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 We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}

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MessageSujet: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Mer 24 Nov 2010 - 15:09




                Sometimes it lasts in love,
                Sometimes it hurts instead


      © OILY




Le temps sombrait à l'orage, en cette soirée de fin novembre. A l'horizon, une nuée de nuages inquiétants se dessinait. Leurs masses imposantes faisaient barrages aux rayons du soleil couchant, fatigué de lutter contre l'entrave à son épanouissement que représentaient ceux-ci. Sinueuses, les traînées rosâtres de l'astre éclairaient de leur lueur enchanteresse ce bas monde. Les Cieux semblaient divisés, déchirés entre la vie et la mort. La fin d'un jour et le début d'une nuit. Alors que l'aurore d'un nouveau crépuscule se présentait vers le lointain, les mortels se pressaient à rejoindre leurs logis. Le froid s'emparait de la ville portuaire de San Francisco, vif et tranchant. Le long des docks, on pouvait aisément apercevoir les anciens marins renoncer à la mélancolie d'une balade sur les quais. La houle agitait la surface de l'eau, faisant fuir les mouettes. Les promeneurs déguerpissaient également en constatant le vent puissant qui soufflait à tue-tête, rendu plus alarmant par les arbres qu'il forçait à se balancer d'un sens puis d'un autre. Emporté dans sa course folle, il arrachait également quelques feuilles ternies en cette fin d'automne, pour les abandonner parfois plusieurs kilomètres plus loin.

L'un de ces volatiles rencontra un obstacle lors de sa traversée de la ville. Une main d'homme vint l'ôter de la veste sur laquelle la feuille morte s'était arrêtée. Cette même poigne la relâcha, l'abandonnant à son triste sort. Peter Gwel n'avait pas peur du froid. La température austère qui effrayait les rares téméraires errants encore à l'extérieur, lui, il ne la ressentait pas. Plus, à vrai dire. Depuis plusieurs semaines, c'était à peine s'il éprouvait encore quoique ce soit. L'origine de cette anesthésie sensorielle s'apparentait à une rencontre qu'il avait récemment faite, et qui avait bouleversé sa vie à la manière d'une tornade dévastatrice. Le problème avec les tempêtes, c'est qu'elles passent et puis… elles s'en vont. La sienne avait suivi la coutume, elle avait fuit. L'elfe aurait préféré qu'elle l'écrase, le tue, plutôt que de le laisser dans un pareil état. Dévasté, son coeur luttait contre ce chagrin pénétrant qui l'envahissait un peu plus chaque jour. Elle lui manquait, et ce manque régissait en lui un tas d'actions visant à sa perte. Un suicide mettrait fin à ses souffrances, mais le blond devait vivre. Vivre pour eux. Parce que s'il disparaissait, victime des dégâts de son bourreau, il ne résiderait plus aucune trace de leur passion en ce monde. Ça, c'était exclu. Ça avait été si fort, si complet que c'en était devenu inénarrable. Une liaison taboue, que sa compagne s'était empressée de faire taire à jamais. Sa tornade à lui s'appelait Nemesis Haalen, vampire cruelle et sadique.

Ses pas le guidèrent là où il se rendait depuis près d'une dizaine de jours, dans l'espoir de l'y retrouver. Ninon Haalen, soeur de celle qui l'avait anéanti avec une seule et unique phrase, lui avait confié qu'elle adorait se balader au cimetière de la ville. Ninon et lui se connaissaient depuis peu, mais s'entendaient plutôt bien. Celle-ci, Sang-froid également, avait renoncé à tuer par plaisir et ne le faisait plus que par nécessité. Ce qui lui valait une bonne note dans le cahier de côtes du Sage. Ce qui l'avait interpellé chez cette jeune femme, à vrai dire, c'était son patronyme. Haalen, Ninon Haalen, avait-elle dit. Aussitôt, le souvenir assassin d'une magnifique immortelle blonde, au sourire meurtrier et aux manières aguicheuses lui revint en mémoire, encore plus destructeur que d'accoutumée. Alors il s'était intéressé à ladite Ninon, et avait nourri l'espoir qu'elle lui fournisse le moyen de revoir, ne serait-ce qu'une seconde, sa soeur cadette. Il crèverait d'amour si ces retrouvailles ne venaient pas. Jamais. Il mourrait seul et délaissé, abandonné par la seule personne au monde pour qui il vouait une passion infinie. Alors il ferait tout pour qu'ils se retrouvent à nouveau, peu importe qu'elle le rejette ou non. Lui, il l'aimait. Lui, il donnerait tout pour elle. Même si tous ses espoirs semblaient au combien infondés, il ne parvenait pas à s'en détacher. Il s'y accrochait comme à une bouée de sauvetage, la seule capable de l'aider à rejoindre le bateau, à ne pas s'immerger dans la noirceur du néant. Douce décadence dans laquelle le plongeait ses sentiments …

Arrivé aux portes du cimetière, Peter s'enfonça à l'intérieur du repaire favori des bandits et tueurs nocturnes. Il n'avait plus peur. Au début, chaque bruit dont il avait ignoré la provenance lui avait hérissé l'échine. Désormais, il avait appris à les apprécier. Ces petits sons perturbateurs de la quiétude des lieux ne le faisaient plus frémir. Au contraire, ils lui tenaient compagnie. Compagnie lui étant devenue si familière qu'il commençait à l'apprécier. Tantôt résonnait le hululement d'un hibou, tantôt le rugissement d'un animal émanant du plus profond des bois. Malgré la terreur inspirée par ces derniers, l'immortel devinait que ce sinistre effarant trouvait son origine dans les films et thrillers américains. On utilisait ce qui terrorisait de simples mortels pour accroître la sensation de solitude peu rassurante, parfois même, les adeptes de ce genre de saga cédaient à la paranoïa une fois le film terminé. Au fond, ce n'étaient jamais que des a priori sur la réalité du danger qu'inspirait la nuit. Non, Peter n'avait définitivement plus peur de ces sottises sorties tout droit de l'imagination humaine. A vouloir leur ressembler, aux humains, il avait presque fini par penser et agir comme eux. Fort heureusement, il s'en était rendu compte à temps et aspirait déjà à ce que cette transformation cesse.

L'elfe fit le tour de la propriété, vagabondant à la recherche de sa bien-aimée vampire. Son regard se perdit au milieu des tombes, cabossées et pour la plupart détruites. Quel bien honteux tableau. Il détestait ce manque cruel de conscience. Pour lui, les âmes des défunts se devaient de reposer en paix, sans dérangement. Même celles des tueurs. Enfin, ça, il ne le pensait que depuis Nemesis. Sa vision du monde des brutes était sortie tout à faite changée, après leur rencontre. Leur première rencontre. Celle de leur baiser. Celle qui torturait le jeune homme, hantait ses pensées jusqu'à l'en étouffer. Une fois que ses yeux eurent parcouru toutes les sépultures, ils s'attaquèrent aux environs, s'attendant à tomber sur la silhouette tant désirée… sans succès. Ce soir encore, il n'y avait aucune trace de Nemesis Haalen. L'elfe se renfrogna à la perspective qu'il était stupide de continuer à revenir ici chaque jour, ça ne faisait qu'empirer les choses. Nourrir l'espoir de former un véritable duo avec une tueuse l'anéantissait, il fallait qu'il arrête de croire en ces idioties. Nemesis n'était plus que chimère, aujourd'hui. Il fallait qu'il se fasse une raison.

Désabusé, l'elfe alla se dénicher un coin tranquille où il pourrait se mourir en silence. Au pied d'un haut sapin, il prit place. Adossé à celui-ci, la tête levée vers le serment du crépuscule, il demeura dans cette position assise, inerte. Ses paupières se fermèrent, lasses d'admirer aussi triste paysage. Peter voulait sombrer, perdre pied et tomber. Vaciller de l'autre côté. Finir avec les autres pensionnaires de ce cimetière : enterré. Là, au moins, il ne ressentirait plus rien. Ni colère, ni passion. Rien. Nada.

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» Pemesis rocks their world.


Dernière édition par Peter Gwel le Mar 28 Déc 2010 - 13:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Sam 27 Nov 2010 - 1:23

« Un baiser apaise la faim, la soif. On y dort. On y habite. On y oublie. »


Perchée en haut d'un sapin épineux de la vaste forêt de San Fransisco, Nemesis Haalen prenait plaisir à regarder le monde comme elle l'entendait. En cette fin d'après-midi, le ciel était ombrageux, présage d'une nuit tumultueuse, où l'orage surement son seul compagnon nocturne. Petit-à-petit, le soleil se couchait et disparaissait derrière un flot de nuages gris et terriblement foncés. On pouvait cependant apercevoir au loin un dégradé de fils oranges, roses et rouges se confondre et se mélanger d'un trait apaisant et sublime. Les humains, trop pressés de rentrer dans leur petit foyer, ne prenait pas assez le temps, d'après la vampire, de s'arrêter et de regarder avec plaisir le monde qui les entourait. Ce fut quelque chose que Nemesis apprit après sa mort - techniquement parlant - que de regarder avec différents points de vue ou visions la Terre sur laquelle elle vivait. Ainsi, au fil des années, la blonde avait réussit à se lier étroitement avec la nature. Pas au point qu'elle devienne écologiste, mais il lui était plaisant de temps en temps de se mettre dans un lieu isolé et de regarder la planète tourner sans elle. Juste comme ça. Par curiosité. Par attraction de satisfaire un besoin. En reprenant sa contemplation, un frisson de contentement parcourut son échine, remontant jusqu'à son crâne et lui donnant de petits picotements agréables. Regarder, profiter, vivre étaient des termes que les humains n'employaient pas; du moins le peu qui les employaient était des personnes qui se savaient malins. Erreur. D'après Nemesis Haalen, ces trois verbes ne pouvaient être qu'associer à la nature en elle-même, plongeant dans les plus infimes profondeurs marines, planant dans les nuages les plus reculés ou même marcher à travers les lointaines forêts et îles encore sauvages. Là, l'humanité comprendrait surement le sens de la vie et deviendrait enfin plus intelligent.

Un soupir s'échappa des lèvres fines de la blondinette. L'automne faisait doucement mais surement son arrivée en ville; les feuilles des arbres tombaient avec lenteur, dextérité tandis que certains animaux commençaient déjà à faire des réserves pour l'hiver. Silencieuse, la forêt de San Fransisco n'avait pourtant pas l'air d'être aussi agité. En outre les changements des intempéries, Nemesis sentait une autre menace planer dans les airs; Comme une entité ancestrale revenue des terres bafouées pour venger son histoire. L'air était lourd, palpable, presque électrique. Du haut de son arbre, Nemesis arrivait à percevoir n'importe quel bruit à des kilomètres à la ronde, elle entendait sans mal l'animation des animaux qui eux aussi semblaient avoir sentit cette menace invisible. Au loin, à des kilomètres de San Fransisco, vers l'Ouest se tenait d'étrange nuages pour la plupart noirs corbeaux. Un grondement éclata et les sourcils clairs de la vampire se froncèrent instantanément. Tout ceci ne lui plaisait pas du tout. Elle finit par souffler, longuement et sauta du haut de son arbre. Atterrissant aussi souplement qu'un chat sur ses pattes, Nemesis n'eut aucun mal à se redresser. A terre, elle se recoiffa rapidement et se dirigea d'une vitesse vampirique vers la ville. Il était temps qu'elle fasse un tour au cimetière. Depuis que Nemesis avait apprit la vérité par rapport à James, elle n'avait pas remit les pieds dans la nécropole, étant restée pratiquement plus de deux semaines dans la forêt. Elle ne s'était pas remit de sa blessure au ventre et malgré le sang de James et des animaux trouvés en forêt, sa blessure restait encore sensible. La jeune femme était persuadée qu'avec un peu de sang humain, elle guérirait rapidement mais elle n'avait pas osé remettre les pieds en ville. Deux raisons. La première était à cause de sa sœur, Ninon. Depuis qu'elle l'avait retrouvé, il est clair qu'elle passait énormément de temps ensemble, mais voilà... En bonne solitaire qu'elle est, la cadette des Haalen a réellement du mal à revoir sa sœur aussi souvent. Elle préférait donc l'éviter... Un certain temps. La deuxième raison s'appelait Peter Gwel. Elle l'avait rencontré deux fois. Deux fois où bien sûr ça avait dérapé à chaque fois. A chaque fois, ils s'étaient embrassés, comme si tous les deux étaient aimantés l'un par l'autre, de façon inexplicable. Il serait idiot de nier le fait qu'elle ait des sentiments pour lui, vraiment idiot.

Durant ces quinze jours à vivre dans la forêt, loin du confort et de la vie facile, Nemesis avait reprit des bases solides qui lui avaient été nécessaire après la mort de James et qu'elle avait délibérément oublié, s'appuyant trop sur le confort et le technologie humaine. Grave erreur. Ses nuits à la belle étoile l'avait détendu, presque apaisé, bien que ces pensées ne soient tournées que vers une seule personne. Chaque nuit, la vampire avait été hanté par l'image flottant dans son esprit de son elfe blond. Pire encore, elle gardait en mémoire le goût de ses lèvres contre les siennes et prenait plaisir à se remémorer la sensation et l'arôme sucré du baiser. Et rien à faire... Nemesis avait tout tenté pour se débarrasser une bonne fois pour toute de Peter Gwel de son fort intérieur, mais son image persistait et son parfum capiteux restait toujours dans ses narines, comme si l'oublier était une erreur à ne pas commise. Par conséquent, elle vivait avec. Accompagné bien sûr d'un manque sans égal et d'une dépression qui ne faisait que s'accroitre au fil des jours. A chaque fois qu'elle pensait à l'elfe, son moral chutait et elle était obligée de tuer pour se réconforter toute seule. Oui... Les nuits avaient été Ô combien dur sans Peter Gwel.

S'arrêtant aux sous-bois, Nemesis huma une dernière fois l'odeur qui lui avait servit de maison durant ces deux semaines; odeur savoureuse entre un mélange d'herbe fraichement humidifiées et la liberté des habitants des rangées d'arbres. Enfin, Nemesis souffla un bon coup et se remit à courir en direction de la ville. Très vite, elle passa la périphérie de San Fransisco et rentra dans la métropole en elle-même. La pollution fut la première chose qui la prit de court, la faisant légèrement toussoter, ce fut ensuite le bruit assourdissant de la cité. Elle avait perdu l'habitude d'entendre autant de bruit d'un coup. Avec souplesse et grâce, la jeune femme s'arrêta pile devant son immeuble et y rentra d'un pas normal, cachant cependant son ventre recouvert de sang séché. Une fois dans son appartement, elle soupira et retrouva son petit habitat. Rien de très conviviale, juste de quoi vivre normalement. D'un pas outrageusement lent, elle se dirigea vers sa salle de bain et se débarrassa de la combinaison en cuire noire qu'elle avait porté durant quinze jours. Elle la mit directement à la poubelle et rentra dans sa cabine de douche. En allumant la pommeau d'eau chaude, elle ne put s'empêcher de fermer les yeux un instant et de profiter des jets d'eau brûlante sur sa peau, malaxant ses muscles endoloris et ses articulations fatiguées. Malgré tout, le confort avait un prix qu'il était idiot de négliger. Ne pas avoir une bonne hygiène de vie durant ces deux semaines avaient été une expérience plus difficile qu'elle ne l'aurait crut. Habituée à l'agrément humain, il avait été dur de s'arracher à ses pratiques si douillet. Puis... Comme souvent et sans rien contrôler, l'image de Peter Gwel lui revint en mémoire. Leurs baisers, aussi. Tout comme les différents contacts qu'ils avaient eut, mais qui n'avait pas semblé anormal en apparence. Moralement, c'était une bonne dose d'adrénaline à chaque fois qu'elle arrivait à caresser sa peau brûlante ou à toucher du bout des doigts les vêtements qu'il portait. L'odeur était resté longtemps sur ses mains et, Nemesis avait du mal à ne pas sentir ses mains toutes les cinq minutes pour vérifier si l'odeur de son elfe chéri n'était pas réapparut comme par magie. Douce magie qu'est le faux espoir.

