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 The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel

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MessageSujet: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Dim 22 Aoû 2010 - 13:53

&
Imitation is the most sincere form of flattery


Depuis plusieurs heures déjà, Gabriel parcourait les boutiques sans rien rechercher de bien particulier. Il avait tenté de se distraire en feuilletant quelques romans dans une librairie ou bien en observant des vêtements de marque réputée. Mais il ne souhaitait pas s'encombrer avec des achats superflus, il venait de commander un ensemble noir bleuté à son tailleur avec lequel il avait décidé de s'afficher, non sans une grande fierté.
Le centre commercial où le sorcier trompait son ennui était le plus vieux de tout San Francisco. Il avait été rénové une bonne centaine de fois depuis le milieu du 19eme siècle. Gabriel adorait cet aspect "hors du temps", en particulier lorsqu'il accédait aux plus hauts étages, là où se trouvaient les boutiques de luxe et les cafés. Tout semblait sorti d'une autre époque et d'un autre monde. Un monde réservé à l'élite sans doute... En bas, la foule s'agitait dans tous les sens: l'air était saturé d'un écoeurant mélange de parfums bon marché, parasité par une musique vulgaire et bruyante, sans compter les gloussements d'adolescentes aux vêtements saturés de couleurs criardes. Inutile de préciser que les fréquentations de Gabriel s'élevaient nettement au dessus de ce niveau.

Après avoir pris un ascenseur parfaitement désert pour accéder au cinquième étage. Le sorcier entra dans un café qu'il connaissait bien: il s'y retrouvait souvent pour se détendre après une longue journée de travail. Tout aspirait à la sérénité dans cet endroit: des bavardages calmes de la clientèle au jazz provenant des hauts parleurs en cuivre dissimulés dans un coin de mur. Gabriel s'assit sur une banquette en cuir rouge bordeaux, à la place qui offrait la meilleure vue de tout le centre.
Le café surplombait tout l'intérieur du centre commercial, depuis la baie vitrée, on pouvait distinguer tous les étages, les grands escaliers de marbre et les rayons du soleil couchant ,à peine filtrés par l'immense fenêtre en rosace, qui baignait les murs d'une couleur de sang. Gabriel se délecta de cette vue, avant de se déclarer qu'un whisky sur glace agrémenterait encore davantage cette merveilleuse fin de journée.
Une serveuse s'approcha du sorcier. Elle était jeune, et visiblement peu expérimentée. Une occasion de s'amuser peut-être...

- Apportez moi un whisky, mademoiselle.

La jeune blondinette se mit à rougir. Gabriel la fixait de ses yeux cristallins. Faisant monter graduellement le trouble dans le coeur de cette serveuse. Il sentait les battements de son petit coeur s'accélerer de seconde en seconde.

- Je vous l'apporte tout de suite monsieur...

Lorsqu'elle repartit en direction du comptoir, Gabriel laissa apparaitre un rictus. Ravi de constater que le français faisait toujours son petit effet chez les américaines biberonnées aux sitcoms.

En attendant sa boisson, Gabriel laissait son regard se perdre tantôt sur le magnifique panorama qui lui était offert, tantôt sur la clientèle. Le sorcier fut plutôt déçu de constater qu'il n'y avait que des êtres humains dans ce café. Il ne ressentait aucune aura magique, angélique comme démoniaque d'ailleurs. Il n'y avait que des citoyens normaux, apparemment issus de milieux aisés. Trop faciles a atteindre, à séduire, et à détruire... La vie de Gabriel semblait frappée par le fléau de la facilité, et ne plus pouvoir se surpasser revenait a se laisser dépérir.
La serveuse apporta le whisky d'une main tremblante, espérant une quelconque réaction de ce client si troublant. Mais le regard du sorcier était concentré sur le nouveau venu: un homme jeune, du moins, en apparence... Gabriel sentait au fond de lui que quelque chose n'était pas normal. Pas de quoi s'affoler sans doute, mais il lui était impossible de ne pas le remarquer. Il décida de surveiller ce personnage élégant afin de mieux le cerner. Il but une fine gorgée d'alcool et éprouva un frisson inhabituel lorsque l'homme le fixa a son tour.



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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Dim 22 Aoû 2010 - 19:00

Arthur Stein s'était fixé un nouvel objectif pour éviter de s'ennuyer en l'absence de Serena Rice : rendre fou un nouvel être humain. Homme ou femme, peu lui importait, seul le résultat comptait. Et il lui avait semblé trouver une victime de choix en la personne d'un homme soigné et sûr de lui. Depuis le début de la journée, il l'avait suivi, le perdant de multiples fois de vue mais le retrouvant aussitôt après jusqu'à ce qu'il entre dans le plus ancien centre commercial de San Francisco. Arthur s'était alors arrêté devant les portes, pas tout à fait certain d'être prêt à entrer dans un tel temple de la vulgarité où jeunes dévergondées aux goûts obscènes et personnages grisâtres se côtoyaient dans un ballet odorant tout simplement répulsif aux yeux du Dieu.

Après quelques instants de tergiversation, il finit néanmoins par passer les portes automatiques et chercha du regard sa proie. Il la retrouva sur le point d'entrer dans un ascenseur en compagnie d'une jeune femme aussi bien habillée que lui et un léger sourire déforma ses lèvres. Allait-il avoir le plaisir du "deux pour le prix d'un"? Emboîtant le pas au couple dans le but de connaître la réponse à sa question, le brun s'empressa de monter dans la seconde cabine et découragea d'un regard le coursier qui allait s'engouffrer à sa suite.

Le premier ascenseur s'arrêta au cinquième et le second l'imita. Son occupant jeta un coup d'oeil par dessus la balustrade de l'escalier le plus proche et un sourire satisfait orna ses lèvres lorsqu'il vit le coursier précédemment mit dehors, courir sur les glissantes marches de marbre. Au moins, lorsque le jeune homme se serait-il brisé le cou, pourrait-on dire de lui qu'il était déterminé et loyal.

La cible du Dieu entra dans un magasin chic situé juste en face d'un café à l'aspect attirant pour quiconque d'un tant soit peu raffiné et Arthur décida qu'y installer un poste d'observation serait la meilleure des choses à faire. Du pas tranquille de celui qui se sent dans son élément, il pénétra dedans et scanna les lieux par habitude. Comme présupposé, l'endroit était paisible, quelques clients étaient dispersés ça et là dedans, confortablement installés sur les banquettes bordeaux et bercés par la musique d'ambiance soigneusement choisie mais ce qui ravit le plus le Dieu, ce fut la vue de choix que l'on avait sur ce qui était hors de cette anti-chambre de l'Eden. Certes, toutes les places n'offraient pas le même champ de vision idéal mais il était sûr de pouvoir trouver une table satisfaisante malgré tout.

