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 Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G

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MessageSujet: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Mer 14 Juil 2010 - 22:47

&


N'ayant pas envie de faire grand chose, Gretchen hésitait entre les deux options qui s'offraient à elle : rester cloîtrée dans le fauteuil du salon de Mona-Lou, son hôte, à regarder la télévision en se goinfrant de petits gâteaux, ou partir explorer le vaste territoire de sa nouvelle ville. Trop tentée, elle opta finalement pour cette dernière possibilité. La blondinette venait d'arriver à San Francisco, ce que les larges façades des maisons inconnues combinées aux rues d'où on pouvait imaginer mille et unes issues ne manquaient pas de lui faire remarquer. Elle avait déjà eu l'occasion de sortir se dégourdir les jambes depuis les deux ou trois jours qu'elle était ici, bien qu'elle n'ait pas été se promener bien loin faute des rappels constants de sa nouvelle titulaire illégale qui lui signalait soit que le dîner était servi, soit qu'elle l'attendait pour dieu seul savait quoi. A en juger par son attitude envers la touriste, la brune devait être en parfaite connaissance de ses tendances rebelles et suicidaires. Si elle espérait la modérer en l'empêchant d'aller à la découverte des lieux, elle était encore loin du compte !

Ce n'était pas du genre de Gretchen de se conformer aux règles, encore moins à celles fixées par les adultes. Décidant de profiter de l'absence de son mentor pour s'éclipser de la maison, elle vérifia qu'aucun signe ne pourrait trahir son absence. Ecran éteint, bol de céréales à moitié achevé traînant sur la table basse, veste accrochée au porte-manteau. Tout était à sa place. Il ne lui restait plus qu'à simuler une crise d'isolement dans son antre et ce serait parfait. Entrant dans sa chambre, elle alluma le poste radio et augmenta le volume à son maximum. Bloquant la porte avec sa chaise de bureau, elle peaufina son stratagème en actionnant son Franky, robot qui faisait des pirouettes non-stop qu'elle avait gagné à la fête foraine de son village. Il donnerait une impression de bruit de pas pendant qu'elle marcherait loin d'ici, l'idéal.

Son stratagème mis au point, elle ouvrit la fenêtre et s'engouffra vers l'extérieur. Lorsqu'elle repositionna correctement la vitre contre les châssis, une de ses chanteuses préférées entamait un bon air de rock'n'roll qui la mit encore plus de bonne humeur. A l'air libre, Gretchen traça la route vers ce qu'elle supposa être le nord. Se laissant distraire par l'architecture particulière des maisonnées qui se trouvaient sur sa route, elle ne prêtait plus beaucoup attention à ses pas. Finalement, elle se retrouva face à une forêt qui lui inspirait mésaventures et noirceurs à tout va. Charmée par l'aura fantasque des lieux, elle se fondit parmi les silhouettes élancées des conifères et animaux sauvages. Se laissant guider par son instinct, elle arriva à une sorte de vielle maison abandonnée. Plus elle observait l'ombre imposante qui s'étalait devant elle et moins elle était convaincue qu'il ne s'agissait que d'une simple maison.

Curieuse de savoir à quoi elle avait à faire, elle s'approcha. Un manoir. Un très vieux manoir. On aurait dit celui du compte Dracula décrit par Bram Stoker lui-même. Sauf qu'il se situait à San Francisco et qu'aucun Immortel n'y avait élu domicile. Dans un grincement aigu et funeste, la porte frontale s'ouvrit, laissant entrapercevoir à la jeune fille le sombre couloir sur lequel elle donnait accès. Plus qu'attirée par tant de mystère, elle ne se fit pas prier pour y entrer. Une fois à l'intérieur, elle progressa sans se soucier de rien jusqu'au bout du corridor. Des tas d'autres portes lui proposaient chacune une histoire différente. Ne sachant par où passer, elle détourna les yeux des cinq poignées qui lui faisaient face. Un escalier lui apparut alors. Sombre, haut, ténébreux. Elle l'emprunta.

Les marches incessantes l'emmenèrent toujours plus loin dans leur ascension, faisant grimper la belle jusqu'au bout de la nuit qui ne devait jamais laisser se lever le soleil, au vu de tous les volets fermés. Enfin, ses pieds se posèrent sur un palier et puis bientôt, sur des carrelages noirs et blancs alternés. Levant les yeux sur la pièce où elle venait d'entrer, Gretchen découvrit non sans un réel étonnement une salle de bal comme on en voyait dans les vieux films. Se laissant entraîner un peu plus dans cette folle aventure, elle avança jusqu'à une immense commode qui trônait sur le côté gauche le plus reculé de la salle. Un bruit sourd la fit se retourner à la hâte, alertée par le possible danger qui venait de se manifester. Une brise fraîche vint lui chatouiller le visage. Ce n'était qu'un volet qui avait cédé sous l'insistance des bourrades matinales et entraîné avec lui la perte d'un carreau venu se fracasser contre le papier peint jauni. Rien de plus exceptionnel que ça. Enfin, presque.

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MessageSujet: Re: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Sam 17 Juil 2010 - 23:21

Assis dans un lourd fauteuil en velours, Gaspard lançait des dés en l'air à intervalles réguliers. Chaque fois, il les rattrapait sans même regarder leur trajectoire de chute. Son petit jeu durait depuis une dizaine de minutes et il ne s'en lassait pas.

Devant lui, à genoux, se trouvait un humain. Un homme. Chauve. Dégoulinant de sueur. Il tremblait comme une feuille. Depuis une dizaine de minutes. Ses yeux n'arrêtaient pas de suivre les mouvements des dés comme un réflexe incontrôlable. Un sourire fendit le masque d'impassibilité qui composait le visage du vampire et les dès tombèrent au sol. Trois et six.

