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 I Don't Like Trains - Gabriel & Alice

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MessageSujet: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Jeu 23 Sep 2010 - 13:30

&
You're infecting my mind


Alice riait, Alice tournait, Alice vivait. Alice était heureuse. Heureuse d’exister, tout simplement. Elle était dans un salon, près d’une immense baie vitrée, et elle dansait comme une enfant. Elle dansait pour plaire, parce qu’on le lui avait demandé mais ça ne la dérangeait pas. C’était Gabriel qui lui avait demandé et elle aimait lui faire plaisir alors elle continuerait sûrement de danser jusqu’à en tomber. Gabriel, c’était son protégé, son secret. Elle l’aimait tendrement de cet amour presque maternel qu’elle ressentait pour les gens blessés. Elle l’aimait entièrement lui et son déséquilibre social. C’était son Gabriel et rien n’y changerait, alors elle continuait de danser dans le soleil couchant. Ses rayons la caressaient comme l’avait fait le sorcier un peu plus tôt et elle se sentait bien. Elle savait que le regard pur du jeune homme ne la lâchait pas. Des éclats de leur première rencontre lui revinrent soudainement en mémoire, lorsque les yeux clairs n’étaient pas aussi bienveillants en la regardant et elle vacilla sur la pointe de ses pieds. Au début, il la méprisait. Mais c’était du passé. Son trouble écarté, le corps d’Alice reprit ses mouvements jusqu’à ce que lassée de danser, la jeune femme ne vienne s’asseoir gracieusement sur les genoux de son compagnon. Automatiquement, l’un de ses bras passa autour des épaules de Gabriel tandis que l’autre traversait son torse dans le but d’accrocher ses mains entre elles, puis son regard se fixa avec amusement sur le jeune brun qui l’observait placidement :

- J’espère que ça t’a plu, mon cher, parce que me voilà toute fourbue, annonça-t-elle avec un sourire.

Elle planta un baiser sur sa joue puis embrassa doucement ses lèvres. Elle adorait la sensation de calme qu’elle retirait près du jeune homme. Prendre soin de lui, lui plaisait. Peu importe à quel niveau, elle devait le faire. Sa tête se logea ensuite dans le cou du jeune homme et elle se serra contre lui, inspirant profondément son odeur qu’elle affectionnait tant. En théorie, ils n’auraient pas du être là, ensemble, en couple. Mais le destin réserve parfois de belles surprises. Ils s’étaient rencontrés dans une librairie, tout bêtement elle avait fait tomber un ouvrage volumineux à ses pieds. Rougissante, elle était immédiatement venue s’excuser et il l’avait toisée avec mépris jusqu’à ce qu’elle remette le col de sa chemise, d’un geste naturel. En vérité, elle ne supportait pas que les cols des gens ne soient pas bien mis, donc lorsqu’elle avait vu celui défaillant de Gabriel, elle n’avait pas réfléchi aux conséquences de son acte. Aujourd’hui, elle ne le regrettait nullement. Il avait pris une place importante dans sa vie et elle n’était pas sûre de pouvoir l’en écarter un jour. Quoiqu’il en soit, il lui avait assuré qu’il ne la laisserait pas tant qu’elle oublierait les quelques mots de français qu’il lui murmurait après l’amour. Pas forcément d’une façon tendre mais ces mots aux consonances étrangères envoutaient littéralement la jeune femme et elle les adorait, alors lorsqu’elle prononçait le prénom de son petit-ami, elle faisait de son mieux pour y appliquer un quelconque accent français, sans grand succès. Gabriel était de toute façon assez indifférent à ce détail.

Caressant distraitement l’épaule de ce dernier, Alice se demanda combien de temps elle l’aurait encore avant qu’il n’aille à nouveau s’enfermer dans son cabinet de travail. Il en était sorti en fin d’après-midi pendant qu’elle s’amusait à faire des cookies en compagnie de son familier, Lya, et elle espérait sincèrement qu’ils passent le reste de la soirée ensemble. Se levant en douceur des genoux du jeune homme, elle alla récupérer la boîte à cookies qu’elle venait de remplir et la lui tendit, un léger sourire posé sur les lèvres.