Désormais convaincu de trouver son bonheur d'une façon ou d'une autre, il libéra sa curiosité vis à vis de ses voisins. Son regard commença à détailler les serveurs affairés à honorer les commandes de leurs clients aisés pour finir par disséquer visuellement ces derniers. Ils lui semblèrent tous identiques, habillés de la même façon à la mode pour leur statut et projetant autour d'eux une aura d'autosatisfaction écœurante. Le Dieu retint difficilement la moue de dégoût qui menaçait de naître sur ses lèvres et continua plutôt son inspection vers la dernière et meilleure table de l'établissement. Un homme seul s'y trouvait assis, habillé avec une élégance pouvant presque rivaliser avec la sienne. Ce fait l'interpella et Arthur resta quelques secondes de trop à le regarder avant de détacher son regard de lui pour néanmoins revenir dessus, un instant plus tard.

L'inconnu avait entre-temps porté un verre de whisky à ses lèvres mais ne semblait pas s'y intéresser outre-mesure, son regard clair venant de croiser celui plus sombre du brun.

Comme si c'était la plus naturelle des choses, ce dernier lui offrit alors un sourire amical et s'avança vers sa table de la même démarche assurée avec laquelle il était entré dans le café. Tranquillement, il tira ensuite le fauteuil placé face à la banquette de l'inconnu et y prit place sans aucune gêne.

- J'espère que mon incursion ne vous dérange pas car j'aime vraiment beaucoup la vue qu'il y a de cette table

La phrase prononcée plus par besoin d'un semblant de politesse que par réel intérêt n'attendait pas de réponse et Arthur fut donc ravi de ne pas en recevoir pour le moment. La serveuse arriva aussitôt après pour prendre sa commande et il lui désigna le verre de son vis-à-vis d'un rapide geste. Elle partit récupérer sa commande pendant que le Dieu regardait avec attention par la baie vitrée dans le but de vérifier s'il voyait sa cible. A sa profonde satisfaction, elle ne sembla pas avoir bougé du lieu où il l'avait laissée. Cette constatation faite, il se réintéressa à l'inconnu qui n'avait pas bougé un cil. Il savait que ce n'était pas un humain, son statut divin lui apportant un renseignement automatique sur la nature des personnes qu'il croisait sauf qu'il ne savait pas pour autant quels pouvoirs détenait le sorcier. Il savait juste qu'il était à une table idéale pour continuer sa surveillance.

- Je m'appelle Arthur Stein au fait, salua-t-il d'un ton désinvolte en se redressant légèrement pour observer sa proie changer de magasin.
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Ven 27 Aoû 2010 - 19:38

Gabriel n’avait pas l’habitude de se voir rendre un regard fixe. Il espérait que l’homme élégant détournerait les yeux en premier, comme tout le monde. Mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire : il se permit de lui sourire.
Le sorcier était partagé entre une crainte admirative et une profonde colère. Personne n’avait jamais osé soutenir son regard aussi longtemps sans se reconnaître vaincu. Personne n’avait jamais osé lui sourire de cet air superieur. Gabriel tenta de se calmer, conservant son expression neutre afin de dissimuler ses préoccupations à cet homme étrange, et manifestement bien supèrieur à lui.
L’homme s’approcha de sa table avec une démarche très assurée, ce qui ne fit qu’ajouter à la gène du sorcier. Il tira un fauteuil sans le moindre bruit, puis s’assit.

- J'espère que mon incursion ne vous dérange pas car j'aime vraiment beaucoup la vue qu'il y a de cette table.

Gabriel pensa que ce n’était pas le moment de dévoiler le fond de sa pensée. Il ne fit pas la moindre remarque et décida d’en apprendre un peu plus sur ce nouveau venu.
La façon que cet homme avait de scruter la fenêtre, de désigner le verre de whisky d’un simple geste à la serveuse et de se désinteresser complètement de son compagnon de table en disait long sur ses préoccupations : Gabriel percevait une énergie intense qui se dégageait de ce personnage lorsque celui-ci regardait par la baie vitrée. Il surveillait quelque chose, quelqu’un plutôt. Ses intentions ne semblaient pas claires, mais rien ne donnait le moindre indice concernant sa nature profonde.
Le sorcier ne percevait pas le moindre sentiment, le passé de cet inconnu était une page blanche. Seuls ses pouvoirs se manifestaient dans un tourbillon d’énergie intense et élémentaire, ni angélique, ni diabolique. Il ne provenait même pas d’un plan astral connu.
Intérieurement, Gabriel sentit la panique l’envahir.

- Je m'appelle Arthur Stein au fait.

Le sorcier se détendit du mieux qu’il pût. Il ne craignait pas de subir les intentions hostiles du dénommé Arthur, mais il se sentait rabaissé. Un sentiment qu’il avait réussi à fuir depuis bien longtemps. Il ne voulait pas que cela se reproduise. Plus jamais.

- Gabriel Lecomte, répondit-il d’un air assuré en tendant la main.

Après un cort moment d'hésitation, Arthur serra la main du sorcier. Peut être que cette poignée de main était une initiative un peu prématurée, mais Gabriel souhaitait paraître sympathique, comme à chaque fois qu’il était confronté à un être superieur. En cinq ans, le sorcier avait eu le temps de grimper les échelons d’une pathétique société d’humains au point de devenir dirigeant d’une entreprise internationale, en utilisant sa tactique de persuasion au bon moment. Au jeu du mensonge et de la manipulation, personne ne pouvait égaler Gabriel Lecomte.

Le sorcier n’était pas à l’aise, cependant, il fit preuve de courage et de volonté pour lancer un sujet de conversation qui se différenciait des banalités assomantes qu’échangent habituellement des inconnus. Pour cela, il devrait se faire passer pour digne de confiance, intensifier la beauté de son regard comme jamais auparavent.

- Pardonnez ma curiosité, Mr Stein, mais j’ai cru remarquer que le panorama offert par cette place n’était pas votre préoccupation principale. Un détail particulier vous interesse t-il?


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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Mer 1 Sep 2010 - 1:51

Sa victime venant de passer dans un magasin de lingerie avec sa compagne, Arthur s'accorda le droit de l'oublier momentanément et de s'intéresser complètement au sorcier qu'il avait dérangé et qui devait sûrement se demander à quelle sorte d'hurluberlu il avait en ce moment à faire. Placide, le jeune homme se contenta de simplement se présenter à son tour en lui tendant une main :

- Gabriel Lecomte

Le nom à la consonance française fit tiquer le Dieu qui mit un certain temps avant de réagir et de lui rendre sa poignée de mains. La raison de la présence de Gabriel ici le taraudait. On ne changeait pas de pays pour rien. Evidemment, le noiraud pouvait toujours s'enflammer pour rien mais il n'en restait pas moins que l'interrogation subsistait en lui.

Accordant un bref regard à la serveuse qui n'était toujours pas revenue avec sa commande, il se reconcentra ensuite sur son interlocuteur qui semblait en pleine discussion avec lui-même. Le sujet de cette discussion vint s'ajouter à la liste de questions irrésolues le concernant avant d'en être aussitôt retirée lorsque Gabriel reprit la parole:

- Pardonnez ma curiosité, Mr Stein, mais j’ai cru remarquer que le panorama offert par cette place n’était pas votre préoccupation principale. Un détail particulier vous interesse t-il?

