hui. Il était donc normal qu'elle l'écoute, mais cette dernière n'en faisait qu'à sa tête. Toujours. Ce qui bien sûr agace au plus profond de son être intérieur le démon. En plus de s'inquiéter de sa survie, il a à sa charge une jumelle sans une once de maturité ou de responsabilité. Oh.. Bien sûr, depuis son arrivée à San Fransisco, Serena n'est pas la seule à être sous la charge du démon. Il y a aussi sa meilleure amie de toujours; Ninon Haalen. Depuis qu'il la revu, le démon veille sur elle et avec une attention presque trop obsessionnelle, à tel point qu'il n'a pas eut le choix de s'éloigner d'elle ces derniers jours, de peur que les traqueurs remarquent l'odeur de sa vampire préférée et l'attaque pour l'atteindre. Avant, la sécurité de Ninon n'était pas son problème, elle savait se défendre toute seule, mais depuis qu'elle a effacé Vampirella de ses gênes et qu'elle a décidé de se mettre au régime, c'est dur pour la vampire de pouvoir être au meilleur de sa forme. Quotidiennement, donc, Stephen est obligé d'aller la voir, afin de se rassurer, de se retirer un poids des épaules. Pour en rajouter une couche, il a depuis peu aussi une apprentie à sa charge, une sorcière très puissante, Mona-Lou. Bien que terriblement arrogante et prétentieuse, elle dégage un aura de pouvoir et semble intéressée par ce que Stephen lui apprends, chaque jour. Voilà donc trois personnes que Stephen a à sa charge, et le jeune homme se voit mal avoir Prudence en plus, sur ses épaules. Si par sa faute, il lui arriverait malheur, il est certain que jamais, Ô non jamais, il ne s'en remettrait.

Un bruit de chute le fit sortir de sa torpeur, ce qui eut pour effet de le faire sursauter et il ouvrit avec promptitude ses paupières. Regardant à droite et à gauche, encore surprit pour agir, il aperçut avec stupéfaction Prudence, par terre, juste à côté de lui. Apparemment, elle avait essayé de venir à lui, ou du moins, elle s'était déplacée dans sa direction. Croisant son regard grisé, le cœur du démon rata un battement et son sang ne fit qu'un tour, provocant instantanément l'augmentation rapide de sa respiration. Il avait la subite impression d'étouffer. D'être prit au piège. Enfermé dans la propre cage qu'il s'était lui même construit. Prudence Huston le tenait. Elle l'avait attrapé et elle semblait le tenir fermement, ne voulant apparemment pas qu'il la quitte aussi facilement. Tout ceci était flou, incompréhensible et chargé de sentiments gratifiants son humanité. Cet échange, ce long échange entre un démon et une lycan, entre deux races différentes qui auraient dû se haïr, se détester, semblait provoquer chez Stephen un tourbillon d'adrénaline mélangée à une passion ardente, dévorante. Elle le bouffait de l'intérieure. Et c'est là qu'il sut, qu'il comprit. Stephen Rice était amoureux de Prudence Huston. Il l'aimait. Les deux parties de lui étaient amoureux de cette seule et unique personne. Comme si c'était le bouton déclencheur à une réponse, les prunelles de Prudence se mirent à scintiller de plus belles, brillant de mille feux et faisant ressortir la couleur particulière de ses iris grisés aux reflets vert bouteille et marron caramel. Elle l'aimait. Tout ceci était réciproque. Ça se sentait. Chaque parcelle de sa peau brûlait de la rejoindre pour la toucher, l'embrasser, la prendre dans ses bras. Il ressentait l'indéniable envie d'avoir un contact avec elle, de pouvoir sentir son odeur ou entendre chaque battement de son cœur. Il la voulait. Il la désirait. Il sentait cette boule de sentiment en lui s'ancrer dans son âme et le condamner à l'aimer jusqu'à la fin de ses jours. Il était à présent condamné. Condamné à l'aimer, condamné à la chérir, condamné à ressentir ce vide immense lorsqu'il ne la prends pas dans ses bras, lorsqu'il ne la touche pas. Mais quelque chose d'encore plus merveilleux semblait résonner en lui comme un chant d'hymne de la joie; c'était réciproque. Tout ce qu'il ressentait, elle le ressentait. Et c'était ça, le plus beau, le plus important, au final.

- Je ne crains pas le mal, Stephen ; j'en suis moi-même imbue. Je me contrefiche pas mal de ce que tu pourrais me faire, en revanche, je suis terrorisée quand je songe à ce que tu ne pourras pas me faire.