Une fois que Nemesis fut prête à sortir; habillée, coiffée, maquillée, nourrit, elle se regarda longuement dans une classe et apprécia enfin son reflet. Il semblait moins fatigué, plus détendu et ses traits étaient redevenus harmonieux, agréables à regarder. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade dans son dos, lisse et brillant avec une petite mèche sur le côté qui lui donnait un côté rockeur, rebelle dans l'âme. Elle portait une de ses nombreuses combinaisons en cuire noire, mais celle-ci semblait avoir été créé pour elle et seulement pour elle tant il la moulait avec classe et perfection. Son maquillage, légèrement noir lui donnait cet air qu'elle appréciait, quelque chose de sauvage, de peu agréable et chaleureux. Donnant un peu de volume à ses cheveux à l'aide d'une de ses mains, elle s'accorda un dernier regard et sortit de son appartement. Il était temps qu'elle reprenne ses anciennes activités, comme celle d'aller au cimetière, par exemple. Certes, c'était assez lugubre, voire morbide de se promener en pleine nuit dans un ossuaire mais la vampire appréciait la tranquillité des morts et ça, malgré le paysage dégradé et peu paradisiaque. En quelques enjambées rapide, la blondinette se retrouva devant le cimetière, pas si loin que cela de son immeuble. Un son strident et aigüe s'échappa du portillon en fer forgé noir qui délimitait les limites du cimetière. Le petit grillage d'entrée se ferma automatiquement et sans surprise, elle continua à marcher à travers les dalles de pierre fissurés et cassés. Comme toujours, elle marchait d'une démarche féline et assuré qui avait le dont d'attirer tous les regards. Bien sûr, le cimetière était vide à cette heure-ci et elle fut plutôt déçue de ne pas se trouver quelqu'un avec qui s'amuser. Nemesis savait qu'elle finirait par revoir Peter et que là, elle n'aurait plus aucunes excuses pour s'engager dans une relation avec lui, mis-à-part les restrictions qu'ils avaient; les lois en d'autre termes. Donc, bien sûr, il était évident que la jeune femme pouvait toujours prétexter qu'il serait déraisonnable d'enfreindre des lois qui pourraient leur coûter leurs vies à tous les deux. Mais elle ne serait certainement pas convaincante, non seulement parce que le danger, c'est ce qu'elle aime, mais aussi parce qu'elle mourrait d'envie de s'engager dans une relation tumultueuse avec son elfe bien-aimé. Seule la peur l'empêcher de réellement se lancer. La perte d'un être cher était toujours quelque chose qui l'avait pénalisé et détruit au cours de sa vie, deux fois elle avait perdu les deux hommes qu'elle considérait comme ceux de sa vie. Bien que ce qu'elle ressente pour Peter soit complètement différent, la peur tenait avec force son courage qui l'empêchait, donc, de se lancer.

Alors qu'elle s'approchait de différente tombe, dégradée par le temps, une odeur chatouilla ses narines. Une effluve que la jeune femme connaissait terriblement bien pour avoir eut l'audace de l'avoir sur elle durant un certain temps. Son sang ne fit alors qu'un tour, serait-il dans les parages ou son imagination lui jouerait-elle un tour ? Éclairée par les rayons, seules, de la lune; celle-ci avait du mal à se faire de la place entre les nuages grisâtre qui l'empêchait de prendre position et de jouer son rôle de reine de la nuit, mère des enfants des ténèbres. Un sourire se dessina timidement sur ses lèvres pâles, tandis que le vent lui accorda une bref bourrasque qui fit virevolter ses cheveux avant de lui titiller le nez, encore une fois. Nemesis se retourna et sursauta presque en s'apercevant qu'une silhouette était tranquillement assise contre le tronc du large sapin du cimetière. Elle s'avança, désireuse de savoir si son instinct avait raison ou s'il s'amusait à la faire tourner en rond, pour changer. Mais, à chaque pas qu'elle faisait, laissant ses talons s'ancrer dans la terre humide ou claquer contre un pavé en pierre qui réapparaissait comme par magie, elle pu reconnaître l'elfe de ses pensées. Elle s'arrêta à quelques mètres de lui et ne sachant pas s'il l'avait entendu ou vu arriver, elle murmura tout bas :

- Bonsoir Peter.

Consciente qu'il s'intéresserait peut-être à elle maintenant qu'elle lui avait adressé la parole, elle tenta un sourire en coin, maladroit. Le traque montait, le stress la faisait presque vaciller. Elle l'avait retrouvé.


Dernière édition par Nemesis Haalen le Lun 20 Déc 2010 - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Sam 27 Nov 2010 - 17:33

Pas un bruit ne vint perturber la quiétude de Peter Gwel, ce soir là. La nature semblait respecter le calme absolu du jeune homme, renforçant sa sensation de solitude. Isolement dont il ne parvenait plus à se détacher, y cherchant un peu de confiance, de sérénité. Le seul sentiment que sa réclusion lui apportait appartenait toujours à la même famille ; l'abandon. Les regrets dus à son manque de diplomatie lorsqu'il s'était retrouvé face à elle pour la seconde fois, incapable de lui pardonner le mal infligé. La souffrance était devenue l'unique compagne de ses multiples instants de faiblesse. Il s'y rattachait, voulait souffrir encore, craignant que la douleur ne guérisse et ne s'en aille. Partir en emportant avec elle, les dernières traces de la réalité de cette rencontre. Celle d'un elfe tombé éperdument amoureux d'une vampire. La plaie béante que celle-ci lui avait laissée en mettant fin au rêve -leur rêve, leur passion- trônait aujourd'hui là où son coeur battait hier. S'insinuant lentement, le mal d'amour rongeait tout son être. Elle lui manquait. Et de son absence il pâtissait. Mais elle s'en fichait. Il le savait, en était persuadé. Du plus profond de lui, il le savait, qu'elle s'était jouée de lui. Une distraction de plus pour une tueuse sans merci, voilà ce qu'il avait été. Pourtant, il conservait le vain espoir que sa vampire ne l'avait pas quitté sans remord. Que la culpabilité la démangeait et qu'elle reviendrait vers lui, encore. Comme lorsque Eärwen l'avait appelé à son chevet, car une suceuse de sang grièvement blessée hurlait son nom au néant. Peter était venu, et même s'il n'avait pas imaginé un seul instant que sa plus fidèle meilleure amie lui avait tendu -involontairement- un piège, un piège à sa raison, il était resté. Il avait écouté Eärwen plaider la cause de la souffrante, et il lui avait porté secours. Il avait sauvé Nemesis. Il l'avait rendue à la vie comme elle l'avait vendu à la mort. Rien n'avait plus compté que de la savoir saine et sauve, vivante et bien portante. Malgré lui, il l'avait encore aimée. Encore embrassée. Puis, avant qu'elle ne le devance, il était parti sans une parole. Parce que parfois, un silence pèse plus lourd que le plus moindre des mot.

Oui, il voulait qu'elle revienne une troisième fois. Il regrettait son départ, après l'avoir guérie, après l'avoir embrassée, même si sur le coup, il avait savouré sa vengeance. Lui ayant rendu son salut, l'immortel avait espéré la blesser. Il avait souhaité qu'elle subisse une torture semblable à la sienne, que le fantôme de leurs baisers la hantent jours et nuits, à midi ou à minuit. Qu'elle ne puisse se débarrasser de son image, autant que la sienne défilait en boucle dans ses propres pensées. A chaque fois, la même tête blonde, le même regard débordant de faux-semblants, les traits identiques à ceux d'un ange de Nemesis le tenaillaient. Peter s'était montré incroyablement distant, ne laissant pas le feu passionné qui rougeoyait en lui dévorer ses résolutions. Par conséquent, il avait été résolu à ce qu'aucun ressenti ne transparaisse à l'extérieur. Obstiné, froid, il n'avait fait qu'appliquer ses connaissances en matière de médecine afin d'accélérer le processus de guérison de la jeune femme. Juste ça. Enfin, presque. Malencontreusement, ses lèvres s'étaient abattues sur celles de la blonde. Contact ayant engendré leur second pacte, leur seconde union. Une fois de plus, le mur était tombé. Impuissant, l'elfe s'était abandonné à leur baiser, avec plus de ferveur que son successeur. Celui-là avait eu un goût d'adieu, plus que celui de réconciliation. Il signifiait la séparation, l'éloignement, la détresse plus que les retrouvailles, le bien-être et la force de l'être aimé. La déchirure n'était réellement arrivée qu'après lui. Dès que leurs lèvres se furent séparées, à nouveau le désarroi, à nouveau la peur. La peur. L'ennemie du bonheur, une entrave à la vie. Mais aussitôt, Peter avait su qu'il devait partir, lui aussi, à l'instar de Nemesis lors de leur soirée au bord des falaises. Alors il avait suivi ce que lui dictait son honneur, histoire de redorer le blason de sa fierté masculine. Il était parti, scellant leur triste sort. Déclarant ainsi la fin d'une passion qui n'avait guère encore eu le temps de se voir correctement vécue.

Sa solitude, le blond l'avait lui-même provoquée en se retirant, en fuyant la jeune femme comme un voleur. Aahles hommes et leur orgueil ! C'est vieux comme le monde, ce besoin qu'ils conservent de regagner leur vanité perdue. Peter avait beau se comporter aussi droitement que possible, passant pour la bonté personnifiée, ça ne changeait rien à ce que voulait l'instinct masculin. Aujourd'hui, il avait toutes les peines du monde à comprendre pourquoi avait-il fallu qu'il soit aussi égocentrique. Ça ne lui ressemblait pas. Avant, du moins, jamais il n'aurait accepté être à l'origine de pareille blessure. De cette dernière, il n'espérait même plus que la cible ait souffert. En était-il soulagé, de ne pas avoir causé autant de tort qu'il ne l'avait d'abord voulu ? Au fond, qui aime souffre. Si elle ne l'aimait pas, tel qu'elle le lui avait suggéré, elle ne devrait pas se porter si mal que ça. En résumé, son intention tyrannique et purement égoïste n'avait abouti à rien. Encore une fois, elle gagnait. Elle ne le battait pas tellement parce qu'elle était plus forte que lui, mais surtout parce qu'elle était plus faible. Elle ne savait pas aimer, à sa différence. Tout ce qu'elle connaissait se résumait au Mal, à tuer. Voilà ce qui constituait sa meilleure carte : son manque réel d'humanité. Elle vivait en volant la vie des autres, lui, en leur proposant un peu de la sienne. Peter se découpait en quatre pour aider le monde à mener une existence heureuse. Oui, il pouvait aimer, lui. D'une passion infinie, dévastatrice mais sincère. Il l'aimait. Il endurait regrets, remords et rancœurs pour elle, pour eux. A cause de la vampire, il bouillait d'une affection qu'il n'était plus certain de pouvoir partager. Plus qu'une obsession, Nemesis Haalen représentait son bourreau. Elle l'avait piétiné, arraché sa dignité et sa capacité à adorer. Mais en dépit de tout, il en était encore fou amoureux. Et en retour de son amour elle lui offrait son indifférence, comme un cadeau incongru, empoisonné. Une traître surprise. Il la détestait presque autant qu'il n'y était attaché. Si pas plus.

Un bruit ; des pas. Une odeur ; la sienne. Non. Sa raison lui jouait des tours. Le blond ne pouvait sans doute plus différencier le vrai du faux, ses désirs prenant le dessus sur ses craintes. Nemesis Haalen ne pouvait pas être là. Et pourtant… Il se devinait capable de repérer sa fragrance entre mille, tout comme le froissement des feuilles sous ses chaussures à talons. Mentalement, il dressait rapidement le portrait de sa vampire. Le souvenir de celle-ci fit irruption dans sa tête, retraçant à la perfection le moindre de ses traits. Il tenta de la représenter ici, au milieu de ce cimetière. Non, mieux, juste en face de lui. Il devina son air sûre de soi, déterminé et prêt à tout affront. Il ouvrit les yeux sur la silhouette qu'il venait de quitter en songe. Exactement telle qu'il l'avait imaginée, à ceci près qu'elle n'arborait pas cette expression extravagante, presque insupportable, de Miss-indestructible qu'il lui connaissait autrefois. Au contraire, elle lui apparut comme fragile, telle une poupée de verre brisée en mille morceaux que des mains maladroites avaient tentée de recoller, sans grand succès. Il examina son visage, minois qui lui avait tant manqué. Un sourire empli d'un chagrin apparent avait pris position sur ses lèvres charnues -auxquelles il n'accorda qu'un bref coup d'œil car trop désirables pour qu'il se laisse aller à s'y attarder. Nemesis Haalen ne semblait pas avoir remarqué qu'il avait ouvert les yeux, toutefois elle l'avait reconnu. Peter attendit, étonnamment confiant, qu'elle agisse selon ses préférences. Mieux valait pour lui qu'elle parte, cela lui éviterait de remuer le couteau dans la plaie. Cependant, l'elfe, maintenant que la vie lui offrait une nouvelle occasion de la revoir, n'était plus tout à fait sûr que c'était son départ qu'il voulait. Même plus convaincu du tout.

    — Bonsoir Peter.
Cette voix, il l'avait entendue maintes et maintes fois résonner dans sa tête. Il n'y avait que les paroles qui différaient, visiblement. Comme un vieux refrain, une mélodie oubliée, elle revint lui trotter en tête. Encore la même chanson, celle des au-revoir, celle du désespoir … « Je dois y aller ». Là encore, il ne parvenait pas à empêcher des bribes de souvenirs remonter à la surface. Des paroles blessantes, tranchantes, dont il gardait le goût de la déception éprouvée lors de leur prononciation. Ça faisait mal. Très mal. Cette douleur qui s'imposait à lui, pénétrante, destructrice, l'empêchant d'avancer. Comme une pierre au milieu du chemin, un caillou de cent tonnes qu'il ne pouvait ni déplacer, ni contourner. « Ce n'est pas contre toi … » Il ne comprenait pas. N'avait même plus envie de chercher à comprendre. Des pourquoi? comment? où? oui? non? encombraient déjà son esprit, inutile d'en rajouter. « … mais j'ai d'autres choses à faire, et c'est plus important … un elfe sans virilité et qui ressemble à un adolescent en manque de testostérones. » Toujours plus de mots, toujours plus de maux. Plus il y en avait, moins il résistait à l'envie d'exploser. Éclater de rage et en larmes, d'amour et de haine, d'être brutal et protecteur. Tant de contradictions, tellement de besoins vagues et indécis, trop pour être contenus en un seul homme. « A un de ces jours, Peter-l'elfe-qui-fait-de-l'humour. » Vraiment très mal, oui. Mais il ne voulait pas guérir. Il refusait d'aller mieux, qu'on lui ôte la blessure d'un nous auquel il voulait encore croire.