Sans se presser, il se leva et s'étira. Nonchalamment. Comme s'il n'allait pas tuer son vis-à-vis. Puis ses gestes se firent plus rapides et il se retrouva derrière sa proie. L'homme poussa un cri d'effroi et se retourna. Pile au bon moment pour se faire soulever dans les airs et se retrouver projeté contre un mur. Un nouveau cri résonna dans la pièce et la frénésie s'empara du brun. Il s'approcha une nouvelle fois de sa victime et la lança à nouveau au hasard dans la pièce. Cette fois, ce fut le fauteuil qui servit de piste d'atterrissage. Et seul un gémissement put sortir de la gorge de l'anonyme. Le vampire s'obligea à assourdir son besoin de tuer et se contenta de renverser le siège pour faire tomber au sol son repas. Les actions liées au premier dé étaient terminés. Il pouvait enfin profiter.

Du sang coulait du visage de sa proie ainsi que de quelques coupures faites sur les tempes et il trempa un index dans un ruisseau rubis qui coulait vers l'une des clavicule avant de le porter à sa bouche. Pas mal. La crainte avait rendu le goût un peu plus acidulé et c'était délectable. Gaspard jeta un regard sur les dés, tombés un peu plus loin. C'était bien ça. Il avait le droit à six morsures avant d'achever l'humain.

Il s'accroupit devant ce dernier et prit le coude le plus proche de lui dans l'une de ses mains avant de le porter à sa bouche et de planter ses canines dedans. Un hurlement retentit mais il ne s'arrêta pas. Sa victime s'était redressée d'un coup et cherchait à se défaire de son emprise. Sauf que c'était inutile. Il lâcha le coude quinze secondes plus tard. Ce temps dépassé, il n'arrivait plus à s'empêcher de saigner ses proies. L'homme hoqueta et se laissa retomber sur le sol, la couche de transpiration qui le recouvrait s'étant amplifiée. Une moue dégoûtée s'imposa sur le visage du vampire lorsqu'il se releva pour avancer vers la tête de la proie.

A nouveau, il s'agenouilla devant elle mais cette fois, il déchira le col de son t-shirt et le souleva sur son genou avant de planter ses crocs dans son artère sous-clavière. Contrairement aux veines du coude, le sang coulait à flots en cet endroit et le vampire ne s'autorisa qu'à dix secondes de succion avant d'abandonner la blessure. Il commençait à ressentir l'euphorie qui survenait toujours lorsque son corps mort réagissait enfin au sang. Violemment mais inintentionnellement, il rejeta brusquement l'homme au sol et s'en voulut. Le dé n'avait autorisé que trois mouvements d'humeur. Il allait devoir perdre une morsure. Tant pis.

Quelques secondes plus tard, il se mit debout et fit le tour de sa victime afin d'arriver au niveau de la jambe du côté opposé à la première morsure. Il palpa ensuite la cuisse la plus proche de lui et se mordit les lèvres lorsqu'il sentit le sang battre dans l'artère fémorale. Le tissu du pantalon fut rapidement réduit en pièce et l'artère transpercée. Le liquide vermeil coulait à flots dans la gorge du semi-mort et une nouvelle fois, seules dix secondes lui furent permises. Après s'être arrêté, il leva la tête vers le plafond et résista à l'envie d'hurler de contentement. Il jugeait ça barbare et ça aurait été la preuve d'une perte de raisonnement. Or, Gaspard Sutherby détestait perdre la raison.

L'homme gémissait sans discontinuer maintenant et ses doigts se crispaient régulièrement sur le dallage glacé de la pièce. Les yeux fermés, il semblait vouloir oublier la réalité mais une fois que l'emprise du vampire ne fut plus sur lui, son corps s'arqua plusieurs fois d'affilées avant de s'apaiser brutalement. Le brun contempla le spectacle d'un air intéressé avant de faire glisser son regard sur le corps agonisant. Il percevait la pulsation de la carotide plus sûrement que s'il avait l'oreille dessus. Elle l'appelait indéniablement. Il ferma les yeux et se leva avant de reculer, toujours aveuglé. Il ne devait pas céder. Il lui restait deux morsures à faire. Seulement deux. Et il aurait le droit d'en finir. Ses paupières se rouvrirent et dans ses yeux bleus, brillait la flamme de la folie. Mais de celle qui était contrôlée.

Que les dès aillent se faire foutre, chuchota-t-il si bas que seul quelqu'un de son espèce aurait pu l'entendre.

A vitesse vampirique, il rejoignit son repas et le souleva de façon à ce que son cou soit à portée de crocs. Avant de l'achever. Enfin. Là, il n'avait plus besoin de se contrôler. Le sang pouvait imbiber ses tissus internes comme externes, ça n'avait aucune importance. Il continua de pomper les vaisseaux sanguins plusieurs minutes avant que le flot ne se réduise ostensiblement et qu'il ne comprenne qu'il n'en tirerait plus rien. Le cadavre fut assis sur le fauteuil et, empli de volupté, Gaspard sortit de la pièce après avoir éteint les chandeliers qui l'éclairaient jusqu'alors.

Le bruit de l'ouverture de la porte d'entrée le surprit alors qu'il se trouvait sur le palier et il se figea. Il n'était jamais venu dans ce Manoir avant aujourd'hui mais au vu de son état, il avait supposé qu'il était abandonné. Calmement, il avança vers la rambarde de l'escalier et une chevelure blonde apparut à son regard. Immédiatement, un demi-sourire se dessina sur son visage et il retourna dans la pièce qu'il venait de quitter. Visiblement, un autre repas arrivait à sa rencontre. Et de sexe féminin celui-là. La gourmandise le fit saliver un instant avant qu'il ne s'oblige à se reprendre. Il venait de boire approximativement cinq litres de sang, que diable. Et il n'était pas dans ses premiers mois de vampirisation. Il devait se contrôler. En plus, il n'aimait même pas réellement ça, le sang...

Tout à son conflit intérieur, il n'avait pas entendu l'inconnue arriver à l'étage et c'est seulement lorsque ses pas claquèrent sur le dallage d'une pièce un peu plus loin, qu'il se rappela de sa présence. Il retira aussitôt son pull, tâché de sang, et en enfila un propre qu'il avait pris le soin d'emporter, par habitude. Puis, il chercha une glace des yeux avant d'abandonner sa quête. Il aurait senti s'il avait une seule goutte d'hémoglobine sur lui... Satisfait, il alla discrètement rejoindre la jeune blonde.