- Tu en veux ? Je les ai faits pour toi, en attendant que tu daignes sortir.
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Jeu 23 Sep 2010 - 19:45

.Le salon d'Alice Sullivan était un havre. Au centre de la ville, et pourtant si éloigné de tout. Gabriel n'y était pas venu depuis un long moment; depuis qu'il avait annoncé à la naïade que tout était fini. Mais une telle aventure ne se finit jamais vraiment...
.Confortablement installé dans un immense sofa, Gabriel contemplait la créature qui dansait en face de lui, son corps à peine couvert d'une petite robe blanche exposé à son regard clair et à la baie vitrée. Etrange de savoir à quel point une simple danse pouvait le transporter dans un autre monde: les mouvements d'Alice évoquaient un envol infiniment poétique. Elle oubliait le monde, tout comme lui à présent.
.Gabriel lui avait demandé cette faveur, sans avoir reçu la moindre objection à son désir. Pourtant, il n'avait pas utiliser son don pour la persuader. Il savait qu'il n'en avait pas besoin, ou plutôt... il savait qu'il n'en aurait pas la force.
.Lorsque cette jeune femme blonde l'avait abordé pour la première fois, Gabriel avait été saisi par son impertinence et sa maladresse. Parce qu'il avait si bien méprisée, le sorcier s'était mis en tète de faire d'elle son nouveau jouet avant de la détruire. Comme toutes celles qui l'avaient précédées et les nombreuses autres qui la suivirent. Seulement, cette nuit là, Gabriel avait trouvé en Alice une chose qu'il connaissait trop peu, quelque chose qu'il avait fui depuis bien longtemps... Pour preuve: la naïade était encore en vie et dansait, le visage illuminé par la lumière orangée du soleil couchant.
.Les mouvements d'Alice prirent fin. La créature vint s'installer sur les genoux de Gabriel, souriante et gracieuse. Le sorcier ressentait les battements de son coeur s'accélérer encore davantage lorsqu'elle approcha sa poitrine de son torse. Sans dire le moindre mot, Gabriel contemplait son visage, caressait ses cheveux blonds avec une délicatesse dont il ne pensait plus être capable.

- J’espère que ça t’a plu, mon cher, parce que me voilà toute fourbue, annonça-t-elle avec un sourire.

.Un baiser sur sa joue, puis sur ses lèvres... Gabriel se sentait renaître, douloureusement. Cette sensation de défaite et de faiblesse face à cette magnifique naïade ne l'avait pas quitté. Mais elle s'estompait à chaque baiser, a chaque fois qu'il serrait son corps contre le sien. Il avait fait tellement de mal, tué tant de femmes sans éprouver le moindre regret, et Alice Sullivan avait fait exception à la règle... Pourquoi fallait-il qu'elle soit si différente?
.Le jour ou il l'avait quitté, Gabriel avait compris que son désir de violence ne prendrait jamais fin. Il voulait la protéger, maladroitement sans doute... Il l'avait prise pour une écervelée qui ne pouvait pas comprendre la raison de son attitude sadique. Il avait eu tort, et se sentait rassuré que Alice ne lui en veuille pas plus que ça: elle l'avait à nouveau accueilli chez elle, invité dans ce même lit confortable aux couleurs froides, une autre nuit de délice "comme au bon vieux temps".
.Alice se leva pour apporter une boite à gâteaux qui contenaient plusieurs cookies.

- Tu en veux ? Je les ai faits pour toi, en attendant que tu daignes sortir.

.En temps normal, le sorcier ne prenait pas de sucreries. Mais malgré leur forme... hasardeuse, les gateaux sentaient bon et étaient encore chauds. Il saisit délicatement le premier cookie tout en fixant Alice, son regard plus troublant que jamais.

- Avec plaisir. Si tu en prends un avec moi.

.Puis, prenant délicatement un autre gâteau, Gabriel l'approcha de la bouche de la naïade, qui mordit dedans avec délicatesse, ses yeux en amande soutenant son regard. Une petite trace de chocolat était restée sur le coin de ses lèvres. Le sorcier approcha son visage du sien, et entreprit d'effacer cette marque génante d'un baiser.
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Jeu 23 Sep 2010 - 21:21

Le regard charmeur que lui offrit le sorcier après s'être emparé d'un cookie aurait décontenancé la jeune femme au début de leur relation mais elle était devenue habituée à son charme hors du commun, sans pourtant arriver à s'en sevrer.

- Avec plaisir. Si tu en prends un avec moi.