    — Bonsoir, Nemesis, la-vampire-qui-aime-jouer-des-mauvais-tours.
Neutre, bien qu'un peu ironique, nostalgique aussi, il mit un moment avant de se décider à bouger. Cassé, démoli, il se redressa tant bien que mal. Un fois debout, face à elle, il ne daigna toujours pas lui accorder un vrai regard, plonger ses yeux dans les siens. Il n'avait pas le coeur à espérer y dénicher un peu d'amour, autant qu'un brin de pitié. Il n'acceptait pour seule vision, que la succession de tombes malheureuses des mauvaises âmes. A vrai dire, c'était plus réconfortant ça que de dévisager son interlocutrice. Néanmoins, Peter s'approcha de cette dernière. Pas très rassuré, semi-inconscient, il se posta à quelques centimètres de sa vampire. La puissance de la détresse qui s'empara de lui lorsqu'il avança sa main, tremblante, vers le doux visage de la meurtrière le prit au dépourvu. La toucher. Il avait juste besoin d'une preuve, de vérifier que c'était bien elle et non pas une chimère, fantasme de son esprit. Sa menotte n'alla pas plus loin, brusquement interrompue par son refus de replonger dans la dure réalité. Elle retomba, lasse, et retrouva sa place initiale. Le blond n'osait toujours pas tisser ce lien visuel, invisible mais puissant qui les avait fait flancher dès le départ. La peur. Encore et toujours elle. Son regard errait quelque part entre l'endroit où s'élevait sa main quelques instants plus tôt et le menton de l'immortelle. Pour rien au monde il n'aurait osé briser l'incertitude rassurante qui l'entourait cependant qu'il ne pouvait lire dans ses pupilles ce qu'elle ressentait. Pourtant, il avait lu quelque part que la crainte du pire est plus effrayante que la certitude du pire, mais il préférait ignorer ce qu'il savait déjà, ne pas lire en elle le mépris qu'il lui inspirait doublé de son indifférence. Alors il n'en fit rien, se contentant d'un aveu idiot et risible, mais difficilement acceptable pour un amant meurtri :

    — Tu es très en retard, tu sais. Ça fait des semaines que je t'attends.
Des semaines, et plus encore. Depuis son premier souffle, il l'attendait. Car elle était là pour lui, autant que la réciproque s'avérait vraie. Son âme sœur, son âme damnée ; elle lui appartenait. Ça, rien de tout ce qu'elle pourrait prétendre n'y changerait quoique ce soit. Qu'elle finisse par le reconnaître ou non, une évidence restait pour toujours fidèle à elle-même. Une fatalité.

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Dernière édition par Peter Gwel le Mar 28 Déc 2010 - 13:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Lun 20 Déc 2010 - 1:59

L'odeur d'un futur intemporelle se faisait ressentir à chaque secondes qui passaient, mélangeant ainsi l'effluve si savoureuse de l'elfe, donnant un arôme plus mystérieux et attirant que la jeune femme ne le pensait. L'obscurité de la nuit l'entourait de toute part, mais elle ne craignait rien, n'avait absolument pas peur des ombres inquiétantes des Ténèbres, habituée à cette pénombre qui au final la rassurait d'avantage que lorsque le jour se levait. Elle se sentait dans son élément, comme si elle n'avait été créé que pour vivre la nuit et seulement la nuit. La présence de Peter devait certainement y faire beaucoup aussi; bien qu'il soit caché par les branches épineuses du sapin sous lequel il s'était installé, la vampire distinguait tous les traits de son visage, ne se gênant pas pour observer discrètement les traits fin de son visage, harmonieux et gracieux en tout point. Lorsqu'on regardait avec attention le minois de Peter Gwel, on pouvait clairement se demander si il n'avait pas été moulé par les mains des Dieux eux-mêmes. A croire que la perfection se cachait dans le corps de son elfe blond. Les iris grisés de Nemesis, en cette soirée de pleine lune, détaillaient avec attention chaque parcelle du visage de son aimé, s'attardant sur ses lèvres rosés et lui donnant la brusque envie de le rejoindre. Un frisson la parcourut. Maintenant qu'elle lui avait adressé la parole et qu'elle s'était déclarée, c'était à lui de la rejoindre, et non l'inverse. La blondinette avait beau mourir d'envie d'être à ses côtés, de le toucher, de caresser sa peau laiteuse et terriblement plus chaude que la sienne.... Elle se retenait. Il le fallait. Sa fierté s'étant déjà bien fissurée lors de leur dernière retrouvailles, la vampire refusait de tomber à nouveau dans le panneau. Ne voulant pas y penser, elle détourna la tête et attendit quelques secondes que l'elfe esquisse un mouvement vers elle. Ce qui ne tarda pas. En effet, à peine quelques instants plus tard, Peter se redressa et sortit de sa terne cachette. En entendant le froissement de ses vêtements et les semelles de ses chaussures caresser la terre sèche, les oreilles de la vampire bougèrent avec décence et elle redressa tout doucement ses yeux vers la silhouette de son elfe.

Son sang se mit à ne faire qu'un tour dans son petit corps vampirique et elle tenta de ne pas tomber sous le poids de ses tremblements maitrisés. Le voir d'aussi près lui provoquait une sorte de nausée stressante qui lui faisait flancher ses genoux et la mettait presque K.O d'un sourire qu'il aurait pu lui offrir. Bien sûr, c'était trop facile et lorsque Nemesis tenta de le regarder droit dans les yeux et d'affronter ses propres démons, lui préféra regarder le sol, mais n'arrêtant pourtant pas son avancée vers elle. Comme attiré par un aimant. La blonde ne bougea pas, bloqua sa respiration, et attendit tout en le dévisageant du regard. Elle attendait qu'il la regarde et qu'il lui offre un sourire avant de s'excuser et de l'embrasser avec passion, encore et encore. Mais bien sûr, tout ceci n'était qu'une sorte de rêve éveillé, fantasme pur et simple dues à son manque profond d'une certaine vie sociale depuis ces quinze derniers jours. Elle était en train de devenir folle. C'était certain. Sinon, elle ne serait pas là à attendre quelque chose de Peter Gwel. Sinon, elle ne serait pas là à trembler au moindre de ses mouvements. Sinon, elle ne serait pas en train de désirer avidement ses lèvres. Quoi que... Son sens de la logique avait pourtant l'air d'être indemne et elle fronça doucement ses sourcils dorés. Elle voulait qu'il la regarde, qu'il lui adresse au moins un simple regard. Mais non. Lorsqu'il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, Nemesis avait la brusque impression d'être à nouveau une simple humaine, de n'être rien du tout. Il était étonnant de voir que face à son précieux petit elfe, la peur la tenaillait à un point si fort qu'elle se sentait vulnérable de toute part. Il aurait pu la tuer, la torturer ou la frapper qu'elle n'aurait ni réagit, ni répondu. Au moins, s'il faisait ça, c'est qu'elle attirait son attention, alors que là... Elle avait l'impression d'être invisible, pire encore, d'être juste... Inutile. Malgré le fait qu'elle ne respirait plus, le parfum du blong lui chatouilla les narines et elle s'accorda quelques secondes de plaisir. Sans aucune maîtrise, elle huma l'odeur très présente de l'homme qu'elle chérissait. Cet arôme avait été le seul auquel elle s'était accrochée durant ces deux semaines en pleine nature; par un mystérieux moyen, elle avait réussit à garder l'odeur sur elle quelques temps, puis elle s'était finalement dissipée, au plus grand damne de Nemesis.

Un geste de la part de Peter la fit revenir à elle, et doucement elle sortit de sa torpeur. Elle aperçut sa main bouger avec douceur et remonter dans le vide vers son propre visage. La panique se mit à l'envahir. La toucher, il allait la toucher. Ce contact interdit sur lequel elle avait aspiré durant tout ce temps allait enfin se faire et une fois de plus, ils seraient reliés par un lien charnelle, certes pas celui auquel elle voulait, mais un lien qui les rapprocheraient d'avantage. Elle avait besoin de ça, elle avait besoin de sentir la chaleur de ses doigts sur sa peau, elle avait besoin de sentir sa peau contre la sienne, remplaçant leur union d'un baiser par le toucher et la caresse d'une peau satinée. Pourtant, alors que tout portait à croire qu'il allait la toucher, sa main redescendit brusquement contre sa cuisse et la déception l'envahit derechef. Non, pire que la déception... La frustration. Durant le creux qui les a séparaient, pas une seule fois Nemesis n'a renoncé à voir Peter, pas une seule fois elle n'a cessé de penser à lui, pas une seule fois elle a espéré être à ses côtés, vivant avec lui comme des gens normaux qui auraient la chance de pouvoir affronter leur amour sans avoir cette fichue peur accrochée au ventre. Peur de souffrir. Peur de vivre sans l'autre. Peur de faire du mal. Peur de mourir. Pendant tout ce temps, la vampire n'a pas arrêté de se poser des questions sur le comment du pourquoi, sur ces raisons qui les poussaient tant à être attirés l'un par l'autre, sur le fait qu'il n'y avait aucun doute sur les relations qu'ils entretenaient; intimes, compliqués, étroites, maladroites et douloureuses. Avec le temps, Nemesis avait émit l'hypothèse qu'ils étaient reliés quelque part et l'âme fut la réponse à sa question. Ils étaient des âmes-sœurs. Elle l'aimait comme elle le détestait. Rien qu'à l'idée de l'influence qu'il pouvait avoir sur elle, la rendait folle de rage, mais l'idée inverse de se séparer de lui, de rebrousser chemin et de marcher sans lui à ses côtés lui brisait inexorablement le cœur. Elle avait besoin de Peter Gwel à ses côtés, comme elle était sure que c'était réciproque. Chaque membres en elle, chacune de ses fibres intérieurs le lui murmuraient, lui répétant inlassablement que c'était maintenant ou jamais. Qu'il était temps de tout mettre à plat. De trouver un moyen. De faire un choix.

- Bonsoir, Nemesis, la-vampire-qui-aime-jouer-des-mauvais-tours.

Le ton de sa voix avait été volontairement appuyé sur un ton ironique, légèrement cassant, mais pas blessant en soit. C'était juste une sorte de rappelle à l'ordre, un souvenir qu'il tentait apparemment de faire revenir à l'esprit de Nemesis. Cette dernière ne mit pas longtemps avant de réellement comprendre le sens du souvenir qu'il tentait de faire revenir: Leur premier baiser. Raté en merveille par l'égoïsme de la vampire, qui encore avait frappé, quoi que au final, c'est plutôt ses sentiments qui s'étaient mêlés à son instinct de survie et qui l'avait poussé à prendre la fuite. Elle avait été froide, méchante et terriblement cruelle. Sur le coup, Nemesis ne s'était pas rendu compte de l'importance que prendrait Peter au fil de sa vie. Plus les jours s'étaient écoulés, plus ils étaient monotones et sans but. Bien qu'ils l'étaient avant et ceux, depuis la mort de James, elle avait tout du moins réussit à parfaire ses jours en les appuyant sur des recherches appuyés et la vengeance e son défunt bien-aimé. Et, bien que ce fut la raison qui l'avait poussé à abandonner Peter à son triste sort, les semaines qui s'étaient écoulées n'avaient pas été aussi fructueuses que d'habitude. Toutes ces pensées étaient tournés vers son elfe blond. Et, bien sûr, les deux seules fois où elle était partie en mission, elle s'était grièvement blessée. La première fois fut dans le manoir hanté, lorsqu'elle s'était battu avec Eärwen et que cette pimbêche l'avait presque tué 'involontairement', une chance pour Nemesis qu'Eärwan était précisément la meilleure amie de Peter. Celui-ci l'avait soigné et avait prit soin d'elle dans son appartement jusqu'à ce qu'elle se rétablisse, ça avait prit presque un jour entier. Les heures passés sur le lit de son blondinet préféré furent les plus savoureuses de son existence. Elle avait passé son temps à sentir l'oreiller que lequel sa tête était posée et à observer avec précision sa chambre, se doutant fortement qu'elle n'y retournerait probablement plus jamais. Elle avait eut sa chance. Puis... Il était venu la voir, il lui avait adressé quelques mots et un ange passa entre eux. Ils s'étaient longuement observés, Nemesis ne cachant pas l'envie qu'elle avait de l'embrasser. Elle se souvient comme si c'était hier de la sensation exaltante de sa main sur la sienne, et de la façon dont son cher et tendre s'était penché pour l'embrasser avec douceur. Le baiser avait été... Parfait. De tous les hommes qu'elle avait jusque là embrasser, Peter avait été le seul à réussir à la faire se sentir... Différente, presque unique, comme si elle était ce qu'il avait toujours attendu, comme si lui et elle ne formaient qu'un depuis la création de l'éternité. C'était si déroutant et si plaisant à la fois. La fin du baiser l'avait laissé sur sa fin et n'avait cesser de la hanter jusqu'à ce jour. Pantoise durant un instant, elle se souvint qu'un moment d'étourdissement avait laissé le temps à Peter de filer et de la laisser, tout comme elle l'avait elle-même abandonné cette fameuse nuit sur les falaises de l'Avenue Magique. La vampire avait alors comprit le sentiment si ardent qu'est l'obsession, la fascination. Lorsqu'elle s'était levée pour le chercher dans son appartement, il était déjà partit. Agacée et certainement pas guérit, elle avait attrapé ses affaires et était partit en douce, comprenant sur le coup que c'est ce qu'il voulait. Et bien sûr, elle l'avait regretté, non pas qu'elle pensait que Peter aurait voulu qu'elle reste, mais parce qu'elle avait l'impression que si elle avait insisté, que si elle avait laissé ses sentiments la guider, elle aurait depuis longtemps comprit l'importance de sa vie : Lui.

Cependant, le destin en a voulut autrement, et c'est surement mieux ainsi. Peut-être qu'elle n'était pas prête à s'engager réellement avec Peter sans être sure que James soit encore vivant et qu'il n'ait donc plus le besoin d'être vengé. En repensant à son ancien amant, sa blessure au ventre la chatouilla avec intensité et elle se rappela qu'elle n'était pas rétablie et que par un quelconque maléfice magique, elle devait vite trouver un médecin qui pourrait la soigner avec un traitement à base de plantes magiques et de sortilèges elfiques. Elle avait beau avoir un elfe devant elle, Nemesis ne désirait pas que Peter la soigne. Tout ce qu'elle voulait, c'était lui. Elle se faisait violence pour ne pas se rapprocher de lui, combler ce vide qu'il y avait entre eux. Le jeune homme n'avait toujours pas redressé ses pupilles de couleurs normalement orageuse et Nemesis osa un soupir de sous-entendu, tentant de lui faire comprendre qu'il pouvait la regarder, qu'elle n'attendait que ça, qu'elle ne désirait que ça.

- Tu es très en retard, tu sais. Ça fait des semaines que je t'attends.