Hochant la tête pour confirmer l'observation de son vis-à-vis, le Dieu tapota brièvement sur le bois laqué de la table et sourit légèrement comme si la question l'amusait. Et l'on pouvait dire que c'était le cas. Il appréciait que Gabriel ne s'embarrasse pas de gêne, qu'il ait un certain aplomb. Si jamais, il s'était totalement aplati devant lui, Arthur n'aurait eu aucun scrupule à le faire décamper dans le but de rester seul. Avisant la serveuse approcher dans le reflet du miroir sur le mur derrière le sorcier, il attendit d'avoir bu une gorgée de whisky pour répondre :

- En effet, il y a dehors l'un de mes nouveaux animaux de compagnie qui se promène librement et je crains qu'il ne se perde si jamais je lui laissais trop de liberté donc, afin d'éviter cette tragédie, je fais en sorte de toujours garder un oeil sur lui. Mais si ça vous paraît trop grossier, je peux arrêter, assura-t-il avec la même désinvolture insolente que précédemment.

Néanmoins, malgré elle, il était clairement décelable que sa dernière phrase était tout sauf sincère, Arthur cherchant simplement à voir approximativement avec quel type de sorcier, il partageait son whisky. Et s'il avait déjà bon espoir, il espérait que cela lui soit véritablement confirmé.
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Dim 5 Sep 2010 - 9:54

Son interlocuteur s'étant contenter de hocher la tête pour toute réponse, Gabriel sentit son malaise redoubler. Deux options se présentaient à lui: ou bien cet inconnu aux pouvoirs immenses jugeait qu'il n'avait pas de temps à perdre avec un simple sorcier, ou bien... le statut de cet Arthur lui permettait de percer à jour la noirceur de son âme, et dans ce cas, son précieux don d'hypnose ne lui serait d'aucune utilité.
Gabriel avait appris depuis bien longtemps à ne jamais céder à la panique. Ce n'était pas dans sa nature de s'écraser devant un être supérieur, aussi puissant et dangereux soit-il. Il lui faudrait simplement faire preuve de spiritualité et d'élégance, au moins, il n'y avait pas le moindre risque d'échouer dans ce domaine.

Arthur Stein afficha un léger sourire qui semblait indiquer un interêt pour la question du sorcier. Tandis que la petite serveuse blonde apportait un deuxième verre de whisky que l'inconnu porta à ses lèvres, Gabriel reprit espoir de se voir offrir l'honneur d'une réponse orale.

- En effet, il y a dehors l'un de mes nouveaux animaux de compagnie qui se promène librement et je crains qu'il ne perde si jamais je lui laissais trop de liberté donc, afin d'éviter cette tragédie, je fais en sorte de toujours garder un oeuil sur lui. Mais si ça vous parait trop grossier, je peux arrêter.


Le sorcier connaissait ce genre de réplique à double sens. A vrai dire, il était commun dans son milieu de voir des chef d'entreprises utiliser des termes rabaissants pour évoquer leurs sous-fifres. Ici, cependant, le terme "animal de compagnie" semblait servir de référant pour autre chose, un chose pour laquelle Gabriel possédait, lui aussi, un goût certain: les victimes.
Il n'était pas question de victimes dans le sens "faits divers" du terme. Le sorcier considérait toute personne qui désirait ardemment sa compagnie comme une créature pitoyable et servile, qu'il pouvait manipuler et rejeter à sa guise sans craindre la moindre représaille. Ses cibles favorites étant les femmes: difficiles à conquérir, plus encore à choisir, mais une fois captives, Gabriel ne leur laissait pas la moindre chance de les laisser partir sans leur avoir prouvé que l'Enfer est bel et bien sur Terre.
Il aurait été affreusement naif de prendre le commentaire d'Arthur au premier degré. Aussi, ravi de constater que ce compagnon de table et lui possédaient davantage de points communs qu'il n'y paraissait, Gabriel se permit de répliquer à son tour avec une effronterie particulièrement libératrice.

- Je vous en prie, il n'y a rien de mal à cela. Je pense être moi-même bien placé pour savoir que ces animaux là sont particulièrement difficiles à apprivoiser si on ne leur prête pas une attention constante.

Afin de confirmer ses dires, Gabriel tourna la tête vers le comptoir, où la serveuse essuyait les verres avec un air profondément mélancolique. Lorsqu'elle leva les yeux, le sorcier lui sourit de façon si raffinée que la pauvre jeune fille crût faire un malaise. Il était presque inquiétant de constater à quel point il était facile d'envahir le coeur d'une adolescente, mais justement, tout le jeu consistait à ne pas s'inquiéter pour l'autre.


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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Sam 18 Sep 2010 - 21:27

Une aura de satisfaction s'étendit autour de Gabriel, renforcée par un éclat similaire dans son regard. Il avait parfaitement compris le sous-entendu et l'appréciait à sa juste valeur. Merveilleux. Sa réponse renforça d'ailleurs agréablement le constat du Dieu:

- Je vous en prie, il n'y a rien de mal à cela. Je pense être moi-même bien placé pour savoir que ces animaux là sont particulièrement difficiles à apprivoiser si on ne leur prête pas une attention constante.

Comme pour souligner la véracité de ses paroles, le sorcier tourna le tête vers la serveuse qui travaillait avec ennui derrière le comptoir. Sentant le regard insistant de Gabriel, elle finit par relever la tête vers eux, croisa le regard d'Arthur et se concentra finalement sur le français qui lui souriait d'une façon telle que les joues de la jeune fille en rougirent instantanément. Se désintéressant de sa victime, Gabriel se retourna vers le Dieu qui souriait, clairement amusé. D'une main, ce dernier fit tourner habilement le verre sur le plateau de la table en répondant:

- Un jour, quelqu'un m'a dit que je pourrais chanter une chanson parce qu'elle collerait parfaitement avec ce que je suis. Eh bien, je pense que vous pourriez aussi la chanter sans problèmes. "Suspicious Character" de The Blood Arm, vous connaissez?

L'évocation de ce souvenir lui donna envie de rire. C'était il y a quelques années maintenant... Une française ou une anglaise, il ne savait plus trop, avec laquelle il avait passé une nuit lui avait fait cet étrange compliment et lorsqu'il avait écouté la chanson, il n'avait décemment pas pu lui donner tort. Il aimait les femmes et les femmes l'aimaient. Tout comme elles semblaient aimer son interlocuteur. La question, là, était de savoir si lui leur rendait leur affection.

Contemplant avec une certaine surprise son verre vide, Arthur indiqua d'un geste au jouet de Gabriel qu'il en voudrait deux nouveaux -supposant que son interlocuteur apprécierait l'attention- puis se mit à chantonner à mi-voix en attendant la réponse du français, même si ça faisait moins de deux secondes qu'il avait posé sa question:

- I like all the girls and all the girls like me....

Puis comme pour justifier son élan musical, il continua avec une placidité déroutante:

- C'est le début de la chanson. Et son refrain aussi. Je l'aime beaucoup.