Soulignant la parole par le geste, il se saisit d'un second biscuit et le porta à la bouche de la naïade qui croqua délicatement dedans sans arrêter de soutenir son regard. Elle avait fini par apprendre que son égo était une force, quand Gabriel lui était revenu peu de temps après avoir rompu. Mais là encore, la question de savoir pour combien de temps elle l'avait, était incertaine. A première vue, elle était devenue une sorte de repère pour le jeune homme mais était-ce la réalité? Elle acceptait sa folie tant qu'elle ne la touchait pas et ne pourrait jamais refuser de prendre soin de lui tant qu'il la respecterait, mais peut-être n'était-elle qu'un de ses jouets? Elle refusait de s'attarder trop sur la question, sachant pertinemment qu'il lui serait impossible d'avoir de véritable réponse. Gabriel lui appartenait en partie de la même façon qu'elle était à lui, un point c'est tout. Un baiser arriva pour la surprendre ses pensées et elle y répondit doucement avant de revenir s'asseoir sur ses genoux, abandonnant la boîte à cookies sur la table basse:

- Tu as le goût du chocolat, chuchota-t-elle en effleurant sa joue du bout de son nez. Gabriel, tu fais quoi ici?

La question lui avait échappé, il était trop tard pour espérer la ravaler donc la jeune femme se redressa et confronta à nouveau leurs regards sans ciller. Au pire, il ne lui répondrait pas. Et partirait. Au pire. Mais comme il existait un principe d'équilibre universel, il existait toujours un mieux à opposer au pire alors Gabriel pouvait aussi simplement lui répondre. Répondre à son opposé. Son opposé parfait, même. Alice hocha imperceptiblement la tête pour elle-même. Oui, elle était son négatif et rien que pour cette raison, ils ne seraient jamais amoureux entre eux. Ils demeureraient juste Gabriel et Alice. C'était sûrement mieux ainsi.

La blonde ne se sentait de toute façon pas apte à aimer dans son entièreté un tueur de femmes, et luttait inconsciemment et constamment contre cette part du jeune homme. C'était sûrement pour ça que le materner lui plaisait. Elle n'avait pas perdu l'espoir qu'un jour, il serait enfin rassasié, que le sang aurait assez coulé pour lui et qu'il ne s'apaise définitivement. Sauf qu'elle espérait que l'apaisement définitif ne soit pas en lien avec une quelconque mort du sorcier. Gabriel étant une partie d'elle, elle vivrait très difficilement cette épreuve. Si le brun pouvait se douter de ce qu'elle pensait, il en rirait sûrement. Mais elle se taisait donc tout allait bien. Il ne restait plus qu'à voir qu'elle réaction il allait adopter pour répondre à la question qu'elle avait oraliser par mégarde.
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Mer 29 Sep 2010 - 21:19




.S'écartant du visage d'Alice, Gabriel pouvait voir qu'elle souriait, chaque détail de son visage diaphane aussi parfait qu'au premier jour. La beauté de la naïade ne faisait pas partie de ces choses que l'on découvre lorsqu'on avance dans une relation: elle était l'incarnation de la beauté, cette beauté vénérée par les poètes avides de jeunesse éternelle. Le sorcier ne détachait pas les yeux de son visage, de sa bouche surtout. Il était difficile de ne pas céder à un nouveau baiser.
.Gabriel inspira profondément lorsque Alice s'approcha de lui, le visage enfoui dans le creux de son épaule.

- Tu as le goût du chocolat. Gabriel, tu fais quoi ici?

.Gabriel plongea ses yeux dans ceux de la naïade, presque aussi clairs que les siens. Son sourire avait disparu. Tout redevenait sérieux, quel dommage.
.Le sorcier ne jugea pas bon de fixer Alice pendant qu'il essayait de formuler une réponse correcte. Si jamais il pouvait en trouver une... Qu'il y avait-il à dire dans ce cas? Que faisait-il ici? Il était bien le premier à se poser la question. Après tout, hormis sa nature de créature aquatique, la naïade demeurait une femme comme les autres, aussi vulnérable que les autres. Une victime potentielle, comme toutes celles qui avaient partagé son lit. Alors, qu'avait-elle de si spécial? Qu'est ce qui pouvait bien empêcher Gabriel de lui faire partager son enfer de sang, de larmes et de douleur?