Une bourrasque de vent sembla entendre son hoquet de surprise et caressa sa peau pâle, lui donnant l'occasion de frisonner sans que cela n'apparaisse anodin. Ses cheveux volèrent un instant dans le vide, complétant avec merveille la profondeur de ses iris. Vides. Ce fut comme une gifle. Comme une révélation. Comme une douleur exécrable suivit d'une intense plénitude. Elle l'avait blessé, intentionnellement ou pas, elle l'avait heurté et avait surement brisé plus d'une fois son petit cœur angélique et pourtant... Le voilà, là, devant elle, à lui dire clairement qu'il l'a attendu durant toutes ces semaines de séparation. Le début de quelque chose. D'une histoire peut-être ou de quelque chose de plus incommensurable; une sorte de résurrection dans un nouveau monde. Pour la première fois depuis longtemps, Nemesis Haalen se sentait en vie, elle pouvait respirer et sentir la vie reprendre en elle, elle arrivait à comprendre brusquement les sens inverses d'une montre, d'une science aussi illogique et dérisoire que l'amour. Elle comprenait. Elle vivait. Elle était. Tout ce qui la traversa ne fut qu'une vague de sentiments, de sensations, d'émotions. Sa vue s'agrandissait, son odorat humait avec excellence ce nouveau monde qui semblait être apparut comme par magie, son ouïe se développait, la perception qu'elle avait venait de changer du tout au tout. Peter Gwel était le seul et l'unique. La confirmation qu'elle attendait n'était ni par le toucher, ni par le biais d'un baiser, mais par la parole. Il venait de lui donner les clés de l'Eldorado, il l'avait libéré de ses tourments en une phrase. Oh oui... Peter Gwel était son unique, son double, celui avec qui elle partagerait surement toute sa vie, et c'était une affirmation qui ne pouvait être discuté. C'était ainsi et ça avait été écrit depuis la création de l'univers. Ils étaient deux créatures différentes mais qui avaient tout pour s'aimer, se détruire et se modeler. Ils étaient unis. Quoi qu'en pense les autres. Quoi qu'en pense les lois qui osaient les séparaient et ces peuples si différents dans lequel tous deux avaient été élevés. L'élément innés n'avait plus d'importance, seul ce moment comptait, seul eux resteraient. Sans plus aucune hésitation et sentant la peur s'être dissipé en elle, Nemesis se rapprocha de Peter, doucement, avec prestance et grâce. Elle posa une de ses mains gelées sur la jour brûlante de Peter et la différence des températures lui donna un léger coup d'électricité qui se propagea sur sa peau telle une vague de frisson. Son elfe redressa la tête vers elle et la vampire fut heureuse d'enfin apercevoir ses yeux qui étaient le miroir de son âme, de son cœur, le passe magique, sa sortie de secours lors des tourments qu'elle pouvait avoir. Un long silence s'en suivit où seules leurs prunelles semblaient parler pour eux, s'avouer ce qu'ils n'arrivaient pas à se dire à l'oral, se dire les maux qu'ils ont connus durant cette période de néant, de solitude. Toutes leurs vies où ils avaient été si seuls, chacun de son côté, et où la compagnie des autres n'avaient été qu'éphémères, superflus. Nemesis se mordit nerveusement sa lèvre inférieure, la patience qu'elle s'était fait pour ne pas l'embrasser commençait à partir, elle avait besoin de sentir ses lèvres contre les siennes, elle avait besoin de ne faire qu'un avec lui, de cette manière qui soit. Elle avait juste besoin de lui prouver son amour, de n'importe quelle façon. La main qu'elle avait porté sur sa joue glissa doucement dans sa nuque et elle se hissa sur la pointe des pieds, à la recherche de ses lèvres, les voulant à n'importe quel prix. Son Apollon sembla aussi impatient qu'elle et se baissa afin de rencontrer plus vite ses lèvres. Enfin... Le contact se fit, et derechef un tremblement de plaisir la subjugua. Elle était aux portes de ce paradis si convoité par les mortels, elle était dans ce lieu si fermé, si intime qu'il avait réussit à lui créer, rien qu'à elle. La passion se faisait ressentir dans cet échange, l'amour aussi. Un amour qu'aucun des deux n'avaient jamais osés mettre dans leurs baisers, mais qui était le principal goût de leur troisième et au final... Premier baiser. La vampire sentit les mains de son aimé se perdre dans le creux de son dos, la collant d'avantage à lui, tendit qu'elle s'accrochait avec force à sa nuque, appréciant ce contact chaud, cette fragrance de doux plaisir terriblement interdite, incroyablement amoureuses et Ô combien magiques.

Ce moment semblait être le plus important de toute leurs existences, le plus tumultueux, celui qui fera que l'avenir ne sera plus aussi propice qu'ils l'avaient surement prévus. Nemesis franchit la barrière des lèvres de Peter et s'en suivit une danse enflammée, éprise et fervente. Oh oui... Nemesis Haalen était sure que ce moment resterait surement à tout jamais dans sa mémoire. L'instant de sa deuxième résurrection, sa troisième naissance. Le début d'une nouvelle ère, d'un nouveau sens à sa vie, d'un nouveau but : Celui d'aimer, de chérir Peter Gwel. Son tout, son double, son âme-sœur, la raison de sa vie. Nemesis entendit le cœur de Peter tambouriner à vif allure, à tel point qu'elle se sépara à contre cœur de lui, ne désirant pas qu'il soit en manque de souffle par sa faute, par son égoïsme à le vouloir encore et encore. Elle s'accrocha à son tee-shirt de toute ses forces et posa son front contre son torse musclé et brûlant. Surement aussi chaud que les flammes des Enfers. Elle respira longuement, profitant de ce moment, mémorisant le parfum de son petit-ami, le gravant à tout jamais dans sa mémoire. Elle sentit que Peter appuya ses douces lèvres sur le haut de son crâne et ferma les yeux à ce contact agréable. Elle était heureuse. Très heureuse. Trop heureuse. La fatalité sembla la rattraper et elle eut brusquement mal à son estomac, pile à l'endroit de sa blessure. Elle avait l'impression qu'elle s'était réouverte. Une once de panique l'envahit un fragment de seconde et elle se recula de quelques centimètres de Peter. Pas beaucoup, mais assez pour voir sa combinaison noire couvert d'une énorme tâche de sang. Elle jura intérieurement et s'accrocha avec puissance à son amant. Le sang coulait beaucoup trop. Voyant ce qui se passait, le blond prit la décision de la faire assoir sur une pierre tombale. Docile, Nemesis se laissa faire et ne lâcha pas du regard son petit-ami, qu'elle dévorait du regard malgré la douleur qu'elle ressentait et l'énorme risque qu'elle avait d'y passer ce soir. Au moins... Maintenant, il savait qu'elle l'aimait, il savait qu'il était tout pour elle et qu'importe ce qui se passerait. C'était l'essentiel. Peter passa une de ses mains sur sa blessure et grimaça en voyant tout le sang qui coulait. Se souvenant de sa dernière remarque qui avait fait réagir la vampire, cette dernière prit la décision de lui répondre, consciente que c'était surement le meilleur moment.

- J'ai eu un... Petit problème durant ces dernières semaines. Voilà le pourquoi de mon absence, affirma-t-elle en jetant un coup d'œil à sa blessure. Elle est plutôt profonde, on me l'a fait il y a un peu plus de quinze jours avec une épée. J'ai faillis y passer, mais on m'a donné du sang de vampire, assez du moins pour qu'elle cicatrice très mal et qu'elle me laisse tranquille pendant deux semaines, mais il semble que mon entêtement à essayer de ne pas penser à toi m'aies rattrapé.

Elle haussa les épaules et lui accorda un bref sourire. Après tout... Elle avait passé tant de temps à le fuir au lieu de l'affronter que si elle n'avait pas été encore une fois aussi idiote, elle serait allée voir un médecin depuis longtemps. Malgré la douleur qu'elle ressentait et qui s'intensifiait au cours des minutes, elle regardait avec béatitude son petit-ami inspectait les dégâts de ses bêtises et réfléchir un air inquiet sur le visage. C'était idiot... Terriblement idiot, mais elle n'avait pas peur. Non, elle n'avait pas peur, parce qu'il était là, avec elle. Et... Aussi idiote qu'elle puisse paraitre, elle était persuadée que lorsqu'elle avait Peter Gwel à ses côtés rien ne pouvait lui arriver.
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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Mar 28 Déc 2010 - 13:17

Peter demeurait silencieux. Il priait pour que ses prières soient entendues, que ses vœux soient exhaussés. Il n'attendait plus qu'un signe, un simple geste de sa part et il était prêt à soulever des montagnes. Maintenant qu'il l'avait retrouvée, c'était tout un monde qui redevenait possible. Un monde de merveilles, où il l'aimerait, où elle l'aimerait. Un univers rien qu'à eux, sans rien ni personne pour leur faire obstacle. Juste deux aimants, unis par un lien puissant, inébranlable. Ils seraient liés comme les doigts d'une main. A tout jamais, ils sillonneraient la terre à la recherche de nouveaux lieux où ils pourraient déverser un peu plus de leur amour mutuel, ensemble et heureux. Heureux puisqu'ensemble. Mais bien sûr, tous ces rêves n'étaient qu'illusoires. A leur première rencontre, ils s'étaient un instant approchés du statut de projets. Cet espoir s'était rapidement envolé en même temps que Nemesis, ne laissant plus qu'un elfe blessé et profondément bouleversé par les évènements. Il avait ignoré pourquoi elle l'avait mis dans un tel état, et ce, très longtemps. A l'époque, il avait Mona-Lou, sorcière qu'il croyait aimer. Dès lors qu'il est rentré chez lui, qu'il a revu la tête brune de sa petite-amie, quelque chose avait changé. Un déclic s'était opéré. Il avait alors su que la brunette n'était pas celle qui le comblerait, bien qu'il en ait toujours été à peu près convaincu. Toutefois, il s'était abstint de lui en faire part jusqu'au fameux soir où tout avait dérapé. Étant entièrement fautif dans leur rupture, il se sentait redevable envers Mona-Lou. Ainsi, il avait plusieurs fois pensé à la revoir, à s'excuser, mais ses pensées étaient toutes sans exception hantées par une silhouette féminine doublée d'une chevelure blonde mémorable. Nemesis était partout. Dans ses songes autant que dans ses cauchemars. Longtemps, il l'avait détestée à cause de ce qu'elle lui faisait endurer. Cette dépendance impossible à satisfaire le plongeait dans une démence sans nom, sorte de mélange de haine mêlée à une passion infinie. Elle l'avait rendu gaga.

L'elfe ne bougeait plus. Tel un lobotomisé, il se contentait de laisser son regard fixé vers le vide. Vide aussi représentatif de son âme. Alors qu'il avait perdu la notion du temps qui venait de s'écouler, il entendit Nemesis remuer. Ses pas résonnèrent à ses oreilles, doux et suggestifs. Elle s'approchait. Inquiet, Peter se sentit aussitôt parcouru d'un électrochoc. Qu'allait-elle faire ? Quels étaient ses intentions ? Cédant à une anxiété précoce, il ne sut que faire pour s'apaiser. Elle venait, elle lui répondait. A sa manière, mais elle ne le laissait pas dans l'indifférence totale. Il craignait sa réaction. Il n'avait jamais réellement compris comment faire face au tempérament changeant de la blondinette. Tantôt souriante et joyeuse, tantôt haineuse et détestable. Il ne parvenait pas à la cerner. Il doutait que cela puisse un jour se faire, d'ailleurs. Nemesis possédait un caractère bien à elle qu'il acceptait, malgré qu'il n'apprécie pas chacune de ses facettes. La libertine sauvage qu'elle pouvait être le répugnait, autant que la torturée sentimentale qu'elle devenait en sa compagnie le touchait beaucoup. Il la trouvait absolument merveilleuse, unique, et il n'aspirait nullement à ce que ça change. A vrai dire, il avait toujours aimé la différence établie entre leurs deux personnes. Ça prouvait bien qu'ils se complétaient idéalement. Ils instauraient un équilibre susceptible de résister aux tempêtes que connaîtrait leur couple.
Encore une fois, Peter se surprit à rêver d'une vie à deux. Très vite, il replongea dans la dure réalité. Ce qui le ramena au présent fut une sensation de brûlure au niveau de la joue. Une main glaciale s'y était posée. Une main… Celle de Nemesis. Ce contact, pendant longtemps il avait cherché à l'effacer de sa mémoire. Mais rien à faire, ce souvenir persistait, déchirant un peu plus le coeur de son songeur. Effrayé à l'idée de se laisser une nouvelle fois tomber dans le piège que lui tendait sa compagne, le blond se retint d'éprouver ne serait-ce qu'une once de plaisir. Non pas qu'il n'en ressente guère, il ne se permettait simplement plus de croire aux chimères qui le saisissaient lorsqu'il se trouvait en présence de sa belle. Trop douloureux.

Nemesis, d'une pression sur sa joue, le força à plonger son regard dans le sien. Il en fut presque soulagé. Le fil invisible qui se dressa entre leurs deux iris semblait conçu avec du plomb ; incassable. Les grands yeux bleus de la vampire attirèrent ceux émeraudes de l'Elfe qui, inexorablement, s'y perdit. Il ne pouvait guère se plaindre de la vue, néanmoins. Noyé sous l'océan de tendresse dont lui témoignait le regard de la jeune femme, il ne put qu'être une nouvelle fois satisfait du risque qu'il venait de prendre - même si ça lui coûterait par la suite. Il s'abandonna donc avec autant de vigueur qu'elle à leur union interdite, contrée par quelques idiotes lois magiques. Comme toujours, les détourner était inimaginable puisque ceux qui avaient osé s'y adonner avaient finis brûlés vifs. Peter ne craignait ni le feu, ni la mort. La sagesse accumulée au cours des siècles lui avait apporté une réponse à cette ultime interrogation, celle à laquelle songeait chaque être humain ou créatures magiques mais mortelles. Il savait que la mort n'était pas la fin de tout, mais le début d'un long voyage de quiétude, le calme après la tempête. Il s'imaginait, bercé par des milliers de souvenirs, et parmi eux, une tête blonde arborant un sourire béat, ses lèvres contre les siennes, sa paume sur son coeur agissant comme un baume réparateur. Nemesis Haalen avait marqué son existence, alors qu'il ignorait la moitié de ce qui la constituait. Et pourtant, il la désirait comme un damné.

Elle rapprocha son visage du sien, tout en glissant sa main vers sa nuque, d'un geste conspirateur. Peter n'y opposa aucune résistance, par faute de volonté. Quand enfin, ses songes rattrapèrent leur réalité, il était prêt. Prêt à mourir pour elle, à se sacrifier pour eux, sans aucune hésitation. Parce qu'il était suffisamment intelligent que pour deviner ce qui s'en suivrait si cette relation venait à être découverte par leurs supérieurs. Mais il s'en fichait. Pour la seconde fois depuis qu'il la connaissait, il se foutait de tout ce qui ne la rendrait pas heureuse. Sans lui, elle ne serait jamais comblée. C'était certes égoïste de penser comme ça, mais ça n'enlevait rien à la véracité de cette évidence. Il s'apprêtait à affronter ses propres peurs pour la satisfaire. Il ne pourrait plus retourner près des siens, les Sages. Ils ne voudraient plus de lui, même s'ils ne le livreraient pas au gouvernement. Plus jamais il ne reverrait sa famille. Cependant, il serait en permanence aux côtés de sa belle. Et ça, pour rien au monde il ne chercherait à le changer. Ainsi, les lèvres de Nemesis s'accrochèrent aux siennes, désespérées par amour, par ses retrouvailles qui n'avaient que trop tardé. Peter s'abandonna à leur dangereuse passion, se laissant guider par les battements de son coeur qui allaient crescendo. Il détestait cette sensation de brûlure au niveau de la gorge, signifiant qu'il manquait d'air. Elle mettait toujours fin à leurs baisers, alors qu'ils venaient à peine d'éclore. Il haïssait cette demi-humanité qui le rongeait à chaque fois qu'il se retrouvait confronté à une étrange situation. Son coeur vivait encore, au contraire de celui de la blonde. Lui possédait encore une part de vitalité, elle plus. Mais qu'importe, c'était également ce qui faisait qu'ils se complétaient. L'un presque considéré comme vivant, l'autre vide de l'intérieur depuis tellement d'années… Une intimité s'était créée avec ce contact intense, profond, qui s'éternisait au possible. Intimité que seul un baiser pouvait reproduire. Ils étaient unis, de par cet acte complètement banal et pourtant si révélateur de tout ce qu'ils portaient sur leur conscience. Ils s'avouaient enfin leur affection incommensurable, la peine qui avait suivi la déchirure, la souffrance engendrée par l'absence, le manque de l'autre. Tout, ils se confiaient tout, tacitement, juste par le biais de cette touche. Ils se confessaient leur plus grand délit : eux.
Perdus dans cette multitude de sentiments, Peter posa ses mains sans trop s'en rendre compte dans le dos de sa vampire, en même temps que celle-ci se raccrochait à sa nuque comme si elle espérait qu'elle l'empêcherait de couler. Ils s'aimaient réciproquement. Un soulagement incroyable s'installa en Peter. Elle le considérait comme son égal, c'était donc vraiment une relation sincère. Elle ne jouait pas, pas cette fois. Au fond, il doutait même que la première fois, elle s'était foutue de lui. Car ça avait toujours débordé d'honnêteté, eux deux. Leurs caresses, leurs paroles, leurs actes, tout était réel. Et visiblement, depuis le début. Sauf que jusque là, il devait y avoir eu un obstacle, un inconvénient qui avait poussé Nemesis à creuser ce fossé entre eux. A cet instant, l'elfe eut une illumination. Un prénom s'imposa en son esprit comme la clé de tous ses problèmes. James. Celui qu'il avait vu en vivant le passé de l'immortelle. Son double fantomatique. L'homme dont il avait récemment pris la place au centre de l'existence de la blonde. Elle l'avait chéri, mais il avait disparu. Peut-être … Peut-être que c'était lui, la raison de toutes ces complications. Peut-être … qu'elle l'aimait encore, même si elle se forçait à l'oublier pour qu'il soit remplacé par l'elfe. Pour que Peter lui serve de deuxième option pour atteindre l'extase.