Elle semblait captivée par une pièce immense qu'il identifia comme étant une ancienne salle de bal. Loin devant lui, elle ne l'avait pas encore vu. Et ne semblait pas être aux aguets. Il la traita mentalement d'inconsciente et allait s'avancer dans sa direction lorsqu'un carreau vint se briser sur le sol. Instantanément, il sortit de la salle. Pourquoi fallait-il toujours que ce genre de choses arrivent? Afin de défouler la colère qui venait d'apparaître en lui, il descendit promptement l'interminable escalier et entra dans la première pièce qu'il trouvât. Quelques meubles sans valeur y étaient encore entrposés et ils furent réduits en charpie, le plus silencieusement possible.

Cela suffit à calmer momentanément le vampire qui se pressa de remonter voir la jeune humaine. Une minute tout au plus s'était passée et elle était toujours à l'endroit où il l'avait laissée. D'une démarche assurée, il pénétra à vitesse humaine dans la pièce et toussota arrivé à mi-chemin.

- Excusez-moi, Mademoiselle?

Il sentait qu'elle n'était pas plus affolée que ça et il en fut surpris. Quel genre d'humaine pouvait se permettre de ne pas éprouver la peur dans un Manoir tel que celui-là? Les battements de son cœur étaient réguliers bien qu'assez rapide. Comme si elle était constamment sous pression mais qu'elle s'y était habituée... Il esquissa un nouveau pas dans sa direction, ne sentant aucune réaction de sa part et répéta sa question.

- Mademoiselle?

Peut-être était-elle sourde? Ca expliquerait qu'elle soit calme malgré sa présence... De plus, il ne savait pas si elle avait réagi lors de la chute du carreau donc ça serait réellement plausible. Impatient, il résista néanmoins à l'envie de la rejoindre directement pour vérifier sa théorie, et serra les poings. Si elle ne répondait pas rapidement, il se promit de s'amuser avec elle plus qu'il ne s'était jamais amusé avec personne. Même si elle était sourde. On ne le faisait pas impunément attendre.

Il avait seulement oublié qu'il ne percevait pas le temps de la même manière qu'elle... C'est vrai qu'en ayant l'impression que dix minutes venaient de s'écouler alors que seule une minute était passée, l'inconnue prenait son temps pour remarquer sa présence.
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MessageSujet: Re: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Dim 17 Oct 2010 - 12:08

Observant avec attention les morceaux de verre brisés, Gretchen trouva même leur découpe assez étrange. A vrai dire, tout ici était relatif à ce seul adjectif. Ça lui plaisait énormément, ce mystère. Elle qui espérait découvrir de tels endroits dans se nouvelle ville ne pouvait que se réjouir de cette trouvaille. Dommage qu'elle n'ait pas mémorisé la route empruntée pour y parvenir, ça poserait sans doute problème le jour où elle voudrait y revenir. D'ailleurs, même pour elle rentrer. Elle trouverait son chemin, il en allait de soi. Et puis, dans le cas contraire, ce ne serait pas non plus pour la déranger. L'aventure… elle ne demandait que ça.

Des bruits de pas se firent entendre. Légers. Très légers. On aurait crû une plume glissant au vent. Sauf que ces volatiles ne toussaient pas. Un raclage de gorge l'informa de la présence d'un étranger dans la pièce. Voilà qu'elle n'était plus seule. Encore une fois, elle ne s'emporta pas dans un délire frôlant la paranoïa et préféra s'en foutre complètement. Au moins cela aurait peut-être l'avantage de faire déguerpir la personne qui osait la déranger. Gretchen détestait déjà le fait de se savoir surveillée, alors qu'elle ne savait pas encore qui était celui ou celle qui se trouvait là, à quelques mètres derrière elle. Au risque de se retrouver face à un homme des cavernes - ce qui ne serait pas déplacé vu l'endroit vétuste où elle se trouvait -, elle préféra feindre l'indifférence.

Malheureusement pour elle, ce fut l'étranger - désormais, elle était certaine qu'il s'agissait d'un homme et ce grâce à l'entente de sa voix - qui lui lança une apostrophe :

- Excusez-moi, Mademoiselle?

Ne se sentant nullement obligée à lui répondre, elle continua à détailler les lieux comme si de rien n'était. Prenant tout son temps, ses yeux vagabondèrent d'un côté de la pièce à l'autre sans s'arrêter une seule fois sur son locuteur. La blonde avait à faire avant de daigner lui adresser la parole. Il lui fallait se délecter un maximum de cette salle de bal, afin d'en mémoriser les moindres recoins - au cas où un être tout droit sorti de son imagination l'épierait en douce. Les couleurs ternies par le temps semblaient refléter les ombres d'un passé révolu, dessinant des formes incohérentes ça ou là. Tout ce qui s'offrait à sa vue l'intriguait, lui donnant des idées farfelues quant à l'utilisation de ce Manoir, anciennement.

Ayant déjà oublié la présence agaçante de l'individu, il la lui rappela en réitérant son apostrophe :

- Mademoiselle?

Cette fois-ci, elle décida qu'il serait bon de lui accorder un minimum d'attention. Examinant une dernière fois l'endroit, elle se retourna face à lui. Il était de taille moyenne, avait l'apparence d'un dieu vivant et le regard perçant. Sa beauté inhumaine collait à merveille avec l'ambiance du Manoir. Peut-être même ne était-il propriétaire. A cette pensée, elle prit une mine intriguée. Sinon, pourquoi serait-il ici ? Cette vieille baraque n’avait pas l’air d’être souvent fréquentée, et, vu la place où elle se trouvait, ça n’étonnait sans doute personne. Mais après tout, il se pouvait qu’elle ne soit pas la seule cinglée du coin, assez barge que pour se perdre dans une forêt et tomber sur un ancêtre tel que cet établissement. Bien sûr, pour cela, il fallait supposer que le type qui la fixait depuis plusieurs secondes sans ciller était barge. Ce qui, ma foi, ne se montrait pas si inconcevable.