.Ce n'était pas de l'amour, il en était certain. Pourtant, bien que le sorcier eut éprouvé de nombreuses satisfactions concernant ce détail, leur relations sexuelles étaient loin d'être la seule raison qui le poussait à épargner Alice Sullivan. Gabriel aimait sa compagnie, sans pour autant se sentir mal lorsqu'il était éloigné d'elle. Il était tendre sans se sentir forcé de l'être... Pour la première fois depuis des années, il n'avait pas besoin de faire semblant.
.Alice lui offrait cette possibilité rarissime d' ôter son masque de bel inconnu plein aux as qu'il adoptait en société. Bien sur, pour l'amener dans son lit, Gabriel avait utilisé cette ruse, mais à partir du moment où il avait compris qu'il ne pourrait pas la détruire aussi facilement, rien ne fut jamais pareil. Le sorcier s'était montré distant et ,selon son propre avis,faible. Exposant sa souffrance intérieure a une créature qui le comprenait trop bien. Ce n'était pas Gabriel qui projetait son mal dans l'esprit d' Alice, mais bien Alice qui s'immergeait dans l'âme sombre de Gabriel. De son plein gré.
.Il ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner, il ne pouvait pas perdre cette sensation de liberté qu'il ne trouvait que dans ses bras. Alice était sa protection. C'était bien cela...

- Je cherche un endroit où je n'aurais pas besoin de mentir. Ni à toi, ni à moi même.

.Voir le monde réel. Voir la perfection en face de soi. Toucher sa peau. Ressentir le sang couler paisiblement dans ses veines. Elle était la seule, la seule qui ne connaitrait pas l'enfer. Grand bien lui fasse...
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Lun 4 Oct 2010 - 16:26

Le sourire du sorcier s'évanouit en même temps que son regard se heurtait brièvement à celui de la jeune femme. Cette dernière culpabilisa un peu plus d'avoir laissé s'échapper cette question et baissa les yeux sur le sol. Elle aurait du les laisser continuer à profiter du moment au lieu d'avoir eu ce réflexe presque instinctif chez les femmes et qui concernait leur désir de tout interpréter ou expliquer. Il était rare - pour ne pas dire impossible - de trouver un être capable de raisonner et étant de sexe féminin qui ne cherchait pas à comprendre le tréfonds des relations entre créatures. C'était quelque chose qui les motivait plus qu'autres choses. Elles était capables de parler des heures durant de quelqu'un afin de disséquer le moindre de ses gestes et la moindre de ses paroles. Alice n'était pas l'exception confirmant cette règle.

Elle n'arrivait pourtant pas à véritablement cerner Gabriel. Il était trop imprévisible et cachottier pour être répertorié dans telle ou telle catégorie. Par exemple, elle savait qu'il pouvait être dangereux mais ne s'était jamais réellement sentie en danger à ses côtés. Au contraire, elle se sentait bien. Elle avait depuis le début la conviction qu'elle devait prendre soin et c'était peut-être ça qui lui donnait ce sentiment de sécurité. Comme s'ils étaient liés par des liens stables qui ne bougeraient pas quoiqu'il arrive. Cette thèse renforçait ce que la naïade ressentait au sujet du fait qu'elle était le négatif du jeune homme de la même manière qu'il était le sien. On ne tuait pas ce qui nous permettait d'exister car il faut que deux choses s'opposent pour que nous remarquions leur existence. Sans la nuit, la lumière ne nous paraîtrait pas si éblouissante. Mais même en ayant compris qu'ils étaient le négatif l'un de l'autre, Alice ne savait pas s'il était juste de dire que Gabriel correspondait à la noirceur. Il était relativement tordu, certes, mais il était aussi terriblement enfantin, et ça, on le voyait dès que la possibilité d'approfondir son analyse nous était offerte.

Plus qu'aucun autre homme, il avait l'air d'avoir besoin qu'on l'accepte tel qu'il était. Il était pourtant manipulateur et charmait tout va mais cette contradiction renforçait son côté humain. Aucun humain ne saurait ne pas être paradoxal. Sauf s'il n'a aucune profondeur, évidemment. L'humanité est très souvent mouvante. Evidemment, certaines choses ne changeront jamais, telle que l'envie de romantisme qui étreint la plupart des femmes et l'incompréhension quasiment constante qu'il existe entre les deux sexes. Pourtant, Alice avait l'impression de comprendre Gabriel lorsque celui-ci se décidait à lui donnait accès à ses penser. Peut-être était-ce ça la clé pour abolir les frontières entre les sexes : la transparence de l'esprit. Sauf que c'était plus facile à dire qu'à faire. On avait souvent peur que ce que l'on pensait soit mal interprété. Ainsi, que Gabriel lui offre la possibilité d'analyser ses pensées, était un grand signe de confiance : pourquoi n'avait donc -t-elle pas pu tenir sa langue? S'il avait eu envie de lui parler des raisons ayant motivé sa venue, il l'aurait fait tout seul comme le grand garçon qu'il était. Non?