Fin du conte de fée. La blondinette se recula brusquement de lui, qui, déchiré, retourna dans cette peur qui l'animait déjà la première fois où ils se sont trouvés. Le quotidien de ces dernières semaines avait fini par le rattraper. Nemesis darda un coup d'œil affolé en direction de son ventre. Soucieux, Peter voulu en faire de même, à ceci près qu'elle s'était déjà recollée à lui, tremblante. Son anxiété s'accrut. Que lui arrivait-il ? Un liquide ruissela contre son propre torse. Une substance froide, le parcourant d'une sensation désagréable. De plus en plus perturbé, il vit enfin d'où provenait cette étrange sensation. Du sang. Du sang coulait à une vitesse hallucinante. Une plaie de sa bien-aimée semblait s'être réouverte. Encore. Tétanisé, le Sage fit son possible pour ne pas perdre le contrôle. Faussement rassuré, il aida la blonde à s'installer contre une pierre tombale. Décor funeste s'accommodant parfaitement bien avec son humeur momentanée. Il perdait la tête, ne sachant pas par où commencer pour stopper l'hémorragie. Retrouvant un semblant de contenance, il se concentra autant que possible afin de canaliser son énergie. Rechargé un maximum, il entreprit de la soigner via ses pouvoirs en tant qu'elfe. Avec tout ce qu'il avait appris sur la médecine, il n'avait aucune raison de douter de ses compétences. Pourtant, le stress le paralysait. Et si il ne parvenait pas à empêcher ses veines de se vider ? Et si il se retrouvait impuissant face aux trop grands dégâts ? Et si sa vampire ne se relevait plus ? Non. Impossible. Il chassa ses idées absurdes de ses pensées et se donna à fond pour guérir la demoiselle. Bien sûr, la magie à laquelle il faisait appel était inconnue des sang-froids, ce pourquoi Nemesis ne s'apercevait sans doute de rien. C'était une sorte de protection, une défense elfique contre les intrus qui voudraient s'emparer de leurs pouvoirs. Les vampires étaient les spécialistes en la matière. Tuer leurs proies pour récupérer leurs dons était ce qu'ils savaient faire de mieux. Ainsi, cependant que le jeune homme passait ses paumes ça et là par-dessus la blessure de la souffrante, cette dernière n'était pas consciente de son stratagème.

    — J'ai eu un... Petit problème durant ces dernières semaines. Voilà le pourquoi de mon absence, affirma-t-elle en jetant un coup d'œil à sa blessure. Elle est plutôt profonde, on me l'a fait il y a un peu plus de quinze jours avec une épée. J'ai faillis y passer, mais on m'a donné du sang de vampire, assez du moins pour qu'elle cicatrice très mal et qu'elle me laisse tranquille pendant deux semaines, mais il semble que mon entêtement à essayer de ne pas penser à toi m'aies rattrapé.
Nemesis venait de lui apporter une nouvelle preuve de son amour. Pourtant, le blond se voyait toujours aussi sceptique. Il ne pouvait s'empêcher de croire en ses doutes éphémères. Des « Et si … » qui encombraient ses certitudes, des « Pourquoi ? » qui le décomposaient, des tas de questions sans réponses qui le décontenançaient chaque jour un peu plus. Il ne pouvait retenir quelques soupçons de se hisser en travers de leur chemin. Il lui faudrait du temps. Beaucoup de temps pour lui accorder pleinement sa confiance. Elle l'avait piétinée, l'autre soir, leur soir, sur les falaises, et il restait bloqué sur ce sentiment d'affliction qui l'avait envahi à son départ. Le choc, violent, douloureux. Il n'arrivait pas à avancer, à voir au-delà de cette épreuve qu'il avait dû surmonter. Il avait été heureux d'apprendre que la vampire avait enduré une partie de ses peines, et c'était mal de s'en réjouir. Mais, au diable le Bien et le Mal, il n'y avait plus de limite dès qu'on connaissait l'amour. Peter le savait car lui-même avait perdu cette notion. Il avait dérapé. Totalement. Il lui en voulait tellement de l'avoir abandonné, de l'avoir massacré comme un vulgaire coup d'un soir. Elle l'avait pris pour un jouet, une simple occupation dont elle s'était débarrassée après usage. Maintenant, Peter aurait voulu la croire, sans aucune hésitation, mais la peur qu'elle se moque encore de lui le hantait constamment. Il pouvait franchir le cap, oui, il pouvait l'aimer tout en n'étant pas convaincu de sa sincérité, bien que cela le détruirait certainement, à long terme. Elle le ruinerait encore et encore, le dépouillerait continuellement. Et lui, tel un imbécile, il en redemanderait toujours plus.

Mettant de côtés ses suspicions, Peter se focalisa à nouveau sur la guérison de la plaie. Au bout d'une dizaine de minutes, le sang avait cessé de couler. Puis, peu à peu, les tissus s'étaient refermés, la chair s'était régénérée. Il l'avait plus ou moins tirée d'affaire. Ne pouvant guère faire plus que ça, Peter plongea son regard dans celui de sa belle. Il put y lire un certain apaisement, une quiétude nouvelle, quelques remerciements. Il ne s'attendait pas à une gratitude sans borne de sa part - il restait réaliste. Du sang séché tâchait leurs vêtements. Salis, ils avaient l'air de deux rescapés en cavale. Le tableau semblait presque beau à regarder. Presque. L'elfe, incommodé par l'état de ses habits, ne savait plus où donner du regard. Tentant de se calmer afin qu'elle n'ait pas conscience de son malaise, il décida de se lever. D'un geste autoritaire, il défendit à Nemesis de le suivre dans cette exécution. Cela risquerait de la mettre dans le même cas qu'il y avait un quart d'heure à peine. Une fois debout, Peter partit sans même lui accorder un regard, parcourir les environs. Il voulait s'assurer qu'ils étaient bien seuls, que personne ne risquait de les trouver ensemble dans un tel état, aussi frêles. Il était vidé, complètement. Laissé sans force, il avait tout mis dans son désir de la voir se rétablir. Ses pouvoirs lui avaient demandé énormément d'énergie, et il s'en trouvait désormais ôté. Harassé de fatigue, il s'éloigna loin de sa belle, sans pour autant ne pas garder l'oreille tendue en sa direction, au cas où un imprévu surviendrait. Arrivé aux portes du cimetière, il s'effondra. Il savait qu'il tomberait quelques instants, le temps pour lui de récupérer un semblant de résistance, et c'était la raison pour laquelle il avait voulu se cacher de la vue de la tueuse. Si elle l'avait vu s'écrouler comme un incapable, ça lui aurait fait mauvaise impression. Autant rester son héros jusqu'au bout, sans désillusion. Crevé, il demeura adossé à la grille en fer forgé qui devançait les lieux au moins une bonne grosse dizaine de minutes. Pendant qu'il avait appliqué ses soins, il n'avait pas accordé le moindre mot à sa vampire, trop concentré, trop désappointé par ses inquiétudes. Ce silence les avait oppressés, avait créé une sorte de tension inquiétante entre eux, mais Nemesis n'avait pas cherché à le déranger, et il lui en était reconnaissant. Il préférait être parfaitement axé sur son objectif plutôt que de l'entendre lui murmurer des mots auxquels il ne résistera pas. Le calme les avait englobés dans sa sphère de repos, mais il était nécessaire d'y mettre un terme.

Se relevant avec peine, Peter fit marche arrière et retourna face à l'immortelle qui ne put retenir un soupir de soulagement en le voyant revenir. Elle l'attendait, visiblement. Lui adressant un maigre sourire, il s'avança vers sa gauche avant de se baisser, abîmé, pour enfin s'asseoir. Le dos contre la même pierre où elle était appuyée, l'elfe se rapprocha un peu plus d'elle, en quête d'un contact auquel il aspirait depuis un moment. Avec une douceur exagérée, il passa un bras autour de sa taille, tout en veillant à ne pas lui causer de mal. Délicatement, il l'aida à se redresser légèrement, de manière à ce qu'elle puisse adopter une position plus confortable. Désireux de la savoir bien installée, il céda à une de ses pulsions et, d'un geste, l'amena tout contre lui. Docile, elle posa la tête sur son épaule et entoura son torse d'un de ses bras. Satisfait, l'elfe laissa échapper un sourire enjoué. Il était bien là, comme ça, avec elle dans ses bras. Il ne voulait plus bouger, plus jamais quitter cet endroit sinistre où, pourtant, deux individus venaient de se rencontrer pour la première fois en tant que couple. Ils étaient désormais deux. Enfin, pas tout à fait, puisqu'aucun n'avait encore clairement exprimé le vœux de s'unir une bonne fois pour toute. C'était sans doute à lui de prendre ce risque, de concrétiser leur relation. Mais avec tout ce qui le chamboulait actuellement, cette paranoïa qui le poussait à croire qu'elle n'avait pas totalement oublié James, il n'était pas certain d'y arriver. Face à ces dernières pensées, il songea que l'heure était venue de passer aux aveux, aux craintes, aux explications. Il voulait absolument que tout soit clair dans son esprit, que rien ni personne ne vienne gâcher leur duo. Il fallait qu'elle lui livre un bout de son passé, qu'elle le rassure au sujet de son ancien compagnon qui la torturait tant lors de leur premier baiser.

    — Ne me refais plus jamais aussi peur, d'accord ?
    commença-t-il, premièrement protecteur. Et si tu pouvais par la même occasion ne plus jamais me laisser, je t'en serais immensément reconnaissant. Tu m'as énormément déçu quand tu es partie en te comportant comme une infâme blagueuse, Nemesis. J'ai crû que tu t'étais fichue de moi, et j'ai du mal à me débarrasser de cette crainte, encore actuellement. J'hésite à te faire confiance, à me laisser aller à t'aimer sans retenue, parce que je redoute un nouvel abandon duquel je sortirais complètement anéanti, cette fois.
Venant de se confesser, l'immortel ressentit à la fois un intense apaisement et une appréhension dont il savait l'origine. Il avait peur qu'elle se soit brusquée, qu'elle n'apprécie pas sa franchise, qu'elle se mette à le haïr pour lui avoir fait part de ses craintes. Pire ; qu'elle confirme ses doutes, qu'elle renforce ses incertitudes, qu'elle le jette derechef, qu'elle l'écrase pour de bon. Peter se trouvait, outre la fatigue, mortifié par ses propres paroles. Il aurait mieux fait de se taire, de ne jamais se livrer à elle comme il venait de le faire. C'était trop risqué, trop tordu. Bien trop tôt pour être de circonstance. Ce genre de discussion s'entretenait une fois qu'on vivait ensemble depuis quelques temps déjà, or, eux, venaient tout juste de se rejoindre. Et encore, Peter ne voulait pas se lancer temps qu'il n'était pas certain de la posséder entièrement. Il n'avait pas abordé le sujet de son ex-petit ami car il n'avait pas voulu la froisser d'avantage, estimant qu'elle aurait assez à cogiter avec ce qu'il avait à lui dire concernant ses inquiétudes. Il avait bien fait, car elle n'aurait sans doute pas réagi à ce qu'il venait de lui confier s'il avait tout de suite cité James. Il valait mieux y aller petit à petit. Qui sait, peut-être qu'elle devinerait toute seule là où il souhaitait en arriver ? Comme un vrai binôme, sa parfaite moitié.

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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Mar 15 Fév 2011 - 0:39


Doucement et avec une certaine vigilance qui assagissait ses traits d'elfe, son petit-ami passa délicatement une de ses mains sur sa plaie bien ouverte à présent. Ce simple contact réussit à lui donner des couples de frissons qui la firent soupirer d'une aise vraiment peu commune. Lorsqu'il la touchait, même si ce n'était que pour voir l'étendu de ses bêtises et surement lui passer un sacré savon, Nemesis suffoquait presque d'un plaisir ardent qui la bouffait de l'intérieur. Les doigts de Peter sur son abdomen provoquait chez la jeune femme un mélange de sentiments contradictoires. Elle voulait, elle désirait de tout son être qu'il la touche, qu'il ressente ce qu'elle ressente et qu'il voit ce qu'elle voit, mais d'un autre côté, son esprit lui disait d'arrêter le massacre et de partir. Loin. Que toute cette histoire se finirait de manière peu heureuse et qu'à chaque fois qu'elle se frottait de trop près à un homme, elle finissait par en souffrir. D'abord James, suivit par Anthony et maintenant... Peter. Il est vrai que ce qu'elle avait ressenti pour ses deux anciens amants étaient entièrement différents de ce qu'elle ressentait en ce moment même. Rien que de voir le visage de son elfe suffisait à la mettre dans un état de perpétuelle excitation; elle ne savait plus où elle était, elle ne savait plus de ce qu'elle était venu faire ici et plus troublant, elle avait du mal à se souvenir de son passé. C'était comme si... Comme si Peter était destiné à être et rester pour l'éternité la flamme de son cœur; cette petite flamme inactif jusqu'à sa rencontre avec le blond qui à présent ne cessait de brûler de la consumer, doucement... Terriblement doucement mais surement. Il était celui qui lui avait redonné ce goût inestimable à la vie et, il ne le savait même pas. Il ignorait que depuis qu'elle l'avait vu dans ce bar miteux où elle espérait trouver de quoi se mettre sous la dent, il l'avait sauvé. Il était apparu avec son statut de super-héros justicier et en une soirée c'en était terminé. Nemesis venait d'être massacrée, brûlée, passée au broyeur. Puis, lorsqu'elle l'avait quitté, cette tueuse qu'elle était revenu et retrouva ses marques en gardant le visage du bel Apollon quelque part, dans son esprit, tout en continuant sa traque pour soit-disant venger James. Et puis... Elle avait finit par le retrouver, ce fichu vampire égoïste n'avait fait que prendre la fuite devant sa trahison, il l'avait lâchement abandonné pour lui donner une leçon et avait espéré qu'elle le pardonne. En vain. Même s'il lui avait sauvé la vie. Il lui devait mille fois ça, de toute manière.
Et c'est lorsque justement qu'elle pensait mourir dans les bras de son ancien amant qu'elle avait comprit. Rien n'avait de sens, rien n'avait de signification exacte sans Peter Gwel. Elle avait revu son visage, elle avait comprit les innombrables possibilités qu'elle avait de vivre une réelle histoire d'amour à ses côtés, d'être heureuse avec un homme malgré la peur qui lui tenaillait le ventre. S'engager dans une nouvelle histoire voulait dire qu'il y avait toujours un risque; le risque que lui aussi à son tour comme les autres avant l'abandonne ou la trompe. Après tout, ils étaient des créatures immortels et vivre toute l'éternité ensemble ne paraissait jamais une bonne idée, surtout lorsqu'il s'agissait de passer le reste de sa vie aux côtés de Nemesis Haalen. Cette petite vampire blonde aux allures angéliques mais en rien un ange. Tout le contraire d'un ange, en fait. Cruelle, sadique, masochiste, quelque peu folle alliée aussi et parfois la jeune femme elle-même se demandait si elle n'était pas légèrement schizophrène. Vivre avec elle ou bien même envisager une relation de couple avec elle était de la pure folie. Mais au final, peut-être que son âme sœur l'était autant qu'elle et c'était probablement pour cette raison qu'ils étaient attirés l'un par l'autre - autre que le physique.