Comme Gretchen constatait qu’il semblait impatient, elle en profita pour le faire attendre encore un peu. Juste un peu, car elle avait une curiosité à satisfaire. Rien dans son expression ne témoignait de sa prestance, c’était comme si elle n’avait même pas remarqué celle de l’autre individu. Certes, l’adolescente le regardait, elle aussi, depuis maintenant plus d’une bonne minute. Pourtant, sa vision paraissait passer à travers lui, de la sorte qu’on l’aurait cru invisible. Or, il ne l’était pas. N’avait-on jamais vu ça, un homme invisible ? Emportée par sa folie, la blonde s’approcha du beau brun et vint se poster juste devant lui. Sans gêne aucune, elle brûla les quelques centimètres qui séparaient leurs deux visages de manière à ce que ses yeux soient quasiment contre la peau de l’albâtre. Elle fronça les sourcils, se rendant brutalement compte que non, il n’était pas transparent. Dommage.

Réalisant à peine son idiotie passagère, la déception se lut dans son regard qu’elle décolla de l’épiderme du jeune homme. Ses lèvres se tordirent en une moue perplexe avant qu’un fin sourire ne s’y dépose. Bon, cet être n’était visiblement pas le cobaye d’une expérience ratée de la bande de Superman, mais il y avait des tas d’autres possibilités qui s’annonçaient à elle concernant une éventuelle nature fantastique. Gretchen recherchait chaque fois le paranormal, partout, à toutes heures, c’était son occupation favorite. Ce qui l’encourageait, ici, résidait en la bizarrerie de ces lieux. Difficile de concevoir que son propriétaire ne date pas de plusieurs siècles déjà. Et, si, optionnellement, ce gars n’était pas celui qu’elle estimait être ledit possesseur de ce Manoir, alors elle en conclurait que l’étrange l’attendait ailleurs et elle s’en irait, comme à chaque fois que la réalité refaisait surface.

La jeune demoiselle se souvint brusquement qu’il avait toujours ses prunelles rivées sur elle, attendant certainement une explication, un mot de sa part. Ses aptitudes avaient souvent le don d’interloquer les autres, bien qu’elle s’en fichait royalement. Cette fois-ci, en revanche, elle préféra s’exprimer clairement, ainsi au moins, il n’y aurait pas de malaise entre eux. Ce qui était primordial pour la suite. Suite des évènements dans laquelle elle en saurait enfin plus sur tout ça, sur ici.

Tout à trac, elle lança comme on parlait de la pluie ou du bon temps :

- Je vérifiais seulement que tu n’étais pas invisible.

Voyant qu’il se vexait presque déjà, elle se rendit compte du sens tacite de sa phrase. Pour se rattraper, elle ajouta à la hâte :

- Mais, non, tu es juste humain. Enfin, c’est ce que je pense là, maintenant, en ne sachant absolument rien sur toi mis à part le fait que, éventuellement, tu ne le sois pas autant que ton apparence le laisse entendre. Mais si j’espère que tu sois une sorte d’extraterrestre, c’est seulement parce que je suis dépourvue de tout réalisme. Je suis certaine que tu l’avais déjà remarqué.
débita-t-elle d’une traite. Ce n’est pas très difficile d’ailleurs, puisque je…

Soudain soucieuse d’avoir trop parlé, elle se tut instantanément. Une fois qu’on la lâchait, elle ne s’arrêtait plus. Il lui arrivait de tenir un lapsus parfaitement incohérent pendant plus de trois heures d’affilées, ce qui avait pour seul effet celui escompté : faire fuir son public. S’il y avait bien une chose, outre l’imaginaire, qui distrayait énormément Gretchen Croes, c’était bien d’agacer les autres. Mais là, elle craignait de perdre son unique source immédiate sur sa nouvelle obsession, alors, elle ne dit plus rien et scella ses lèvres de façon à être certaine de ne plus les ouvrir. Elle hésita un instant à partir. Idée qui s’enfuit encore plus rapidement qu’elle ne lui était venue, lui préférant l’intrigue.

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MessageSujet: Re: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Ven 5 Nov 2010 - 13:41

Au bout de ce qui sembla être une demi-éternité, la jeune fille décida enfin de se retourner vers lui et le visage incroyablement fin qu’elle avait l’audace d’arborer laissa pantois le vampire pendant un dixième de seconde. Un dixième second qu’elle mit à profit pour commencer à lui faire subir une sorte d’examen visuel tout à fait irritant. Oui, il était beau mais ce n'était pas une raison pour le détailler de la sorte. Néanmoins, l'étonnement qui s'afficha peu de temps après sur le charmant visage de la blondinette calma immédiatement Gaspard. Qu'est-ce qui pouvait bien traverser l'esprit de cette étrange humaine? Peu de choses vraisemblablement, sinon elle ne se trouverait pas nonchalamment là à attendre qu'un malheur lui arrive. Peut-être était-elle trop bête pour comprendre qu'il fallait répondre à ses apostrophes précédentes? D'ailleurs, son regard sembla se vider quelque peu et bientôt, le brun eut l'impression qu'elle était totalement partie dans son monde. Un monde de fous qui donnait à Gaspard l'envie de tuer celle qui l'avait crée afin de l'annihiler. Il ne supportait décidément pas qu'elle l'ignore de la sorte. Habituellement, les humains ressentaient une vague de crainte mêlée à une certaine fascination en le regardant mais elle... Elle, elle semblait trop ancrée dans son esprit farfelu pour ça. C'était inadmissible. Néanmoins, le vampire garda son immobilité sans trop savoir pourquoi. Il sentait juste qu'il le devait. Lorsque la fine silhouette avança vers lui, jusqu'à ce se trouver à seulement quelques misérables centimètres de lui, il sentit plus nettement que jamais auparavant sa délicieuse odeur. Dans sa fragrance, il y avait quelque chose d'étrangement réconfortant qui apaisa l'irritation qu'il ressentait encore jusque là mais il n'eut pas le temps de davantage se pencher sur la question que déjà, la jeune inconnue réduisait à néant la distance qu'il restait encore entre eux. Désormais, il avait une vue parfaite sur le haut de son crâne de linotte mais plus aucune envie de l'écrabouiller. Jamais encore une telle odeur ne lui avait fait un effet aussi désarmant et même s’il jugea cela être plus que déplaisant, il préféra attendre encore un peu avant de forcer ses instincts vampiriques à refaire surface. Après tout, il avait toute l’éternité, maintenant qu’on lui avait offert la patience. Remarquant, sans vraiment le voir, le froncement de sourcils que la blondinette arbora un instant, il retrouva son impatience ainsi que son agacement dès qu’elle mit de nouveau une distance convenable entre eux et fut surpris de lire la déception dans son regard plus bleu que le sien ne le serait jamais.