Ses paroles avaient résonné dans un bruit doux, presque avec amour. Comme pour le rassurer, comme pour lui faire comprendre qu'elle savait tout de ce qu'il était et qu'au final, elle s'en contrefichait. Les défenses du démon s'écroulèrent dans un silence implacable, laissant le jeune homme dans une révélation douloureusement véritable. Un poids de plus sur ses épaules. Il allait s'engager dans une histoire terriblement dangereuse et qui pourrait les mettre en danger à tous moments. Mais pour passer quelques instants avec elle, avec Prudence Huston, il était près à se mettre en quatre, à passer par les plus dures épreuves, pour rester avec elle, pour être avec elle. Tandis qu'elle avait baissé son regard, apparemment troublée par ses pensées, il en profita pour se rapprocher d'elle avec souplesse et discrétion. Se mettant à ses côtés sur le sol en terre battue, il arrivait à sentir son parfum à chaque petit millimètres qu'il faisait vers elle, mieux encore, il arrivait à entendre son cœur battre. Ce son était si rythmé et si mélodieux, qu'il aurait pu rester là, à fermer les yeux et à se laisser bercer par cette simple musique. Enfin, elle redressa les yeux. En plus de l'augmentation de son pouls, le jeune homme se sentit déboussolé en voyant les yeux humides de sa louve le regarder fixement, attendant patiemment quelque chose qui ne semblait pas vouloir venir. Abasourdi, il resta un moment interdit, fronçant les sourcils et essayant de deviner ce qu'elle désirait si ardemment, ce qu'elle attendait avec autant d'enthousiasme de sa part. Bien sûr, la réponse ne tarda pas à venir et il en fut lui même étonné de voir quelle réaction pouvait avoir un simple baiser dans ses pensées. Son cœur s'emballa. Avait-il le droit de faire ça ? Avait-il le droit et le pouvoir de sceller son destin à travers un baiser ? Avait-il le droit de la condamner à une vie à ses côtés ? A une vie dangereuse et Ô combien pleines de souffrances ? Il ne pouvait et ne voulait pas de ça pour elle. Mais... Il désirait tellement goûter ses lèvres qui semblaient le narguer tandis qu'il ne regardait plus que ça. Une torture. Une réelle torture. Trop de questions. Trop de " Et si.. ? ". Trop de doutes. Regardant une dernière fois Prudence dans les yeux, il la questionna du regard, attendant une réponse à sa question silencieuse. Celle-ci y répondit directement lorsque sans s'en rendre compte, elle se rapprocha doucement de lui.

Stephen n'y pouvant plus, se mordit la lèvre inférieure et explosa les derniers centimètres qui les séparaient l'un de l'autre. C'est avec des doutes, des questions sans réponses et une peur accrochée au ventre que Stephen eut le droit de caresser délicatement les nuages du septième ciel, l'apothéose en elle-même, la fin d'une vie, le début d'une autre, le délicieux goût de la passion et de l'interdit se donnant à eux par un simple baiser, où des lèvres se frôlaient maladroitement. L'esprit vide, le cœur en explosion de joie et de plaisir, les sens en alertes et chacun de ses muscles se détendant d'avantage, tremblant presque devant l'effet si puissant et ardent qu'arrivait à faire Prudence sur lui. Avec tendresse, le baiser s'intensifia, devenant plus désireux, plus langoureux, brisant la carapace en acier du démon, celle qui s'était construite alors qu'il n'était qu'un enfant haut comme trois pommes. Une sensation de planage l'encerclait et l'impression soudaine qu'il pouvait voler se faisait de plus en plus intense, à tel point qu'il avait l'impression que des ailes étaient en train de lui pousser dans le dos. Un mot qu'il n'avait pas prononcé depuis longtemps se mit à cogner les parois de son cerveau, afin de se faire une place dans ce tourbillon de sensations, de nouvelles découvertes. Liberté. Elle était là sa clé, juste devant les yeux, il pouvait la toucher, l'embrasser et la désirer. C'était Prudence la réponse à toutes ces questions, c'était Prudence qui le faisait vibrer d'amour, de pensées poétiques et de rêves au fins heureuses. En sentant la main de cette dernière toucher son tee-shirt et la laisser doucement glisser vers son ventre, ce dernier se contracta et son cœur manqua un battement, tandis qu'un frisson d'électricité s'empara de sa peau lisse. A son tour, il posa une de ses mains dans la chevelure blonde de sa louve, la rapprochant d'avantage de lui, voulant à tout prix que tous les deux ne fassent qu'un, qu'il s'ancre l'un dans l'autre. Alors que leurs langues ne cessaient de danser entres elles, s'accordant une danse charnelle, peut-être la dernière, Stephen arrivait à doucement toucher l'âme de Prue, la caressant avec timidité et admiration. Son côté démoniaque était aussi excité et heureux que lui. Ils étaient d'accord sur une chose. Enfin. Le démon avait l'impression de brûler sur place, d'imploser en milles morceaux, de perdre toute rationalité, toute logique. L'air commençait à lui manquer, mais qu'importe, le désir d'être avec Prudence, d'être unit par le biais d'un baiser était plus important que tout. Le cœur de Stephen semblait n'avoir jamais vécu avant aujourd'hui, renaissant de ses cendres, et apportant une touche de nouveauté bien trop plaisante à sa vie si obscure.