Il avait conscience de l'étrangeté de ses réactions mais il n'avait pas envie de s'engoncer dans une tentative de normalité. Gabriel était approximativement de la même trempe que lui, il comprendrait. Ou stopperait leur contact. Subitement, le Dieu se souvint qu'il avait un animal de compagnie en liberté et se leva au moment-même où la serveuse arrivait, ce qui la surprit et la fit lâcher le petit plateau qui soutenait son verre, lequel s'écrasa avec fracas sur le sol. Affligé, Arthur la toisa avec une consternation palpable pendant quelques secondes avant de lui tourner le dos pour observer les gens aller et venir de l'autre côté des vitrines. Il ne détectait aucun signe de sa proie. Derrière lui, il entendit Gabriel dire quelque chose qu'il ne comprit pas à la serveuse et décida d'attendre que la jeune femme ne s'en aille pour se rasseoir. Il était légèrement irrité, il n'avait pas envie d'être courtois avec une empotée. Et même s'il supposait qu'il en était de même pour le sorcier, il lui déléguait la tâche. Au pire, il se rattraperait en réglant leurs consommations.


J'aime beaucoup le nouvel avatar de Gabriel & dès que tu viens sur MSN, on parlera, obligé! ♥
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Lun 20 Sep 2010 - 7:31

Lorsque Gabriel jugea qu'il avait donné suffisamment de faux espoirs à la petite serveuse, il se tourna vers Arthur afin d'observer sa réaction. Par bonheur, il souriait, visiblement amusé par cette démonstration de force séductrice.
Le sorcier voulait faire comprendre à cet homme que ses pouvoirs n'étaient pas à négliger, mais d'une certaine façon, il commençait à considérer Arthur Stein comme parfaitement respectable. A vrai dire, il était rare de croiser des personnes qui partageait son goût pour la traque, qui affichaient de manière aussi raffinée leur passion pour ce jeu pervers.

- Un jour, quelqu'un m'a dit que je pourrais chanter une chanson parce qu'elle collerait parfaitement avec ce que je suis. Eh bien, je pense que vous pourriez aussi la chanter sans problèmes. "Suspicious Character" de The Blood Arm, vous connaissez?

Gabriel se sentit désolé de ne pouvoir confirmer les paroles d'Arthur. Hormis le jazz et quelques titres instrumentaux, le sorcier écoutait très peu de musique. Sa confusion était grande, mais le regard pétillant de l'inconnu semblait indiquer que cette remarque faisait office de nouveau sous entendu. Cette chanson devait parler de séduction, de femmes, des histoires qui prennent fin une fois le soleil levé. Sans avoir le moindre renseignement sur la mélodie et les paroles, Gabriel savait qu'il lui suffisait de comprendre et d'observer son interlocuteur pour savoir exactement l'ambiance musicale qui le présenterait à sa juste valeur.
Ayant compris que son verre était vide, Arthur en commanda deux autres en désignant son verre à la serveuse avec ce même silence arrogant. Gabriel commençait à se demander si cette soudaine passion musicale avait pour cause un léger état d'ébriété. Néanmoins, le sorcier appréciait la perspective d'une boisson supplémentaire.
.Arthur semblait avoir remarquer l'archaïsme des connaissances musicales de Gabriel. Il se mit à fredonner un extrait de sa chanson:

- I like all the girls and all the girls like me....

Pour le sorcier, c'était clair: décidément, le whisky monte vite à la tète...

- C'est le début de la chanson. Et son refrain aussi. Je l'aime beaucoup.

Gabriel sourit. Arthur savait doser à la perfection son excentricité et son élégance, ce qui n'était pas donné à tout le monde. Décidément, cet homme avait l'air de représenter à lui seul toutes les qualités rares que Gabriel ne trouvait chez aucun humain.De toutes façons, considérer Arthur Stein comme un humain aurait été une grave insulte.
Le sorcier faisait tourner la mélodie dans sa tête, certain d'avoir déjà entendu ce refrain quelque part, dans une soirée mondaine sans doute. La voix d'Arthur se rapprochant un peu de celle du véritable chanteur, Gabriel n'avait pas trop de mal à se souvenir de cette musique. Pourtant, il ne se sentait pas vraiment proche des paroles.
Certes, le sorcier aimait les femmes, comme un chat se délecte de la proie qu'il tient entre ses griffes: il les observe, les courtise avec douceur et patience, mettant tout en œuvre pour gagner leur confiance et leur amour. Le piège se referme alors, une nuit de dernière tendresse scellant la cage de la victime. Gabriel ne pouvait se délecter d'un corps de femme sans ressentir l'envie de voir ces corps gracieux se figer, glacés et sans vie. Le sorcier ignorait si son interlocuteur était victime de ce même désir meurtrier, à vrai dire, il en doutait.
Arthur se leva brusquement, un regard trahissant une certaine inquiétude en direction de l'extérieur. Surprise, la serveuse renversa maladroitement le verre qui vint se briser sur le sol dans un grand fracas. Gabriel sentit ses dents grincer de façon très désagréable. La maladresse de cette petite idiote l'offensait et agaçait Arthur Stein de la même façon. Néanmoins, le sorcier se détendit, se disant qu'il n'était pas bon de s'acharner sur son nouveau jouet, aussi peu adroit fut-il. Qui plus est, les formes de la jeune fille, penchée pour ramasser les lambeaux de verres, étaient une vison très plaisante.

"Ce n'est rien, je me passerai d'un deuxième verre. Épargnez vous donc quelques coupures..."

La jeune fille releva légèrement la tète, contemplant Gabriel avec la détresse caractéristique des midinettes empotées. Puis elle repartit en direction du comptoir en baissant la tête.
Le sorcier se retourna vers Arthur, apparemment aussi vexé que lui. Il semblait également préoccupé à nouveau par son "animal de compagnie", Gabriel l'avait détourné de son objectif premier et se demandait si, par malheur, cela lui attirerait l'antipathie de la seule personne qu'il considérait comme digne de respect.

- Malgré tout ce que nous faisons pour eux, ces pauvres bêtes ne peuvent pas s'empêcher de nous faire vivre des situations embarrassantes... fit remarquer Gabriel d'un ton agacé.


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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Jeu 7 Oct 2010 - 21:23

Du coin de l'oeil, Arthur vit que Gabriel s'était retourné vers lui mais ne daigna pourtant pas faire le moindre geste en sa direction. Pas pour l'instant. L'agacement crée par la serveuse n'avait pas encore disparu. Le Dieu était difficilement irritable mais lorsque l'on atteignait son point critique, il lui était ardu de décompresser. Comptant distraitement les gens qui passaient dans la galerie marchande afin d’évacuer une part de sa contrariété, le jeune homme finit par se rendre compte qu’il avait définitivement perdu sa victime. Au lieu de l’agacer encore un peu plus, ce constat le détendit brusquement. La traque prenait une nouvelle saveur. C’était délicieux. Dans le reflet de la vitre, la silhouette de la serveuse apparut soudainement pendant quelques secondes et Arthur en oublia aussitôt sa victime pour être submergé par l’envie de l’attraper par la nuque afin de lui expliquer qu’elle devrait avoir un peu plus de caractère si elle avait l’ambition d’être un jour intéressante.