Lâchant un soupir tremblant de plaisir, elle observait de ses yeux bleutés le jeune homme la soigner de la meilleure façon qu'il pouvait le faire, tantôt les yeux fermés, tantôt les yeux rivés sur sa blessure. Celle-ci avait d'ailleurs tellement saigné qu'on aurait pu penser qu'ils sortaient tout les deux droits d'un film d'horreur ou d'une tuerie bien barbare. La blonde aurait voulu dire ou faire quelque chose mais sa raison lui murmurait clairement de la fermer si elle ne voulait pas tout gâcher. Elle se contenta donc de le regarder faire son opération magique avec une certaine fascination. Non pas pour ce qu'il faisait, mais pour le sang-froid qu'il gardait. Peu de personne - magique ou non - aurait supporté bien longtemps la vue du sang, surtout si cette personne est pile celle que vous convoitez. Ce n'est pas le genre de détail qu'on pourrait qualifier de romantique dans un rancart. Mais... Au final, en était-ce un ? Après tout, outre l'ambiance magique et le repas qu'ils auraient dus normalement prendre en se racontant leurs pauvres vies , ils étaient réunis, il étaient ensembles et rien que ça... Ça valait le coup. C'était mieux qu'un diner au chandelle, mieux qu'un meurtre sanglant, mieux qu'une fin du monde sombre. Mieux que tout ce que la vampire avait jusque là rêvé. Elle aimait sentir la présence de son elfe près d'elle, inspirer de façon discrète son parfum capiteux et typiquement sien qu'elle n'arrivait pas à comparer avec quelque chose d'autre. C'était son petit point de repère, la manière dont elle arrivait à le repérer et ça dans n'importe quel endroit. Il suffisait juste qu'elle parvienne à renifler un millimètre de sa peau pour qu'elle le retrouve rapidement. Il la fascinait. Sous n'importe quel jour, sous n'importe quelle situation, il était impossible qu'elle ne puisse pas s'intéresser à lui. Jamais encore elle n'avait eut du mal à percer à jour la véritable nature de ceux qu'elle rencontrait, pourtant, avec Peter c'était comme... Un trou noir. Elle ne voyait rien, elle ne détectait rien, elle ne sentait rien sur qui il était réellement ou sur les intentions qu'il avait. Après tout, les elfes et les vampires étaient des races qui se détestaient depuis des lustres et des lustres, rares étaient les exceptions à la règle. Donc, soit Peter était l'exception, soit il cachait bien son jeu et désirait en réalité sa mort. Non. Non. Et non. Ça serait stupide. Il ne ferait pas en sorte de lui sauver la vie si c'était vraisemblablement le cas. Posant une de ses mains sur son front, caressant la paroi qui la séparait de son cerveau en ébullition, c'est avec surprise qu'elle constata qu'un mal de tête naissant lui embrouillait les idées. Peu limpide en tant normal, si en plus son cerveau se mettait à lui jouer des tours, la folie la rattraperait en très peu de temps. Elle remonta d'une lenteur considérable sa main pâle jusqu'à ses cheveux blonds et les ébouriffa quelque peu. Et, avec patience, elle se contenta de regarder son prince charmant la sauver d'un terrible maléfice, s'attardant avec une certaine malice sur ses lèvres qu'elle trouvait rosée et pleine et qui semblait l'appeler à corps et âmes. Si bien qu'elle du plusieurs fois se mordre la lèvre inférieur pour résister à la tentation de lui sauter dessus.

Au bout d'une dizaine de minutes, la blessure était entièrement refermée et seule le sang qui avait tâché sa combinaison en cuire noire était témoin de ce qui s'était passée quelques minutes auparavant. Jamais on aurait pu penser qu'il y a quelques minutes, Nemesis était à deux doigts d'y passer et que, comme si c'était une habitude, Peter l'avait une énième fois sauver. La première fois étant lorsqu'elle s'était battue avec Eärwen et qu'elle avait constaté avec désolation que James était bel et bien mort et qu'elle ne le reverrait jamais - pure fabulation. La blonde que Peter avait pour meilleure amie lui avait planté un magnifique pieu en bois dans le crâne et dans un moment de délire intense, les seuls mots que Nemesis avait dit furent le nom de son amant. Par chance, Eärwen n'étant pas une réelle tueuse l'avait directement amené chez Peter et il l'avait guérit. Il s'était occupé jusqu'à ce qu'elle reprenne connaissance et lorsque ce fut le cas, il prit un visage de marbre et se contenta de rester froid avec la vampire, visiblement rancunier de la façon peu chaleureuse dont elle avait mit fin à leur première rencontre. Un ange passa ensuite entre eux et sans vraiment comprendre pourquoi ni comment, ils furent de nouveaux attirés l'un à l'autre et leurs lèvres s'unirent dans une passion frénétique. Rien qu'en se remémorant ce délicieux souvenir, Nemesis sentait des frissons intenses de plaisir prendre possession de ses membres et remonter jusqu'à l'échine de son dos. Ils s'étaient embrassés en tout trois fois et ça n'avait en rien soulagé l'appétit précoce de la blonde qui entretenait une pulsion plus ou moins singulière lorsque le sujet Peter Gwel était mit sur le tapis. Elle ressentait l'envie et le désir de se jeter en plein dans cette relation tumultueuse qui ne serait en rien facile à entretenir. Elle savait au fond d'elle même que c'était un puissant sentiment d'amour qui les dévoraient tout les deux, qui les forçaient à s'accrocher l'un à l'autre, mais le fait est qu'en rien ils n'avaient le droit de s'aimer, de ressentir pareille chose. C'était interdit, c'était proscrit... C'était un crime. Les lois de leur monde étaient stricts et aucune tolérance ou indulgence ne leur serait faite si jamais leur relation venait à être percer un jour ou l'autre. Ils prenaient des risques considérables, c'était certain mais encore une fois... Ça valait la peine. Risquer leurs vies pour vivre un amour ensemble et être liés pour un temps inconnu leur donnait le chance de vivre pleinement une vie bien à eux, de profiter de chaque instants qui leur serait donnés d'avoir et d'ainsi pouvoir entièrement comprendre la chance qu'ils auraient de s'être trouvés. Tels de vrais âmes-sœurs. Peu importe le temps qu'ils avaient devant eux, le principal était de savoir l'entretenir, de le vivre sans regrets et de savoir en jouir pour y trouver le délice fugace de la vie. Trouver le bonheur, l'équilibre ou l'existentiel sujet de l'amour, Nemesis trouverait le tout réunit en une personne : Peter Gwel. C'était bien plus qu'une hypothèse, qu'un fantasme, qu'une espérance, c'était la réalité. Elle venait de trouver sa vraie raison de vivre et qu'importe son passé où elle avait fait l'erreur d'avoir une seule fois penser qu'il s'agissait d'autre personne. Elle savait, comprenait et ressentait le réel besoin de l'autre, la vraie définition de l'amour, le vrai, le pur. Un tourment obsessionnel de sentiments contradictoires ou non qui créé chez la personne un réel besoin de toucher, de parler ou bien même de parler à son double aimé si bien qu'il devient vite sa bouffée d'oxygène, son besoin de pouvoir vivre. Peter Gwel était son double aimé.

Laissant un sourire niai se tordre maladroitement sur ses lèvres fines, la blondinette redressa son regard vers son elfe adoré, comprenant enfin ce que tout ceci voulait dire et surtout le pourquoi de son besoin de le revoir. En se plongeant dans ses yeux émeraude qui brillait d'une lueur déchiré, Nemesis tenta de rassurer et de remercier Peter des soins qu'il venait de lui administrer. Il lui avait sauvé la vie, encore une fois et sans mal, elle pourrait à présent se lever pour le prendre dans ses bras. Le toucher... C'était pourtant si simple de lever la main pour caresser la peau de son visage d'Apollon, de percevoir l'énergie elfique qui parcourait les tissus de son corps, de sentir - rien qu'en frôlant sa peau - les battements réguliers de son organe vitale. L'espace d'un instant, elle fut prise d'un puissant mal-être qui réussit à créer en elle cette brusque vision de désillusion pour ainsi faire revenir les doutes et les questions sans réponses qu'elle n'avait pas encore eut l'occasion de poser à voix haute. Secouant légèrement la tête, elle se traita intérieurement d'idiote et sursauta en voyant son amant se lever d'un trait. Inquiète, elle fronça les sourcils et tenta de se lever à son tour pour le suivre, ne voulant pas qu'ils soient séparés une fois de plus mais il leva la main vers elle, l'obligeant à rester assise et à ne pas le suivre. Abasourdie, elle le regarda partir dans les profondeurs du cimetière tandis qu'il ne lui accorda pas même un regard. Serait-il... Parti pour de bon ? Avait-elle bêtement profité de la situation ou s'était-elle faite des idées sur les intentions ou les sentiments de Peter ? Une boule d'angoisse prit violemment sa gorge en otage et en fit son domicile, lui causant une douleur physique. S'était-elle bêtement trompée ? S'était-elle mise à concevoir un avenir à deux alors que son partenaire n'était même pas d'accord ? Peu rassurée et se sentant de plus en plus humiliée, Nemesis remonta ses genoux vers sa poitrine et l'enlaça d'un geste protecteur en essayant de se rassurer, en vain. La gêne qu'elle ressentait dans le cou engendra une angoisse au creux de son estomac qui lui donnait une nausée inconfortable. Vide. Elle se sentait vide. La tristesse semblait la ramener à la réalité et son cœur de pierre qu'elle avait avec difficulté transformé en quelque chose de sensible pour Peter, se brisa. Elle s'était fait avoir, encore une fois... Non. C'était impossible. Elle l'avait senti; ce puissant sentiment si dévastateur et créateur d'adrénaline, au fin fond de son âme, elle l'avait entraperçut et elle était convaincue que tout ceci était un malentendu et qu'elle devait se faire des idées idiotes. Reprenant son calme, la jeune femme ferma les yeux et lâcha un long soupir tremblant avant de se focaliser sur ce qu'elle entendait ou sentait autour d'elle, essayant de humer le parfum qu'elle appréciait tant aux alentours. Ce fut sans mal qu'elle retrouva la trace de Peter qui était encore dans le cimetière, non loin d'elle, par là où elle était entrait d'ailleurs. Il ne bougeait pas et semblait respirer normalement. Rouvrant les yeux, elle souffla un bon coup et se traita d'idiote. Pourquoi avait-elle directement pensé qu'il était parti en l'abandonnant alors que plus d'une autre hypothèse s'était ouverte à elle ? Il était très certainement possible qu'il soit juste parti pour reprendre des forces ou pour faire le tour du cimetière afin de découvrir si quelqu'un d'autre qu'eux s'y promenait. Mais ils étaient bien sûr seuls. Entièrement seuls...

Lorsque Peter refit son apparition, une dizaine de minutes plus tard, Nemesis l'attendait avec patience, se doutant qu'au bout d'un moment il finirait par refaire son apparition et qu'il avait juste besoin de réfléchir. Tout comme elle. Au final, ces retrouvailles n'avait pas été comme elle l'avait espéré ou du moins... Imaginé. En ce laps de temps, la vampire en avait donc profité pour remettre ses idées en place et mettre en priorités ce qu'elle avait à lui dire. En vérité, elle avait tellement, tellement, de choses à lui raconter qu'elle avait bien peur de l'ennuyer, mais il le fallait. Elle devait lui parler de sa vie passé, de qui elle était réellement - en soit une tueuse sans merci qui avait des tendances sadiques et masochistes - et surtout de ses sentiments envers lui. Elle ne put s'empêcher de lâcher un sourire rassuré par le fait de le revoir apparaitre entre les buissons et fut satisfaite de voir qu'il lui répondit par un maigre sourire en coin. Sa boule dans la gorge s'éclipsa aussitôt et les crampes qu'elle avait dans le ventre les suivirent de près. Elle se sentait de nouveau dans son élément et toutes les pensées ou les doutes qu'elle avait pu avoir lorsqu'il s'était absenté se firent infiniment le plus petit possible dans son esprit. En deux, trois enjambés, Peter fut à ses côtés et se baissa à sa gauche où il prit position contre la pierre tombale contre laquelle elle était appuyée depuis plus d'une vingtaine de minutes. Le sentir aussi vite près d'elle et l'avoir enfin à ses côtés comme elle l'avait souhaité durant tout ce temps provoqua chez la jeune femme un long et intense sentiment de planage où son propre univers en était dérouté. Son ciel devenait plus clair tandis que les gros nuages gris qu'elle avait eut pour seule compagnie s'éloignèrent poussés par le chant mélodieux des oisillons qui revenaient d'une longue et épuisante migration. Le tout était surplombé par un magnifique arc-en-ciel où le nom de Peter Gwel était incrusté partout. Avec une passion et une douceur qui lui était propre, Peter passa son bras sur les épaules de Nemesis, la rapprochant ainsi de lui comme elle l'avait jusque là imaginer. Ce contact qu'elle avait ardemment désiré venait de se réaliser et il était bien plus ardu de cacher la joie immense que provoquait ce simple toucher, si bien qu'elle dut coller sa tête contre son torse et se coller un maximum à lui pour qu'elle puisse garder un minimum de fierté. A ce geste, elle sentit les pulsions cardiaques de son petit-ami s'intensifier, donnant ainsi une certaine vivacité à sa respiration. Tout ceci ressemblait plus à des retrouvailles qu'à une officialisation de leur relation plus ou moins ambigüe qu'ils avaient jusque là entretenu avec témérité. Ne voulant en rien briser ce moment qui lui était si précieux et qui ressemblait fort à la perfection, Nemesis ferma ses paupières et se laissa tranquillement bercer par les battements du cœur de Peter qui chantait à merveille cette nouvelle relation qui était la leur. Touchant enfin ce nirvana du bout des doigts, la blondinette posa une de ses mains sur le torse de son elfe chéri et soupira d'aise. Elle savait qu'au bout de quelques minutes, une discussion commencera et s'éternisera sur les conséquences de leur amour ou sur les doutes que tout les deux avaient l'un sur l'autre et que par conséquent, elle allait devoir retenir ses pulsions d'origine doucereuses et incroyablement tendres et que soit elle soit lui mettrait fin à ce petit moment de plénitude et de silence amoureux qu'ils étaient en train de partager.

Ce fut d'ailleurs Peter qui rompit cet instant en lâchant une respiration plus soutenue et en avalant avec difficulté sa salive, préparant ainsi la vampire à ce qui allait se passer. Le blond lâcha au bout de quelques secondes :

- Ne me refais plus jamais aussi peur, d'accord ? Et si tu pouvais par la même occasion ne plus jamais me laisser, je t'en serais immensément reconnaissant. Tu m'as énormément déçu quand tu es partie en te comportant comme une infâme blagueuse, Nemesis. J'ai crû que tu t'étais fichue de moi, et j'ai du mal à me débarrasser de cette crainte, encore actuellement. J'hésite à te faire confiance, à me laisser aller à t'aimer sans retenue, parce que je redoute un nouvel abandon duquel je sortirais complètement anéanti, cette fois.