- Je cherche un endroit où je n'aurais pas besoin de mentir. Ni à toi, ni à moi même.

Eh bien non. Il avait eu besoin qu'elle laisse sa curiosité l'envahir pour avouer sa motivation, qu'Alice trouvait d'ailleurs très flatteuse. Effectivement, quel autre endroit était plus approprié à la sincérité que le lieu où résidait son opposé le plus parfait? Chez un ami, éventuellement... Mais la naïade ne connaissait pas de vrais amis au sorcier. Il était tellement plus du genre à être solitaire que le contraire aurait de toutes façon étonné la jeune femme. Elle essaya de capter à nouveau son beau regard et lui offrit un sourire aux allures timides en croisant ses doigts, comme si elle était confuse de cet aveu. Ce qui n'était pas tout fait vrai, étant donné qu'elle avait eu inconsciemment cette certitude qui pulsait sourdement dans son coeur. Mais peut-être était-ce le fait qu'il ose oraliser ce fait, qui la troublait. Elle garda le silence pendant quelques secondes avant de reprendre la parole d'une voix posée :

- J'ai un peu l'impression d'être hors du temps en ta compagnie...

Cet aveu avait été mûrement réfléchi et la jeune blonde avait choisi les mots de façon à ce qu'ils ne soient pas assez clairs pour que le sorcier passe outre dessus. Bien sûr, il pouvait toujours ne rien y ajouter mais elle espérait qu'il soit suffisamment curieux pour poser une question impliquant une réponse développée. Elle lui fournirait d'ailleurs sans aucun problème sa réponse mais le désir de savoir de quelle façon il appréhenderait sa remarque la fascinait. Elle-même aurait pu demander si le fait qu'ils soient sincères ensemble et celui qui lui donnait l'impression d'être hors du temps était lié mais en était-il de même pour le sorcier? C'est ce qu'elle saurait s'il rebondissait. Mais il y avait aussi la possibilité qu'il rebondisse avec une autre phrase déclarative, sans qu'aucune interrogation ne soit soulevée. Ca allait aussi à la jeune femme. En fait, tant qu'il répondait ça lui allait. Il fallait simplement une réponse de sa part pour qu'elle jauge approximativement son état d'esprit, car même s'il avait dit qu'il pouvait être lui à ses côtés, il y avait d'une certaine façon, plus d'un "lui" au sein de son esprit.
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Dim 17 Oct 2010 - 19:11

La naïade sourit à nouveau, visiblement touchée par la déclaration de Gabriel. Il était vrai que cet aveu portait à confusion, mais le sorcier n'avait pas pu formuler ses pensées d'une autre façon. Il souhaitait être honnête, plus que tout autre chose en cet instant précis, tout en sachant pertinemment qu'il n'aurait pas besoin d'en dire beaucoup pour se faire comprendre. C'était aussi une chose qu'il appréciait chez Alice: ce n'était pas une écervelée. Non seulement Gabriel avait confiance en elle, mais il savait également qu'il pouvait attendre de la naïade l'attention dont il avait tant besoin au sens spirituel du terme. Chose qu'il n'avait réussi à trouver chez aucune femme auparavant. Ou presque...

Le court silence qui s'installa permit au sorcier de se poser une seule et unique question: "Comment en suis-je arrivé là?". Qu'est ce qu'il l'avait poussé à commencer cette vie de meurtrier pervers? Etais-ce la joie suprême de savoir a quel point une armée d'avocats pouvait le rendre encore plus innocent que l'enfant qui vient de naître? Cette possibilité n'était pas à nier, car elle était vraie, honteusement véridique et vérifiable: l'innocence se paye, au prix d'une belle malette remplie de billets verts. Le sorcier pouvait bien commettre les actes les plus atroces envers ses victimes, il n'aurait jamais la moindre crainte de passer du mauvais coté des barreaux. Quant à perdre sa dignité, Gabriel n'avait aucun souci à se faire, tant qu'il ne croiserait pas son reflet dans le miroir.