- Malgré tout ce que nous faisons pour eux, ces pauvres bêtes ne peuvent pas s'empêcher de nous faire vivre des situations embarrassantes... fit remarquer Gabriel d'un ton agacé.

La brusque déclaration du sorcier amusa son interlocuteur qui jeta à la trappe ses désirs didactiques et esquissa un bref sourire avant de planter son regard dans le sien. Il partageait totalement son avis. Comment pouvaient-elles être aussi… Empotées alors que des gens tels qu’eux jetaient leurs dévolus sur elles ? Heureusement que sa victime initiale avait inconsciemment élevé leur partie à un niveau au-dessus ou le Dieu n’aurait pas été certain de pouvoir s’empêcher de dévaster la brasserie. Certes, ça n’aurait pas été l’idéal pour la discrétion mais Gabriel avait l’air d’avoir un charme plutôt efficace. Quelques jolis sourires, des clins d’oeils et une ou deux menaces implicites auraient aidé les quelques survivants à oublier leurs présences. Arthur en était convaincu. Tirant de nouveau son fauteuil et y reprenant place avec sa nonchalance habituelle, il en profita pour verbaliser une partie de ses pensées :

- Je partage votre avis. De plus, je déteste les choses inutiles et j’ai la certitude qu’il y a quelque chose de cet acabit très proche de nous. Peut-être même trop proche de nous. Et cette chose a l’air de croire qu’elle mérite être votre victime, il me semble.

Les phrases avaient été prononcées de façon neutre mais l’expression qui régnait dans le regard sombre du Dieu était on ne peut plus claire : il se contrôlait pour ne pas céder à de primaires réflexes. Voir la serveuse – ou simplement l’entrevoir- le rendait dingue. Il avait une répulsion viscérale et inexplicable pour elle. Trop faible, trop fade, sûrement. Elle appartenait à ce genre de personnes qui ne servaient à rien sur Terre hormis à faire valoir la valeur des autres. A côté d’elle, il était difficile de ne pas paraître fantastique. Arthur avait conscience de la juger peut-être un peu vite tout comme il soupçonnait son égo d’être entré dans la danse, vexé d’avoir été éclipsé par le charme de Gabriel, mais il ne pouvait tout de même pas renier l’aura globale qui émanait de la jeune fille : c’était celle d’une victime. Il aurait mis sa main à couper, qu’elle était celle à qui l’on tirait les cheveux, cachait les vêtements et bizutait à tout va quand elle était enfant. Lui-même trouvait que le bizutage était inutile et stupide, en temps normal, mais l’idée lui semblait attirante à ce moment précis. Que n’aurait-il pas donné pour pouvoir se venger de la maladresse dont elle avait précédemment fait preuve ?

- Sincèrement, que pensez-vous de cette niaise ?, s’enquit-il subitement en se penchant vers Gabriel d’un ton faussement confidentiel. Moi, elle m’exaspère. Je sais que j’ai dit que j’aimais toutes les filles et que toutes les filles m’aimaient quand j’ai chanté tout à l’heure mais elle… Je n’arrive même pas à considérer qu’elle appartient au genre féminin.

Le ton qu’il avait employé était explicitement méprisant et il n’eut aucun remord lorsqu’il s’en rendit compte. Elle le captivait à cause de son état d’insipide créature et il ne rêvait que de la détruire. La folie meurtrière qui l’avait saisi sans qu’il n’y prenne garde bouillonnait furieusement en lui et il se mit à nerveusement pianoter des doigts sur la table. Il fallait qu’ils partent. Ou que Gabriel accapare suffisamment son attention pour qu’il oublie l’existence de la jeune femme. Cette dernière hypothèse déclencha une suite de réflexions dans l'esprit du Dieu qui eut la brusque envie d'imposer un léger interrogatoire à son charmant vis-à-vis:

- Oubliez tout ce que je viens de dire. Nous allons jouer à un jeu. Personnellement, j'adore jouer à ce jeu donc je serai vraiment ravi si vous acceptiez d'y jouer avec moi

Le sourire ouvertement enfantin qui venait de s'emparer de ses lèvres pouvait en troubler plus d'un, le Dieu ayant comme totalement occulté les dernières instants pendant lesquels il avait failli devenir désagréable. Ses doigts avaient cessé leur pianotement nerveux afin de demeurer tranquillement à plat sur le plateau de la table. Ce détail renforçait l'impression de tranquille gaieté qui émanait désormais de lui. Sans attendre la réponse de Gabriel qui de toute manière devait attendre des informations complémentaires, il poursuivit finalement avec un contentement palpable dans sa voix:

- Dans ce jeu, nous allons chacun poser une question à l'autre jusqu'à tomber sur une question taboue. Le premier qui trouve l'une des questions taboues de l'autre a gagné. Cela vous va-t-il?

La proposition aux formes plutôt déclaratives, voire impératives, flotta quelques secondes dans l'air avant que celui à qui elle était destiné ne fasse mine d'y répondre enfin. Le Dieu ne le lâchait pas du regard, impatient d'entendre ce qui lui serait offert en pâture. Exit, la serveuse.


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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Dim 17 Oct 2010 - 23:31

Devant le sourire d'Arthur Stein, Gabriel fut soulagé de constater que sa remarque avait permis de détendre l'atmosphère. Heureusement pour lui, sa nouvelle connaissance ne semblait pas lui en vouloir de l'avoir détourné de son objectif principal. De toutes façons, ce n'était pas son but. Certes, le sorcier aimait qu'on lui manifeste de l'attention, ce qui l'avait poussé en premier lieu à entamer la conversation avec ce personnage qui ne se privait pas d'afficher son mépris des mortels. Pourtant, il n'avait jamais eu l'intention de lui faire oublier cette mission délicate, a savoir: la traque d'un nouvel animal bien servile. Gabriel était curieux de savoir à quoi ressemblait cette cible, il aurait donné cher pour connaitre le profil idéal des "victimes" d'Arthur.
Le sorcier percevait néanmoins une certaine colère dans son regard. Arthur avait les yeux fixés sur la table, qu'il tapotait nerveusement. L'effet de la honte sans doute, comme vinrent le confirmer de nouvelles paroles à double sens:

- Je partage votre avis. De plus, je déteste les choses inutiles et j’ai la certitude qu’il y a quelque chose de cet acabit très proche de nous. Peut-être même trop proche de nous. Et cette chose a l’air de croire qu’elle mérite être votre victime, il me semble.

Gabriel détourna brièvement les yeux vers le comptoir, ou la serveuse préparait quelques pressions avec l'énergie du désespoir. Effectivement, l'inutilité n'était pas loin, décidément bien trop prés...
Cette fille n'avait absolument aucune valeur. Elle portait ce fardeau commun à la plupart de l'humanité, aussi connu sous le nom d'ennui. Et l'ennui, au même titre que le désespoir, pousse à commettre des erreurs, ou, dans le cas présent, l'irréparable. Le sorcier se sentait l'âme généreuse: il était prés à jouer les chevaliers blancs pour l'emmener loin de cette routine déplorable et de ses fantasmes de petite fille en mal d'amour. Il était prêt à tout, si il avait la promesse de se surpasser en matière de torture par la suite. Il voulait la voir grimacer de douleur, observer son agonie pendant des heures entières sans même avoir à la toucher. Il n'était même pas sur de vouloir lui faire connaître une première et dernière nuit de plaisir, c'était une façon de la punir d'avoir eu l'audace d' humilier Arthur Stein de la sorte. Elle ne méritait pas de vivre, elle ne méritait même pas d'être une victime traitée dignement, elle méritait simplement de finir en mauvais ragout dans une assiette.
Tandis que Gabriel se délectait par avance du dernier souffle de vie de la petite blonde. Arthur fit une remarque soudaine concernant cette affaire embarrassante.