Se séparant à contre cœur de Prudence, il finit par reprendre son souffle en se repérant sur la propre respiration de sa louve. Ouvrant avec douceur ses yeux bleutés, il avait la brusque impression que c'était la première fois qu'il ouvrait les yeux, de toute sa vie. Ses iris se mirent à le picoter, il en conclut donc que ses yeux étaient plus claires que d'habitude, chose qui se passait en général lorsqu'il était de bonne humeur ou qu'il ressentait un sentiment vraiment très fort. Dardant un regard vers Prudence, il fut d'abord stupéfait de voir des larmes sur ses joues pâles, se demandant à quel moment elle avait pleuré, et surtout pourquoi. Il passa une main sur sa joue, celle-ci fut humide et Stephen se sentit brusquement idiot. Il n'avait même pas réalisé qu'elle avait pleuré durant leur baiser, trop égoïste et plongé dans cette frénésie attrayante. Une vague de culpabilité l'engouffra et il fit la moue durant quelques secondes. Peut-être n'avait-elle pas apprécié le baiser ? Peut-être voulait-elle partir maintenant ? Peut-être s'était-elle sentie obligée de l'embrasser ? Instantanément, le démon se mordit l'intérieure de ses joues, commençant de plus en plus à angoissé. Il rencontra alors ses deux iris grisés et fut directement rassuré. Le cœur de Prudence s'emballa et le sang lui monta aux joues. Amusé, il eut un vague sourire en coin. La situation était malgré tout délicate. Ils avaient beau s'échanger des regardes langoureux de sous-entendus passionnés; ils étaient à présent tous les deux embarqués pour une liaison à deux où l'interdit et le danger serait constamment présent. Sentant la main brulante de la louve posée encore sur son ventre, son sang ne fit qu'un tour. Le fait qu'elle le touche lui donnait d'avantage envie de l'embrasser à nouveau. Se retenant de toutes ses forces, il ne put s'empêcher pourtant de passer une de ses mains dans sa longue chevelure blonde, laissant descendre une de ses mains jusqu'à son visage d'ange où il encercla une de ses joues, dorlotant ses lèvres pulpeuses, laissant son pouce jouer avec. L'envie de la ré-embrasser devenait intense. Il soupira et se rapprocha d'elle; contre toute attente, il embrassa son front, avec douceur. Puis, sans attendre son reste, il se releva très rapidement et sans soucis.

Étourdit par le baiser qu'ils avaient échangés, il mit du temps à se repérer normalement. Quelques longues secondes passèrent avant qu'il se mette en marche vers sa mini-cuisine aménagée. Il avait besoin de prendre l'air, de s'éloigner quelques minutes de Prudence, de reprendre ses esprits et ceux, correctement. S'appuyant sur le rebord de son évier, il baissa la tête quelques instants et souffla longuement. Qu'allait-il donc faire ? Mettre en avant son côté démoniaque ? Faire comme d'habitude, et ne penser qu'à lui ? Hors de question. Pas pour Prudence. Elle était complètement différente des autres et la mettre en danger parce qu'il la désirait auprès de lui, c'était un comportement plus qu'inacceptable. Il avait beau être le pire des démons qu'il puisse exister sur cette Terre, Prudence était pour lui une nouvelle étape de sa vie, et il était clairement hors de question qu'il la mette en danger. Ne plus la voir, donc. A cette pensée, il eut presque la nausée et toussota quelque peu afin de faire passer l'idée. Comment pouvait-il ne plus la voir ? C'était clairement impossible. Il en serait incapable. Cette fille était tellement.. Tellement.. Tellement.. Tout. Oui, c'est ça. Elle était tout. Son coup de foudre. Sa clé. Son petit bout de paradis. Serait-il possible de la laisser partir ? De ne plus jamais la revoir ? Questions idiotes. La réponse était non. Quoi qu'il advienne. Mais bien sûr, si les questions sont posées autrement comme " Serais-tu capable de vivre sans elle, Stephen ? De la voir morte ? ". Là, forcément, ça joue grandement pour le côté du macho qui doit l'abandonner. Pour sa survie. Parce qu'elle mérite mieux que ça. Que lui. C'était donc décidé. Stephen avait prit sa décision. Ouvrant le conduit du robinet, il attrapa un verre au passage et le remplie d'eau. Chose fait, il ferma les yeux quelques secondes, soupira pour se donner du courage et fit un tour sur lui-même. Il était temps.