Sans qu’il n’eut le temps de comprendre ce qui pouvait motiver cette réaction, ni s’en indigner, la bouche de la jeune inconnue arbora brusquement une moue perplexe qu’un léger sourire s’empressa de remplacer sans pourtant sortir Gaspard de son incompréhension. Cette fille était vraiment dingue. Combien étaient-ils dans sa tête ? Un sacré paquet visiblement. Tout à son appréhension du comportement de la blonde, il avait oublié son irritation. Elle commençait à beaucoup l’amuser avec son attitude fantasque mais il jugea qu’il aurait été stupide de le montrer. Peut-être que le monde merveilleux dans lequel s’était plongée son Alice de vis-à-vis allait daigner la redonner au monde concret et lui faire réaliser qu’il était toujours en attente d’une quelconque indication comme quoi elle l’avait bien entendu donc d’une réponse. Il pouvait toujours s’énerver sinon. Ca parviendrait sûrement à la faire revenir au moment présent. Et il pourrait la mordre, la saigner et remplir des fioles de son sang apaisant afin de pouvoir l’utiliser dès que le besoin s’en ferait sentir. L’idée tenta énormément le vampire jusqu’à ce qu’il se souvienne qu’il n’avait pas de fioles, ce qui enlevait déjà une partie importante au charme de son plan. Agacé de s’être lui-même contrecarré, il durcit le regard qu’il posait sur la jeune fille et eut la surprise, quelques instants plus tard, de discerner comme une prise de conscience, dans son regard. Ce constat donna envie au brun d’hurler Alléluia mais évidemment, il se retint. Gaspard Sutherby ne perdait pas le contrôle. Du moins pas pour des choses aussi stupides. A ses yeux, oublier toute maîtrise de soi pour perpétuer un massacre était beaucoup moins dévalorisant que crier quelque chose, même de moqueur. Nature de psychopathe, oblige.

- Je vérifiais seulement que tu n’étais pas invisible.

La réponse tant attendue avait enfin était donnée. Ce fait aussi aurait mérité un « alléluia » mais une nouvelle fois, le jeune homme s’abstint. En vérité, la phrase qu’avait prononcée l’inconnue n’était absolument pas le genre de réponse qu’il attendait étant donné qu’elle justifiait une action faite bien après son apostrophe et d’une manière bien piteuse : comme si lui pouvait être invisible. Il n’était pas un imbécile de fantôme. Ni quelqu’un dont on pouvait se moquer, car la phrase pouvait s’interpréter ainsi mais il n’y croyait pas vraiment vu la sincérité de chacune des expressions de la blondinette. En revanche, le tutoiement qu’elle employait avec un naturel flagrant le fit réellement tiquer. On ne lui avait pas appris les bonnes manières dans son asile ? Une ombre dédaigneuse plana sur le visage du vampire mais la pré-adulte reprit précipitamment la parole, le coupant ainsi dans son élan de mortification :

- Mais, non, tu es juste humain. Enfin, c’est ce que je pense là, maintenant, en ne sachant absolument rien sur toi mis à part le fait que, éventuellement, tu ne le sois pas autant que ton apparence le laisse entendre. Mais si j’espère que tu sois une sorte d’extraterrestre, c’est seulement parce que je suis dépourvue de tout réalisme. Je suis certaine que tu l’avais déjà remarqué. débita-t-elle d’une traite. Ce n’est pas très difficile d’ailleurs, puisque je…

La phrase resta en suspend mais ce n’était pas plus mal étant donné que chaque fois qu’elle le tutoyait, Gaspard avait l’impression qu’il allait se jeter sur elle pour lui apprendre les bonnes manières. Son éducation snob l’ayant formé aux conventions de politesse, il abhorrait que quelqu’un ne les respecte pas. Peu importe que ce soit une adolescente, comme dans le cas présent. Néanmoins, ce qui l’avait le plus agacé était qu’il avait gardé son calme à cause du carreau brisé de l’une des fenêtres qui décoraient la salle. En effet, le léger courant d’air que laissait passer la vitre cassée lui offrait de nouveaux effluves parfumés au sang de la blondinette et comme précédemment, ça l’avait apaisé. Pourquoi cette gamine cherchait-elle des extraterrestres alors qu’elle en était elle-même un ? Pour retourner sur sa planète ? Si ce n’était que ça, Gaspard était prêt à investir dans un projet visant à l’envoyer sur Pluton vu qu’il ne pouvait pas la tuer de ses mains et qu’il ne voulait pas que quelqu’un d’autre ait ce privilège. Il était clair qu’elle était « dépourvue de réalisme » mais ce n’était pas une excuse assez importante pour se faire pardonner l’affront qu’elle lui faisait en étant si étrange, que ce soit mentalement ou chimiquement.