Une deuxième raison vint à son esprit, tandis qu'il observait les cheveux d'Alice, que la lumière du soleil faisaient paraître roux. Vraiment... Est ce que Alice était vraiment la seule femme qui pouvait le comprendre? Rien n'était moins sur... et tandis que Gabriel retrouvait en souvenir le goût salé des larmes et ce parfum fruité qu'il croyait avoir chassé de son esprit, cette incertitude se mua instantanément en affirmation négative: Alice n'était pas "la seule". La naïade était peut-être son refuge dans cette ville, son échappatoire dans ce monde d'apparence et d'hypocrisie. Mais elle n'était rien lorsque le sorcier se remémorait avec peine son enfance. Cette jeune fille rousse, la couleur qui avait illuminé son univers de ténèbres, la douceur qui avait soigné ses blessures... et il l'avait laissée dans ce pays de dégénérés... seule, et peut être morte de chagrin, sans l'ombre d'un regret.

- J'ai un peu l'impression d'être hors du temps en ta compagnie...

La voix de la naïade fit émerger Gabriel de ses pensées confuses. Il mit un peu de temps pour se rassembler et donner un sens à la déclaration de la créature. Hors du temps? Cela caractérisait bien le moment présent, où seul le soleil donnait un semblant d'indice temporel. Il était vrai que le sorcier n'avait plus l'impression de se s'occuper constamment de sa montre lorsqu'il partageait la compagnie d'Alice. Elle n'avait pas ce sentiment non plus. C'était étrange: partager une attirance physique était une chose, mais se trouver des points communs de ce type était la marque d'une attirance bien plus... spécifique. Mais comme tout le monde, Gabriel pouvait commettre des erreurs.

Le sorcier caressa doucement la joue d'Alice qui frissonna à ce contact. Il avait les mains froides, chose qui n'arrivait qu'en cas d'importante déconcentration. Comme au beau milieu d'un rêve, Gabriel ne savait plus comment il était arrivé là, tout en se posant sans cette des questions sur lui même et sur ses actes. Ces pulsions meurtrières venaient-elles de ce rejet incessant par toute une communauté prêchant le bien tandis qu'ils jouaient au Diable? S'étaient-elles manifestés par ce premier sentiment de vengeance envers son père, bourreau encore plus impitoyable que les pires démons? Avait-il eu ce déclic lorsque le baiser de Mélissa Ravenelle l'avait condamné à ce regret éternel? Toutes ces possibilités se mélangeaient, le rendaient presque fou...

- Escuse moi... murmura t-il en se détournant de la naïade, Je dois me sentir ailleurs moi aussi...

La confusion semblait atteindre son paroxysme alors qu'un nouveau long silence s'installait. Gabriel savait que son attitude relevait de l'incompréhensible, mais il avait besoin de clarifier la situation avant de savoir ce réellement qu'il faisait ici.

- Si tu le permet, j'ai à mon tour une question Alice: Lorsque tu me regardes, que vois-tu vraiment?
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MessageSujet: Re: I Don't Like Trains - Gabriel & Alice   Ven 5 Nov 2010 - 14:46

Le contact doux mais glacé de la main de Gabriel sur sa joue fit tressaillir légèrement la naïade qui leva les yeux vers lui d’un air interrogatif. Il paraissant ailleurs, emmêlé dans des pensées dont elle ne connaîtrait sûrement jamais le sujet, ce qui ne la dérangeait pas. Elle serait là pour lui en cas de besoin, c’était tout ce qui comptait. Les démons du sorcier n’étaient pas les siens, tout comme ses propres démons – très peu nombreux – ne concernait pas le brun. En revanche, s’il l’un ou l’autre ressentait l’envie de les extérioriser, ils auraient une oreille attentive.