En quelques enjambées, il était devant Prudence, à lui tendre le verre d'eau, un sourire en coin perché sur son visage d'Apollon. Hésitante, la lycan semblait légèrement troublée par le comportement du brun, puis finit par accepter le verre d'eau de Stephen. Chose faite, ce dernier s'assit à quelques mètres d'elle, sur le canapé et enlaça ses doigts entres eux, ne savant véritablement pas par où commencer. Tandis que Prudence buvait une ou deux gorgée d'eau, Stephen soupira et attendit qu'elle ait finit de boire. Cette dernière ne le lâchait pas du regard et semblait avoir comprit que quelque chose se passait. Enfin, le démon toussota doucement et passa une main dans ses cheveux bruns.

- Prudence... Je crois qu'il vaut mieux pour toi que tu partes, assura-t-il d'une voix dure.

La regardant droit dans les yeux, il ne laissa aucunes émotions trahir ses vraies apriori, restant de marbre et impassible. Silencieusement, il l'incitait à partir, lui donnant presque un ordre, laissant ses iris bleutés parler pour lui. A voir l'expression de la concernée, Stephen eut plus qu'un pincement au cœur. C'était véritablement une torture de la voir dans cet état d'apurement; elle semblait perdue et ne pas comprendre ce qu'il voulait dire. Il savait que s'il continuait à pousser encore un peu plus le bouchon, elle finirait par craquer et s'en irait. Il était certain de ne pas en avoir envie, mais c'était soit ça, soit la voir morte dans les bras. Il tressaillit à cette pensée et ça le motiva à continuer sur sa lancée, il le devait.

- Il n'y a rien pour toi, ici. Tu dois partir, maintenant.

Une boule de chagrin se forma au creux de sa gorge, mais Stephen fit de son mieux pour contrôler ses émotions. Il ne laissa rien paraître, prenant un air plutôt peu sympathique et essayant de jouer sur ses atouts démoniaques, ses traits qui étaient en lui, quoi qu'il fasse. Une idée fusa dans son esprit. Étant donné qu'elle ne semblait pas le prendre au sérieux ou du moins qu'elle ne voulait pas partir, il n'avait plus d'autre choix que de l'effrayer. Au moins, elle ne reviendrait plus. Elle aurait trop peur. Elle fuirait. Soupirant tout en secouant la tête, Stephen fit apparaître dans sa main droite une boule de feu. Tout en la regardant droit dans les yeux, il se mit à jouer avec, la lançant en l'air et la rattrapant l'instant d'après. Il voulait lui faire peur. Il voulait qu'elle parte. La voir dans cet état était pire que la souffrance de ne plus la voir. Elle était malheureuse. Ça se voyait, ça se sentait. Ça faisait mal.

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je suis un abricot.
bisous.
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♣ Situation amoureuse : Folle de ses bouquins.