La concernée fronça aussitôt les sourcils. Plusieurs mots l'avaient interloqués et elle avait cru comprendre ses sous-entendus plus que flagrants dans le ton qu'il avait explicitement choisi de prendre. Premièrement, elle lui avait fait peur, elle l'avait inquiéter de par son comportement infantile à vouloir jouer à la justicière des non-morts; il était vrai qu'elle s'était blessée deux fois à la tête, et ceux à cause de son comportement plutôt coriace. Elle préférait attaquer la tête basse plutôt que de réfléchir avant. Ça lui avait déjà, bien sûr, porté préjudice mais il était vrai que c'était depuis qu'elle avait rencontré Peter que ses erreurs s'étaient répétés. Soit. De toute manière, maintenant qu'elle savait que James n'était en rien un vampire mort - au sens propre du terme - elle n'avait plus aucune raison de courir les nuits auprès de toutes les vampires blondes qu'elle rencontrait. Deuxièmement, elle l'avait déçu. Ce n'était pas une réelle nouvelle, étant donné qu'elle avait justement fait exprès de se comporter comme la pire des garces pour ne pas qu'il la recherche, pour ne pas qu'il pense à elle ou souhaite la revoir. Lors de leur première rencontre, c'était d'avantage pour le protéger d'elle-même qu'elle s'était comportée comme une gamine; en rien avoir une relation avec elle ne peut être bénéfique pour quelqu'un. Elle s'est toujours considérée comme néfaste et ça n'avait vraiment changé avec le temps, bien au contraire de s'être apaisé, cette identification de soit s'est accrue. Troisièmement, il n'arrive pas à lui faire correctement confiance et c'était en ça son principal problème; comment avoir une relation avec quelqu'un si cette personne ne vous croit en rien ? Il était certain qu'elle avait du lui briser le cœur en se comportant de la sorte lors de leur première soirée ensemble, mais elle n'avait pas prévu qu'elle tomberait sous son charme, pire... Qu'elle tomberait amoureuse de lui. Nemesis ne pensait même jamais le revoir et pourtant le destin en avait décidé autrement, par conséquent, elle devra faire ses preuves pour qu'il la considère comme une petite-amie. Quatrièmement et dernier point, Nemesis avait, avec un mal-à-l'aise non-dissimulé, comprit qu'il parlait de son... Passé ? Du moins, elle l'interprétait de cette manière. Comment aurait-il pu savoir pour James et elle ? Ou Anthony et elle ? C'était purement impossible. Sauf, si bien sûr il avait fait son enquête sur la blondinette. Il n'était pas difficile de connaitre son passé, le monde magique connaissait bien les sœurs Haalen. Plus son ainée qu'elle, mais elles étaient connus et Nemesis avait fait scandale lorsque la population magique avait apprit son infidélité avec un lycan et que par son comportement elle avait provoqué le meurtre de James. La surprise dans cette histoire était que Peter avait soit fait une recherche sur elle, soit l'avait découvert par une quelconque façon. Dans n'importe quel cas... Il savait.

Ouvrant avec douceur ses yeux, Nemesis lâcha un énième soupir qui n'aurait pas pu paraitre plus clair. Elle devait lui donner des explications, elle n'avait plus le choix, mais la question était : Est-ce qu'il l'accepterait telle qu'elle est ? Avec son passé comme bagage et son caractère peu recommandable ? Avec lenteur, donc, elle se redressa du torse de son amant, veillant malgré tout à rester coller d'une certaine manière à lui, ne désirant en rien quitter cette étreinte qui la laissait vaciller dans un autre monde. Elle posa donc d'un geste naturel son menton sur son épaule et colla son front contre sa joue brûlante, peu désireuse de croiser ses yeux verts bouteilles qui la gronderait sans remords. L'espace d'un moment, elle laissa sa respiration tranquille caresser sa nuque, réfléchissant aux termes exacts qu'elle allait devoir dire pour ne pas paraître stupide. Puis, consciente que ce silence n'était en rien rassurant pour lui, Nemesis se redressa entièrement et plongea ses yeux dans les siens, laissant les iris de son âme-sœur prendre possession dans son fort intérieur pour mordre d'avantage de son territoire et la faire tomber une fois de plus dans ce tourbillon d'éternel Eldorado qui n'appartenait qu'à eux. Néanmoins, elle put lire une certaine appréhension et une crainte sans nom. La peur de la solitude que tout les deux ressentaient depuis qu'ils s'était trouvés. Merveilleusement bien trouvés.
Remontant une de ses fines mains vers le visage de Peter, elle frôla du bout des doigts sa joue avant de la prendre complètement dans la paume de sa main pour tenter de rassurer ses tensions sans raisons.

- Je ne prétends en rien être parfaite, commença-t-elle hésitante. Je ne suis pas une personne avec un cœur d'or, j'aime me délecter de la souffrance des autres et au cours de ma longue vie d'immortelle, j'ai fais plus d'une erreur, c'est vrai. La première a été de tomber amoureuse de mon créateur. Comme pour illustrer ce qu'elle voulait dire, Nemesis baissa sa combinaison en cuir et retira ses cheveux blonds sur le côté pour montrer sa morsure dans le cou. Il s'appelait James Winslowe. Au début fascinée par ce qu'il était, je me suis laissée berner par la magie des vampires et surtout par sa beauté. Il m'a transformé et nous avons vécu ensemble près d'une centaine d'année. Dans les années 60, alors que nous habitions en Italie, je l'ai trompé avec un lycan au nom d'Anthony Austen. Nous avons vécu une idylle passionnée et c'est là que j'ai compris que je n'avais jamais aimé James de la façon que je le pensais. Je l'aimais comme un frère. Anthony a été mon seul et premier amour... Avant toi.

Nemesis s'arrêta, consciente qu'elle venait de lui en donner beaucoup en quelques secondes et qu'il avait surement besoin d'assimiler tout ça. Cependant, il la regardait en l'interrogeant du regard, comme pour comprendre le pourquoi de tout ceci, ce qui poussa la vampire à continuer sur la pente.

- James a apprit ma liaison avec Anthony et il a préparé son faux assassinat. Il m'a fait croire qu'on l'avait tué pour que je regrette mon acte. Anthony a ensuite prit la suite et je me suis retrouvée seule, hantée par la culpabilité et le fantôme de mon défunt fiancé. J'ai vécu cinquante ans dans la solitude, dans la crainte d'être le jouet de quelqu'un. Je n'avais ni raison de vivre, ni réel but. J'errais en quête de vengeance, à poursuivre durant un demi-siècle une vampire qui n'a jamais tué James. Après notre première rencontre, j'ai... Senti quelque chose de tellement ardent et de tellement puissant que j'ai eu peur. Vraiment eut peur. J'ai préféré fuir en ne cessant de me répéter que c'était par respect pour James mais en vérité c'était pour te protéger de moi et me préserver de ce que tu aurais pu me faire, sans le vouloir. Dès l'instant où tu es entré dans ma vie, j'ai su que tu chamboulerais mon univers tout entier. Et c'est ce que tu as fais, lança-t-elle en souriant amusée. Je n'ai cessé de penser à toi, durant tout ce temps et je sais très bien que quoi je dise, quoi que je fasse, tu ne me croiras pas comme ça, mais je t'assure que... Pour la première fois de toute ma vie, je ne mens pas. Elle caressa tendrement sa joue et se rapprocha très légèrement de lui. La deuxième fois où nous nous sommes rencontrés, je m'étais battue avec Eärwen dans une maison hantée par les fantômes dans l'espoir de voir l'esprit de James afin qu'il m'indique celle qui l'avait tué pour que je puisse commencer une nouvelle vie où je te voyais comme rôle principal. Cependant, il n'y était pas et pour cause... Il n'a jamais été tué. Je l'ai découvert il y a quinze jours. Je venais d'avoir une nuit difficile où j'ai eu l'audace de tuer une vampire douée en sorcellerie. Elle m'a d'ailleurs fais ce que tu m'as guéri tout-à-l'heure. J'ai rencontré James dans la forêt et là... Ça a été le choc. Il voulait que je revienne vers lui, que je pars vivre avec lui en France pour devenir la reine de son clan. Je l'ai détesté à ce moment précis pour tout ce qu'il avait osé me faire et me prendre... Cinquante ans de ma vie. Je me suis vengée et j'ai eu la merveilleuse idée de lui donner une correction. Cependant, j'étais blessée et je n'avais pas pu me nourrir, je suis donc très vite tombée à terre après l'avoir blessé et... Alors que j'allais y passer, il m'a fais boire de son sang et il m'a ensuite emmené chez ma sœur. La plaie a mal guérit et j'avais beau me nourrir de n'importe quoi, elle ne voulait pas se refermer, j'ai donc décidé de repartir dans la forêt. Non pas pour le voir mais pour retrouver mes racines. J'y suis restée quinze jours et me revoilà ce soir... Avec toi.

Nemesis s'arrêta pour de bon. Elle venait de finir son récit, elle venait de s'être expliquée sur toute sa vie, sur son passé et sur ce qu'elle ressentait même si elle n'avait pas tellement parlé de ses sentiments envers lui. Aucuns mots, aucunes phrases ne pouvaient lui prouver ce qu'elle ressentait pour lui, c'était si fort que de toute manière, il n'existait rien dans le dictionnaire pour le qualifier. D'un geste nerveux, la vampire se mordit la lèvre inférieur et hésita. C'était maintenant ou jamais. Et s'il lui fallait une preuve que tout ce qu'elle disait était la seule et unique vérité, elle n'avait pas d'autre choix que de céder à une de ses envies de plus en plus présente. Sans le prévenir, donc, la blonde se pencha vers lui et laissa ses lèvres parler pour elle. De façon douce, au début, elle finit par laisser l'effervescence de son amour prendre le dessus pour tourner le baiser dans un flux passionnel et débordant d'une nouvelle essence qui se dégageaient de leurs deux corps. Elle fut vite rassurée de constater qu'il répondit au baiser sans tarder et prise dans cette puissante vague d'amour naissant, la jeune femme laissa la main qu'elle avait sur sa joue remonter jusqu'à sa crinière pour l'attraper avec poigne mais sans mal. Le baiser se transforma de plus en plus à un manège rapide où le désir prenait une place de plus en plus importante; leurs langues jouant entre elles, se séparant pour mieux se retrouver tout en s'élançant dans cette danse qui n'appartenait qu'à eux et eux seuls et où ils étaient maitre de leur destin, capitaines de leur amour réciproque et débordant de cette franchise incontrôlable. Se laissant de plus en plus prendre au jeu, Nemesis fut bientôt sur Peter, ses deux cuisses repliées sur sur mollets et collés contre les hanches de son bien-aimé. Avec un délicieux plaisir, la vampire sentait les mains de son elfe se balader dans son dos tandis que ses mains à elle se perdaient sur sa nuque ou dans ses cheveux dorés. Le plaisir les animait d'une force presque animal qui faisait monter peu à peu ce désir charnelle qu'avait déjà entraperçut la vampire dans quelques une de ses visions. Et ce fut lorsqu'elle sentit les mains de Peter descendre sur ses fesses qu'elle réagit et mit fin au baiser avec une certaine malice et un certain sadisme. Elle aimait contrôler la situation pour mieux le rendre fou. Le sourire mutin de la blondinette s'élargissait de plus en plus tandis que l'expression de l'elfe devenait presque boudeuse voire frustrée. Amusée, la vampire se rapprocha de l'oreille de son petit-ami et murmura provocante :

- C'est à toi de me raconter ton histoire, mon ange.
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MessageSujet: Re: We won't break, we won't die. ♥ {PEMESIS}   Mar 21 Juin 2011 - 20:54

Peter devint soudain soucieux. Elle n'avait peut-être pas envie d'aborder ce sujet, ou peut-être cela constituait-il une période de sa vie qu'elle préférait oublier. En tout cas, il espérait secrètement que la seconde option était la bonne. Il stressait à l'idée de ne pas être celui qui comblerait la jeune femme, de ne servir qu'à remplacer un autre qu'elle avait véritablement aimé plus que tout. Il détestait être considéré comme une ombre. D'autant plus si son rôle auprès de Nemesis était de jouer le second fiancé, la doublure de ce James qui lui procurait des cauchemars. Il ne le connaissait pas, et pourtant si il venait un jour à le croiser, il n'hésiterait pas à contourner quelques uns de ses principes pour l'affaiblir tout en le maintenant en vie. Jamais il ne tuerait de sang froid. C'était au-dessus de ses forces. Quoique depuis quelques temps, il n'était plus vraiment le même. Il ne prenait plus garde à respecter les lois, tout ça parce qu'une vampire psychopathe était entrée dans sa minable petite vie d'Élu et avait chamboulé son univers. Il ne savait pas grand chose sur elle, pourtant il avait l'impression de la connaître depuis des siècles. Un peu comme si ils s'étaient déjà rencontrés, comme si en fait, ils ne s'étaient jamais quittés. Jusqu'ici, il ignorait tout du sens du mot aimer. Mais avec elle, l'acte apparaissait telle une évidence. L'amour semblait simple, sans peur ni limite. Hélas, Peter n'était pas encore assez déraisonnable pour croire en ces sottises. Il était plus que conscient des risques que leur passion contenait. Leur couple serait dissout si jamais on apprenait cette union entre deux races ennemies. On, c'est le Gouvernement Magique. C'est lui qui instaure toutes les règles de leurs communautés, lui qui dirige leur monde, lui qui les contrôle. Lui effraye les amants interdits. Des gens comme eux, comme Nemesis et Peter, il devait y en avoir des centaines, voire plus. Ils n'étaient pas les seuls à s'aimer dans l'illégalité. Sauf que comme eux, personne n'osait s'afficher en public. Tous fuyaient le regard des autres par peur d'être dénoncés. Alors si leur histoire était sérieuse, ils devraient sans doute envisager de fuir, eux aussi. Peter peinait à penser qu'il devrait délaisser sa mission pour partir vivre le grand amour dans un endroit secret, mais il ne pouvait plus imaginer sa vie sans Nemesis à ses côtés. Tant pis si elle n'était qu'une meurtrière assoiffée de pouvoir, tant pis si il ne pouvait représenter que le fantôme d'un amour perdu à ses yeux, tant pis si il devait être réduit à désobéir aux siens pour la suivre. Il s'en fichait. Il s'en fichait parce que quoiqu'il fasse, elle serait avec lui. Ils seraient ensemble. Peu importait où, quand, comment, puisqu'ils seraient deux. Elle et lui. Alors au diable tout le reste.

En attendant de rêver à leur avenir, Peter ferait mieux de se concentrer sur le présent. Il n'était même pas certain qu'elle l'aime autant que l'inverse, et n'avait pas encore entendu son histoire. Certes, Ninon Haalen lui avait beaucoup parlé de ce qu'elle savait de Nemesis. Malgré ça, l'elfe hésitait à croire les dires d'une soeur qui venait tout juste de réapparaître dans la vie de Nemesis. Il avait beau adorer Ninon, il savait à quel point elle pouvait être distraite ou rancunière, donc il avait choisi de se méfier. De plus, la blondinette n'avait pas été capable de répondre aux plus importantes de ses questions. Quand il lui avait parlé de James, elle avait fait un grand semblant de rien et lui avait demandé si il désirait boire quelque chose. Le sujet avait pris fin quand elle était revenue de la cuisine, cinq minutes plus tard, avec un plateau chargé de biscuits qu'elle déposa juste en face du jeune homme. Il avait pourtant tenté de relancer la discussion, mais tout ce qu'elle lui avait dit était d'attendre, sa soeur lui en apprendrait beaucoup plus qu'elle. Peter s'était renfrogné et n'avait plus été très bavard, ce que la vampire semblait avoir remarqué puisqu'elle contrattaqua avec une deuxième fournée de petits biscuits. Comment résister à l'appel du ventre face à de telles merveilles… Soit. Toujours est-il que l'elfe n'avait pas appris grand chose sur son âme soeur en allant consulter Ninon. Même si cette dernière avait abordé un sujet qui avait coupé court lorsqu'elle s'était rendue compte de sa loquacité. Elle avait toussoté, gênée, et était repartie en cuisine, prétextant avoir un coup de fil à passer. Elle avait cité un loup-garou, un dénommé Anthony Austen. Elle avait mentionné une trahison lointaine, des retrouvailles et quelques larmes, et puis elle avait radicalement clos l'affaire en disant que lui et Nemesis, c'était de l'histoire ancienne. De quoi tourmenter davantage l'esprit du jeune elfe. Bien sûr, inutile de dire comment s'est achevée la discussion. Peter n'avait guère pu en reparler et c'était tout juste si la blondinette ne l'avait pas traîné vers la sortie quand il s'était montré de plus en plus insistant. Il n'était plus retourné la voir depuis cet épisode. Maintenant qu'il avait retrouvé Nemesis, il se devait d'aller au moins la remercier pour son aide et puis, lui dire au revoir, si tout se passait bien. Car si il gagnait définitivement le coeur de la tueuse, il l'emporterait loin de San Francisco et du gouvernement magique, c'était certain. Rester ici était beaucoup trop dangereux. La proximité de l'Avenue Magique rendait leur liaison impossible en ces lieux. Ils partiraient ailleurs. Ils pourraient revenir de temps en temps, en taisant leur amour. Mais ils ne demeureraient pas longtemps sur place pour éviter de prendre des risques inutiles.