Faisant un bref retour en arrière sur sa tirade, le vampire eut une grimace flagrante en réentendant la première phrase qu’elle avait prononcée. S’il avait l’air aussi humain que ça, il n’avait plus qu’à se couper la tête, se planter un pieu dans le cœur et se brûler. Tout ça lui-même, évidemment. Ca se voyait qu’il n’était pas humain, que diable. Enfin, ça se voyait assez pour faire douter la plupart des créatures qu’il rencontrait. Il était pâle, il ne dégageait aucune chaleur corporelle, parfois il oubliait de respirer et, nom d’un twix, il avait un truc en plus, une aura, quelque chose qui indiquait qu’il n’était pas un simple humain. Non ? La fille le faisait désormais douter sur ce point et il la détesta encore plus d’exister tout en se détestant davantage de l’avoir abordée. A tous les coups, il devait avoir l’air furieux et vu qu’elle ne comprendrait pas pourquoi, elle penserait qu’il était aussi fou qu’elle. C’était ignoble. Une plainte frustrée échappa au vampire pour la première fois et il espéra, la dernière fois de sa mort. Ce n’était vraiment pas digne de lui mais ça avait au moins eu le mérite de le faire réatterrir. Saisissant à sa juste valeur ce qu’il venait de penser, il pencha la tête légèrement sur le côté, plaça son poing fermé devant sa bouche et appuya son coude dans la paume de sa main libre tout en étudiant le visage au demeurant innocent de son interlocutrice :

- Mais à quelle foutue espèce appartiens-tu, toi ? Celle des gnomes démoniaques ? Tu es le vilain petit canard d’un troupeau de gnomes démoniaques ? J’ai raison ? Et c’est pour ça que tu es si horripilante ? questionna-t-il posément.

Il avait à son tour décidé d’utiliser le tutoiement, jugeant qu’il risquait d’être confronté à d’autres sujets d’irritation en ayant la jeune fille comme vis-à-vis et qu’il n’était donc plus à ça près. Sauf si elle partait en pleurant devant ses interrogations brutales. Là, ça risquait de le dépasser. Pourtant, globalement, elles étaient tout à fait sérieuses ses questions. Suffisamment pour qu’il espère une réponse du moins. Même s’il était évident qu’il ne serait pas déçu qu’elle tire sa révérence devant l’attaque verbale. En tout cas, Gaspard eut la désagréable sensation qu’il attendait toujours des réponses avec elle. Pourquoi avait-il fallu qu’un sang aussi intéressant soit attribué à une humaine aussi… comme elle ? Quelqu’un devait forcément avoir quelque chose contre lui. Il devait avoir dépassé les bornes de la méchanceté, même s’il était loin d’être le pire. Ou alors était-ce l’inverse, peut-être n’était-il pas assez cruel et l’adolescente était-elle un moyen inconscient de le pousser à bout afin qu’il s’enfonce encore un peu plus dans le chemin de la malveillance. L’idée était diablement tentante.
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MessageSujet: Re: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Sam 19 Fév 2011 - 14:31

Diable, ce qu'il était ardu de se taire ! Gretchen résistait tant bien que mal à la tentation, mais elle devinait qu'elle ne pourrait plus tenir très longtemps. Ça faisait partie de son caractère, de parler sans cesse. Elle avait du mal à fermer sa trappe une bonne fois pour toute, même si c'était nécessaire pour conserver son vis-à-vis. Elle ne voulait pas qu'il parte, car elle le sentait différent. Il n'avait pas réagi normalement à sa première réplique. Non seulement elle avait été involontairement odieuse, mais en plus de ça elle l'avait provoqué et il n'avait pas rétorqué. Il n'avait pas cherché à se défendre, ni rien du tout. Alors non, il n'était pas normal. La plupart des adolescents que la blonde connaissait auraient tout de suite contesté, se seraient brusqués à ses remarques maladroites. Mais pas lui. Donc, il avait plus d'expérience que cela derrière lui, plus que ce que son corps ne le laissait supposer. Gretchen avait vu un cas semblable dans un film. C'était un jeune homme d'apparence humaine qui s'exprimait de façon soutenue et se comportait de manière bestiale. Pour cause, on apprenait après une heure trente d'attente qu'il s'agissait en vérité d'un loup-garou ayant vécu au dix-huitième siècle. Comme quoi, la fiction peut se montrer logique, parfois. Du moins était-ce ce que la jeune fille s'obstinait à croire. Elle n'en démordrait pas : les humains n'étaient pas les seules créatures existant sur cette terre. Un jour, elle le prouverait. Soyez-en certains, on entendrait parler d'elle dans les années à venir.

Elle se mordillait les lèvres. Gretchen en avait marre d'attendre en silence. Elle mourrait d'envie de lui poser toutes ses questions. Elle voulait absolument obtenir des réponses. Déjà, elle souhaitait qu'il lui dise ce qu'il fichait ici. Après tout, il était peu commun de voir apparaître des bad boys dans un manoir défraîchi. Généralement, cette catégorie sociale se contentait de fréquenter les bars branchés ou traînaient le plus souvent avec leur bande de copains flanqués de leurs minettes du moment. La blondinette le savait très bien pour en avoir côtoyé plus d'un, à commencer par Swann, son plus fidèle ami. Il lui manquait. Terriblement. Mais pour l'instant, elle préférait penser à cet homme qui lui faisait face. Celui-ci arborait un air de plus en plus perplexe, même si on pouvait encore déceler quelques traces de sa colère précédente. Il avait réellement eu l'air agacé, ce qui était compréhensible. Néanmoins, Chen ne lui ficherait pas la paix tant qu'il n'aurait pas participé volontairement ou non à son interrogatoire. Elle ne le laisserait pas lui échapper comme ça, ça non. Elle détenait sa perle rare, hors de question qu'il lui file entre les doigts.

Il avait adopté une position de songeur qui le ravissait davantage. Gretchen aimait ce genre de personne, mystérieuse et attirante. Si elle avait été comme toutes les demoiselles normales de son âge, elle n'aurait pensé qu'à se l'approprier. Mais elle n'était pas de ce genre là, et elle ne le serait jamais. Alors elle se contentait d'apprécier ce moment à sa juste valeur. Elle voulait parler. Elle ne tenait plus, elle finirait bientôt par exploser. Comme pour l'encourager à venir à bout de son supplice, le garçon parla, enfin.

- Mais à quelle foutue espèce appartiens-tu, toi ? Celle des gnomes démoniaques ? Tu es le vilain petit canard d’un troupeau de gnomes démoniaques ? J’ai raison ? Et c’est pour ça que tu es si horripilante ? questionna-t-il posément.