Le soleil était presque couché maintenant, la journée était passée comme si de rien n’était et demain, une nouvelle semaine débuterait. La perspective plaisait beaucoup à la jeune femme qui adorait son travail. Abandonner le mannequinat pour des études de zoologie avait été la chose la plus intelligente qu’elle n’ait jamais faite de sa vie. De plus, grâce à sa nature, elle connaissait à peu près tout ce qui traitait des animaux aquatiques et n’avait eu qu’à vraiment travailler pour le reste. Certes, le reste n’était pas rien mais quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas ? Le zoo de San Francisco était en plus un merveilleux endroit que ce soit pour les humains ou pour les animaux. Alice était d’ailleurs ravie que ce soit sa première affectation même si quitter New York n’avait pas été chose aisée. Une fois dans le zoo, il était impossible de se dire qu’une grande ville se trouvait à proximité. C’était un autre univers. Comme lorsque Gabriel était dans les parages. Réoffrant son attention à ce dernier, la jeune blonde constata qu’il semblait s’être légèrement remis même si son air était encore un peu perdu. Désirant essayer de le réconforter, elle allait lever la main pour lui caresser le visage de la même façon qu’il l’avait fait sur elle, un instant auparavant, quand il la coupa dans son élan :

- Excuse moi... murmura t-il en se détournant de la naïade, Je dois me sentir ailleurs moi aussi...

Le ton bas, presque inaudible du sorcier surprit Alice qui comprit qu’elle avait sous-estimé l’état dans lequel se trouvait son amant. Sachant qu’elle n’avait rien à faire hormis attendre, son regard glissa sur la pièce dans laquelle ils étaient avant de s’arrêter sur les photos qu’elle avait accroché aux murs et représentaient la plupart du temps sa famille. Son frère et sa sœur en particulier étaient très présents. C’était eux qui lui manquaient le plus. Evidemment, ils s’appelaient régulièrement, se donnant des nouvelles et racontant leurs dernières aventures mais ce n’était définitivement pas pareil. Thomas, son aîné ne voyait pas d’un bon œil sa relation avec Gabriel, même s’ils n’étaient qu’amis maintenant. Il disait que le sorcier la manipulait, ce qui blessait Alice avant que leur petite sœur ne lui souligne qu’il s’agissait d’une inquiétude fraternelle parfaitement légitime étant donné qu’elle fréquentait un tueur en série. Suite à cela, les deux ainés avaient réabordés la question et Alice avait réussi à convaincre son frère qu’il n’y avait pas de crainte à avoir au sujet de la relation qu’elle entretenait avec Gabriel. Elle lui avait même proposé d’organiser une rencontre mais il avait décliné, invoquant des études trop prenantes. Leur cadette l’avait discrédité en indiquant qu’en vérité, il avait peur de tomber sous le charme déstabilisant du séduisant Gabriel. L’histoire avait fait le tour de la famille au grand déplaisir du jeune homme qui n’avait pourtant pas cherché à démentir. La peur de Thomas était toutefois parfaitement compréhensible, sachant que même en étant un homme parfaitement hétéro, il y aurait eu de grande chance qu’il fasse abstraction du parcours de Gabriel pour se concentrer sur le charisme que ce dernier exhalait par tous ses pores.


- Si tu le permet, j'ai à mon tour une question Alice: Lorsque tu me regardes, que vois-tu vraiment?


La question soudaine de l'un des objets de ses pensées prit un instant la jeune femme au dépourvu, le temps qu’elle s’éloigne de ses souvenirs pour se concentrer sur ce qui lui était demandé. Visiblement, la question taraudait sincèrement le sorcier alors elle allait devoir être précise et franche. Se levant de ses genoux pour se placer devant lui, elle l’inspecta d’un œil professionnel et objectif, bras croisés nonchalamment croisés sur sa poitrine et une de ses mains jouant avec ses cheveux.

- Lorsque je te regarde, je vois d’abord un bel homme avec un charme incomparable. En ce moment, je vois aussi quelqu’un de perdu mais d’attentif… commença-t-elle en parlant la distance de quelqu’un en pleine réflexion. En temps normal, je vois un homme soigné pour lequel j’ai beaucoup d’affection et qui me le rend bien malgré son côté sombre, aussi.poursuivit-elle en tapotant des doigts l’une de ses joues tandis que son esprit continuait de réfléchir à la question qui venait de lui être soumise sans trouver d’autres choses à dire dessus.

Haussant finalement les épaules en signe d’ignorance et perdant du même coup son expression concentrée, elle laissa ses bras retomber le long de son corps fin et passa une main dans ses cheveux en souriant d’un air gêné.

- Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose d’autre à ajouter .

Puis, elle s’installa près de lui, sur le canapé, dans un gracieux mouvement et le fixa avec douceur, attendant la suite et espérant avoir répondu convenablement à ses attentes. De toute façon, elle avait fait de son mieux…
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