MessageSujet: Re: After the rain… the storm ♣ S&P   Sam 26 Mar 2011 - 11:31

Morte de honte, Prudence Huston fixait Stephen sans vraiment le voir. Elle était obnubilée par les évènements précédents. Leur baiser, surtout. Mais pas seulement. Elle se remémorait la pleine lune, la souffrance engendrée par sa transformation, son réveil dans l'antre du beau brun. Les sarcasmes échangés avec le beau brun. Les regards subtiles glissés vers le beau brun. Les lèvres douces et chaudes du beau brun. Lui. Lui et encore et toujours plus de lui. Elle était complètement hypnotisée par cet individu. Il lui inspirait un tas de sentiments très précis, trop précis. De la passion, de la peur, de l'anxiété, du désir. Elle ne savait comment réagir face à tout ça, pourtant plus elle y pensait, plus elle trouvait la situation parfaitement simple. Après avoir longuement réfléchi et envisagé toutes les possibilités imaginables, elle en était arrivée à la conclusion qu'elle était fort probablement tombée amoureuse du jeune homme. Pour la première fois de toute sa vie, elle aimait quelqu'un d'un sentiment nouveau, riche en complications. Tout ça devenait vachement contradictoire, désormais. Amoureuse mais effrayée à l'idée de l'être vraiment. Elle ignorait comment aborder la chose. D'un côté, son esprit lui murmurait qu'elle n'avait pas le droit de focaliser toute sa douceur sur un seul être, qu'être aussi aveugle ne lui ressemblait pas. D'un autre côté, son coeur lui ordonnait de s'accrocher à lui jusqu'à ce qu'il la serre fort fort fort tout contre lui. Tellement proche de sa peau qu'ils ne formeraient plus qu'un. En l'espace de quelques heures, Prue s'était fourrée dans un pétrin incroyable dont elle ne s'échapperait pas facilement. Soit l'issue la menait vers l'amour, une vie tout à fait nouvelle pour elle qui n'y connaissait rien là-dedans. Soit elle laisserait cet endroit loin derrière elle et devrait ne plus penser à cette nuit, à lui, à eux. Surtout pas à ce qu'ils auraient pu devenir, à ce qu'ils auraient pu créer ensemble, ni à tout ce qu'elle aurait pu vivre à ses côtés. Commencer à s'imaginer un avenir au conditionnel rime avec regret, ce qui conduit au déclin d'une période de sérénité. Or la louve ne souhaitait pas subir une telle décadence.

Stephen s'en alla rejoindre à grands pas sa cuisine, comme s'il voulait la fuir, elle et ce qu'elle lui inspirait. Peut-être doutait-il lui aussi de ses sentiments, à moins que ce ne soit de la suite de leur histoire - à condition qu'on convienne de prétendre qu'il y en ait bien une. Même de ça, la lycan en doutait. Qu'est-ce qu'un baiser, de nos jours ? Cela ne signifie plus rien. Pour elle, si. Il avait signifié quelque chose, quelque chose de sincère, d'intrigant, d'inexploité. Mais pour lui ? Incapable de deviner ce qu'il en pensait, elle choisit d'oublier de songer à tout ça. Pour faire bonne figure, elle se ressaisit et détailla scrupuleusement le mur qui lui faisait face. Cette occupation chassa ses mauvaises pensées, et c'était tant mieux. Elle n'aurait pu en supporter davantage. Afin de continuer à ignorer ses souvenirs récents, Prudence chercha à la hâte un sujet sur lequel elle pourrait délibérer intérieurement et qui serait susceptible de maintenir son esprit occupé. Une réponse vint aussitôt à sa rescousse : Nathaniël Huston. Ce dernier n'était autre que son petit frère qu'elle venait à peine de retrouver. Comme le dossier frangin ruisselait d'intérêts, cela lui permettrait de patienter jusqu'au retour du brun. Elle commença donc à se remémorer son enfance à la ferme, son stratagème pour placer Nath en sécurité, ses retrouvailles avec celui-ci, ses tentatives sans espoir pour lui faire comprendre les raisons de son agissement jugé déraisonnable selon lui, et ainsi de suite.

Une main sortie de l'inconnu lui présenta un verre d'eau, ce qui la ramena à la surface. Elle émergea de ses rêveries pour atterrir dans l'instant présent. Troublée, la louve avisa un coup d'œil interrogateur à son sauveur du soir, qui lui répondit par un sourire sonnant atrocement faux. Cachant son scepticisme, elle attrapa le récipient et porta le breuvage à ses lèvres. L'eau glacée envahit instantanément sa bouche, apportant une fraîcheur revigorante avec son elle. Remise d'aplomb de ses émotions, elle sentit la chaleur de ses joues retomber ; elle retrouvait un teint d'usage. A nouveau présentable, la jeune femme leva les yeux vers son aubergiste pour ne plus les décoller de son visage. Il voulait lui dire quelque chose, ça se voyait dans sa façon de se tenir nerveusement. Cependant il ne lui confiait rien, aucun son n'émanait du fond de sa gorge. C'était ce qui angoissait le plus la brunette. Elle redoutait ses paroles, répliques clichées qu'il sortirait en guise d'excuse pour la remballer comme un vulgaire surplus de chair. Elle devinait son anxiété, ses hésitations, parce qu'elle éprouvait la même chose. Elle n'avait pas besoin qu'il le lui confirme, il l'avait déjà fait en l'embrassant. Plus aucune preuve ne devait être apportée, ni de l'un, ni de l'autre. Ils savaient et ils savaient que leur complémentaire savait aussi. C'était amplement suffisant, pour l'instant. Aucune formulation à voix haute n'était requise, aucun geste n'était utile, ils avaient juste besoin de réfléchir. Cette décision ne se prenait pas à la légère, ils en étaient conscients. Voilà pourquoi personne ne parlait. Parce qu'ils respectaient mutuellement l'âme agitée de l'autre. Il fallait discuter de ça posément, sans se hâter, et sans avoir la tête encombrée par des idées affolantes. Déjà rien que ça demandait un certain self-control qui échappait présentement à la lycanthrope, encore perturbée par le silence de Stephen. Ce dernier ne pipait mot, et cela commençait à accroître la nervosité de l'immortelle. Pour se calmer, elle buvait à grande gorgée l'eau fraîche qui remplissait son verre. Quand elle eut terminé, le jeune homme poussa un soupir presque imperceptible qui raviva son inquiétude. Elle était certaine de ce qu'il s'apprêtait à lui dire, ses mors résonnaient dans sa tête comme une évidence. Néanmoins, elle désirait qu'il les prononce, juste pour vérifier ce que ça lui faisait de les laisser franchir le seuil de ses lèvres. Histoire de déterminer le fond de ses ressentis. Il se recoiffa d'un geste malhabile et s'exprima enfin, mettant un terme à la souffrance de l'attente.