Il marchait à fond dans son plan. C'était parfait. Si il la suivait sur ce coup, elle n'aurait aucune peine à lui soutirer des informations. Car il était exclu qu'un homme aussi étrange ne soit qu'un banal mortel. Interloquée, l'adolescente copia la position de l'inconnu. Ce plagiait ne sembla pas le perturber, on aurait pu croire qu'il s'était déjà habitué à son audace. Elle réfléchissait sérieusement à ses questions. C'était peut-être possible, après tout. Ses parents ne lui avaient jamais rien dit de leurs origines ancestrales. Il ne serait pas étonnant qu'elle ait une oie pour arrière grand-mère - quand on voyait sa mère, on l'imaginait sans difficulté. Elle caquetait tout le temps. Finalement, c'était une théorie à laquelle Gretchen aurait dû penser plus tôt. L'idée ne vient pas tout de suite à l'esprit, mais quand on prend la peine de s'intéresser à cette possibilité, on lui découvre des tas de cohérences et d'avantages. Toutefois, une part agaçante de sa raison l'empêchait d'y croire pleinement. Ce côté intelligent lui répétait que c'était tout bonnement impossible. Et comme elle n'avait pas envie de gaspiller son précieux temps avec des réflexions intenses et vaines, elle cala ses songes dans un coin de sa tête et se jura d'y repenser plus tard. Elle aurait tout son temps pour ça lorsqu'elle rentrerait chez elle - sen supposant qu'elle puisse retrouver le chemin du retour.

Un soupir de résignation s'échappa de ses lèvres, et elle déclara, toute penaude :

- Malheureusement, je ne suis qu'une simple mortelle.

Il ne répliqua pas. Mais Gretchen, de son côté, était déjà repartie sur une série de pensées qui déferlaient à tue-tête dans son esprit. Elle voulait savoir qui il était, lui. Il semblait si particulier, avec sa peau trop pâle et son regard vide. Son attitude tranquille et pourtant, son expression était tellement exaspérée, profonde. Il venait d'ailleurs, mais d'où ? Certainement pas d'Angleterre, les anglais avaient tous un accent monstrueux quand ils rentraient en Amérique. Peut-être avait-il toujours vécu là… Mais si tel était le cas, depuis combien d'années ? Gretchen commença à calculer, à faire des estimations. L'arithmétique n'avait jamais vraiment été son truc, mais tant que ça lui servait à autre chose qu'à résoudre des équations, elle ne se refusait pas un bon exercice. Pour connaître sa date de naissance, elle aurait eu besoin d'en savoir un peu plus à son sujet. Ses goûts, son style global, ce qu'il mangeait, et d'autres choses encore. Elle n'avait pas le temps de mener une enquête aussi détaillée, elle devrait rentrer avant que Mona-Lou ne se rende compte de son absence. Cette adorable cinglée était encore capable d'appeler les flics. Comme Gretchen n'abandonnait pas sa thèse, elle décida d'y aller franc-jeu, comme toujours.

- Ca fait longtemps que tu es différent ? D'ailleurs, qui es-tu ? demanda-t-elle, curieuse.
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MessageSujet: Re: Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne . G&G   Mar 8 Mar 2011 - 11:52

Affichant une mine surprise en réponse immédiate à ce que Gaspard venait de dire, son interlocutrice imita ensuite la posture qu’il venait d’adopter, donnant ainsi l’impression qu’elle était en pleine réflexion, ce que le vampire apprécia grandement. Peut-être allait-il obtenir une réponse en rapport avec sa question ! Ou peut-être que la blondinette songeait à tout autre chose, ce qui ne serait pas réellement surprenant au vu de la fantaisie qui semblait l’habiter. Le brun se demanda alors si ce n’était pas cette fantaisie qui donnait cette senteur chaleureuse au sang de sa vis-à-vis avant de réaliser que si c’était le cas, il y avait certainement eu quelques dysfonctionnements lors de sa propre transformation : jamais, que ce soit dans sa vie ou dans sa mort, il n’avait éprouvé la moindre attirance instinctive pour le monde de l’imaginaire. Le milieu dans lequel il évoluait depuis toujours était celui de la matérialité donc s’il était sensible au sang d’une allumée à cause de sa folie, c’était qu’il y avait eu une erreur de casting. Mais, s’il y avait réellement eu erreur de casting, pourquoi s’accommodait-il déjà de la façon dont la jeune fille était ? Pourquoi ne s’était-il pas irrité lorsqu’elle avait copié sa façon de se tenir ? Certainement pas parce qu’il avait intellectualisé la situation et jugé que c’était le meilleur des comportements comme voulait le lui faire croire son esprit. La vérité était ailleurs, au niveau de la chimie des corps humains. L’hémoglobine apaisante de la jeune blonde était progressivement en train de le museler, agissant sur ses hormones défuntes pour l’empêcher de ressentir de mauvaises sensations. En pensant cela, Gaspard se dit que si son analyse était bonne, il était foutu et que si par bonheur, elle se trouvait fausse, il allait devoir quitter les lieux en vitesse pour ne pas être davantage contaminé par l’esprit loufoque de la jeune fille. Par chance, au moment où il se concentrait pour trouver une façon de savoir s’il se fourvoyait ou pas, un soupir résigné, provenant des lèvres fines de son interlocutrice, capta son attention et son regard s’anima, cessant de regarder dans le vague pour recommencer à plus ou moins se focaliser sur la blondinette et ce qu’elle allait dire, tout en appréhendant intérieurement ses paroles :

- Malheureusement, je ne suis qu'une simple mortelle.