- Sincèrement, que pensez-vous de cette niaise ? Moi, elle m’exaspère. Je sais que j’ai dit que j’aimais toutes les filles et que toutes les filles m’aimaient quand j’ai chanté tout à l’heure mais elle… Je n’arrive même pas à considérer qu’elle appartient au genre féminin.

La déclaration d'Arthur était un modèle d'honnêteté et de vérité. Gabriel appréciait vraiment que son vis-a-vis se sente suffisamment à l'aise en sa présence pour manifester son opinion de manière aussi franche. De toutes façons, même des mots aussi bien choisis n'auraient su définir sa colère aussi bien que ne l'avaient fait ses yeux. Dans l'iris brun d'Arthur, le sorcier décelait une haine viscérale, une envie meurtrière soudaine comparable à la sienne. Il semblait que son envie de voir la serveuse réduite à un tas de viande fraiche ne faisait pas partie de ses fantasmes récurrent. Cependant, Gabriel était absolument ravi de constater que cet homme et lui partageaient une victime potentielle en commun. Il n'était plus question d'une simple traque, mais bel et bien d'un jeu de massacre.
Le sorcier avait beaucoup de peine à se l'avouer, mais cette sensation était tout simplement divine...

- Oubliez tout ce que je viens de dire. Nous allons jouer à un jeu. Personnellement, j'adore jouer à ce jeu donc je serai vraiment ravi si vous acceptiez d'y jouer avec moi

Attiré par les paroles d'Arthur comme par celles d'un prophète, Gabriel se pencha légèrement, impatient de savoir la nature concrète de ce jeu.

- Dans ce jeu, nous allons chacun poser une question à l'autre jusqu'à tomber sur une question taboue. Le premier qui trouve l'une des questions taboues de l'autre a gagné. Cela vous va-t-il?

Le sorcier ne put empêcher un sourire d'illuminer son visage. Il se redressa, ravi et détendu par cette ambiance magnifiquement renouvelée.

- Cela ne saurait me convenir d'avantage.

Une question taboue... voilà qui était difficile à trouver. Le challenge était parfait, absolument délicieux, mais relevait presque de l'impossible contre un être tel qu'Arthur Stein: il s'était tellement dévoilé à de maintes reprises que Gabriel considérait comme irrespectueux de faire preuve d'indiscrétion une nouvelle fois.C'était bien le but du jeu, n'est-ce pas? Finir par mettre son adversaire dans l'embarras? Le sorcier se sentait mal à l'aise à l'idée d'embarrasser Arthur, son admiration pour lui le freinait dans son envie de connaitre ses secrets les plus intimes. Il ne voulait pas le connaitre pour le manipuler, il voulait simplement faire plus ample connaissance.
Après avoir bu la dernière gorgée de son verre de whisky, Gabriel trouva la nonchalance nécessaire pour formuler une question, une chose qu'il désirait savoir depuis l'instant ou son regard avait croisé celui de cet inconnu fascinant.

- Je pense pouvoir affirmer ,sans grande chance de me tromper, que vous n'avez strictement aucun point commun avec la foule méprisable qui nous entoure ici et pollue ce lieu de détente si cher à mon coeur. J'en viens à ma question, que la politesse me défendait jusque là de poser: Qui êtes-vous?
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Ven 29 Oct 2010 - 23:10

Le sourire qui s'empara du visage de Gabriel ravit Arthur. Il adorait que les gens se rallient à ses excentricités sans avoir besoin d'utiliser une quelconque séduction, ça le faisait se sentir bien. De plus, il commençait à avoir une certaine affection sincère à l'égard du sorcier et le fait que le jeu lui plaise ne faisait que le faire rentrer encore un peu plus dans les bonnes grâces du Dieu. D'un geste naturel, le français se redressa ensuite sans quitter l'expression sincèrement comblée que son corps irradiait et parla :

- Cela ne saurait me convenir d'avantage.

Vraiment, Gabriel était quelqu'un de prometteur. La satisfaction de jouer à un jeu aux allures malsaines était quelque chose que peu de gens savaient réellement apprécier. A vrai dire, pour l'instant, Arthur n'avait trouvé qu'une seule personne qui soit capable d'adhérer autant que lui au concept et cette personne se trouvait devant lui à l'instant où il pensait. D'une main légère, il recommença à silencieusement tapoter le plateau de la table sans cesser d'observer son interlocuteur. Ce dernier semblait plongé dans ses réflexions et le Dieu se prit à être curieux de la question qui allait lui être opposée car il n'y avait pas l'ombre d'un doute que ce serait lui le premier à être questionné. Même si d'habitude, il aimait commencer l'interrogatoire afin d'immédiatement déstabiliser son adversaire, là, que la situation soit inversée ne le gêna absolument pas. Il tenait à réellement mesurer le potentiel du sorcier et voir par quoi il commencerait était un bon moyen pour Arthur de parvenir à ses fins. Une ombre traversa le visage fin de Gabriel, ce qui fit immédiatement se demander au Dieu ce qui pouvait bien lui traverser l'esprit. Une panne d'inspiration, peut-être? Ou alors, une idée trop tentante pour être bonne? Sachant qu'il n'aurait sûrement jamais la réponse, l'américain d'adoption continua silencieusement à observer son interlocuteur qui était en train de vider son verre de whisky comme pour se donner le courage d'entamer le jeu. Un sourire tordu s'imprima sur les traits d'Arthur et ses doigts cessèrent de tapoter la table tandis qu'il écoutait avec attention la première question du sorcier :

- Je pense pouvoir affirmer ,sans grande chance de me tromper, que vous n'avez strictement aucun point commun avec la foule méprisable qui nous entoure ici et pollue ce lieu de détente si cher à mon coeur. J'en viens à ma question, que la politesse me défendait jusque là de poser: Qui êtes-vous?