Peter avait hâte de connaître toute l'histoire de sa belle. Il rêvait de son passé, se demandant quelle genre d'histoire extraordinaire cela pouvait-il être. Il lui arrivait souvent de lui en inventer un, tentant par tous les moyens de justifier sa cruauté. Car après tout, si elle était aussi dangereuse, il devait bien y avoir une raison. Sa soeur en avait une, alors pourquoi pas elle ? Il la voyait bien en sauveuse de l'humanité, dont les rêves d'un monde meilleur avaient été brisés par la clairvoyance d'un entourage trop sévère. Elle se serait révoltée, aurait déniché un vampire qui l'aurait transformée et serait allée éradiquer ceux qui n'avaient pas crû en ses espoirs. Et puis le goût du sang lui aurait plu, elle se serait laissée emporter par les méfaits de sa nature, et aurait totalement oublié ses objectifs de super héroïne. Cependant, le blondinet doutait fortement qu'un côté écolo intégriste habitait en l'esprit de sa vampire. Il réessaya autre chose, un nouveau scénario. Peut-être lui avait-t-on brisé le coeur ? Et il savait combien cela pouvait faire mal que de devoir avancer avec un tel fardeau. Lui-même en avait déjà fait les frais. Quand Haley a disparu du jour au lendemain, il aurait été capable de tout et même du pire pour lui faire payer sa lâcheté. Heureusement, il était un elfe, une sorte de canalisateur de bonté. Donc il avait su contrôler ses pulsions, maîtriser son chagrin à défaut de ne pouvoir le guérir. Il imaginait donc sans peine ce qu'aurait pu endurer sa compagne si c'était bien une trahison qui était à l'origine de sa démence. En connaissant l'existence de James et d'Anthony, il était à peu près certain que c'était bien ça qui l'avait rendue ainsi. Sinon pourquoi joueraient-ils un rôle primordial dans sa vie ? Peter était convaincu de leur importance, car lors de leur premier baiser, il avait eu un entraperçu de ce qu'avait éprouvé Nemesis en perdant James. Par contre, il ignorait tout au sujet du lycan. Ce qui ne le rassurait absolument pas, d'ailleurs. Il craignait s'être trompé de pronostic. Il avait toujours été terrifié par la relation qu'entretenait Nemesis avec James par le passé, mais au final, cela pouvait être pire avec Anthony. Il pouvait toujours forcer l'accès aux souvenirs de l'immortelle, et ainsi assouvir sa curiosité en revivant chacun de ses souvenirs avec le lycan. Mais bien sûr, cela voudrait dire qu'il ne lui faisait pas confiance, et en plus, il violerait sa vie privée. Même si il était vrai qu'il n'était pas à cent pour cent confiant, il n'avait pas le droit de la trahir de la sorte.

Elle laissa échapper un profond soupir, qui eu pour effet d'accroître le sentiment d'ignorance de l'elfe. Il se sentait idiot d'exiger de telles informations de sa part alors qu'elle ne semblait pas le moins du monde en avoir envie. Ça ne devait pas être simple. Il le savait. Pourtant il n'y renoncerait pas. Il était conçu pour savoir, pour tout savoir. Ce trait de caractère ne l'aidait pas forcément dans tous les domaines, encore moins en amour. La jalousie ne l'avait jamais vraiment fait souffert, mais le manque de partage, l'absence de paroles, ça pouvait le rendre complètement masochiste. Pour lui, il fallait construire une relation solide sur des bases qui l'étaient tout autant. On devait d'abord apprendre à connaître l'autre. Explorer chacun des recoins cachés de son âme. La décrypter jusqu'à devenir le gardien de toute son existence. C'était exactement ce qu'il voulait pour Nemesis et lui ; qu'aucune névrose ne s'immisce entre eux. Une confiance défiant toute épreuve. Objectif pour le moins évident.
Les yeux de sa vampire agrippèrent les siens. Leurs regards ne se quittèrent plus d'une semelle. Comme à chaque fois lorsqu'ils avaient besoin de se réconforter l'un et l'autre, ils se perdirent dans les abîmes de leurs âmes. Ils ne formaient plus qu'un. Quand Nemesis vint déposer sa main glaciale contre sa joue, Peter sut qu'elle avait l'intention de lui répondre avec franchise. Il n'en fut que plus impatient. Néanmoins, elle le fit encore languir un peu en encadrant son visage de ses deux paumes. Elle le détenait tout entier - littéralement. Et enfin, après une attente infinie, la blondinette mit fin à son angoisse en se lançant dans le récit de sa vie.

    — Je ne prétends en rien être parfaite, commença-t-elle hésitante. Je ne suis pas une personne avec un cœur d'or, j'aime me délecter de la souffrance des autres et au cours de ma longue vie d'immortelle, j'ai fait plus d'une erreur, c'est vrai. La première a été de tomber amoureuse de mon créateur. Comme pour illustrer ce qu'elle voulait dire, Nemesis baissa sa combinaison en cuir et retira ses cheveux blonds sur le côté pour montrer sa morsure dans le cou. Il s'appelait James Winslowe. Au début fascinée par ce qu'il était, je me suis laissée berner par la magie des vampires et surtout par sa beauté. Il m'a transformé et nous avons vécu ensemble près d'une centaine d'année. Dans les années 60, alors que nous habitions en Italie, je l'ai trompé avec un lycan au nom d'Anthony Austen. Nous avons vécu une idylle passionnée et c'est là que j'ai compris que je n'avais jamais aimé James de la façon que je le pensais. Je l'aimais comme un frère. Anthony a été mon seul et premier amour... Avant toi.
Voilà donc les deux imbéciles qu'il redoutait tant qui venaient d'entrer en scène. Peter fronça les sourcils, surpris par la brièveté du récit. Il se raisonna soudain en se disant qu'elle s'était sans doute interrompue pour lui laisser le temps d'assimiler et de lui poser ses questions si il en avait. N'en ayant aucune pour l'instant, il lui intima de poursuivre sa narration. Ce qu'elle fit aussitôt.

    — James a appris ma liaison avec Anthony et il a préparé son faux assassinat. Il m'a fait croire qu'on l'avait tué pour que je regrette mon acte. Anthony a ensuite pris la fuite et je me suis retrouvée seule, hantée par la culpabilité et le fantôme de mon défunt fiancé. J'ai vécu cinquante ans dans la solitude, dans la crainte d'être le jouet de quelqu'un. Je n'avais ni raison de vivre, ni réel but. J'errais en quête de vengeance, à poursuivre durant un demi-siècle une vampire qui n'a jamais tué James. Après notre première rencontre, j'ai... senti quelque chose de tellement ardent et de tellement puissant que j'ai eu peur. Vraiment eu peur. J'ai préféré fuir en ne cessant de me répéter que c'était par respect pour James mais en vérité c'était pour te protéger de moi et me préserver de ce que tu aurais pu me faire, sans le vouloir. Dès l'instant où tu es entré dans ma vie, j'ai su que tu chamboulerais mon univers tout entier. Et c'est ce que tu as fais, lança-t-elle en souriant amusée. Je n'ai cessé de penser à toi, durant tout ce temps et je sais très bien que quoi je dise, quoi que je fasse, tu ne me croiras pas comme ça, mais je t'assure que... Pour la première fois de toute ma vie, je ne mens pas. Elle caressa tendrement sa joue et se rapprocha très légèrement de lui. La deuxième fois où nous nous sommes rencontrés, je m'étais battue avec Eärwen dans une maison hantée par les fantômes dans l'espoir de voir l'esprit de James afin qu'il m'indique celle qui l'avait tué pour que je puisse commencer une nouvelle vie où je te voyais comme rôle principal. Cependant, il n'y était pas et pour cause... Il n'a jamais été tué. Je l'ai découvert il y a quinze jours. Je venais d'avoir une nuit difficile où j'ai eu l'audace de tuer une vampire douée en sorcellerie. Elle m'a d'ailleurs fais ce que tu m'as guéri tout-à-l'heure. J'ai rencontré James dans la forêt et là... Ça a été le choc. Il voulait que je revienne vers lui, que je pars vivre avec lui en France pour devenir la reine de son clan. Je l'ai détesté à ce moment précis pour tout ce qu'il avait osé me faire et me prendre... Cinquante ans de ma vie. Je me suis vengée et j'ai eu la merveilleuse idée de lui donner une correction. Cependant, j'étais blessée et je n'avais pas pu me nourrir, je suis donc très vite tombée à terre après l'avoir blessé et... Alors que j'allais y passer, il m'a fais boire de son sang et il m'a ensuite emmené chez ma sœur. La plaie a mal guérit et j'avais beau me nourrir de n'importe quoi, elle ne voulait pas se refermer, j'ai donc décidé de repartir dans la forêt. Non pas pour le voir mais pour retrouver mes racines. J'y suis restée quinze jours et me revoilà ce soir... Avec toi.
Éberlué, le blond ne s'était absolument pas attendu à ça. Elle venait de tout lui confier, du début jusqu'à la fin. C'était à la fois étonnant et incroyablement grisant. Elle vouait en lui un sentiment plus puissant que n'importe quel amour. C'était bien plus que ça. C'était un mélange divin de passion et de confiance. Le must. L'elfe avait été très attentif à ce qu'elle venait de lui raconter, et il comprenait à présent énormément de choses. Il y voyait plus clair. Et il était heureux d'avoir pu deviner la raison de sa cruauté. Elle avait en effet eu le coeur brisé, le pire de tous les châtiments. Cependant, il n'eut guère l'occasion de se pencher plus en détails sur ce qu'il venait d'apprendre car Nemesis le regardait avec un air presque suppliant. Il comprit qu'elle avait peur. Peur de l'avoir déçu. Ou peur de le décevoir encore. Comme pour consoler ses inquiétudes, elle s'approcha de lui plus qu'il n'en fallait pour deviner ses intentions prochaines. Mutin, Peter la laissa faire sans apporter de contribution. L'immortelle fut donc forcée d'avancer ses lèvres jusqu'au siennes sans qu'il ne bouge d'un millimètre. D'abord tendre, leur baiser dura une éternité avant de s'approfondir. Leurs deux corps ne se décollaient plus, que du contraire. Ils n'avaient de cesser de se rapprocher, jusqu'à finir entièrement soudés l'un à l'autre. La différence de leurs températures corporelles ne les dérangeait plus, ils s'y étaient faits. Bientôt, ils laissèrent place à leurs émotions félines, et un désir carnassier leur fit perdre la raison. Noyés sous un torrent d'illusions, ils oublièrent l'endroit sinistre où ils se trouvaient et finirent par profiter pleinement de cette union. Nemesis se retrouva rapidement à califourchon sur le jeune homme, dont les cheveux semblaient être en proie aux griffes de la vampires. Pris au piège, le candide elfe délaissa sa sagesse pour découvrir une autre forme de plaisir. Ses mains parcoururent de haut en bas de dos de la blondinette, cherchant où se poser, en vain. Emportés par leur passion, les deux amants s'aimèrent plus en cet instant qu'en tous les autres qu'ils avaient connus jusque là. Ce baiser signifiait beaucoup plus. Il leur apprenait aussi leurs limites. Dangereuses frontières à ne pas franchir avant encore un moment. Ils n'étaient pas prêts. Pas encore. Fort heureusement, Peter en était conscient. Un elfe n'oublie pas si vite sa nature. Néanmoins, il douta de la clairvoyance de sa semblable. Elle semblait si dévouée, si perdue entres leurs caresses. Certes, le blondinet se rendit compte un peu tard qu'il se laissait trop facilement influencer par les agissements pervers de la tueuse. Pour preuve, une de ses mains s'était retrouvée un peu trop bas dans le dos de sa chérie. Elle l'avait remarqué, car d'un coup, sans prévenir, elle se retira et mit fin au baiser. Un air malicieux accroché aux lèvres, elle dardait sur lui un regard satisfait. Intérieurement soulagé que ça n'ait pas été plus loin, Peter ne fit aucun commentaire. L'orgueil de sa compagne pouvait parfois l'agacer. Mais là, il lui était plutôt reconnaissant. Pourtant, il se dit qu'il n'était peut-être pas assez mordant, assez mauvais pour plaire à l'immortelle. Elle qui avait toujours le don d'asseoir sa supériorité sur lui, de lui prouver maintes et maintes fois à quel point elle pouvait se montrer mutine, voire même peste. Elle qui lui avait avoué être tombée amoureuse d'un atroce lycan, un tueur, tout comme elle. Il peine à croire en leur histoire, ne se trouvant par aussi cruel et sordide que les anciennes conquêtes de cette déesse terrestre. Peut-être qu'en lui parlant plus en profondeur de lui, elle finirait par changer d'avis. Hélas, il ne le saurait pas avant un moment.

    — C'est à toi de me raconter ton histoire, mon ange.
… Ou peut-être avait-il parlé trop vite. Elle découvrirait des tas de choses incroyablement bienfaitrices dont il était la source, et ça la répugnerait. A moins qu'elle ne décide de se reconvertir en ange, ce qui l'aurait fortement étonné. Quoi qu'il en soit, elle attendait maintenant de lui qu'il fasse preuve d'autant de sincérité et de précision qu'elle. Cependant, il ne savait absolument pas quoi lui raconter à son sujet. Son existence n'avait rien de passionnant. De plus, elle allait s'endormir, à défaut de ne pouvoir mourir d'ennui. Il n'avait rien d'intéressant à raconter, toutefois il tenterait de faire un effort, rien que pour elle. Juste pour qu'elle ne doute pas de sa franchise. Ni qu'elle pense qu'il ait quoique ce soit à lui cacher. Il lui parlerait des deux seules femmes de sa vie. Et puis il s'attarderait sur la plus importante de toutes : elle. Une fois qu'il eut pris une grande bouffée d'air frais, il débuter son récit.


    — Je n'ai pas grand chose à t'apprendre sur moi, commença-t-il. Je suis né parmi une tribu d'Elfes dits Sages. J'ai grandi là-bas avec mes parents. J'ai toujours été intrigué par l'inconnu, si bien que je m'intéressais à tout. On m'a confié une mission, celle de réunir une multitude de connaissances afin qu'on oublie jamais rien de ce monde dans les années à venir. C'est pour ça que je voyage sans cesse.
Il fit une courte pause avant de poursuivre.

    — Je suis à San Francisco pour plusieurs raisons. Non seulement pour en apprendre davantage sur le Gouvernement magique, mais aussi parce que je dois y retrouver quelqu'un. Une connaissance de longue date que je n'ai plus vue depuis longtemps. C'était ma meilleure amie, on a grandi ensemble. Mais elle a connu une période désastreuse, a eu un enfant illégalement et s'est faite enfermée. je l'ai aidée à fuir avec l'enfant. Et depuis lors, je reçois rarement de ses nouvelles. Alors quand elle m'a contacté pour savoir si je traînais dans les environs de San Francisco, je m'y suis installé. J'attends encore sa venue. Mais elle viendra.
Réalisant qu'elle avait pu mal interpréter le récit principalement basé sur Aeden qu'il venait de lui narrer, Peter s'empressa de la rassurer en l'enserrant dans ses bras. Leur étreinte se fit plus intime. Plus enjôleuse. Il voulait la réconforter d'avantage, mais quelque chose l'en empêcha. Il désirait plus. Plus que ce qu'ils avaient déjà, plus que ce qu'ils partageaient à cet instant. Le cimetière devait vachement le refroidir. Conscient de l'obstacle que représentait ce lieu pour eux, il suggéra à voix basse, comme s'il avait soudainement peur qu'une âme puisse les entendre :


    — Et si on s'en allait ?

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