- Prudence... Je crois qu'il vaut mieux pour toi que tu partes, annonça-t-il sèchement.

Ou pire : prolongeant vicieusement sa souffrance. C'était exactement le genre d'annonce à laquelle s'était attendue la louve, pourtant l'avoir prédit ne l'empêcha pas d'être terriblement déçue. Il ne voulait pas d'elle. Elle s'était certainement leurrée sur les sentiments de l'Apollon. Celui-ci la regardait avec un air indifférent, forçant son désespoir. Les heures précédentes ne représentaient rien pour lui, pas plus que l'union de leurs lèvres qui lui avait paru jubilatoire tout à l'heure. Ce n'étaient plus que les ombres d'une croyance passée, désormais. Juste un rêve qui appartenait maintenant à une autre époque, semblable à un morceau d'envie arraché à son coeur, perdu à jamais. Une illusion, en somme. Même les yeux du gentleman lui intimaient qu'il n'éprouvait rien du tout. Ce masque d'impassibilité paraissait collé à ses traits, synonyme de ce qu'elle valait à ses yeux : une inconnue qui demeurerait éternellement une inconnue. Fin de l'histoire. Pas de conte de fée, pas de princesse, et encore moins de fin de vie heureuse et chargée d'enfants. Seulement… Rien. C'est fou comme quatre lettres idiotes peuvent ruiner toute une vie. Le pire arrive sans doute quand celui qui a causé votre perte pense qu'il n'en a pas assez fait, que vous n'avez pas saisi à quel point vous êtes insignifiant pour lui. Il en rajoute pour vous faire assimiler une vérité que vous avez déjà difficilement admise, malgré le déchirement que cela provoque en vous. Stephen en remit une couche, ne dérogeant pas à la règle du parfait briseur de cœurs.

- Il n'y a rien pour toi, ici. Tu dois partir, maintenant.

L'air hagard, Prudence le scrutait encore, beaucoup moins attentive que la dernière fois. Elle cherchait simplement à mémoriser ses traits, de façon à ce qu'elle puisse s'en souvenir au besoin. Il ne parvenait pas à déchiffrer son expression faciale, car il dû prendre sa mine déconfite pour de l'incrédulité, vu qu'il devint plus féroce. Une boule de feu naquit au creux de sa paume. Il se mit à s'amuser avec, provocateur. Il voulait probablement l'effrayer, mais elle n'était pas si simplette. Des monstres, elle en avait croisé des centaines. Ils ne lui faisaient pas plus peur que Stephen. Son effet était gâché. Exaspérée par son obstination à vouloir qu'elle s'en aille, elle choisit, en têtue idéale qu'elle était, de n'en faire rien. De toute façon, elle ne pouvait pas quitter cet endroit sans risquer de se perdre en pleine forêt, ou encore de tomber sur des créatures maléfiques venues patrouiller dans les environs. Ajoutons à ces difficultés ses multiples blessures et elle détenait une raison valable pour ne pas décamper d'ici. Elle attendrait d'être remise sur pied, elle ne sortirait pas de là avant au moins quelques heures, le temps de panser ses plaies pour la route. Démotivée, elle soupira de fatigue. Puis, sans rien ajouter, elle se redressa tant bien que mal et se leva face à lui. Elle fit un pas en avant, les yeux plongés dans l'océan que représentaient ceux de son amant, dissimulant avec conviction son déboire. Franche, elle éleva une main jusqu'à la joue de son amour perdu. Elle l'y déposa délicatement, s'accordant quelques minutes de répit en fermant les yeux pour s'isoler de ce monde impitoyable. Elle se repassa en boucle les images de leur union candide, sans jamais s'en lasser. Plus ce souvenir défilait derrière ses paupières et plus la rage s'emparait de son coeur. Pathétique criminelle tombée dans le piège stupide de la passion. Elle était comme une imbécile emportée dans la spirale des désillusions dont on subsistait interminablement prisonnière, toutes autant que nous soyons. La gent féminine n'était que trop naïve, pour la majorité.