La vague d'excitation qui avait momentanément envahi le Dieu se dissout aussitôt en lui. Gabriel n'allait donc pas attaquer de front. Tant pis. Tant mieux. La mécanique de sa pensée serait plus intéressante à analyser si elle se montrait ingénieuse. Il avait mentionné la politesse aussi, ce qui était un facteur important dans la personnalité d'autrui. Le français se trouvait donc être un gentleman psychopathe. Arthur trouva l'idée absolument charmante. L'excitation revint couler dans ses veines. Gabriel était parfaitement atypique, c'était assuré, mais sa réserve devait être brisée, il devait se sentir confiant en sa présence. Il n'était pas Dieu le Père que diable. En fait si mais ce n'était pas l'important. L'important était qu'il allait devoir gagner plus d'influence sur Gabriel pour que ce dernier soit totalement naturel avec lui. Qu'il ne se soucie plus des conventions établies par leurs sociétés. Pour ça, il fallait peut-être qu'Arthur daigne lui répondre un jour, en revanche. Vaincu par sa propre logique, le susnommé ouvrit la bouche, la referma, sourit gentiment au français, baissa un instant les yeux sur la table puis les reposa dans ceux du sorcier avant de finalement lui répondre:

- Comme je vous l'ai déjà dit, je suis Arthur Stein mais je suppose que votre question a plutôt pour but de vous renseigner sur ma nature alors je vais aussi répondre à cela : je suis un Dieu.

Il avait parlé avec une jubilation palpable qui s'expliquait par le fait qu'il adorait lever le voile sur ce qu'il était. Dire "je suis un Dieu" était devenu tellement commun dans le langage d'aujourd'hui qu'il était grandiose de pouvoir le crier à tort et à travers sans craindre d'être repéré par une créature n'aimant pas les gens de son espèce. Alors, dès qu'il avait la possibilité de le placer, il n'hésitait pas. La plupart du temps, on riait, persuadé qu'il plaisantait et lui ne faisait rien pour démentir. Il adorait la stupidité des humains autant qu'il pouvait la détester, ils le distrayaient vraiment bien. Se renfonçant dans son siège, déterminé à ne plus se laisser emporter par le flot de ses pensées pour le moment, il cala son menton dans la paume de l'une de ses mains et harponna du nouveau le regard bleuté du français :

- Que pensez-vous précisément de moi, mon cher Gabriel?

Peut-être que sa question allait mettre le sorcier mal à l'aise, peut-être pas. Le Dieu n'aurait su le dire. Il savait juste que la réponse à sa question était attendue avec impatience par son égo mais que son cerveau se délectait déjà des réactions qu'il allait voir chez leur interlocuteur. Pourtant, comme s'il n'était pas aux aguets de la situation, Arthur fit signe à l'agaçante serveuse pour qu'elle vienne les servir de nouveau. La joie malsaine qui brillait dans son regard la fit reculer d'un pas mais elle finit par tout de même s'avancer vers eux, avec un plateau sur lequel reposaient deux whiskies, sans faire la moindre maladresse. Un verre dans la main, le brun ne la remercia pas et Gabriel semblait trop plongé dans ses pensées pour songer à la moindre politesse alors la jeune femme repartit piteusement, ajoutant encore un peu de satisfaction dans l'âme du Dieu.
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Mer 3 Nov 2010 - 20:23



Il était possible de déceler dans le regard d'Arthur Stein une pointe de déception. Peut être s'était-il attendu à un assaut immédiat, une question particulièrement gênante qui lui aurait permis d'aboutir sur une réplique assassine. Gabriel comprenait ces sentiments, bien que cela n'avait plus autant d'importance à présent. Les deux hommes avaient appris à se connaitre au bout d'un quart d'heure à peine. Il leur avait suffi de quelques mots pour se comprendre et s'apprécier là ou certains prenaient des mois, voire des années pour construire une relation. Cette raison amenait le sorcier à croire que sa nouvelle connaissance ne lui en voulait pas pour avoir décidé d'user d'une stratégie un peu moins barbare. Après tout, le jeu avait à peine commencé; les occasions de rattraper son retard s'annonçait nombreuses. Gabriel attendait la réponse, observant le visage d'Arthur Stein qui avait l'air, finalement, de porter un grand intérêt à sa question.

- Comme je vous l'ai déjà dit,répondit-il, je suis Arthur Stein mais je suppose que votre question a plutôt pour but de vous renseigner sur ma nature alors je vais aussi répondre à cela : je suis un Dieu.

Le sorcier demeura perplexe un moment, la grande satisfaction qui résonnait dans la voix profonde d'Arthur ajoutait à cette confusion. Plaisantait-il? Il était difficile de prendre au sérieux une telle déclaration, en particulier lorsque celui qui se vantait d'un tel statut ne se privait pas d'afficher un certain type d'humour, loin d'être désagréable d'ailleurs. Gabriel se doutait bien que l'homme en face de lui était un personnage puissant, dépourvu ou plutôt épargné de caractères humains. Arthur était un être hors du temps et hors de l'espace qui ne perdait pas son temps à respecter des conventions sociales contre nature tout en étant pleinement conscient de la façon dont ce monde fonctionnait. Il était un admirable observateur, spirituel, intelligent avec une bonne dose d'arrogance qui soulignait à merveille son attitude de dandy. Pour toutes ces raisons, le considérer comme un Dieu relevait de l'évidence. Et pourtant, malgré cela, Gabriel n'arrivait pas à le croire, en fait, il ne le voulait pas.

- Que pensez-vous précisément de moi, mon cher Gabriel?

Si la stratégie d'Arthur consistait à troubler son interlocuteur pour mieux attaquer de front avec une question à laquelle il n'était jamais facile de répondre, le sorcier devait bien avouer qu'elle était diaboliquement efficace. Diabolique, ironiquement, c'était le mot juste qui méritait de s'y attarder: quelle frontière concrète y avait-il entre Dieu et le Diable? Comment un être aux pouvoirs si immenses pouvait rester pur sans ressentir la moindre colère ou céder à la moindre tentation? Le Dieu auquel Gabriel pensait correspondait à cette description d'un être infiniment bon, sans aucune faille, qui prenait soin de ceux qui croyaient en Lui comme un berger veille sur son troupeau. Seulement, le sorcier était bien placé pour savoir que cette image était un mensonge, ce même mensonge qui lui avait permis de torturer, puis de tuer une cinquantaine de femmes en l'espace de sept ans. Le Dieu qui régnait sur le monde était comme l'enfant qui s'amuser à immoler les insectes avec une loupe en plein soleil, un tortionnaire, un lâche et un sadique. Voilà pourquoi Gabriel refusait de croire qu'il avait en face de lui, un être aussi atroce que celui qui s'acharnait sur sont sort depuis la seconde de sa naissance.
Mais quelque part, il n'y avait aucune raison de penser que Arthur Stein, la personne la plus captivante et la plus intéressante qu'il lui avait été donné de rencontrer, corresponde au Dieu que fuyait le sorcier, pour la bonne raison que ce Dieu là ne se mêlait pas aux humains. Arthur, en revanche, prenait gout à ce voyage au point d'adopter l'apparence de l'humain idéalisé: un homme séduisant, spirituel, cultivé, élégant et sociable. A l'observer sans le connaitre, on pouvait en déduire qu'il s'agissait de la perfection à l'état pur. Seulement, Gabriel savait, tout comme Arthur, que la perfection était le plus redoutable des masques. Et tandis que la serveuse s'approchait avec son air habituel de pauvre enfant mal-aimée, le sorcier compris que cette réflexion était la bonne. Il avait bel et bien un Dieu en face de lui, un Dieu au sens polythéiste du terme. Ce qui le rendait encore plus sympathique à ses yeux.
Après avoir mûrement réfléchi à une réponse précise et honnête, Gabriel prit une inspiration et fixa Arthur d'un air assuré.