Bien. La phrase avait le mérite de n’être absolument pas surprenante tout en étant informative sur ce qu’avait fait la jeune fille pendant son silence, ce qui était tout bonnement parfait aux yeux de Gaspard. L’espoir au sujet d’une conservation naturelle du contrôle sur lui-même remontait en flèche en son sein mais il veilla à ne pas se laisser trop emporter par son enthousiasme étant donné qu’il lui semblait que son interlocutrice repartait déjà à l’aventure, dans sa tête. Sachant d’avance qu’elle ne reviendrait pas immédiatement, il se permit de faire pareil et repartit sur ses débats intérieurs au sujet de ce qui était si particulier chez l’adolescente – sa façon de penser, mise à part. Son ascendance, éventuellement, pouvait être à l’origine d’une telle fragrance sanguine mais elle venait de dire qu’elle n’avait aucune filiation avec des créatures non-humaines. Après, la possibilité qu’elle ne soit pas au courant n’était pas à exclure mais celle du mensonge l’était définitivement : comme le vampire l’avait précédemment remarqué, elle était trop entière pour se jouer de lui. Il avait le sentiment que si cette fille avait quelque chose à exprimer, elle ne se gênerait pas pour le faire. Il en avait déjà eu la preuve dans les premières paroles qu’elle lui avait adressées, mais il était convaincu que ce devait être la même chose dans toutes les autres situations. L’envie de connaître le nom de cet étrange être naquit soudain en lui et il se retint difficilement de poser la question, préférant attendre que la blonde ait fini de réfléchir à ce qui semblait la préoccuper avant de la brancher sur un autre sujet. Il sentait le regard aussi bleu que scrutateur de la jeune fille posé sur lui mais il n’avait pas envie de l’affronter pour le moment, il était en vérité quelque peu anxieux de ce qu’il pouvait y trouver, surtout si ça concernait le problème qui existait depuis qu’il s’était rendu compte qu’il ne pouvait pas être parfaitement meurtrier lorsque l’effluve du sang, pourtant tout à fait attirant, de la blonde l’entourait. L’hypothèse que cette faiblesse soit simplement due à une perturbation du schéma traditionnel dans lequel il vivait – à savoir « j’apparais, on est fasciné, je dévore » - vint brusquement frapper à la porte de son esprit et il l’accueillit avec soulagement, jusqu’à ce que la voix légère de sa vis-à-vis ne le prenne au dépourvu en s’élevant sans préavis dans l’air, lui faisant machinalement relever les yeux vers son visage :

- Ca fait longtemps que tu es différent ? D'ailleurs, qui es-tu ? demanda-t-elle, curieuse.

Ainsi, son mode de pensées n’était pas si farfelu que cela étant donné qu’elle parvenait tout de même à se poser des questions légitimes. Le constat rassura quelque peu Gaspard sur la santé mentale de son interlocutrice. Des gens pouvaient paraître comme tout à fait loufoques à première vue mais se trouver être parfaitement normaux dès que l’on conversait un peu avec eux. Certes, on ne pouvait pas réellement appeler « conversation », l’échange de répliques qu’il y avait eu entre eux mais le résultat était le même : la blondinette n’était pas folle, juste différente. Elle avait compris qu’il n’était pas comme les autres, avait certainement voulu comprendre toute seule en quoi il était dissemblable des autres humanoïdes qu’elle devait côtoyer en temps normal et avait fini par déclarer forfait. Nulle folie, nulle fantaisie n’avait sa place ici. Ils étaient deux êtres sains d’esprits qui avaient simplement eu des difficultés à communiquer. Évidemment, cela ne résolvait pas le problème du sang mais ça rendait plus acceptable, aux yeux du vampire, la thèse selon laquelle ses défuntes hormones réagissaient d’une façon purement chimique à une substance présente dans le sang de la jeune fille, une substance qui n’avait aucun lieu avec la bizarrerie étant donné que la blonde n’était pas bizarre. Continuant de se marteler cela dans la tête, il offrit un sourire amusé à l’objet de ses préoccupations, abandonnant par le même coup son expression atterrée tout en conservant sa posture, et consentit approximativement à répondre aux deux questions qui lui étaient opposées :

- Appelle-moi simplement Gaspard, si tu as à le faire. Cela dit, il marqua une légère pause, hésitant sur ce qu’il allait dire après. Devait-il donner le nombre d’années depuis lesquelles il était vampire ou l’âge humain qu’il était supposé avoir, étant donné que même vivant, il lui avait été impossible de se fondre dans la masse de son milieu social ? Finalement, il choisit la première option, jugeant qu’il gagnerait sûrement plus de futures réponses en étant plus ou moins sincère quand c’était à son tour de répondre. Et ça va faire onze ans que je suis différent.

Il avait conscience qu’il se laissait embobiner par la jeune fille en lui répondant au lieu de forcer ses instincts à la tuer ou de simplement s’éloigner d’elle mais l’intérêt qu’il éprouvait pour elle, à cause de la particularité de son sang, l’obligeait à continuer dans cette voie. Néanmoins, dans le but d’apaiser le tumulte intérieur qui régnait en lui et que même l’agréable fragrance sanguine de la blonde ne pouvait atteindre, il se promit de bientôt prendre la main sur la situation, que ce soit verbalement ou physiquement. Observant avec une indifférence feinte, les réactions qu’avaient provoquées ses réponses sur le visage de sa vis-à-vis, il fut presque déçu de constater qu’elle conserva le stoïcisme qu’elle arborait depuis le début alors, il ajouta à sa liste de résolution, celle de faire réellement réagir la blondinette, en bien ou en mal. Avant ça, il avait toutefois quelque chose d’autre à faire, comme renvoyer les questions qui venaient de lui être posées, par exemple, étant donné que les réponses de son interlocutrice l’intéressaient déjà :

- Et toi ? Comment te prénommes-tu ? Pourquoi es-tu là ?

Lorsqu’il avait décidé de retourner les questions, il n’avait pas prévu de substituer ce qui avait fait venir au Manoir l’humaine à la durée depuis laquelle elle était étrange mais il trouva finalement que ce n’était pas plus mal, étant donné qu’elle n’était pas étrange, comme il l’avait finalement compris, un peu plus tôt. Il savait parfaitement que si l’adolescente n’avait pas eu un sang aussi charmant, il ne lui aurait pas accordé autant d’importance et qu’elle serait certainement morte à l’heure qu’il était tout comme il savait que son incompréhension face au phénomène était ce qui le plaçait pour le moment en position d’attente vis-à-vis de la jeune fille alors il se raccrochait fermement au fait que cette dernière ne soit pas bizarre pour ne pas avoir davantage de questions à gérer, notamment des questions sur ce qui pourrait plaire à ses hormones défuntes mais également défaillantes au sein de la blondinette, dans le cas où elle serait effectivement totalement dingue.
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