Hargneuse, elle rouvrit les paupières, retrouvant les iris de Stephen. Elle ôta avec dextérité sa poigne de sa joue et fit demi-tour. Elle se recula de quelques pas, voulant s'écarter de lui le plus possible. Soudain, en proie à un excès de rancœur, elle fit volte-face et lui envoya en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire sa paume en pleine figure. La gifle provoqua un bruit aigu, vif. Les lèvres tordues, Prudence admira sa création avec contentement. Le jeune homme avait la tête inclinée sur la droite, l'air déboussolé et visiblement surpris. La boule de feu qui brûlait auparavant dans sa main s'était éteinte sous le coup du choc. Soulagée, la brunette répéta les mêmes gestes que tout à l'heure et partit dans la même direction. Se défouler lui avait procuré une satisfaction sans borne, et pourtant elle n'allait toujours pas mieux. Elle allait, tout simplement. D'ailleurs elle marchait plutôt avec aisance, et ce malgré ses maux et sa tenue fort peu appropriée à la situation. Ralliant la couchette improvisée où il l'avait posée en la ramenant ici, la louve fut essoufflée lorsqu'elle parvint enfin à grimper sur le lit en bois. Elle s'installa dans une position confortable, celle qui réveillait le moins la vive sensation de brûlure au niveau de sa cuisse. La tête posée contre un oreiller de fortune, elle laissa vagabonder son esprit loin de toutes ses peines actuelles. Si bien qu'au bout d'une grosse vingtaine de minutes, elle avait pratiquement oublié la moitié de son chagrin. Encore une fois ça à attendre et ses peines s'effaceraient entièrement. Malheureusement, elle n'aurait jamais dû faire ce calcul. Le simple fait d'y avoir songé deux petites secondes avait fait resurgir la colère. Il voulait l'obliger à partir. Pour ça, qu'il la mette carrément à la porte comme une damnée vouée à la mort. S'il l'éjectait, c'était ce qu'elle deviendrait. Perdue en pleine nature, seule au milieu de l'inconnu, elle ne retrouverait jamais le chemin de la maison. Alors elle resterait. Même si l'aube s'était déjà levée, même si la journée allait commencer et qu'on était vendredi, ce qui signifiait qu'elle avait rendez-vous avec Mona-Lou Rechtet pour lui apprendre à être sociable. Ironie du sort : elle, la lycanthrope joviale et amicale allait laisser en plan son apprentie parce qu'elle s'était mise en tête de haïr profondément un ange tombé des cieux, juste parce qu'il ne voulait pas d'elle. Quel bel exemple elle donnait là !