- Eh bien, pour tout vous avouer, je dois dire que je me suis douté dés le départ que j'avais à faire à un être supérieur lorsque vous aviez décidé de vous installer à ma table. Il est vrai que le mot "Dieu" évoque une certaine répulsion pour moi, mais je pense en toute franchise que vous utilisez bien mieux votre statut divin que ce soit-disant Dieu unique. Notre conversation précédente m'a servi de preuve.

Le Dieu était attentif, et semblait réfléchir aux paroles du sorcier tout en attendant une nouvelle question. Il était temps pour Gabriel de passer au niveau supérieur. Cela tombait à point nommé: son esprit était littéralement saturé de questions.

- A présent dites-moi, mon cher Arthur: Votre statut divin vous contraint-il à adopter certaines règles de conduites ou vous autorisez vous à laisser libre cours à des pulsions instinctives lorsque le moment est bien choisi?

De toute évidence, la question n'avait pas été posée innocemment. Gabriel prit le nouveau verre de whisky, le faisant tourner lentement afin de mélanger les glaçons tout en observant la réaction d'Arthur. Impatient de savoir si ce nouveau sous entendu était suffisamment clair.
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MessageSujet: Re: The Light Shall Turn You Into My Believer // Arthur & Gabriel   Jeu 2 Déc 2010 - 16:35

Le whisky tournoyait dans son verre, sensible au mouvement de rotation que le Dieu lui imprimait à l'aide de son poignet. Le regard plongé dans le liquide ambré, il réfléchissait à ce qu'il percevait autour de Gabriel. Le sorcier réfléchissait, claquemuré dans la citadelle de ses pensées et le monde aurait pu commencer à tomber que la citadelle n'aurait pas ouvert ses portes. Quoique peut-être était-ce un peu exagéré de dire ça... Même si ça ne devait pas vraiment être éloigné de la vérité. Portant une nouvelle fois le verre à sa bouche, Arthur apprécia plus qu'auparavant le goût sur sa langue. Le fait d'avoir pu remettre, plus ou moins directement, la stupide serveuse à sa place devait y être pour quelque chose. Un changement dans l'air lui fit lever les yeux vers le français qui le regardait avec assurance. Un léger sourire s'autorisa à errer sur les lèvres du brun. Il avait hâte d'entendre ce qui allait être dit.

- Eh bien, pour tout vous avouer, je dois dire que je me suis douté dés le départ que j'avais à faire à un être supérieur lorsque vous aviez décidé de vous installer à ma table. Il est vrai que le mot "Dieu" évoque une certaine répulsion pour moi, mais je pense en toute franchise que vous utilisez bien mieux votre statut divin que ce soit-disant Dieu unique. Notre conversation précédente m'a servi de preuve.

Il avait eu raison d'être impatient. Très flatteuse, la réponse de Gabriel le renseigna une fois encore sur son image. Il était primordial à ses yeux d'exhaler quelque chose de différent, d'attractif et surtout d'un peu irréel. Sans ça, notre ascendant sur les autres se trouvait limité. Détaillant brièvement son interlocuteur, il hocha la tête pour lui-même en notant une fois encore que le français lui ressemblait, d'une façon. A cause de son venin, aussi foudroyant que le sien, sûrement. Mais il n'était pas encore à son niveau... Plus tard, il le serait à condition qu'il suive le bon chemin. Le chemin qu'il se tracerait lui, Gabriel Lecomte et pas celui de quelqu'un d'autre. Mais pour le moment, le dit-Gabriel Lecomte était face à lui et était sur le point de lui poser une question, conformément aux règles du jeu qu'il avait lui-même établi.

- A présent dites-moi, mon cher Arthur: Votre statut divin vous contraint-il à adopter certaines règles de conduites ou vous autorisez vous à laisser libre cours à des pulsions instinctives lorsque le moment est bien choisi?

Aussitôt après avoir prononcé le dernier mot de sa question, le sorcier s'empara de son verre et se mit à le faire tourner sans lâcher des yeux le natif du Néant. Lequel était très amusé par la question qui lui était opposée. Il avait l'impression que sa réponse allait avoir un impact assez important. Comme si Gabriel lui demandait si être un Dieu signifiait être irréprochable. Après réflexion, c'était exactement ce qu'il lui demandait, en fait. Ne venait-il pas de dire que le concept du Dieu unique made in religion lui était tout à fait insupportable? D'un côté, Arthur le comprenait tout à fait. Lui aussi trouvait absurde que des milliards de personnes puissent croire qu'il existait un Dieu les aimant toutes ou presque, quelque part dans la galaxie, alors qu'elles s'entretuaient dès que l'occasion se présentait.

- C'est une très bonne question, Gabriel, mais je crois que vous connaissez déjà sa réponse lâcha-t-il en souriant avant de finir son verre, nonchalamment. Nous, les Dieux, faisons ce que nous voulons.

La phrase était dite. Arthur eut presque l'impression d'entendre le couperet s'abattre sur les principes religieux auxquels le français avait été confronté. Ca lui donna encore plus envie de sourire mais il s'en abstint. C'était à lui de trouver une question pour la suite de leur interrogatoire et il n'avait plus de whisky. Une part de lui aurait voulu en commander un nouveau mais une autre le décourageait en lui rappelant qu'il devrait avoir un nouveau contact avec la serveuse. Il pouvait y arriver sans whisky. C'était dans ses cordes. Il abandonna le verre sur le plateau de la table et se cala de nouveau contre son dossier, observant son interlocuteur. Gabriel était humain. Qu'est-ce qui pouvait troubler un humain? Les sentiments. La réponse lui était venue naturellement. Lui-même était venu ici pour expérimenter ces choses qui semblaient aider à combattre l'ennui de façon active. Il ne lui restait plus qu'à établir sur quel type de sentiments, il allait poser une question à Gabriel. Compilant le peu qu'il savait de lui, il jeta son dévolu sur trois possibilités. Respectivement la religion, les femmes & l'assurance. Le regard bleuté du jeune homme ne l'ayant pas quitté une seule seconde, Arthur choisit l'assurance. Dans son esprit, le lointain son d'un gong se fit entendre.

- Vous êtes quelqu'un de sûr de vous. Pourquoi?

Le Dieu aurait voulu en rajouter, dire "pourquoi vous et pourquoi pas un autre? Qu'est-ce qui vous fait croire que vous méritez cette assurance?" mais il se contenta de se pencher vers le français et de récupérer silencieusement le verre qu'il tenait dans sa main avant de lui porter un léger toast et de finir son verre sans laisser paraître une quelconque émotion. Même si à l'intérieur, il était très content de lui. Il avait trouvé son whisky sans avoir eu besoin de la serveuse. Sans avoir eu besoin de rien, en fait. Maintenant, en regardant le français, il se demandait se rebellera, se rebellera pas tout en sachant pertinemment que l'un et l'autre lui irait parfaitement. Le jeu était de mettre l'autre mal à l'aise, après tout. Et il n'était pas le créateur de ce jeu pour rien.
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