Les idées nébuleuses, Prudence réussit cependant à déterminer pourquoi elle ne bougerait pas d'ici avant qu'il lui ait fourni des explications. Premièrement, donc, parce qu'elle crèverait si elle quittait ce lieu sûr. Deuxièmement parce qu'elle n'était pas totalement convaincue de son indifférence. C'était le mal typique des amoures déçues, déceler un tout petit rien transformé en espoir auquel s'accrocher envers et contre toute raison. Dès que le doute s'installait, plus rien n'était en mesure de stopper le processus. C'était déjà trop tard pour la louve. En y réfléchissant beaucoup, elle avait fini par se dire que s'il ne l'aimait pas, elle voulait en avoir le coeur net. Il n'avait qu'à le lui dire clairement. Avec franchise et sincérité. Droit dans les yeux, mais cette fois-ci elle n'afficherait pas du désespoir, mais de la détermination. Il fallait se montrer ferme, dans ces cas là. Elle était presque certaine que ça fonctionnerait mieux si elle était déjà préparée à ce qui suivrait. Elle savait qu'il dirait soit ce qu'elle espérait, soit il lui ordonnerait de déguerpir sur le champ. Et justement, elle entendait des pas arriver en sa direction. Se remémorant le dernier épisode des aventures de Stephen&Prue, elle sourit faiblement. Au besoin, une autre gifle ne lui ferait pas de tort. Comme sa démarche semblait pesante, indécise, elle suggéra qu'il n'était pas certain de ce qu'il était en train de faire. Allait-il venir lui parler, encore une fois ou fuirait-il devant celle qu'il avait profondément blessée par ses paroles ? Celle-ci attendit sagement qu'il choisisse son champ. Celui des lâches ou celui des hommes. Des vrais hommes. Intimement, elle priait pour qu'il s'explique. Il ne lui avait pas tout dit, elle en était certaine. Il lui cachait quelque chose d'important, sinon il n'aurait pas réagit avec tant de férocité tout à l'heure. De plus, il l'avait sauvée. Ce qui n'était pas rien. Il ne l'aurait jamais fait si il n'avait pas déjà éprouvé ne serait-ce qu'un grain d'affection pour elle en la voyant se mourir de souffrance dans les bois. Il lui dissimulait une vérité, et quelque qu'elle soit, elle la découvrirait. Elle était plutôt perspicace et temps qu'elle n'aurait pas eu la réponse attendue, elle ne partirait pas. Soudain, elle crut comprendre ce que ça pouvait bien être. Elle ignorait jusqu'à présent sa nature, or elle savait qu'il s'agissait d'une créature magique puisqu'elle avait pu le détecter d'après son aura. Pourtant il ne lui avait rien dit là-dessus, pas même un tout petit indice. Sa curiosité ravivée, elle se retourna du côté gauche, afin de pouvoir le voir depuis son lit. Il la regardait, sans bouger. Elle détourna les yeux vers le sol, peu désireuse de se mettre à rougir de réjouissance parce qu'il était resté attentif à elle pendant qu'elle somnolait. L'air penseur, une phrase traversa l'antre de sa bouche sans même qu'elle n'ait voulu quoique ce soit.

- Non. Je refuse de partir sans avoir reçu la moindre explication.

Son franc-parlé et la voix assurée avec laquelle elle s'était exprimée l'avait elle-même étonnée. Les mots avaient trahi ses pensées. Mais dans un sens, ce n'était pas plus mal ainsi. Elle n'aurait peut-être jamais eu le courage de les dire si son esprit n'avait pas pris le dessus sur sa raison, sa fierté. Elle n'était pas très vaniteuse, pas du tout même, mais elle avait du mal à avouer ce qu'elle ressentait lorsque c'était aussi puissant que maintenant. Elle taisait ses sentiments, la plupart du temps. C'était souvent mieux, et parfois il valait mieux tout déballer. Elle voulait que Stephen lui parle, qu'il lui fasse confiance. Qu'il lui dise ce qui n'allait pas, ce qui clochait entre eux, pourquoi il n'avait pas envie d'elle. Peut-être que c'était elle, le problème, au fond. Ce serait pas étonnant. Elle attirait les ennuis comme un aimant. A chaque pleine lune, sa vie virait au cauchemar. Dès que l'heure de sa transformation approchait, son humeur devenait exécrable. Tout son comportement était orienté vers sa nature de lycanthrope. Ce qu'elle pouvait ou ne pouvait pas faire limitait sérieusement ses activités coutumières, et ainsi, au fil des contraintes, son quotidien s'était habitué à cette carence de liberté qu'obligeait sa race. La supporter devait être ardu, inutile de le nier. Mais elle n'était pas une besogne si insurmontable que ça tout de même. Elle avait ses bons côtés et Stephen devait le savoir. Il était impensable qu'il ne se soit pas rendu compte qu'à côté du monstre nocturne vivait quelqu'un d'autre, une jeune femme douce et taquine. Si c'était de ça qu'il avait peur, de son manque d'humanité, alors il était vraiment stupide. Mais pour le moment, Prudence ne se préoccupait plus de savoir ce qui ne tournait pas suffisamment rond chez elle pour qu'il puisse l'accepter. Elle voulait savoir ce qu'il ne voulait délibérément pas qu'elle sache. Pour sûr, lui faire cracher le morceau n'allait pas être une chose facile. Elle allait avoir besoin de persuasion et de beaucoup d'imagination pour lui faire avouer contre son gré. Pour ça, Prudence ne se faisait pas trop de souci. Elle avait déjà fait ses preuves précédemment. Au pire, il lui restait toujours les poings.

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